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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 20:41

250px-Location_Moldova_Europe.pngMoldavieCe petit pays (33 383 km²) d’environ 4 millions d’habitants, enclavé entre la Roumanie à l’Ouest et par l’Ukraine au Nord, à l’Est et au Sud, indépendante depuis l’effondrement du bloc soviétique en 1991 semble avoir trouvé une voie vers un meilleur compromis politique, l’amenant ainsi vers l’achèvement de sa démocratisation.

République parlementaire multipartite, système dans 125px-Flag_of_Moldova_svg.pnglequel le Président de la République et le Premier Ministre détiennent le pouvoir exécutif tandis que le parlement (élu pour 4 ans au 3/5 des voix, soit 61 sièges)  et le gouvernement représentent le législatif, la République de Moldavie ou « Moldova » a connu de nombreux rebondissements dans le processus de transition vers une société démocratique depuis son indépendance, processus entravé notamment par l’incapacité de collaboration entre le pouvoir exécutif et le législatif.

 

Contexte politique depuis 1991 

L’instabilité politique, l’incohérence et l’inefficacité des réformes découlant des différents affrontements au sein du gouvernement, la corruption, l’aggravation de la pauvreté avaient rappelé le parti communiste de Vladimir Voronin au pouvoir dés le début des années 2000 jusqu’en 2009.

Lors des élections législatives en avril 2009, le parti communiste obtient 49.8% des voix, score insuffisant pour l’élection de leur candidat. En Mai 2009, Vladimir Voronin devient président du parlement moldave avec les 60 voix obtenues par son parti tout en poursuivant son mandat de chef de l’état dans l’attente de la désignation d’un successeur. En juillet 2009, de nouvelles élections ont lieu. Les partis de l’opposition « Alliance pour l’intégration Européenne » (AIE : gouvernement de coalition signé le 08/082009 par 4 partis politiques) remportent 51% des voix. Cette coalition obtient 53 sièges au parlement, contre 61 requis pour la nomination du chef de l’état. La constitution prévoyant une limite d’élections, de nouvelles élections ne peuvent donc pas être convoquées. En attendant de nouvelles élections législatives, Mihai Gimphu (alors président du parlement depuis aout 2009) devient Président de la République Moldave par intérim. En septembre 2009, Vladimir Voronin démissionne de ses fonctions de chef d’état.

Les évènements d’avril 2009

Lors des élections législatives, le parti communiste annonçait un score de 50%. Environ 10 000 personnes, notamment des étudiants contestant la victoire électorale du Parti communiste ont tenté de prendre le contrôle du siège de la présidence. ( Reuters/Gleb Garanich)

Des affrontements ont eu lieu entre forces de l’ordre et opposants au Parti communiste  dans la capitale.

« L’élection a été contrôlée par les communistes, ils ont acheté tout le monde », a déclaré Alexeï, un étudiant. « Nous n’avons aucun avenir avec les communistes parce que ce sont des gens qui ne pensent qu’à eux. » 

Les circonstances et le déroulement exacts de ces manifestations restent cependant très flous. En tout cas, le calme est revenu rapidement dans les rues de Chisinau. Les images diffusées par la télévision moldave visaient apparemment à discréditer les revendications des opposants au régime Voronin.

Le référendum de septembre 2010

La réforme de la constitution prévoyant l’élection du président de la République au suffrage universel direct a dû être invalidée suite à un taux de participation de 29.67%, inférieur au taux de 33% (minimum) requis. Le parti communiste avait appelé au boycott de ce référendum le jugeant « anti-démocratique ».

Les élections de novembre 2010

Les élections législatives de novembre 2010 ont amené cette fois-ci une coalition de centre-droit (Coalition pour l'intégration européenne) à la gestion du pays avec Vlad Filat (Parti Libéral Démocrate), comme premier Ministre et Marian Lupu (parti démocrate), président du Parlement et Président intérimaire de la République de Moldavie. phpThumb_generated_thumbnailjpg.jpg


Quant au parti communiste (PCRM),  il représente encore 39 % de l’électorat. Malgré « son désir de se maintenir au pouvoir, il a  néanmoins respecté les termes de la constitution, prenant le risque de voir son influence s’effriter ».

 

En tout cas, le pays serait à présent sur la « bonne voie » pour poursuivre son processus de démocratisation et la mise en place de nouvelles réformes  adaptées à la réalité du pays malgré un Président de la République « manquant à l’appel ».

Le nouveau programme  pour 2011-2014 est basée sur « l’intégration européenne   :  Liberté, Démocratie, Bien-être ».

Contexte économique et géopolitique

Rappelons en quelques mots la situation économique et sociale de la République de Moldavie : La population moldave est essentiellement rurale et depuis son indépendance, la Moldavie subit une exode massive. Un million de Moldave travailleraient à l’étranger. Ce qui fait que la Moldova dépend largement des transferts d’argent de ses migrants (25% du PIB). Ce petit état est considéré comme étant le plus pauvre d’Europe. Rongé pendant des années par la corruption et les vestiges de l’époque soviétique, il s’oriente à présent vers une intégration européenne tout en souhaitant conserver ses relations avec la Russie, important partenaire commercial et économique.

La République de Moldavie est une « zone frontière par excellence » : « Frontière géographique » : c’est ici que finit l’Europe à l’Est et que commence les grandes steppes de Russie. « Frontière culturelle » : c’est un carrefour entre l’orient et l’occident (« La Bessarabie, c'est-à-dire la Moldavie orientale actuelle a été  la limite entre les empires romain, byzantin et ottoman »).

Malgré son instabilité politique qui l’a caractérisée depuis son indépendance, la République de Moldavie se montre plutôt bonne élève quant au respect de sa constitution dans sa transition vers la démocratie. Sans « révolution de couleur » elle parvient bon gré mal gré à emprunter la voie vers la démocratie. Il est vrai que la composition de la population moldave, roumanophone majoritairement, bénéficie d’un terrain plus propice pour son intégration dans l’Union Européenne en comparaison  avec sa voisine l’Ukraine;

Enfin, la Moldavie ne joue sûrement pas le même rôle que l’Egypte dans le jeu des grandes puissances occidentales mais pourrait bien avoir sa place comme « poste frontière » entre la Grande Russie et l’Union Européenne.

En attendant, selon le politologue Gilles Ribardière, les efforts accomplis vers une démocratisation, fait de la Moldavie « un exemple remarquable d’un cheminement pacifique vers une organisation tout à fait satisfaisante » d’un état de droit.

 

 

 

www.moldavenir.org/

www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=EDM_SOVEURORMOL.

www.moldavie.fr

 

 

 

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 20:19

442px-Vladimir_Putin-2.jpgC’est au cours des années 90 que l’on voit apparaître le nom de Vladimir Poutine dans le milieu politique russe.

Vladimir Poutine, issu d’un milieu modeste (parents ouvriers) est né en 1952 à Léningrad (Saint Petersburg depuis septembre 1991).

Après des  études de droits à l’éminente université de Saint Petersburg, il devient membre du KGB et intègre la “Première direction Générale” , le service des renseignements extérieurs où il restera 15 ans. Durant cette période, en 1985, il est envoyé en RDA à Dresde dans le Groupe des Forces Armées dans le cadre d’une préparation d’une mission d’opération où il agira sous la couverture de directeur de la “Maison de l’amitié Germano-soviétique”. Nom de code : Platov.

 

Dés l’effondrement de l’Union Soviétique début 1990, Vladimir Poutine retourne à Saint Petersburg et retrouve son mentor Anatoli SOBTCHAK, recteur de l’université et maire de Saint Petersburg (1991-1996) qui lui confie le poste d’adjoint aux affaires internationales et ensuite celui de conseiller aux affaires internationales du soviet de la ville.

 

En août 1991, il participe aux négociations “épineuses” avec les forces armées lors du putsch contre Gorbatchev. Le 20 août 1991, il démissionne “officiellement” du KGB

 

Son intervention est remarquée. Il vient en fait de faire  ses premiers pas dans la vie politique de la Russie ex-soviétique.

 

Surnommé le “Cardinal de l’ombre”, il devient très vite un personnage influent dans la vie politique municipale de Saint Petersburg et  gravit rapidement les “échelons” au sein de la municipalité  : Président du Conseil de la ville, responsable des relations extérieurs de la mairie et enfin dés 1994 premier adjoint au maire, Anatoli SOBTCHAK.

 

Fin 1995, il est nommé président de la section locale du parti “Notre Maison, la Russie” (NDR - parti du premier ministre de l’époque : Tchernomyrdine) et sera chef de campagne pour les élections législatives.  Après la défaite de son mentor A. SOBTCHAK aux municipales,    Vladimir Poutine démissionne par crainte de donner “l’apparence de trahison”... (sic).

Une ascension fulgurante 

Son ascension vers le pouvoir prend une cadence “effrénée” : Août 1996, il devient adjoint de Pavel Borodine, directeur des affaires de la présidence à Moscou. Moins d’un an plus tard en mars 1997, il intègre l’administration présidentielle et consécutivement  en devient vice-directeur chargé de la gestion des relations entre les régions .

 

Eté 1998, il est nommé directeur du FSB et enfin, en août 1999, il devient  premier ministre du gouvernement Eltsine.

 

Dés l’automne 1999, son ascension vers le pouvoir s’accélère, notamment suite aux attentats terroristes à Moscou et dans plusieurs villes russes, qui tuent des centaines de personnes. Ces actes sont immédiatement attribués aux indépendantistes tchétchènes.

 

Aubaine ou “tactique”, après ultimatum, Poutine décide de reprendre les hostilités en Tchétchénie et lance l’opération « antiterroristes » afin de “restaurer l’ordre constitutionnel fédéral”. Il déclare vouloir “buter les terroristes jusque dans les copmup*” (littéralement : chiottes).

 

Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine, malade démissionne. Vladimir Poutine devient président par intérim de la grande Fédération de Russie.

Le programme de Poutine

 

La restauration de “la verticale du pouvoir”.

Dés son arrivée, Vladimir Poutine est déterminé à remettre de l’ordre dans le pays et  à relever le chaos crée par ses prédécesseurs : Pérestroïka sous Gorbatchev et Glasnost sous Eltsine.

L’héritage des politiques libérales menées les dernières années est lourd :

Le pays est en ruine (économique, sociale..). Paupérisation de la population, misère, corruption, criminalités, pillages des ressources et patrimoines industriels par les Oligarches . A partir de cette époque démarre de longs procès pour escroquerie, évasion et fraudes fiscales (le cas de IOUKOS/Khodorkovski emprisonné en Sibérie, Berezovki et Goussinka accusés de crimes et délits économiques, fraudes et évasions fiscales , ces derniers ayant finallement fui à l’étranger etc...).

La “verticale du pouvoir” ou “dictature de la loi” consiste à lutter contre ces mafias para-étatiques et oligarques, renforcer le pouvoir central de l’Etat  notamment dans les républiques non-russes autonomes où l’on assiste à une montée du nationalisme et à mettre en place différentes réformes économiques, sociales et politiques.

 

Pour la lutte contre la corruption, Poutine s’entoure  d’ “hommes de forces”, les siloviki, patriotes dévoués au redressement et au développement de leur pays et fait revenir les “Guébistes” “agents du ex-KGB” qui avaient été mis sur la touche à l’époque de Boris Eltsine.

 

En ce qui concerne les réformes, il prend les mesures suivantes :

 

> Economiques :

Réformes fiscales : Baisse de la TVA, réduction de la taxe d’impôts sur les sociétés (35 à 24 %) afin de limiter la fraude et la corruption et faciliter la gestion de la fiscalité, mise en place d’une taxe unique de 13% pour l’impôt sur le revenu ;

 

Réformes foncières autorisant la vente de terres agricoles ;

 

Ouverture de la concurrence du fret ferroviaire représentant plus de 80% du trafic en Fédération de Russie ;

 

> Sociales :

Réformes des retraites : Mise en place d’un système à 3 piliers avec capitalisation obligatoire et épargne volontaire, sans augmenter l’âge de la retraite ;

 

Mise en place de projets de priorités nationales et de la politique démographique afin de réformer le secteur social et de financer de grands projets dans le secteur de la santé, l’éducation, et de l’accessibilité aux logements sociaux ; 

 

> Politiques  :

Réforme de la division territoriale avec la création de sept districts fédéraux

 

Réforme du conseil de la Fédération de Russie et arrêt des élections des gouverneurs qui seront désormais nommés par le Président de la Fédération de Russie ;

 

Créations d’organes consultatifs :  d’un Gossoviet (Conseil d’Etat) formé de gouverneurs et d’une Chambre de la société constituées de personnes influentes et connues ;

 

 Mesures assurant une meilleure cohésion entre les “Siloviki” (hommes de forces), c’est à dire les ministères de l’ordre public (armée, FSB, police) et le ministère des situations d’urgence.

 

Ainsi dés 2000 , on assiste à une croissance économique de + 6-8%/an, un PIB triplé durant la période 2000 à 2006, et une capitalisation boursière doublée, une baisse radicale de l’inflation, une hausse des revenus des particuliers due aux recettes fiscales de ventes d’hydrocarbures, une croissance industrielle de 75% de 2000 à 2008 et une croissance de 125% des investissements, une balance du commerce extérieur excédentaire. Ces réformes économiques et financières ont ainsi conduit la Russie vers une certaine stabilité et une reprise de confiance de la population.

 

Cependant, le sort de l’économie reste lié à la vente de produits énergétiques ce qui fait de la Russie, une économie de rente, soumise aux cours mondiaux des produits énergétiques.

 

Malgré le succès d’une partie des réformes économiques, le programme engagé pour lutter contre la corruption par exemple ne semble pas avoir porté ses fruits. De même qu’en matière démographique, la Russie souffre d’un vieillissement de sa population.

Enfin, la vague de privatisations ont entraîné des inégalités sociales accrues.

 

Sur le plan institutionnel et politique intérieure, l’Etat joue un rôle majeur qualifié souvent de “démocratie administrée”.

 

Sur le plan international, certains  reprochent  à Vladimir Poutine de mener une politique autoritaire et populiste, d’autres lui accordent “le mérite historique d’avoir engagé la Russie sur la voie de la stabilité et de la fiabilité en tant que partenaire” (Gerard Schröder, ancien chancelier allemand et  président du Conseil de surveillance du consortium gazier germano-russe dont 51% appartient à Gasprom...).

 

En politique étrangère, la stabilisation politique et économique du pays acquise depuis l’arrivée au pouvoir de Poutine redonne à la Russie son statut de grande puissance internationale.

 

Les attentats du 11 septembre 2001, ont « rapproché » provisoirement les Etats-Unis et la Fédération de Russie dans leur lutte contre le terrorisme. La Russie joue un rôle de médiateur dans les dossiers délicats tels l’Iran, la Corée du Nord.

 

Cependant, cette nouvelle entente avec les Etats-Unis a montré ses limites si bien dans la durée que dans le contenu. Dés 2007, surgissent à nouveau des tensions concernant les projets d’installation de systèmes d’armes balistiques américains en Pologne et en République Tchèque destinés à assurer une protection anti-missiles contre d’éventuelles attaques nucléaires iraniennes, reléguant ici la force dissuasive nucléaire russe en arrière plan.

En juin 2007, Vladimir Poutine riposte à ce qu’il considère une provocation et menace de pointer des missiles « Iskander » vers l’Europe de l’Est et parallèlement d’installer des armes nucléaires à Kaliningrad (enclave russe sur la mer baltique).

 

Sur le plan géopolitique, les richesses en gaz et pétrole de la Russie (plus de 17% des réserves mondiales), 2éme exportateur de pétrole), ses milliers de kilomètres de gazoducs et d’oléoducs traversant la moitié du continent européen lui permettent d’exercer une certaine pression économique et politique et de renforcer sa position de grande puissance.

 

Elections de 2012

 

A la veille des élections  présidentielles de 2012, la popularité de Vladimir Poutine Poutine, bien qu’en légère baisse suite aux incendies de l’été 2010) semble se maintenir (50 à 60% selon un sondage de l’institut Levada en janvier 2011).

Pour la majorité des Russes (Levada), Vladimir Poutine est l’homme de l’ordre et de la prospérité.

Sportif, sobre (contrairement à Boris Eltsine) il est selon les sondages  digne de représenter la Fédération.

 Considéré comme le sauveur de la Grande Russie, il incarne la modernité, modernité toutefois conservatrice mais qui ne va pas à contresens de la mentalité russe.

En tout cas, même si la population a conscience des lacunes en matière de démocratie et de l’organisation opaque et autoritaire de la « verticale de pouvoir » de Poutine, ils ne sont pas prêts à opter pour une politique libérale, telles qu’ils l’ont vécue avec la « Pérestroïka » de Gorbatchev et le « Glasnost » de Boris Eltsine qui avaient enfoncé la Russie dans un marasme économique, financier et social à la fin des années 90.

L’opposition de partis libéraux tels que celui du champion d’échec, Garry Kasparov, laisse l’opinion russe majoritairement indifférente..

 

Enfin, la crise économique 2008/20010 a pu être surmontée et la Russie poursuit sa sortie de crise. La campagne électorale est d’ores et déjà amorcée. Lors d’un bilan de fin d’année, Vladimir Medvedev dressait un bilan plutôt positif des mesures « anticrise » déployées par le gouvernement fin 2009 en déclarant  que la « récession avait cédé le pas à une croissance stable » (croissance du PIB environ 4%, augmentation de la balance des échanges de 38%..).

Cependant, les perspectives à terme de cette croissance sont très incertaines notamment en ce qui concerne les dépenses consécutives aux lourds budgets attribués pour mener la politique anticrise.

 

Quoiqu’il en soit, la configuration politique actuelle de la Russie, cette « verticale de pouvoir » permettant un contrôle constant des différentes institutions ainsi que des appareils économiques et financiers pourraient encore longtemps garantir le maintien de Vladimir Poutine et de son clan à la tête de la Fédération de Russie.

 

 

fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Poutine

www.evene.fr/.../biographie/vladimir-poutine-5953.php

www.diploweb.com/russie/tchetchenie2.htm

wwwwww.diffusion-distribution-lokomodo.fr › tous les livres

.pierrelorrain.com/biographie.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 19:51

250px-Location_Ukraine_Europe-copie-2.png250px-Up-map-copie-1L’année 2010 a été marquée par l’élection de Victor Ianoukovitch, ancien dirigeant du parti des régions et qui lors du scrutin de 2005 s’était lamentablement illustré suite à des fraudes ayant débouché sur la Révolution Orange. Face à la pression populaire il avait dû céder amenant ainsi Viktor Ioutchenko, leader du parti pro-occidental « Nacha Ukraina » au pouvoir.

 

250px-Location Ukraine EuropeDepuis les évènements de 2005, Viktor Ianoukovitch a poursuivi sans relâche sa campagne aux 200px-Yanukovich.jpgnouvelles élections présidentielles de 2010. Les problèmes de gouvernance, l’entente chaotique des deux leaders de la Révolution Orange (Ioutchenko et Yulia Timochenko), désordres qui avaient d’ailleurs contraint Ioutchenko à rappeler Ianoukovitch au poste de premier ministre pendant un an ont apparemment favorisé son ascension à la tête du pays.

En effet, l’instabilité politique du pays  générée par les différentes tensions au sein du gouvernement Ioutchenko ainsi que l’inefficacité ou alors l’absence de réformes notamment économiques, et enfin la crise mondiale ont plongé l’Ukraine dans un marasme sans précédent.

 

Viktor Ianoukovitch hérite donc dés le printemps 2010 d’un pays au bord de la faillite (baisse record du PIB de 15%) et reprend à son arrivée au pouvoir plus ou moins le programme de Leonid Koutchma (1994 – 2005), son mentor :

 

> Réforme sociale  :

 

Augmentation des salaires minimums et des retraites, lutte contre la pauvreté qu’il considère comme « l’ennemi de l’Ukraine ». Les années Ioutchenko ont accentué la paupérisation d’une partie de la population à faibles revenus. Ces laissés pour compte se sont retrouvés en marge d’une société qu’ils ne comprenaient pas et d’une économie de marché en construction ;

 

> Réforme constitutionnelle : Retour à la constitution du 1996 remaniée en 2004 par ses prédécesseurs et qui désormais prévoit la formation du gouvernement par le Président et non plus par le premier ministre ;

 

>Réforme fiscale dont l’augmentation de l’impôt sur les sociétés et notamment sur les PME qu’il a dû  par contre retirer en fin d’année suite à des contestations, cette mesure favorisant davantage les grands groupes que les petites sociétés  ;

 Durcissement du contrôle de l’Etat sur l’économie et intervention sur le système bancaire (injection de sommes colossales) ;

 

> Lutte contre la corruption ;

 

>Démocratisation de l’Ukraine ;

 

> En politique extérieure : Renforcement des relations politiques et économiques avec la Russie (différents accords en matière énergétique et discussions sur la question de la flotte russe en Crimée…) tout en « soignant » les relations avec l’Union Européenne et les Etats-Unis ;

Redonner à l’Ukraine une position à l’international ;

 

Et enfin, de manière plus démagogique, il propose de réduire son salaire de président de moitié...

 

Malgré des signes de reprise consécutifs à l’amélioration de l’économie mondiale, l’Ukraine demeure dans une situation très critique et présente un taux d’inflation  parmi les plus élevés au monde (11-14%) causé par le poids considérable de l’économie souterraine, la lenteur du rétablissement de la confiance dans le système bancaire, l’important déficit budgétaire hérité du gouvernement précédent et par l’instabilité de la conjoncture mondiale.

 

Selon l’IFES (Fondation américaine pour les systèmes électoraux) à Kiev, 47% des Ukrainiens feraient confiance à Viktor Ianoukovitch dans le cadre du redressement du pays. Cependant, cette estimation doit être considérée avec certaines réserves compte tenu de la situation économique et sociale alarmante des populations vivant dans l’Ouest du pays. En effet,  même si elles considèrent avoir été « trahies » par le gouvernement pro-occidental Ioutchenko, de la révolution orange, gouvernement que ces populations avaient soutenu par leur vote massif, ce n’est pas pour autant que les citoyens ukrainiens de ces régions  sont prêts à accorder leur confiance à Viktor Ianoukovitch, discrédité quant à son passé criminel et ses étroites relations avec le Kremlin. La crainte du rapprochement avec la Russie, au sein de ces populations isolées de l’Ukraine est perceptible lorsqu’au lendemain des élections présidentielles, des habitants de l’Oblast de Jitomir déclaraient : « Quand on va se coucher le soir, on ne sait même pas dans quel pays on va se réveiller demain » (sic).

 

Enfin, en renforçant ses pouvoirs par une réforme de la constitution  et en reprenant le programme de Leonid Koutchma, connu pour ses excès d’autoritarisme et son « ambivalence Est-Ouest »,  Viktor Ianoukovitch fait craindre aux observateurs internationaux la mise en place d’un régime poutinien, une « verticale de pouvoir » en constatant qu’il venait de commettre son premier faux-pas dans son programme de « démocratisation de l’Ukraine » que l’opposition n’a pas hésité à dénoncer.

 

L’élection de Viktor Ianoukovitch aura montré avant tout que l’Ukraine demeure divisée entre les pro-occidentaux, les pro-russes et ceux que cette division a plongé dans l’indifférence par lassitude, division qui risquerait de perdurer encore dans les années à venir.

 

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