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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 13:26

  « Krach du monde Russe » (14), « Printemps russe », « Révolution Blanche »  ou des « neiges »(1) ? Les contestations survenues lors des élections législatives en Russie en Décembre dernier ont alimenté bien des fantasmes et conduit certains médias occidentaux aux  extrapolations les plus folles.

 

 Pourtant, et de manière légendaire, les urnes russes ont toujours contenu de « lourds secrets »  et délivré des résultats sans surprises aux électeurs lors de chaque élection.

 Simplement, à la différence des précédents scrutins, les contestations de décembre 2011 ont pris un aspect de déferlante quant à leur ampleur et la nébuleuse de ses composantes.


 Les Prémices


 Les déceptions socio-économiques


 Pour la première fois depuis les dernières élections en 2007, les Russes ont montré leur lassitude quant aux « efforts du gouvernement de passer les vrais problèmes sous silence » et de la « manie de ne parler que des succès » (3).

 Lassitude progressive quant aux affaires de corruption, de plans de privatisation qui en fait ont profité essentiellement à ceux qui s’étaient déjà enrichis à l’époque de Boris Eltsine, abus de pouvoir, un système judiciaire soumis à la « dictature de la loi » (ou « verticale de pouvoir ») mis en place par Vladimir Poutine dés son arrivée en 2000, « musellement » des libertés d’expression, inflation galopante et paupérisation des classes modestes…(3)

 Outre ces aspects, la société russe a évolué et les classes moyennes représentent à présent 30% de la population (3). Et c’est également cette dernière qui ne croit plus à une politique de modernisation annoncée par M. Poutine lors de la campagne électorale. Simplement, instaurer des réformes reviendrait à contredire ce qu’il avait mis en place quelques années auparavant. Selon l’institut VTsIOM (centre panrusse de l’opinion publique), «Le fait  est qu’une très grande partie de la société apprécie l’ancien Poutine (celui qui a redonné à la Russie sa fierté), et  perdre le soutien de cette frange d’électorat est encore plus dangereux que d’échouer à assurer la sympathie de la « classe moyenne », impatiente et qui a acquis une certaine aisance matérielle » (9)


            La réforme constitutionnelle


 Vladimir Poutine a toujours eu de nombreux tours de passe-passe au fond de sa chapka. La constitution russe prévoyait une limite de deux mandats consécutifs de 4 ans. A présent depuis la révision constitutionnelle, un mandat s’étale sur six années. En se portant candidat pour les élections 2012, M. Poutine peut prétendre de se maintenir à la présidence de la Fédération de Russie jusqu’en 2024. Les Russes ont cette fois-ci sanctionné la manigance (16). Alain Juppé, Chef de la Diplomatie Française, déclarait « les peuples n’aiment pas trop qu’on joue avec les processus démocratiques » (18)


           La sonnette d’alarme de l’église orthodoxe


 En 2003, Vladimir Poutine se lance dans la réconciliation entre l’église orthodoxe russe et sa branche en exil  à l’étranger qui lors du schisme de 1917, lors de la révolution bolchévique, avait contraint une partie du clergé orthodoxe russe à fuir en Turquie ou Serbie. En 1920, l’église orthodoxe russe hors frontière est créée à New York alors qu’à Moscou, le patriarcat proclame sa loyauté au régime soviétique en 1927. (L’Eglise Rouge)

 Après avoir déclaré Vladimir Poutine comme « un véritable orthodoxe » à l’église russe de l’étranger, la nouvelle « symphonie byzantine » sonne de nouveau dés 2007 lors de la réunification des deux églises séparées depuis 80 ans. Cette réunification renforcera et « le Kremlin et le patriarcat ». (20)

 Mais, depuis l’effondrement de l’URSS,  « L’aigle bicéphale » qui avait symbolisé l’époque tsariste notamment a repris du service et rallie des millions de fidèles en Fédération de Russie.

 Néanmoins, en décembre 2010, Vsevolod Tchaplin, archiprêtre de l’église de Moscou déclare : « Les élites qui tentent depuis la fin des années 90 de construire une politique nationale ont fait leur temps, elles sont usées. Elles ont encore du temps, environ 6 mois pour renoncer au pouvoir…et je ne peux que leur conseiller de s’y résigner » (20)

 Et pis encore, lorsqu’un haut dignitaire du Patriarcat de Moscou déclarait durant la même période que « La verticale de pouvoir empêchait tous les peuples qui forment la Fédération de Russie de prendre une part active au développement économique et politique du pays » ; « La population est lasse de l’arbitraire et de l’injustice qui règnent dans la société. L’Etat doit prêter une veille attentive aux doléances de la population au lieu d’écouter les Elites » (20)

 Les discours de l’église ne sont apparemment pas restés sans échos. Mais, il reste cependant extrêmement périlleux de s’immiscer dans les convictions confessionnelles en Russie.


           Les incendies de l’été 2010 en Russie : L’inefficacité « d’Action Man »


 C’est la période estivale,  des incendies terribles et meurtriers ravagent le pays. Des milliers de personnes âgées et vulnérables périront dans les flammes et par les gaz. Mais les autorités ne sont même pas en mesure d’endiguer le sinistre car elles ne l’ont tout simplement pas prévu. Pourtant, avec le réchauffement climatique et après les hivers russes rigoureux mais secs, la Taïga et la Toundra restent des foyers incendiaires redoutables. A tout moment, le sol de tourbe peut s’embraser. Malgré cette évidence, aucune mesure  n’a été prise. Les grandes villes comme Moscou deviennent de véritables « chambres à gaz ». Pendant 2 mois, la population vit recluse. Le Maire de Moscou Youri Loujkov de l’époque reste dans sa villégiature en Crimée et ne daigne pas se déplacer.

Vladimir Poutine, encore une fois, pour rassurer la population, reprend sa panoplie « d’action man » et cette fois-ci, il apparaîtra dans un avion bombardier BE-200 où il éteindra en tant que copilote deux foyers d’incendie dans une forêt  dans le nord-est de Moscou. Par contre, la parade s’avère un échec au sein de la population. Il y a trop de victimes. De nombreux Russes ont perdu un proche ou un ami et là c’en est trop. Des manifestations s’organisent mais sont rapidement dispersées alors que M. Poutine promet des dédommagements….

 Ainsi, Libéraux, extrême droite, communistes, nationalistes, blogueurs en tout genre apparaissent comme les acteurs principaux dans  la rébellion postélectorale de décembre 2011. Les Russes en général ne souhaitent surtout pas de révolution et de chaos. Ils ont déjà connu le désarroi économique et politique dans les années 90 et la nouvelle génération des 20/25 ans, des nouveaux diplômés, souhaitent se faire entendre mais de manière pacifique dans l’ensemble car ils savent qu’actuellement, ils n’ont pas vraiment d’opportunité de carrière, les créneaux étant obstrués par les « fils d’apparatchiks ». Selon Dominique Bromberger : « Dans les universités, il ne faut oublier que les étudiants doivent prouver qu’ils ont voté Russie Unie (parti de V. Poutine) pour avoir leurs examens » (3)


 Les composantes contestataires


 Les Partis d’Opposition : Une incohésion politique dans les contestations


 Les protestataires de décembre 2011 ne siégeant pas à la Douma ou les « hors-système » :


 La droite libérale :


Solidarnost : "Coalition de partis et de défenseurs des droits de l'homme" (1) fondé en 2008 par Vladimir Boukovski (dissendent soviétique) et Boris Nemtsov (ancien ministre de l'énergie sous Boris Eltsine, vice-premier ministre chargé de l'économie dans le cabinets de Viktor Tchernomyrdin, il fut également conseiller du président ukrainien Viktor Iouchtchenko pendant la "Révolution Orange" en Ukraine. Ce parti est également animé par Gary Kasparov (champion d'échecs) et Ilya Yachine.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Parnas : Droite libérale, crée par Boris Nemtsov. La présence de Vladimir Ryzhov , Mikhail Kassianov (également anciens leaders sous B.Eltsine) laisse penser à un soutien occidental, M.Kassianov étant  « le plus écouté aux Etats-Unis et en Europe, en tant que politique russe. Ils sont également membre du « National Endowment for Democracy » (NED)…(1) (2) (16) (voir Paragraphe « Ingérence étrangère » ci-dessous). Parmi les membres du Parnas, on compte également Gary Kasparov



 

    *Voir paragraphe ingérence étrangère ci-dessous

 

 Parti National Bolchévique ou le NBP d’Edouard Limonov  C’est une formation nationaliste dont Garry Kasparov fut également co-fondateur. C’est « un allié » des libéraux et intervient  dans le parti « Autre Russie » (dont le président fut Prokhorov, Milliardaire…et actuel candidat aux présidentielles) (1)  (2)

 

 

Iabloko : C’est un parti « libéral »  et est représenté par Sergueï Mitrokhin. Ilya Yachine  fut le leader de la jeunesse mais dut être expulsé pour « troubles politiques » par le groupe… Pro-occidental, il souhaite un rapprochement avec les USA et l’Union Européenne. (1) et (2)

 

 

 

   Le Levyi Front de la gauche « sociale », mené par S.Oudaltsov et K.Kossyakine (incarcéré  le 31/12/2010 pour « Troubles de l’ordre public » en phase avec les protestations populaires et sociales. Néo-soviétisme et modernisation ?. Anticapitaliste, ils  veulent en finir avec les questions  de l’emploi, logement, éducation et santé.

 

 

 

 

Rétrospective: Nemtsov, Limonov, Kossyakine et Yachine : « La bande des quatre » ? et « Ex-Prisonniers d’opinion » (7)


 Actuellement, « opposition » correspond visiblement en Russie à  « Alliances contre nature », enfin ce qui peut en « Occident » paraître  « hors-mariage ».  Afin de manifester contre le régime « Poutine », le 31/12/2010, selon  l’article 31 de la constitution russe, qui permet la « liberté de rassemblement » pour exprimer son opinion tous les 31 de mois (mois de 31 jours), le leader du parti libéral Solidarnost, Boris Nemtsov, ancien vice premier ministre de Boris Eltsine et « Orangiste » ( conseiller de l’ex-président d’Ukraine, Viktor Iouchtchenko leader de la Révolution Orange en Ukraine), ainsi que Edouard Limonov, leader du parti bolchévique, Ilya Yachine, co-fondateur du mouvement Solidarnost et exclu pour « troubles politiques » et Vladimir Tor, nationaliste sont arrêtés le soir de la Saint Sylvestre  sur la Place Trioumfalnaïa à Moscou et incarcérés pour « troubles de l’ordre public ».  A sa sortie de prison, Boris Nemtsov déclarait : « L’opposition s’est unifiée derrière les barreaux »   mais qu’ elle avait « la volonté de débarrasser la Russie d’un pouvoir qui la mène à sa perte ». (7). Les raisons réelles de ces arrestations étaient surtout dues au rôle joué  par l’ingérence étrangère via ces partis au sein de la politique interne de la Fédération de Russie (voir Paragraphe « Ingérence étrangère » ci-dessous).


Autres composantes contestataires « hors système »


 Organisations Pour la défense des droits de l’homme, Mémorial et autres ONG dont on verra le rôle un peu plus bas (« Ingérence étrangère »).


 Les blogueurs


Les réseaux sociaux, notamment Vkontakte et Twitter ont permis de rallier des milliers de jeunes lors des manifestations de décembre 2011. Cette nouvelle génération, souvent fortement diplômée, ne voit aucune perspective de carrière en Fédération de Russie. Ils se trouvent confrontés à un système verrouillé dans lequel aucune évolution n’est possible (1) (3)

 navalny.jpgAlexeï Navalny a été la « vedette de la mobilisation des internautes » (1). C’est un personnage trouble. Proche des nationalistes quant à sa participation à la « Marche Russe » qui a lieu toutes les années le 4 novembre (Rassemblement néonazis et mouvements anti-immigration), il est également lié à la NED (National Endowment for Democracy) soupçonnée de s’ingérer dans les affaires politiques intérieures de pays étrangers, notamment en Ukraine lors de la Révolution Orange). Il serait également prêt à s’allier aux libéraux. Alexeï Navalny est également l’auteur du slogan « Le parti des voyous et des voleurs » en parlant du parti de V. Poutine, « Russie Unie »

 

yachine.jpgIlya Yachine, co-fondateur du mouvement Solidarnost et ex-responsable de la jeunesse du parti Iabloko dont il a été exclu pour « troubles politiques ». Très présent sur les réseaux sociaux, il avait appelé des milliers de jeunes à manifester le 4 décembre 2011 (1) et (2)

 

 

 

 

 

L’opposition siégeant  à la Douma


 Le KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie), avec 19.19 % (11.6% en 2007. 92 sièges contre 238 pour Russie Unie, parti de V. Poutine en 2011) a su rallier des classes âgées et populaires. Le programme de G.Ziouganov, leader du parti a une texture plutôt soviétique (1) (2)



 

 Le parti de S. Mironov, Juste Russie (13.24%, soit 64 sièges), est un parti de centre gauche avec un programme social-démocrate. Il est réputé pour être manipulé par le Kremlin (1).


 

 

 Et enfin, le Parti libéral-démocrate (11.67% soit 56 sièges) situé à l’extrême droite et dirigé par  V.Jirinovski depuis la chute de l’Union Soviétique (2).


 

 

  L’ingérence étrangère


 Avant même que les résultats définitifs soient communiqués (4), Hillary Clinton dénonçait « des élections partiales et injustes » (16). En retour, Vladimir Poutine accusait les Etats-Unis « d’avoir fomenté la contestation contre les législatives, un scénario de « chaos » (4). Il rajoutait également que « les gens ne veulent pas que la situation évolue comme cela s’est passé au Kirghizstan ou il n’y a pas longtemps en Ukraine » (en faisant référence à la Révolution Orange de 2004 en Ukraine qui s’est révélée avoir été orchestrée par les Occidentaux et qui s’est soldée par un véritable fiasco quant aux problèmes de gouvernance qui s’en sont suivis au sein du gouvernement Iouchtchenko (4) (16)). En rajoutant également « L’injection de fonds étrangers dans les processus électoraux est inacceptable » en comparant à « Judas, les ONG financées par les Occidentaux pour effectuer le monitoring des fraudes électorales » (4). Il est vrai que ce n’est pas à Platov (nom de code de V. Poutine quand il était au  KGB) qu’il faut faire croire à la « neutralité » et l’impartialité étrangère.

 

« Le nom innocent d’une ONG » (16) : La NED (New Endowment for Democracy : Fondation Nationale pour la Démocratie)


 Bref Historique


 Fondée en 1983,  la NED est une « fondation privée nord-américaine à but non lucratif dédiée au développement et au renforcement des institutions démocratiques dans le monde » ou à “l’éducation et la formation à la démocratie” à travers le monde. Elle a ainsi un statut d’ONG et fut « créée » sous le gouvernement Reagan pour fonctionner de facto comme une CIA privatisée afin de lui donner plus de moyens et de liberté d’action. On retrouve les actions de la NED en Ukraine et en Géorgie lors des « Révolutions colorées », mais aussi dans la préparation au renversement du régime Moubarak en « aidant la jeunesse égyptienne à s’engager dans l’activisme politique » Elle se fit remarquer également au Myanmar et au Tibet (16).


La NED et ses « tentacules en Russie » (16) 


Selon son rapport annuel d’activité 2010, la NED dépenserait 2.7 millions de dollars sur des programmes à travers la Russie. Notamment dans le financement d’un centre de presse à Moscou « où quelques 80 ONG (dont Mémorial) peuvent tenir des conférences de leur choix » ainsi que de « nombreux groupes de jeunesse militante » et des ateliers sur le « leadership afin d’aider des jeunes à s’engager dans l’activisme politique » (16)


Financement et « animation/formation » d’instituts de sondage et ONG Russes


Golos (Organisation civile de défense des droits et des libertés démocratiques), système d’étude électorale russe (5) (1) : Les fonds versés à Golos étaient destinés à « une analyse détaillée du cycle électoral russe de l’automne 2010 et du printemps 2011. Cette organisation fut financée entre autres par les Etats-Unis via USAID (United States Agency for the International Development : Agence des Etats-Unis pour le Développement International) et…la NED. Cette organisation fut l’une des premières à « crier à la fraude ».(16)


 Levada Centre : Organisation de sondage « indépendante ». Selon le rapport de cette organisation, elle a bénéficié avant les élections de décembre 2011 d’un financement afin « d’effectuer une série de sondages d’opinion, une méthode standard utilisée en Occident pour analyser les sentiments des citoyens (profilant les humeurs, perceptions des candidats et la confiance des électeurs ….) (16) alors qu’en Occident, cette méthode de sondage visant à évaluer la côte de popularité d’un candidat a fait son temps quant à sa fiabilité. A voir par exemple en France lors des élections présidentielles de 2002, ce système d’évaluation  n’avait pas empêcher d’envoyer Lionel Jospin aux « oubliettes » par la « trappe du premier tour » alors que les sondages avaient prévu un duel « Chirac/Jospin » et qu’en fait, c’est le Front National de Jean-Marie Le Pen qui dut se confronter à Jacques Chirac.

 Ce n’est apparemment pas ce genre de « combinaison » que la NED enseigne  à ces nouveaux jeunes poulains « activistes pour la démocratie et la liberté des peuples ». Il est fort à craindre que les enseignements de la NED rendent ces jeunes activistes vulnérables ou « irascibles » quand il s’agira d’appliquer les vrais principes de la démocratie.

 Pour les élections présidentielles en Russie de mars 2012, les USA prévoient encore d’augmenter leur financement auprès des ONG russes et de leur octroyer 9 millions de dollars en plus. Selon Mark Toner, porte-parole du Gouvernement d’Etat Américain : « Nous devons dépenser plus pour assurer la liberté et la transparence lors de l’élection présidentielle russe. Nous cherchons à soutenir les organisations non gouvernementales et le processus électoral lui-même, non pas les partis politiques » …(5)


                   Financement de certaines branches de l’opposition

 

Le parti de Solidarnost : Nemtsov et Ryzhkov, Kasparov (ancien champion d’échec) : « Solidarnost », intitulé « curieusement imité des jours de la guerre froide quand la CIA finançait l’opposition polonaise des travailleurs et le syndicat Solidarnosc de Lech Walesa » nous renvoie de nouveau à la NED d’une part mais aussi au « stratège Zgibniew-Brzezinski/Soros » (16).


            La symphonie « Zbig/Soros » des « Révolutions Colorées » : Qu’est-ce que c’est ?


 Zgibniew-Brzezinski, politicien américain d’origine polonaise fut l’artisan de la politique étrangère de Washington depuis son arrivée dés le milieu des années 70 (1975/77 environ). Antirusse, il fut l’un des acteurs les plus engagés pour mener une stratégie antirusse/soviétique, notamment en Afghanistan. Avec Georges Soros, milliardaire et directeur de « l’Open Society Institute » et la « Fondation Soros » qui a pour but de promouvoir « le développement des sociétés démocratiques et ouvertes, notamment en ex-URSS et de mener à une « désagrégation de la Fédération de Russie ».

      

 

Ce même stratège a financé les «Révolutions colorées » en Ukraine et en Géorgie en mettant en place des leaders pro-OTAN tels que Ioutchenko et Saakachvili (16).

 

 

Les nébuleuses politiques de la NED


M.Nemtsov, « Orangiste », conseiller de l’ex-président ukrainien V. Ioutchenko et son parti Solidarnost semble « boire à tous les abreuvoirs occidentaux ». On le retrouve un peu partout. Dans des affaires telles que de corruption avec l’affaire Khodorkovski, l’oligarque emprisonné et auprès duquel il accepta de l’argent alors qu’il (Nemtsov) menait une politique anti-corruption. On le retrouve aussi à l’étranger lors d’une entrevue avec Boris Berezovsky (autre oligarque exilé en Grande-Bretagne), réunion lors de laquelle il fut accusé d’utiliser des fonds étrangers pour financer son nouveau parti « Pour une Russie dans la légalité et sans corruption ». (16)


 Vient également Vladimir Ryzhkov, membre influent de Solidarnost et apparemment lié à d’importants cercles  financiers occidentaux (1) (16).


 Enfin, le fameux Gary Kasparov, l’ancien champion d’échec et  autre membre fondateur de Solidarnost. Connu pour être membre du comité du « National Security Advisory Council Center for Security Policy » soit une « organisation de sécurité nationale à but non-lucratif et non partisane, spécialisée dans l’identification des politiques, des actions et des ressources nécessaires à la sécurité des Etats-Unis ». Il fut associé à M. Khodorskovski pour des affaires financières avec L. Nezlin, vice-président de Yukos à l’époque du procès et qui a fui en Israël (16).


 Et enfin la « vedette » actuelle (1), Alexeï Navalny (déjà cité dans « l’opposition hors système/Les blogueurs » décrite ci-dessus) et à qui « l’establishment médiatique occidental » semble accorder une fiabilité et loyauté qui le porte comme number 1 de l’opposition anti-poutine. A voir, la description de la BBC :« certainement la seule figure de l’opposition digne de ce nom en Russie ces cinq dernières années » et la référence à « Erin Brockovich Russe ». Ancien étudiant de Yale, (où la famille Bush fit ses études), Navalny figure « sur la liste des gens payés par la NED pour déstabiliser le pays ». Ses actions contre Poutine sont concentrées autour de Solidarnost (Nemtsov, Ryzhkov et autres….) (16).


 Plus récemment et de manière plus anecdotique, Eva Joly, lors d’une rencontre avec Ilya Ponomarev, député du parti "Russie Juste", Yaroslav Nikitenko, militant écologiste et Ilya Yashin, cofondateur du mouvement Solidarnost (et bloggeur), demandait l’annulation pure et simple des élections législatives en Russie et dénonçait « le silence assourdissant des hommes et des femmes politiques français ». En même temps, elle accusait des groupes industriels français implantés en Russie de corruption. A présent, Eva Joly porte le « ruban blanc » introduit par l’Orangiste Nemtsov qui avait baptisé les évènements en Russie de « Révolution Blanche » ou « des neiges » (en faisant référence aux révolutions colorées en Ukraine et en Géorgie). (21)


 Le « jeu » des médias


 Durant la période « trouble » de décembre 2011, nombreux médias occidentaux se sont lancés dans des pronostics nettement exagérés voire même farfelus. Dans sa tribune, sur Le Monde du 14 décembre 2011, André Glucksman annonçait « Après Kadhadi, Poutine ? Le peuple indigné fait vaciller l’autocrate Vladimir Poutine et sa démocratie d’apparence ». Outre ces exagérations, la chaîne américaine Fox News est même allée plus loin en diffusant  une vidéo sur Youtube « Protester’s Express Outrage Over Russian Elections » (Indignation des protestataires suite aux élections en Russie) (22) sur laquelle on peut visionner des scènes d’émeutes mais qui par contre ne se déroulent pas en Russie mais en…Grèce.


 Israël soutient V. Poutine


 Le 7 décembre 2011, le vice-premier ministre et ministre israélien des affaires étrangères, Avidgor Lieberman déclarait qu’après avoir consulté ses observateurs (israéliens), « les élections avaient été absolument honnêtes , libres et démocratiques » alors que les missions d’observateurs occidentales dénonçaient des fraudes dont « l’introduction de bulletins fictifs dans les urnes…. » (6)

 

 Alors que M. Gorbatchev prédisait un « scénario égyptien » pour M. Poutine ou un « sort à la Ben Ali » selon B. Nemtsov, les « Révolutions arabes » ne semblent pas avoir suscité le même intérêt qu’en Europe et en Occident au sein de la population en Russie. Même si l’islam représente la deuxième confession en Fédération de Russie et que  le wahhabisme venu d’Arabie Saoudite a été jugé responsable des « attentats terroristes » perpétrés dans le Nord-Caucase et à Moscou, il apparaît irréaliste actuellement d’anticiper  une « contagion arabe » dans le contexte russe (14).


 Les élections présidentielles du 4 mars 2012 ramènent V. Poutine à la tête du Kremlin dés le premier tour avec plus de 60% des voix (environ 70% en 2004). Il est vrai que cette fois-ci, les manifestations, d'ailleurs pro et anti Poutine qui  ont eu  lieu en Russie depuis décembre 2011 suite aux accusations de fraudes par l'opposition  et divers  observateurs lors des législatives sont une  première quant à leur ampleur. Cependant, malgré leur mécontentement, .les Russes craignaient bien plus le retour de  la "droite libérale" qui avait plongé le pays dans un marasme économique et social pendant la période de Borsi Eltsine (Années 90) que des températures hivernales extrêmes qui se sont abattues sur le pays ces dernières semaines: "Chat échaudé craint l'eau froide"....


 Même si  des « petits bourgeons » et « gazouillis » démocrates laissaient penser à l’arrivée des « beaux jours » et à la naissance d’une nouvelle Russie florissante de liberté et de démocratie, les Hirondelles ne font pas le printemps. Sans cohésion politique, l’opposition actuelle corrompue et trouble risquerait bien de patauger encore de longues années dans la raspoutitsa.

                                                                                                                               Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

Sources

 

(1)  : « Révolution blanche », drapeaux rouges et forces de l’ombre – Monde Diplomatique – Jean-Marie Chauvier – 22/12/2011

(2)  http://www.lecourrierderussie.com/2012/01/13/opposition-nuls/

(3)  http://www.france24.com/fr/20111209-desamour-poutine-elections-législatives-russie-fraudes-baisse-popularité

(4)  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/08/97001-20111208filWWW00477-contestation-poutine-accuse-les-usa-phpraient annoncés vendredi

(5)  http://www.dtom.fr/archives/elections-en-russie-washington-augmentera-le-financement-des-ong-russes/

(6)  http://fr.rian.ru/world/20111207/192333506.html

(7)  http://www.liberation.fr/monde/01012314259-en-russie-l-opposition-toujours-etouffee

(8)  http://fr.rian.ru/politique/20120112/193012333.html

(9)  http://fr.rian.ru/discussion/20111219/192777819.html

(10) http://french.ruvr.ru/2012/01/14/63855215.html

(11) http://fr.rian.ru/society/20111229/192909165.html

(12) http://www.youtube.com/watch?v=zacVsn-uYNK

(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_1%C3%A9gislatives_russes_de_2011

(14) http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-03-08-Russie

(15) Désagréger la Russie et l’Iran : un objectif pour les Etats-Unis – Jean-Marie Chauvier 13 juin 2004

(16) Ingérence impérialiste en Russie : la NED/CIA et ses sbires (Nemtsov, Navalny, Kasparov) contre Poutine, l’homme à abattre pour les oligarques du Nouvel Ordre Mondial. F.Willian Engdahl – 10 janvier 2012-01-23

(17) La stratégie antirusse de Zbigniew Brzezinski par Arthur Lepic – 22 octobre 2004

(18) Le Monde du 14/12/2011 page 24 « Après Kadhafi, Poutine » par André Glucksmann

(19) Courrier International hors série septembre-octobre 2011 p 46 « L’église orthodoxe réunifiée : une vraie force politique »

(20) http://www.slate.fr/story/32199/russie-poutine-eglise-orthodoxe

(21)http://www.lexpress.fr/actualite/politique/eva-joly-reclame-l-annulation-des-dernieres-elections-russes_1073861.html

(22) http://www.youtube.com/watch?v=-IbxFPQodQI

 Photos wikipédia

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Boris Nemtsov :Ancien ministre de l'énergie sous Boris Eltsine, vice-premier Ministre chargé de l'économie dans les cabinets de Viktor Tchernomyrdin. Il est le fondateur de "Solidarnost"  en 2008. Il est adhérent à la NED* Gary Kasparov :Ex-champion d'échecs et vif opposant à Vladimir Poutine. Il"milite" à Solidarnost. Dans les Années 90, il soutient Boris Eltsine. Il est décoré du "Keeper of the Flame award par le cercle de réflexion du "Center for Security Policiy"*. Il est membre de la NED* Ilya Yachine :Blogeur et co-fondateur du mouvement Solidarnost. Il fut également responsable de la jeunesse du parti "Iabloko" dont il fut exclu pour "troubles politiques".
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Boris Nemtsov

Ancien ministre de l'énergie sous Boris Eltsine, vice-premier Ministre chargé de l'économie dans les cabinets de Viktor Tchernomyrdin. Il est le fondateur de "Solidarnost"  en 2008. Il est adhérent à la NED*

Vladimir Ryzhov

En 1997, il fut vice-premier président de la Douma d'Etat (sous Boris Eltsine) et vice-premier ministre de la Fédération de Russie sur les questions sociales. Il serait également membre de la NED*

Mikhaïl Kassianov

Ex-ministre des finances du gouvernement Poutine (2000/2004). Il exerça de même des responsabilités en économie et finances pendant les années  90 sous Boris Eltsine. Il est adhérent au NED*

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Edouard Limonov
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Sergueï Mithrokin Ilya Yachine

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Sergueï Oudaltsov Kostantin Kossyakine
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Guennadi Ziouganov

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Sergueï Mironov

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Vladimir Jirinovski
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Zgibniew-Brzezinski   Georges Soros
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:28

Часто подвергаемая критике на Западе, Россия oказалась “неспособной” применить основные принципы демократии, установленные Европой и Северной Америкой. (8)
В этом контексте появились некоторые неологизмы, характеризующие “демократию по-русски”(1):  имитационная демократия, потемкинская демократия, нелиберальная демократия(2), “управляемая демократия”(8).
Этот факт, который на первый взгляд может показаться тревожным, является однако достаточно упрощенческим. Действительно, приход М.Горбачева к власти в конце 80-х и начало его “перестройки”, одной из целей которой была либерализация советского режима и создание демократической системы по образцу “западной модели”, не принесли ожидаемого эффекта. При Б.Ельцине экономические и социальные реформы (“Гласность”), предпринятые в 90 –е годы в рамках либеральной политики и перехода к рыночной экономике, привели прежде всего к сильному обнищанию населения, появлению влиятельной и презренной олигархии (“новых русских”) и вмешательству “чужих лиц”, что вызвало крайнее недовольство граждан. Этот набор черных пятен на карте новой России, - России более справедливой и более свободной, с одной стороны погрузил россиян в некую глубокую психологическую туманность в связи с внезапной потерей их “традиционных” ориентиров, а с другой стороны способствовал главным образом отказу от образца западной демократии, воспринятого как новый “диктат”. Для россиян “либеральная демократия” означает “неспособность принимать решения” или “западный импорт”(2), а еще “чистое лицемерие”(2).  
Приход к власти В.Путина, его программа реформ и построение “вертикали власти”, или возврат к порядку, были одобрены гражданами, которые вздохнули с облегчением. Для россиян эпохи 2000-х годов Путин – это тот, кто воплощает в себе русские традиции и историю, но еще и тот, “за которого не стыдно” (с намеками на выходки Ельцина). Общественное мнение основывается на самом деле не на политических аспектах, а на представительности кандидата.
Тем не менее успех политики Путина в экономическом и социальном развитии остается алеаторным, учитывая, что для достижения восстановления системы, в частности в сфере социальной политики, хозяин Кремля должен был использовать энергетический потенциал страны, то есть повышение цен на нефть и газ (80 % российского экспорта(6)), что сделало Россию зависящей от экспорта энергоресурсов.
Партия Путина “Единая Россия” является “доминирующей политической силой” (70 % в 2007 г.), что, как известно, происходит и в некоторых демократических странах, - Японии с ее либерально-демократической партией, правящей с 1945 года, или Швеции с ее социально-демократической партией с 1932 по 1976 год у власти (1).
Для “Единой России” “суверенная демократия” основывается на сильном и националистическом государстве, отвергающем любое иностранное вмешательство(2). Оставаясь независимой, она обеспечивает политическую стабильность внутри своих границ, “экономическое процветание за счет ее политической стабильности”.(6)
По сути, в России функционирует “истинная” демократия (по сравнению с советским периодом) (6):
•    Свободные парламетские и президентские выборы
•    Создание Общественной палаты по правам человека в 2005 году
•    Свобода передвижения
•    Распространение своей культуры и информационных сетей за рубежом
•    Распространение иностранных каналов и прессы в России
•    Отсутствие цензуры в Интернете (в отличие от Китая)
•    Возможность осуществлять свой собственный бизнес
•    Возможность приобретения права собственности...
Однако “запланированное” возвращение Путина на пост президента в 2012 году и, следовательно, победа “Единой России” явно показывают, что Россия является псевдодемократией (5) в отношении ее системы “электорального авториторизма”, так как на самом деле нет честной конкуренции между властью и оппозицией (6). Кроме того, система Путина, а именно поддержание внутренней стабильности и независимости России, может в лучшем случае привести к стагнации в стране. По словам Алексея Кудрина, бывшего российского министра финансов, вынужденного уйти в отставку в сентябре 2011 после того, как тот выразил свое несогласие с “договоренностью” между Путиным и Медведевым, которое позволит им поменяться ролями в 2012 году, “планируемое увеличение военных расходов может поставить под угрозу государственные финансы”, тем более, что реформы, проведенные в 2008 году в условиях финансового кризиса, стоили колоссальных затрат, что должно было заставить главу правительства задуматься о “серьезных корректировках в остальных секторах экономики”, начиная с наведения порядка в правовых учреждениях и правовой системе в целом (5) и с “инвестирования средств в технологию”(6).
Таким образом, избрание В.Путина президентом в 2012 году не принесет никаких изменений(5). Г-н Горбачев заявил в одном из интервью: “ Если мы не предпримем серьезных действий, то можно ожидать, что в будущем не произойдет никакого прогресса. Мы рискуем потерять 6 лет( 3). “Без демократии не будет и современной России. Модернизация может иметь место только в том случае, если люди, все население в целом будет учавствовать во всем процессе. Нам нужна демократия, нам нужны изменения в избирательной системе, в противном случае у нас ничего не получится”. И наконец, “Россия находится на полпути переходного процесса, мы преодолели только половину этого пути. Нам еще предстоит проделать огромную работу”(6).
Столкнувшись с этой “внезапной” реорганизацией Конституции, тем не менее более чем предвиденной, в рамках президентских выборов 2012 года, российские СМИ подчеркивали в своих заголовках “электоральный авториторизм”, жертвой которой стала Россия: “Путин навсегда: течение истории в нашей стране, похоже, остановилось. Путин – наше прошлое, настоящее и обозримое будущее (“Московский Комсомолец”). По мнению деловой газеты “Ведомости”, ожидаемый обмен должностями между Путиным и Медведевым указывает на отсутствие желания решать проблемы страны в долгосрочной перспективе(3).
Все эти недостатки в демократической системе России приводят к тому, что иностранная пресса  резко осуждает “демократию по-русски”. Критика эта довольно упрощена, так как основана исключительно на том, что “политическая жизнь в России в их глазах отошла от идеалa демократии”(1). Жан-Робер Равио в своей книге “Российская демократия”  ясно показывает точки соприкосновения между “пост-советской демократией и европейской постдемократией” :
•    “Политическая жизнь, которая превращается в мыльную оперу”
•    Изменение системы голосования
•    Борьба с экстремизмом с целью мобилизовать своих сторонников и пересмотреть свою оппозицию: без сомнения, в России роль экстремистов принадлежит либералам, на Западе же – националистам. Однако механизм манипулирования общественным мнением у тех и у других одинаковый.
•    Политкорректность, хоть она и разная на Востоке и на Западе. Патриотизм в России, глобализм и антирасизм на Западе и т.д....
Жан-Робер Равио с большим мастерством и реализмом подчеркивает провал построения демократической Европы, а вместе с ним растущее социальное неравенство, “ американский цезаризм и непотизм”. Он акцентирует непоследовательность “старых демократий” в реализации принципов демократии и разоблачает отношение западных стран, продолжающих “брать на себя роль учителей”, дающих уроки демократии(1).
События в арабском мире, конец диктаторских режимов и последующие свободные выборы, разве они не переопределили в свою очередь понятие демократии? Означает ли это, что существует несколько демократий: “старые демократии”, “традиционные”, “арабские”, “российская демократия”?


В любом случае, эти неодемократии, или если выразиться “целомудреннее”, переходные демократии, ясно показывают, что универсального “рецепта”, который можно было бы применить в этой сфере, не существует. Демократия зависит прежде всего от реалий и конфигурации национального государства. Вмешательство Запада в прямой или косвенной форме во внутренние проблемы этих переходных государств не является демократическим. Западная демократия проявляется в таких случаях как истинный “диктат”.
Наконец, “Россия и Запад расходятся во мнениях при определении понятия демократии, поскольку они противопоставляются восприятию мира”(2). Как можно сравнивать и тем критиковать систему управления страны, когда эти два “уровня” не сравнимы? Сравнивать западную демократию и российскую – это уже “за пределами возможного” и особенно иррационально, учитывая, что Россия – огромная (11 часовых поясов), многоэтническая и многоконфессиональная страна, чьи геополитические амбиции, основанные на определенной империалистической ностальгии, не позволяют таких сравнений.  Кажется, еще в течение нескольких десятилетий, то есть еще ровно столько, сколько российская интеллигенция будет оставаться “под тяжестью материалистического и авторитарного мамонта”, установленного В.Путиным, Западу придется смириться с понятием “демократии по-русски”, так как у него нет выбора, да он никогда и не оспаривал этого вопроса. Русская она или арабская, демократия показала, что она пожет подразделяться в соответствии с реалиями и пространством, которыми она располагает. 

 

                                                                                                                              Chantal DOUPEUX 

Библиография:
1)
Жан Робер Равио “Российская демократия”, Резюме: Гийом Бенеш  Источник “Полемия”, 20 декабря 2008.
2) “Является ли Россия демократией?”  La Russie est-elle une démocratie ? - Contre-Feux.com         
www.contre-feux.com/.../la-russie-une-autre-conception-de-la-democ
3) http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/09/26/avec-vladimir-poutine-a-la-presidence-la-russie-fera-un-bond-en-arriere-estime-mikhail-gorbatchev_1577716_3214.html#xtor=RSS
[4] http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/international/201110/17/01-4457872-leconomie-russe-et-la-democratie.php
[5] http://www.lecourrierderussie.com/2011/04/01/sergei-ryjenkov-russie-pseudo-democratie/
[6] http://www.monde-diplomatique.fr/2010/10/INOZEMTSEV/19776
[7] http://www.lexpress.fr/actualites/2/pas-de-russie-moderne-sans-democratie-juge-mikhail-gorbatchev_899112.html
8) “Демократия по-русски” Марлен Ларюэль, с.90-93,  Manière de voir – Le Monde Diplomatique- N° 100, август-сентябрь 2008.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:18

  Très souvent montrée du doigt par les pays occidentaux, la Russie semblerait être dans « l’incapacité » d’appliquer les principes fondamentaux de la démocratie tels que ceux fixés en Europe et en Amérique du Nord.[8]


Dans ce contexte, quelques néologismes viennent qualifier « la  démocratie à la russe » (1) : Infradémocratie, démocratie potemkine, démocratie illibérale (2), « démocratie dirigée » [8]

Ce constat qui pourrait s’avérer inquiétant, reste toutefois assez simpliste. En effet, l’arrivée de M.Gorbatchev et sa « Pérestroïka » fin des années 80 dont l’un des objectifs était la libéralisation du régime soviétique et l’instauration d’un système démocratique calqué sur le « modèle » occidental n’a pas eu les effets escomptés. Sous B. Eltsine, les réformes économiques et sociales (« Glasnost ») engagées pendant les années 90 dans le cadre d’une politique libérale et la transition vers « l’économie de marché » ont surtout amené une forte paupérisation de la population, l’émergence d’une oligarchie « pesante »  et méprisante, (« les nouveaux riches ») ainsi que  l’ingérence de certains acteurs « allogènes » très mal acceptée par les citoyens. Cet ensemble de points noirs sur la carte d’une nouvelle Russie plus juste et plus libre a d’une part plongé les Russes dans une profonde nébuleuse psychologique consécutive à la perte subite de leurs repères « traditionnels » et d’autres parts a contribué essentiellement au rejet d’un modèle démocratique à l’occidental, perçu comme  un nouveau « diktat ». Pour les Russes, la « Démocratie libérale » signifie « faiblesse décisionnelle » et « importation occidentale » (2). « Ce serait une pure hypocrisie » [2].

L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, son programme de réforme et la mise en place d’une « verticale de pouvoir » soit le retour à l’ordre, ont été accueillis comme un soulagement par les citoyens. Pour les Russes des années 2000, V. Poutine est celui qui incarne la tradition et l’histoire russe, mais aussi celui « qui ne fait pas honte » (en faisant allusion aux frasques de B. Eltsine). L’opinion en général ne se base pas réellement sur l’aspect politique des partis mais sur la prestance du candidat.
Cependant, le succès de la politique de Poutine en matière économique et social reste aléatoire compte tenu que pour parvenir au redressement du système, notamment en matière de politique sociale, le « chef » du Kremlin a dû utiliser l’outil énergétique, soit l’augmentation du prix du  pétrole et du gaz (80% de ses exportations [6]), plaçant ainsi la Russie dépendante de ses ventes en ressources énergétiques.

Le parti de V.Poutine, Russie Unie, est « la force politique dominante » (70% en 2007) telle que nous connaissions  déjà dans  certains pays démocratiques comme le Japon  et son parti libéral-démocrate depuis 1945 ou la Suède avec le parti social démocrate de 1932 à 1976 [1]
Pour « Russie Unie », la « démocratie  souveraine » est basée sur un Etat fort et nationaliste, s’opposant à toutes ingérences étrangères [2] . En restant indépendante, elle assure une stabilité politique à l’intérieur de ses frontières « prospérité économique contre stabilité politique » [6]

En fait, la Russie fonctionne telle une « vraie » démocratie (par rapport à l’époque soviétique) : [6]
•    Elections libres pour la présidentielle et des représentants du parlement
•    Création d’une Chambre civile des droits de l’homme en 2005
•    Liberté de voyager
•    Diffusion de sa culture et ses réseaux d’information à l’étranger
•    Diffusion de la presse et chaînes étrangères en Russie

•    Possibilité d’exercer  sa propre activité commerciale
•    Possibilité de devenir propriétaire….

Cependant, le retour « programmé »de V.Poutine sur le fauteuil présidentiel en 2012 et donc, la victoire de Russie Unie, démontre que la Russie est bien une pseudo-démocratie [5] quant à son système « d’autoritarisme électoral » puisqu’en fait, il n’y a pas de concurrence  loyale entre le pouvoir en place et l’opposition [6]. De plus, le système «Poutine », soit maintenir une  stabilité intérieure et l’indépendance de la Russie, risque de mettre le pays en stagnation au mieux. Selon Alexeï Koudrine, ex-ministre des finances russes, forcé à démissionner en septembre  2011 après avoir manifesté son désaccord sur « l’arragement » entre V.Poutine et D. Medvedev permettant ainsi à Vladimir Poutine de reprendre la présidence, « l’augmentation programmée des dépenses militaires pourraient mettre en péril les  finances publiques », d’autant plus que les réformes engagées en 2008, lors de la crise financière, ont coûté des fortunes colossales qui auraient dû amener le chef du gouvernement à songer à de « sérieuses améliorations du reste de  l’économie » en commençant par assainir les institutions et le système juridique [5]  « investir dans la technologie » [6].
Ainsi, l’élection de V.Poutine en 2012 n’apporterait aucun changement [5]. M. Gorbatchev  a déclaré lors d’une interview: « Nous pouvons nous attendre à ce qu’il y ait aucune avancée à l’avenir si on ne  procède pas à de sérieux changements ». « Nous risquons  de perdre 6 ans ».[3]. « Pas de Russie moderne, sans démocratie ». « La modernisation peut se faire que si les gens, la population dans son ensemble, participe à la totalité du processus. Nous avons besoin d’une démocratie, nous avons besoin d’une amélioration du système électoral…faute de quoi, ça ne réussira pas. » Et pour conclure « La Russie est à mi-chemin de  sa transition, nous n’avons parcouru qua la moitié du parcours. Nous avons encore une énorme quantité de travail à accomplir » [6].
Face à cette réorganisation « subite » mais plus que prévisible  de la constitution dans le cadre des élections présidentielles 2012, la presse russe soulignait dans ces grands titres « l’autoritarisme électoral » dont est victime la Russie : « Poutine pour toujours : L’histoire s’est semble t-il arrêtée dans  notre pays, Poutine est notre passé, notre présent et notre  futur » (Moskovski komsolets). Pour le magasine des affaires « Vedomosti » : « l’échange de fonction prévu entre  M. Poutine et M. Medvedev ne montre aucun signe d’une volonté de régler les problèmes à long terme du pays. ».[3]
Toutes ces failles du système  démocratique en Russie amènent les médias internationaux à condamner sévèrement la « démocratie à la russe ». Jugement bien simpliste, basé seulement sur le fait que « la vie politique en Russie s’éloignerait à leurs yeux de l’idéal type de la démocratie » [1]. Jean-Robert Raviot, dans son ouvrage « Démocratie à la russe : pouvoir et contre pouvoir », montre, et de manière très claire les points  de  convergence  entre  « la démocratie post-soviétique et la  post-démocratie européenne » :
•    « La vie politique qui se transforme en feuilleton télévisé à épisodes ;
•    Le changement de mode de  scrutin
•    La  lutte contre  l’extrémisme pour mobiliser ses partisans et déconsidérer son opposition : certes en Russie, ce  sont les « libéraux » qui jouent le rôle d’extrémistes dévolu et en Occident, les nationaux. Mais la mécanique de manipulation de  l’opinion est la même ;
•    Le politiquement correct même s’il est différent à  l’Est et à l’Ouest. Le patriotisme en Russie, le mondialisme et l’antiracisme en Occident…..etc
Jean-Robert Raviot avec  beaucoup d’habilité et de réalisme, souligne l’échec de la construction d’une Europe démocratique, à en voir les inégalités sociales croissantes, de même que le « césarisme et le népotisme américain ». Il met en exergue les incohérences  des "vieilles démocraties dans l’application des principes même de la démocratie et dénonce l’attitude des Occidentaux qui persistent à « s’ériger » en des  donneurs de leçons.[1]

Les  évènements survenus dans le monde  arabe, la fin de certaines dictatures et les élections libres qui s’en sont suivies n’ont-ils pas eux aussi redéfini la « Démocratie » ?
Existerait-il donc plusieurs démocraties : « Vieilles démocraties » ou « Démocraties traditionnelles », les  « démocraties arabes », la « démocratie à la russe » ?

En tout cas, ces néodémocraties ou plus « pudiquement » ces démocraties en transition montrent clairement qu’aucune « recette » universelle n’est applicable en la matière. La démocratie dépend avant tout des réalités et de la configuration d’un Etat-Nation. Les ingérences occidentales directes et indirectes dans les problèmes internes de ces Etats en transition n’ont rien de démocratiques. La « démocratie occidentale » se pose dans les cas présents en véritable « diktat ».

Enfin, « Russes et Occidentaux ne peuvent pas se comprendre lorsqu’ils définissent la démocratie car ils s’opposent à la perception  du monde ».[2] Comment peut-on comparer et ainsi apporter une critique sur la gouvernance d’un pays, quand « l’ échelle » n’est pas comparable ? Faire  une comparaison entre la  « démocratie occidentale » et la « démocratie à la russe » relève « de  l’impossible » et surtout de l’irrationnel sachant que  la Russie est un pays gigantesque (11 fuseaux horaires), pluriethnique et pluriconfessionnel et dont les ambitions géopolitiques, basées sur une certaine nostalgie impérialiste ne permet aucune comparaison. Il semble que pendant encore quelques décennies, et ce tant que les intellectuels russes seront « étouffés » par le mammouth « matérialiste » et « autoritaire »  instauré par V. Poutine, les Occidentaux devront accepter, puisqu’ils n’ont pas le choix et qu’ils  ne se remettent jamais en question, cette notion de « démocratie à la russe ». Qu’elle soit à la russe ou à l’arabe, la démocratie a montré qu’elle pouvait se décliner selon les réalités et l’espace dont elle dispose.
                                                                                                                                                Ecrit par Chantal DOUPEUX 

Bibliographie
[1] Jean Robert Raviot « Démocratie à la Russe », Résumé : Guillaume Bénec’hSource Polemia 20 décembre 2008
[2] La Russie est-elle une démocratie ? - Contre-Feux.com     
www.contre-feux.com/.../la-russie-une-autre-conception-de-la-democ
[3] http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/09/26/avec-vladimir-poutine-a-la-presidence-la-russie-fera-un-bond-en-arriere-estime-mikhail-gorbatchev_1577716_3214.html#xtor=RSS
[4] http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/international/201110/17/01-4457872-leconomie-russe-et-la-democratie.php
[5] http://www.lecourrierderussie.com/2011/04/01/sergei-ryjenkov-russie-pseudo-democratie/
[6] http://www.monde-diplomatique.fr/2010/10/INOZEMTSEV/19776
[7] http://www.lexpress.fr/actualites/2/pas-de-russie-moderne-sans-democratie-juge-mikhail-gorbatchev_899112.html
[8] Démocratie à la Russe par Marlène Laruelle P.90 à 93 – Manière de voir – Le Monde Diplomatique- N° 100 – Août/Septembre 2008

 

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