Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 19:42
Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 19:18

Reportage de la Moldova 1 International du 15 avril 2012 - Présentation de l'Association Eminescu à Genève et du projet du "Guide du Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie" à la 15ème et 30ème minute. Un grand merci à l'association Eminescu pour son invitation lors du premier atelier "Eminescu Réinventé" ainsi qu'à Djemâa Chraïti pour sa participation de même qu'à Fred Kasar, cameraman pro pour sa prestation

 

 http://trm.md/ro/moldovenii-de-pretutindeni/moldovenii-de-pretutindeni-din-15-aprilie-2012/

 

 

Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:12

transnistrieSituée en Europe du Sud-Est, la République de Moldavie ou Moldova, avec ses 4 millions d’habitants, 34 000 km² (soit l’équivalent de la Belgique) est enclavée entre la Roumanie à l’Ouest, et par l’Ukraine au Nord, à l’Est et au Sud.

 

Ce petit Etat, trés mal connu, et souvent "malmené" par les stéréotypes médiatiques, mérite cependant une certaine attention quant à sa position géographique, à la croisée des chemins de nombreuses civilisations  telles que les Scythes venus des steppes d’Asie centrale, les Thraces, les Geto-Daces, les Romains, les Daco-romains, les Magyars, les Saxons et l’influence de la « Sublime Porte » dés le XIVème siècle ainsi que celle de l’Empire russe dés le XVIIème de même que son passé au sein de l’Union soviétique.Enjeu géopolitique et souffre-douleur de des puissances qui l'entourent soit l'Union Européenne et la Fédération de Russie ? Peau de chagrin ou héritière d'un passé compliqué ?

 

Comprendre la République de Moldavie125px-Flag of Moldova svg

 

L’éthnogénése roumaine

 

Au cours de l’antiquité, des tribus venues de Thrace du Nord, soit la Bulgarie actuelle, s’installent progressivement dans toute la région du sud Est de la péninsule balkanique. Hérodote de Halicarnasse prétendait dans ses écrits que ces tribus étaient "les plus nombreuses du monde, après celle des Indes (Indiens)". Il est encore difficile de connaître l’époque exacte de leur implantation dans cette région mais les vestiges découverts en Bulgarie, Roumanie, Moldavie, Serbie, Macédoine et en Grèce démontrent que les Thraces avaient créé une civilisation florissante à l’âge de bronze

A l'âge du fer (environ 800 av. J.-C. - 106 apr. J.-C.), Les Thraces se divisent, en deux grandes branches: les Thraces proprement dits, au sud du Danube, et les Gètodaces, au nord du Danube. Appelés Daces par les Romains et Gètes scythepar les Grecs, les gèto-daces finirent par se mêler aux Grecs qui avaient installé des comptoirs au bord de la Mer Noire.

Afin de repousser l’avancée romaine, le Roi Burebista créa le premier Etat de Dace au Ier siècle avant JC. Malgré la résistance du dernier souverain dace, Décebale (87-106), à partir de l’an 105, après les victoires de l’empereur romain Trajan, la Dacie devint alors une province de l’Empire Romain jusqu’en 271. Les Daces furent ainsi « romanisés » par la culture et surtout la langue latine.

Malgré les multiples invasions barbares venues notamment d’Asie Centrale et de toute l’Europe dés le IIIème siècle, cette population daco-romaine conservera la langue latine et la culture avancée de l’Empire romain

Ainsi, la période du haut moyen âge en Roumanie actuelle et en République de Moldavie reflète les limites spatiales et temporelles de l’ample processus de la constitution du peuple roumain, une grande partie du contenu de sa culture matérielle et spirituelle.

 

Une  unité ethnique


Moldavia-roumanieC’est en  1359, que Bogdan Ier fonde la Principauté de Moldavie, un état féodal moldave afin de  s’opposer à la suzeraineté hongroise, royaume crée par les Magyars au (XIème siècle). Appelée Bogdania ou Bogdano-Valachie, la  Principauté de Moldavie s’étend des Carpates au Dniestr et s’inscrit sur la carte de l’Europe comme Etat souverain. Aujourd’hui, l’ancienne Principauté de Moldavie comprend 54 % de la Roumanie actuelle, 36 % de la République de Moldavie et 18 % de l’Ukraine

 

 

La République de Moldavie : Une particularité ethnolinguistique

 

La particularité de cette petite République est bien la composition de sa population multiethnique. La population moldave est majoritairement bilingue roumain ou moldave/russe. Composée de Moldaves (76.2%), d’Ukrainiens (10%), de Russes (8%), de Gagaouzes (4.4%) et d’autres minorités telles que des Bulgares, Juifs, Polonais, Tatars, Tziganes (Rroms), Pomaks(Bulgares musulmans, une très petite minorité dans le Sud de la République de Moldavie), Arméniens, la Moldavie rime avec multiculturalisme.

 

Cette répartition éthnique révèle à elle-seule l’histoire de ce petit pays.

 

Les populations russophones

 

En 1768, La tsarine Catherine II décide de prendre les bouches du Danube afin d’avoir accès aux « mers chaudes ». A la suite du conflit (guerre russo-turques), à l'issue duquel les Russes sortent vainqueurs, l’Autriche reçoit la Bucovine en remerciement de son soutien « diplomatique ».

En 1812, la Russie annexe la partie orientale de la principauté de la Moldavie ainsi que le Boudjak (région située sur les bords de la mer noire entre le Dniestr et le Prut) qui deviendront la Bessarabie dans son intégralité.

En 1856, à la fin de la guerre de Crimée (1854-1856),.le Boudjak est réattribué à la Principauté de Moldavie. En 1859, la Principauté de Moldavie et la Principauté de la Valachie se rattachent pour former la Roumanie.

Après la dixième guerre russo-turque 1877-1878, Le Boudjak est réincorporé à l’Empire russe. Suite à la révolution bolchévique de 1917, un « Soviet » ou « Sfatul Tãril » (Conseil du pays en roumain) se forme en Bessarabie consécutivement à la déclaration des droits des peuples pour l’autodétermination des nationalités au sein de l’ex-empire russe. Les Bolchéviks envahissent la Bessarabie. Les troupes roumaines, soutenues par les hommes du Général français Henri Berthelot, parviennent à stopper provisoirement la progression bolchévique.

En 1918, le « Sfatul Tãril » proclame l’indépendance de la République démocratique moldave de Bessarabie.

Face à la féroce répression des Bolchéviks en mars 1918, le « Sfatul Tãril » vote le rattachement de la République à la Roumanie, rattachement qui ne sera jamais reconnu par l’URSS. Cette républqiue deviendra en 1924 la Région socialiste soviétique autonome moldave (Transnistrie) sur le territoire de la République socialiste soviétique d’Ukraine (RSSU).

 

En 1940, l’Armée rouge conformément au pacte germano-soviétique d’août 1939 (pacte Ribbentrop-Molotov) envahit la Bessarabie et la Bucovine qui formera en août 1940, la République socialiste soviétique moldave (RSSM).

Ces tracés et redécoupages perpétuels des frontières, la politique de Staline, soit punir les uns pour récompenser les autres, la russification extrême, les purges, les déportations et les déplacements de population auront dés l’indépendance de la République de la Moldavie des conséquences dramatiques, notamment le conflit sanglant en 1992 qui opposa la région russophone séparatiste (soutenue par Moscou), soit la Transnistrie actuelle à la République de Moldavie (environ 500 morts). Bien que la situation semble à présent être sur une voie d’amélioration, ce conflit reste malgré tout gelé, quant au maintien de la XIVème armée russe sur la rive droite du Dniestr.

 

114PX-~1Cependant, actuellement, cette « république » séparatiste, constamment soumise aux clichés négatifs de la presse internationale et outre l’apparence austère des gardes frontières transnistriens, fait partie intégrante de la République de Moldavie. Seul le Kremlin et ses "sbires" ont toujours souhaité faire de cette région une « zone de contact », « de frontière par excellence » entre le monde slave et latin. Ce qui ne signifie pas que le patrimoine bien que très amenuisé par cette situation conflictuelle, un passé soviétique n’en est pas pâti. La population russophone sur cette zone sensible ou plutôt à enjeu géopolitique n’est pas plus xénophobe qu’à Kiev, Chisinau ou même que dans d’autres capitales européennes, contrairement à ce que peuvent prétendre certains médias internationax. Il est vrai que la maitrise de langue russe facilite la communication : « Iazik do Kieva dovidiot », vieux proverbe russe qui signifie « La maitrise de la langue russe t’aménera jusqu’à Kiev ».

 

120px-Transnistria State Flag svgEn créant une pseudo-république, un gouvernement, une constitution, une monnaie (le rouble transnistrien) et un DSCF0104 rsystème complètement « déphasé » de la réalité dés l’indépendance en 1991, le peuple s’est prononcé finalement pour un autre avenir en décembre 2011 et a montré le chemin de la sortie au fameux Igor Smirnov qui pendant 20 ans a entretenu des relations plus ou moins schizophréniques et avec Moscou et Chisinau. Ces élections apparemment « démocratiques » a amené cette fois-ci le le très jeune Evgueni Chevtchouk à la présidence de cet Etat fantôche, sans pour autant promettre une ouverture directe avec l’Ouest mais probablement un certain changement. Un avenir plus serein ?

 

Les Gagaouzes

 

Qui sont donc ces Gagaouzes ? Des fruits exotiques ? Une anecdote datant de l’époque tsariste alors que l’aristocratie russe ne connaissait pas du tout les sujets appartenant au grand Empire russe veut qu’une jeune fille d’aristocrates venue passer quelques jours en Bessarabie adressa un courrier à sa mère dans lequel elle évoquait son émerveillement quant à la richesse de ce grand « verger » qu’est l’actuelle Moldavie. Elle écrivit : « Il y a ici du raisin en quantité et encore plus de soleil. Il y a en abondance des fruits et des légumes ; et des Gagaouzes » et sa mère lui répondit « Crois-tu que tu pourrais nous ramener du raisin, des fruits et quelques conserves de ces Gagaouzes dont tu nous parles ».(4)

 

moldova-map-copie-1Les Gagaouzes, outre cette boutade sont bien un peuple qui depuis longtemps est sujet à débats. Selon Paul Wittek, Turcologue, les Gagaouzes seraient, d’origine seldjouke (une tribu turque ayant émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur les actuels Iran et Irak ainsi que sur l'Asie Mineure entre le milieu du XIè et la fin du XIIIè siècle). Il seraient les descendants des fidèles du Sultan seldjouk Kay Ka’us.. Menacé par les Mongols, le sultan Kay Ka’us II, se serait réfugié auprès de l’empereur de Constantinople en 1261. Le basileus (empereur) lui aurait offert des terres de la Dobroudja, à l’époque « no man’s land » entre la Horde d’Or, la Bulgarie et l’Empire Byzantin en 1263.(2)

 

En 1296, Kay Kau’s donna son nom à cet nouvel état qui par « glissement sémantique » devint Gagauz. Suite à de nombreux déboires et rivalités au sein de ce peuple, certains sont retournés en Anatolie et d’autres, sous l’influence byzantine et slave, furent christianisés et se convertirent à la religion grecque orthodoxe. Lors de l’invasion ottomane menée par Bayasid Ier en 1398, les Gagaouzes remontèrent un peu plus vers le nord afin d’éviter l’islamisation.(2)

 

Même si cette hypothèse paraît la plus probable, les Gagaouzes eux-même réfutent la thèse d’une descendance seldjouke et d’avoir été musulmans avant d’être chrétiens, thèse appuyée pourtant quant aux nombreux mots d’origine arabe dans le vocabulaire gagaouze tels que Allah pour désigner Dieu.

 

Pour poursuivre, c’est surtout au cours du XVIIIème siècle, lors des guerres russo-turques (dés 1774) que les Gagaouzes fuient les zones de conflits de la Dobroudja pour se réfugier dans l’Empire russe afin de bénéficier de la protection de la Russie orthodoxe. Par vagues successives, ils s’installent dans le Boudjak, soit dans la région d’Izmail (sud-ouest de l’Ukraine) et de Bender (en Transnistrie actuelle).

Au XIXème siècle, en 1828 le Tsar Russe et le Sultan Ottoman font un échange de populations de part et d'autre des Bouches du Danube: des Bulgares et les Gagaouzes quittent la Bulgarie encore ottomane pour venir s'installer en Bessarabie, annexée en 1812 par l'Empire russe, à la place des Turcs et surtout des Tatars Nogays musulmans, qui y vivaient auparavant, et s'installent en Dobrogée (en turc « Dobruc-ili », en bulgare « Dobroudja », en roumain « Dobrogea »), dans l'actuelle Roumanie et autour de Varna dans l'actuelle Bulgarie.

 

Dés la création de la Roumanie lors du rattachement de la Valachie à la Bessarabie du Sud en 1859, les Gagaouzes remontèrent un peu plus au Nord dans la Moldavie actuelle où ils s’installèrent dans les régions de Komrat, (capitale de Gagaouzie) , Kangaz, Taraklia, Tchadir-Lunga et Vulkanetchi. qui forment aujourd’hui l’« Unité Territoriale Autonome de Gagaouzie » (UTAG). Environ 130 000 Gagaouzes vivraient sur cette zone. On retrouve également des Gagaouzes en Ukraine notamment à Odessa, Zaporodje et en Russie à Rostov sur le Don, près de la Mer d’Azov, en Bulgarie, dans les régions de Varna et Baltchik mais aussi en Asie centrale, au Kazakhstan, Ouzbékistan (certains ayant quitté le Boudjak lors des différents « plans » établis par l’administration soviétique).

 

Le Tsar accorda aux Gagaouzes de nombreux privilèges. En échange, les Gagaouzes se montrent tels de véritables serviteurs, des « dévoués » envers l’Empire russe, de la même manière que les Cosaques.

 

A la suite de l’effondrement de l’URSS, lorsque la RSSM (République socialiste soviétique moldave) déclare son indépendance en 1991, cette minorité turcophone souhaite le rattachement à la Russie et une « République de Gagaouzie ». Contrairement à la Transnistrie, les autorités à Chisinau et Stefan Topal leader des indépendantistes gagaouzes parviennent à un compromis. En 1994, l’autonomie de la Gagaouzie est reconnue par le parlement moldave et devient une « Unité Territoriale Autonome de Gagaouzie ». (UTAG) gagaouzie

 

432px-Flag_of_Gagauzia.svg.pngCette petite entité a sa propre université en langue gagaouze, le droit de posséder leurs propres emblèmes, et de se doter d'une assemblée législative (l'Assemblée de Gagauz-Yeri: Halc Toplosu) et d'organismes exécutifs spécifiques. Le gouvernement autonome a juridiction dans plusieurs domaines, notamment les sciences, la culture, l'éducation, les services communs de proximité, les services de santé, les services sociaux, les activités économique locales (budgétaires, financières et fiscales) et l’environnement.

 

 

 

La langue : roumain ou moldave ?

 

Hormis la période tsariste, la Moldavie et la langue roumaine est largement russifiée pendant l’ère soviétique alors qu’elle est devenue la République Soviétique Socialiste de Moldavie (RSSM): Utilisation et enseignement de la langue russe obligatoire, adoption de l’alphabet cyrillique. Certains linguistes, tel que M. Bruchis, qualifie le moldave russifié de « bouillie indigeste » ou de « monstre artificiel » selon Tatiana Slama-Cazacu « hésitant à parler de langue roumaine ». Cependant, ce « bricolage langagier » est typique « de l’espace ex-soviétique ». De nos jours, et depuis l’indépendance, la nouvelle génération s’exprime parfaitement bien en roumain et en russe.

Depuis son indépendance en 1991, la République de Moldavie a réadopté l’alphabet latin et la langue « moldave » est devenue la langue nationale « La limba noastra », hymne nationale dés 1994  sur les paroles du poète Alexei Mateevici :

Notre langue est un trésor
Enraciné dans les profondeurs,
Une chaîne de pierres rares
Dispersée sur notre patrie.

Notre langue est un feu qui brûle
Au milieu d'un peuple qui, sans nouvelles,
S'est réveillé d'un sommeil de la mort,
Comme le héros dans les contes……etc

 

Qu'est-ce donc que la République de Moldavie ?

 

Selon Matei Cazacu, géopoliticien, cet petit Etat est avant tout une "Frontière par excellence" (1):

  • Une "frontière géographique" :  C’est ici que finit l’Europe de l’Est et que commence la grande plaine russe qui se prolonge jusqu’aux steppes d’Asie Centrale (sans oublier les limites de la culture de la vigne)
  • Une "frontière politique" : La Bessarabie a été la limite septentrionale des empires romain, byzantin et ottoman

Pour Oleg Serebrian, la République de Moldavie ou plutôt, la Bessarabie, serait une "Ile Continentale, cette région étant située entre la Mer Noire, le Danube, le Dniestr (Nistru) et le Prunt, ces deux fleuves étant avant tout pour les Moldaves des bornes frontalières.(3)

 

Ø
ØEnfin, Carl Uhlig, géopoliticien allemand, définit cette petite  République comme une « Mésopotamie Miniature », toute son histoire étant liée aux conflits entre pays voisins. (3)
                    
                                                                                                                       Ecrit par Chantal DOUPEUX

Après de longues années de problèmes de gouvernance consécutives à une constitution non adaptée aux réalités du pays et qui ont laissé la Moldova en « Stand by » (sur le plan international et diplomatique) avec un président intérimaire pendant 3 longues années, le 16 mars 2012, cet Etat (sans traditions démocratiques) a fini par nommer son Président : Nicolae Timofti, magistrat, sans étiquette politique et qui espérons donnera une nouvelle vigueur et image à ce petit pays.

 

Une nouvelle ére commence donc pour cette petite République fragile mais qui pourra peut-être donner une réponse à Montesquieu dans "Lettres Persanes" : "Comment peut on être Moldave ?" (5)

 

Sources :

(1) : Un Etat en quête d'une Nation : La République de Moldavie : Matei Cazacu et Nicolas Trifon. Editions Non Lieu 2010. ISBN 978-2-35270-052-4

(2) : Les Gagaouzes : Etat des recherches. Sylvie Gangloff. CNRS ISBN 0082-6847 1998

(3) : Autour de la Mer Noire : Géopolitique de l'espace pontique. Oleg Serebrian. Décembre 2010. Editions Artège ISBN 978-2-36040-022-5

(4) ; Voyage au pays des Gagaouzes. Marianne Paul-Boncour et Patrick de Sinety. Editions Cartouche 2007. ISBN 978-2-9158-4218-0

(5) : Moldavie : Les Atouts de la Francophonie. Florent Parmentier. Editions Non Lieu 2010. ISBN 978-2-35270-076-0

 


Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 15:08

chiril.jpgC’est en 2009 que Chiril Tiscic (à droite), étudiant moldave en droit international à Genève, et ses compatriotes décident de réunir la communauté roumanophone en créant « L’association Eminescu ». L’appellation « Association Eminescu » révèle à elle-seule l’objet de l’ initiative.

 

Un fort symbole culturel : Mihai Eminescu

 

Né en Principauté de Moldavie en 1850, Mihai Eminescu, poète romantique, journaliste et écrivain est considéré comme le « parrain de la langue roumaine », un « trait d’union » reliant tous les roumanophones de Roumanie, de la République de Moldavie et de l’ensemble de la diaspora. Très jeune, M. Eminescu se fait remarquer par ses talents et publiera de nombreuses œuvres, notamment sur l’amour, la nature. Pendant ses études à Vienne et à Berlin, il travaille comme journaliste pour le quotidien « Albina » et dénonce le problème des minorités et des Roumains au sein de l’Empire austro-hongrois. Un peu plus tard, en 1883, il sera éditeur en chef au journal « Timpul » (le Temps). Atteint par la syphillis, Eminescu s’éteint en 1889.

 

Aujourd’hui, Eminescu est une « icône » pour chaque roumanophone, un auteur incontournable dans l’éducation. . Mais aussi, c’est celui qui rassemble.

 

D’ailleurs, le 17 mars dernier, lors du premier atelier de printemps de l'association, le thème, cette année fut : « Eminescu Réinventé » :

olegParmi les invités : Oleg Garaz,  écrivain et musicien moldave :

Né le 5 janvier 1964 à Soroca, en Moldavie, il fait ses études en musicologie au Conservatoire de Chisinau et ensuite au Conservatoire National de Cluj, en Roumanie. Il deviendra enseignant en musicologie. Il publie plusieurs livres ainsi qu'un roman, "« Territoria" (2007, Casa Cartii de Stiinta, Cluj) dont il fait une présentation. Oleg est un narrateur introverti, parfois émotionnel, mais surtout lucide et empli de vitalité. Il révèle à ses lecteurs quatre facettes de sa personnalité, dans chacun des chapitres.

http://www.oleggaraz.com/

 

 

Sorina Sandu

Une autre invitée qui à cette occasion a présenté un essai « A la recherche d’Eminescu ». Elle nous invite à sorinaméditer d’une autre manière pour aborder l’œuvre du poète, journaliste et écrivain roumanophone : Eminescu. En lisant « Les écritures essentielles » du célèbre poète, Sorina découvre un autre Eminescu, poète amoureux, la « tête dans les nuages » et qui la pousse à approfondir le personnage. A la recherche de Mihail Eminescu ? Elle propose de sortir de l’espace de poésie et de découvrir cet homme, cet artiste.. Elle tente de donner une autre définition d’Eminescu. Pour Sorina « S’approcher d’Eminescu, c’est oublier un peu ses créations trop connues et découvrir les plus profondes. Il faut ôter Eminescu de son piédestal imposé. S’approcher de ce créateur, c’est aussi avoir conscience que lui, le génie roumain, est notre contemporain ».

 

Quand les cultures et les passions se croisent

 

"L'Invitée spéciale" : Chantal Doupeux


Chantal Doupeux (à gauche) chef de projet du « Guide du Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie » 

 

cd 1

 

  REPUBLIQUE DE MOLDAVIE - P1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outre des soirées culturelles, l'Association Eminescu participe également à d'autres actions : Collecte de jouets pour les enfants dans le cadre d'une  création d'une crêche en République de Moldavie, dons de livres et autres, tels que l'acquisition de matériel médical dont dernièrement un fauteuil roulant destiné à un jeune Moldave privé de mobilité.

 

En tout cas, c'est autour d'un verre, dans un climat trés convivial et amical que la soirée du 17 mars s'est achevée et que tous les invités se sont promis un " la revedere" (au revoir)

 

                                                                                                                                            Ecrit par Chantal DOUPEUX 

Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 00:00

moldova-mapSituée en Europe du Sud-Est, la République de Moldavie ou Moldova, avec ses 4 millions d’habitants, 34 000 km² (soit l’équivalent de la Belgique) est enclavée entre la Roumanie à l’Ouest, et par l’Ukraine au Nord, à l’Est et au Sud.

 

« Pays de balades et de légendes », la République de Moldavie offre de nombreux attraits touristiques, culturels, artistiques et gastronomiques nous ramenant ainsi à des temps très anciens et nous rappelant par ses cultures et traditions actuelles l’héritage de vieilles civilisations, telles que les Scythes venus des steppes d’Asie centrale, les Thraces, les Geto-Daces, les Romains, les Daco-romains, les Magyars, les Saxons et l’influence de la « Sublime Porte » dés le XIVème siècle ainsi que celle de l’Empire russe dés le XVIIème de même que son passé au sein de l’Union soviétique.

 

Très tôt, Hérodote, Ptolémée, Strabon et autres chroniqueurs russes, hongrois, polonais ont au fil des siècles dressé un portrait sur les particularités géographiques, historiques et culturelles de ce petit pays et de ses Hommes.

 

Essentiellement rurale, la République de Moldavie, indépendante depuis 1991 suite à l’effondrement du blocDSCF0047-copie-1 soviétique comprend également «l’Unité Territoriale de Gagaouzie » (Minorités turcophones chrétiennes) et - « la République Moldave du Dniestr » (Transnistrie), autoproclamée indépendante mais non reconnue par la communauté internationale ( minorités slaves russophones).

 

 

Outre la légendaire hospitalité des Moldaves, la diversité de ses paysages , l’aspect géomorphologique de son territoire (Codru, les steppes des plaines du Dniestr), ses fleuves et ses lacs, le « culte de la vigne », ses « trésors » archéologiques et historiques, ses traditions multiculturelles et enfin, ses parcs naturels tels que Vadul Lu Voda font de la République de Moldavie une destination certes insolite et inconnue des Tours Opérateurs mais une escale enrichissante et passionnante qui saura éveiller la curiosité des amateurs d’authenticité, d’histoire, de culture, notamment dans la compréhension de la formation des peuples indo-européens et de notre civilisation européenne actuelle.

 

 

 

Un Guide du Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie : Un Projet audacieux

 

REPUBLIQUE DE MOLDAVIE - P1Chantal Doupeux, chef de projet pour la rédaction d'un « Guide du Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie » découvre cette petite République en 2010. Elle a passé plusieurs années en Ukraine où elle a rencontré de nombreux Moldaves.. Pour Chantal, d’origine auvergnate, la République de Moldavie et l’Ukraine sont ses deux autres « Heimat ». Elle connaît bien le monde rural et les difficultés auxquelles les populations sont confrontées. Elle découvre chez les Moldaves des affinités qui l’ont incitée à monter ce projet de création d’un « Guide sur le Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie » parce que « ce petit Etat est digne d'intérêts. La "Moldova" (République de Moldavie) offre tant de trésors archéologiques, historiques et culturels, sans compter l’hospitalité légendaire de ce peuple qui attribuent à cette République un cachet d’authenticité, de curiosité, un brin de magie. Cet Etat suscite passions, interrogations et réflexions. Tous ceux qui ont visité la République de Moldavie pourront témoigner des forts liens d'amitiés qui peuvent se tisser".

 

Pourtant, lorsqu’elle a préparé son voyage en Moldavie en 2010, on lui avait beaucoup parlé de la francophonie. En vain, toute la documentation en sa possession était en russe, roumain ou en allemand. Le seul article positif francophone à travers ses recherches fut celui d’Oliver Perrin, Chef d’édition au journal « Le temps » en Suisse qui date de 2006 « Osez la Moldavie ». Olivier Perrin avait su présenter cette jeune République sans fard mais avec une réelle objectivité et un  optimisme fondé en la « dessinant » avec ses traits d'authencité et de sympathie.

 

  Le Contenu du Projet

 

Une première partie sera destinée d’une part à comprendre  la Moldavie et présentera le Patrimoine Historique et culturel de ce petit état, dont  :

 

 

Les Trésors  archéologiques  -   La Culture des Cucuténi-Trypilie, Une culture remarquable

 

716px-CuTryOutline.svgCette culture évolua entre 5500 ans et 2750 ans avant JC . Elle s’étendait sur 350 000 km² des Carpates, du Dniestr au Dniepr (Ukraine). A son apogée, la culture Cucuteni-Tripolie avait la capacité de construire des cités de plus de 15 000 âmes.

 

Cucuteni est un village de Roumanie situé dans la région de Iasi (Nord-Est de la Roumanie). C’est sur ce site qu’un chercheur, Teodor Buruda découvrit en 1884 divers fragments de poterie et de céramique en fouillant un « Tell » (petite colline). Quelques années plus tard, en 1887, l’archéologue tchèque Vicenty Khvoika réalisa des fouilles à Trypilie en Ukraine, dans la région de Kiev et mit au jour des objets aux caractéristiques similaires à ceux découverts à Cucuténi en Roumanie. Ces deux sites appartenaient donc bien à la même culture archéologique connue à présent sous l’appellation Cucuteni-Trypilie.

 

Un des aspects les plus intrigants de cette culture est que les membres de ces cités brûlaient leur habitation cucuteni-village.JPGtous les 10 ou 20 ans pour reconstruire de nouvelles habitations sur les gravats tout en respectant la même orientation (dans la reconstruction) que précédemment. Si bien que cette accumulation de gravats, au fil des siècles, parvenait à former des petites collines appelées « Tell », terme d’origine arabe. Selon certains chercheurs, cette pratique était due à ce que les membres de cette communauté considéraient que chaque maison symbolisait une entité vivante et avait un cycle de vie : de la mort à la renaissance.

 

Cette culture aurait été anéantie par les invasions de tribus indo-européennes venant des steppes de Russie ou du Kazakhstan au début de 2500 avant JC. Cette théorie reste cependant un sujet à controverses.424px-HourglassDeityCucuteni

 

cucuténi faceSur le plan technologique, la culture Cucuteni-Trypilie aurait été l’une des sociétés les plus avancées au monde maîtrisant les techniques du tissage, de la confection de céramiques et poteries finement décorées, la production d’outils et d’armes (de chasse) ainsi que l’extraction du sel à l’aide de technique sophistiquée, telle que le briquetage, de même que les techniques de construction et les méthodes d’élevage et d’agriculture.

 

L'Art populaire :

 

Le savoir-faire artistique notamment dans le tissage de tapis, la poterie, la taille du bois et de la pierre remonte à des temps trés anciens. Simplement, en "Moldova", la plupart de ces techniques et "tours de mains" ont ététaillle de la pierre transmis aux différentes générations à la différence  d'autres pays qui actuellement essaient de réacquérir cette partie de leur  patrimoine abandonnée dans les méandres de la production et de la consommation de masse . Equilibre des formes et des proportions dans le modelage des poteries en céramique, la sculpture de la pierre et du bois, matériaux nobles, le goût de l'esthétisme et de l'embellisement font partie de l'âme moldave. Couleurs, formes, façonnages assortis d'une touche de tapis.jpgspiritualité et l'héritage de ses nombreux peuples qui ont floué le sol de la République de Moldavie sont à interpréter telles des symphonies indissociables des unes et des autres, nous menant à un véritable concert associant savoir-faire et traditions, dont les chefs d'orchestre sont l'authenticité, la passion et la tradition.

 

 

 

Les Repère Médiévaux :

 

A laICONE.jpg différence d'autres peuples chrétiens (Arméniens, Russes..), les Roumains de Moldava, de Valachie et deeglise-bois-1.jpg Trans ylvanie n'ont pas de date chronologiquement exacte qui marquerait le passage au christianisme. La fondation des Etats féodaux se produit dans un milieu déjà christianisé, quand le début de  l'orthodoxie byzantine et le catholicisme occidental se "confrontent". Les repères médiévaux, tels les églises en bois, les miniatures et l'icône démontrent bien l'influence byzantine paléologue qui influença non seulement l'architecture, l'iconographie et la peinture murale de la Moldova médiévale.

 

 

L'architecture religieuse et laïque du XIXè et début du XXè siècle :

 

Alexandre Bernadazzi ou  Aleksander Osipovich Bernardazzi (1831-1907), d'origine suisse-Italienne, de nationalité  russe joua un rôle très particulier dans l'architecture à Chisinau ainsi qu'à Odessa en Ukraine. Il

est l'architecte de 30 édifices  religieux ou laïques dans lesquels il utilisa largement des procédés et éléments spécifiques à l'architecture italienne, byzantine et russe : dont la chapelle de A. Nevski d'Ungheni en 1905ungehni église et "l'hôtel de ville de Chisinau". 

 

mairie de chisinauIl faut surtout noter que la période du XIXè siècle eut un rôle très néfaste dans le patrimoine de la Moldova. Les guerres russo-turques déclanchées au XVIIIè siècle continuèrent le siècle suivant et ensuite, il y eut la période soviétique pendant laquelle l'expression artistique et spirituelle fut largement censurée et détruite ou alors adaptée aux tendances politiques de l'époque.

 

 

 L’Art Plastique moderne et contemporain furent vraiment affectés par cette ére privée d "oxygène artistiquesculpture et expressive" que connut la "Moldova", de la Bessarabie et à la RSSM (République Soviétique Socialiste Moldave).tableau-couverture.jpg On fonda à Chisinau, en 1918, l'Ecole des Beaux-Arts, pour devenir en 1921, "La société des Beaux-Arts de Bessarabie". En même temps, les artistes ont plus de possibilités pour parfaire leur maîtrise  dans les pays de l'Occident. On voit ainsi apparaître des "Impressionnistes", des "Cubistes" qui auraient pu être ou des "Picasso des Carpates"  ou des Antoine-Louis Barye dans certains styles exprimés, notamment le romantisme. Mais, il en existe bien d'autres que l'on pourrait nommer.

 

Le Culte de la Vigne :

 

cricovaUn climat propice à la culture de la vigne, un sol fertile, la viticulture en Moldavie est une tradition ancestrale. La qualité des  vins moldaves pourrait faire pâlir certains producteurs français. Les Moldaves ont même obtenu des médailles d’or  lors de salons internationaux. Au XIXèmDSCF0020-copie-1e siècle, la Moldavie fournissait également la cour royale en Grande Bretagne .Pendant la période soviétique, la RSSM était la « cave » de l’URSS..Youri Gagarine , le célèbre astronaute soviétique, d’ailleurs l’avait bien compris quand arrivé dans l’espace, il avait distingué un petit pays en forme de grappe de raisin sur la planète bleue. Ca n’a pas échappé à M.Poutine non plus, bien que sobre, qui avait souhaité fêter son  50ème anniversaire dans les caves de Cricova.

 
Les symboles historiques et emblématiques :  

 

etienne le grandEtienne Le Grand ou Stefan Cel Mar (1457-1504) Au XIVème siècle, après la chute de Constantinople, l’Empire Ottoman a déjà investi les Balkans (Serbie et Bulgarie). Le prince Etienne le Grand oppose pendant 47 ans une farouche résistance face aux Turcs afin de conserver la souveraineté de la Principauté de Moldavie et protéger son peuple contre « l’ottomanisation ». . En 1992, Etienne le Grand fut sanctifé par l’église orthodoxe roumaine et appelé Champion du Christ par le Pape….

 

 

 

et un fort symbole culturel : Mihai Eminescu

 

Né en Principauté de Moldavie, Mihai Eminescu (1850-1889), poète romantique, journaliste et écrivain estEminescu considéré comme le « parrain de la langue roumaine », un « trait d’union » reliant tous les roumanophones de Roumanie, de la République de Moldavie et de l’ensemble de la diaspora. Très jeune, M. Eminescu se fait remarquer par ses talents et publiera de nombreuses œuvres, notamment sur l’amour, la nature. Pendant ses études à Vienne et à Berlin, il travaille comme journaliste pour le quotidien « Albina » et dénonce le problème des minorités et des Roumains au sein de l’Empire austro-hongrois. Un peu plus tard, en 1883, il sera éditeur en chef au journal « Timpul » (le Temps). 

 

« Le Patrimoine du Nord au Sud » sera la deuxième partie de ce projet  et permettra  de faire découvrir à tout visiteur les  différents sites, monuments, édifices "témoins" des informations et explications exposées en première partie. Une carte pratique sera d’ailleurs insérée à ce guide

 

Enfin, une parenthèse sera accordée à la francophonie  en Moldavie, une tradition qui prit naissance déjà à l'époque de la Principauté de Moldavie. La langue française resta pendant des générations la  plus étudiée et de nombreux francophones, Français et Suisses (« Les Russes de Vevey » au XIXè) ont d'ailleurs laissé leurs empreintes sur ce territoire

 

Projet audacieux, fastidieux que Chantal a déjà présenté à Genève le 17 mars dernier lors du premier atelier de printemps de l'association Eminescu (association regroupant la communauté moldaves et roumains en Suise).Mais apparemment, Chantal est déterminée malgré tous les obstacles qui souvent amèneraient à abandonner. Elle avoue certes qu’elle est confrontée à de nombreux problèmes pour monter ce projet : le financement, la création d’une équipe. Elle compte sur la diaspora en Europe, l’Académie des Sciences de Chisinau et le Ministère de la Culture en République de Moldavie avec qui elle collabore malgré les dissensions politiques. Elle ira même en Belgique présenter son projet et publiera des articles/nouvelles sur toutes les zones francophones. Cette motivation est bien le résultat des affinités et amitiés qu’elle a liées dans cette petite République. Selon elle, « cette passion pourrait bien être contagieuse ».

 

Chantal Doupeux (Photo ci-dessous à gauche) cherche des appuis financiers : « souscripteurs », sponcors, subventions de Bruxelles et cd-1.jpgdes régions, dont Rhône-Alpes alors que la ville de Chisinau (capitale de la République de Moldavie) est jumelée avec Grenoble depuis 1977.., dons particuliers… La République de Moldavie de même que son patrimoine méritent d’être connus. De plus, après de longues années de problèmes de gouvernance consécutifs à une constitution non adaptée aux réalités du pays et qui ont laissé la Moldova en « Stand by » (sur le plan international et diplomatique) avec un président intérimaire pendant 3 longues années, le 16 mars 2012, cet Etat (sans traditions démocratiques) a fini par nommer son Président : Nicolae Timofti, magistrat, sans étiquette politique et qui espérons donnera une nouvelle vigueur et image à ce petit pays.                 

 

      

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:53

IMGP0319.JPGKatya est d’origine russe et vit en République Moldave. Elle est née il y a 32 ans à Ribnitsa en République soviétique de Moldavie. Mariée à un ivrogne de 15 ans son ainé qui la brutalisait et mère de deux petites filles dont elle ne pouvait assumer la charge, elle a décidé de « tout plaquer » il y a 8 ans dans l’espoir d’un destin meilleur.

 

Arrivée dans la capitale, à Chisinau, un maraîcher l’embauche pour vendre ses légumes sur le « bazar » (marché ouvert). Là aussi, la chance n’est pas du côté de Katya. Prétextant lui offrir le gîte et le couvert (moyennant certaines faveurs en nature…), il ne la rémunère pas poussant ainsi Katya vers la porte de sortie, elle qui cherchait son autonomie. Les « rumeurs » se répandent très vite sur le « bazar » et plus personne ne lui propose quoique ce soit. Alors, elle finit par demander à balayer les abattoirs, un « sale » boulot que personne ne veut faire mais elle n’a pas le choix.

 

Elle rencontre un certain « Vadim », un garçon boucher, lui aussi bien imbibé  d’alcool mais qui ne la bât pas. Il lui fait un enfant qui n'arrivera pas à terme. Un matin de février 2007, après une nuit glaciale, Vadim part prendre son service aux abattoirs et glisse sous les rames du trolleybus. Au bout de 24 heures, ne voyant pas son compagnon revenir (ce qui n’était pas dans ses habitudes), Katya se rend aux abattoirs où on lui annonce, apparemment sans « tact » la fin tragique de son ami.

 

Non, elle ne retournera plus aux abattoirs ! Elle préfère mourir. « Les gens des abattoirs n’ont rien à envier aux têtes de porcs égorgés. « Niet dyshi » (ils n’ont pas d’âme) ».

 

A présent, Katya n’a plus personne à qui se confier. Elle sombre dans la vodka bon marché, un fléau qui tue de plein fouet les petites gens en Europe de l’Est et toutes les anciennes républiques soviétiques. Pour moins de deux  €uros, cet alcool du pauvre, facilement accessible, tue chaque année. Mais, avant de tuer, il détruit tout sur son passage : Des visages radieux mais au portefeuille creux, des familles unies mais démunies, des mariages heureux au destin douloureux…Tout ce petit monde y  passe.

 

Il n’y a plus d’éclats dans les yeux de Katya. Elle n’est plus ! Le temps pour elle est « la différence entre le jour et la nuit : le plus facile et le plus difficile ». Simplement, pour elle, la fortune ne se révèle pas par quelques « Lei » (monnaie moldave), mais par un peu d’égard : chaleur humaine, un sourire, une parole…

 

Dés la tombée de la nuit, ses angoisses  resurgissent. Où va-t-elle donc pouvoir passer ces quelques heures dans cette obscurité imposée ? Elle a déjà investi une petite église dans le quartier de la rue Granidilor mais les popes l’ont chassée – Elle fumait et avec son alcool…Et, puis, Katya aime bien parler. Elle s’exprime dans un russe presque parfait, un peu méridional qu’elle a acquis avec les Moldaves, ce qui fait la particularité de ce petit état.

 

Simplement, le poison qu’elle a ingurgité toute la journée, ne lui permet plus de s’orienter et surtout de s’abriter. Elle a le visage tuméfié par les coups qu’elle reçoit quotidiennement par ses compagnons d’infortune avec lesquels elle doit partager une cage d’escalier mais aussi par les multiples chutes dont elle s’acquitte fréquemment.

 

Il pourrait s’agir d’une « jaune » comme les médecins en Russie les nomment. Ce sont en fait des patients intoxiqués par de l’alcool frelaté mais c’est surtout une « cabossée » qui avec l’alcool bon marché et une alimentation quasi-inexistante, dégringole un à un les paliers d’une existence.

 

Dans ses moments de détresse incontrôlée, elle tente de « renouer » avec la « société » qui auparavant  l’a lâchée. Rien qu’une parole, un sourire, la réaniment. Et elle n’hésite pas à « accoster » l’étrangère avec des  « Good, ok, vip, yes,…. ». Enfin, un peu de chaleur quand on veut se retourner mais elle sait que ca ne va pas durer. C’est si court et à la fois réconfortant ! Elle parle, elle rit, elle pleure ! Elle se livre et aussi exprime son malheur. L’étrangère l’écoute non sans difficultés. Il est temps maintenant de prendre congés alors que le regard de Katya n’exprime que « pitié ».

 

Encore une fois, la solitude tombera telle une tête  de  l'échafaud et Katya sera de nouveau décapitée. Encore une fois, elle perdra la tête. Son poison ira même jusqu’à la neutraliser au sol. Elle essaie de progresser sur la rue Granidilor également «cabossée ». Encore une fois, elle se fera attaquer par les chiens errants, détrousser car elle aussi à « quatre pattes », devra combattre ces quadrupèdes affamés.

 

Son visage est couvert de boue que ses larmes ont cimenté le long de sa joue au sein d’un large sillon ridé. Elle hurle « Mama » telle une petite louve apeurée ou maugrée contre la « Mama » qu’elle n’a jamais été et qu’elle ne sera jamais car « le bon dieu », comme elle dit en brandissant sa croix de baptême orthodoxe ne répond qu’à ceux qui peuvent donner…

 

Katya est seule. Les unes après les autres, les cages d’escaliers se ferment. L’étrangère s’est soudainement évaporée. Il ne lui reste plus que le « squatte » habituel où elle va s’échouer, vers le « bazar », là où elle pourra un peu manger. Oui, mais demain, elle veut encore parler « étranger » : « good, ok, vip ». Et elle sera là !

 

A 16 heures, Katya se tient « Rue Granidilor » et elle attend l’étrangère, celle avec qui elle a parlé la veille.  Elle a récupéré un bonnet neuf et un manteau « tendance léopard ». Il n’y a pas d’eau au squatte mais elle s’est parfumée.

 

16h30 : l’étrangère arrive mais semble pressée. Katya a trop bu et la patience de l’étrangère est déjà « consommée ». Encore une fois, la « guillotine » de l’indifférence et de la « solitude » lui coupera la tête

.

 Katya envisage d’aller en Russie pour trouver un job. Il paraît que c’est moins pauvre et qu’il y a du travail.…. Elle sait au fond d’elle qu’elle ne s’en sortira pas même si elle s’efforce d’y croire. Elle s’invente des prétextes : « Elle n’a pas d’argent pour prendre le train pour Moscou et aussi acheter des nouveaux vêtements pour les entretiens ». Il lui manque simplement une cinquantaine d’€uros pour réaliser son projet. Cependant, même si elle parvient à réunir cette somme, elle les investira dans sa vodka, sa meilleure ennemie.

 

Elle sait que dans peu de temps, sur la rue Granidilor, son âme sera vite oubliée mais qu’au moins dans sa galère, elle aura été considérée le temps d’une cigarette, un sourire, une plaisanterie !

 

A présent, la nuit est tombée sur le grand boulevard Alexi Alexandrii. Les « Bymchs » (SDF) déambulent en titubant, poussant des  hurlements qui n’ont rien d’humains, escortés par une meute de « chiens sans colliers ». Pour certains, il n’y aura pas de « lendemain ».

 

Chaque année, l’alcoolisme tue des milliers de personnes en Europe de l’est et en Russie. Ce fléau touche également toutes les classes sociales.

 

A savoir, le célèbre  acteur Georghe Graû, qui fut , il y a 25 ans, la star du cinéma soviétique, notamment grâce augheorghegrau-a3845.jpg film  « Il aurait eu un autre sort » en est le parfait exemple. Ce sex-symbol des années 80 divague à présent dans les rues de Chisinau mendiant pour acheter son alcool. Malgré les mains tendues, notamment par la municipalité, il refuse de réintégrer la société.

 

« Les ravages de la vodka » continuent de remplir des pages quant aux effets particuliers de ce breuvage détruisant tout sur son passage.

 

 

                                                                                                                    Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 19:31

Un climat propice à la culture de la vigne, un sol fertile, la viticulture en Moldavie est une tradition114PX-~1 ancestrale. La qualité des  vins moldaves pourrait faire pâlir certains producteurs français. Les Moldaves ont même obtenu des médailles d’or  lors de salons internationaux. Au XIXème siècle, la Moldavie fournissait même la cour royale en Grande Bretagne .Pendant la période soviétique, la Moldavie était la « cave » de l’URSS..Youri Gagarine , l'astronaute, d’ailleurs l’avait bien compris quand arrivé dans l’espace, il avait distingué un petit pays en forme de grappe de raisin sur la planète bleue. Ca n’a pas échappé à Poutine non plus, bien que sobre, avait souhaité fêter son  50ème anniversaire dans les caves de Cricova.

 

Igor, Ukrainien de Transnistrie, est viticulteur mais aussi un Cosaque, et fier de l’être. Ses aïeuls étaient venus libérer la Bessarabie du joug turc sous le commandement du feld-maréchal Souvorov, sous Catherine II. Souvorov  créa la ville de Tiraspol en 1792, capitale actuelle de la République Autoproclamée de Transnistrie (PMR).

 

DSCF0020-copie-1.JPGPar contre, la cave d’Igor est un domaine réservé. C’est le seul qui a la clé même sa femme Irina n’y a pas accès. Il ne délivrerait pour rien au monde ses secrets de fabrication et sait « marier » les différents cépages tels que le « Cabernet sauvignon », le « Merlot », le « Feteasca Alba ». Pénétrer dans la cave d’Igor est une marque d’estime (et e confiance) car il est pointilleux aussi bien  dans la sélection de ses cépages  que dans le choix de ses  hôtes.

 

De plus, la cave d’Igor fait office d’abri anti-canicule, de coffre-fort mais pourrait servir  également de Bunker en cas d’éventuelles agressions turques, ses ennemis jurés. Outre son air un peu taciturne, il se « lâche » après quelques verres du breuvage de Bacchus.

 

Alors, il envisage d’exporter son produit sous le label « La Cuvée des Cosaques ». Il a déjà échantillonné en 2010 lors d’une visite d’une Française. Au cours de la soirée, le projet était en pleine phase de développement.... Mis à  part quelques petits détails de logistique dus au statut particulier de la République autoproclamée du Dniestr (Transnistrie), il est bien déterminé à présenter ses produits  à VINEXPO à Bordeaux. Il souhaite montrer aux « Gaulois » le savoir-faire cosaque. Il faut dire que le vignoble en Moldavie représente 2% de la superficie du vignoble mondial, soit 145 000 hectares pour une superficie de 34 000 km² .

 

Compte tenu des embargos successifs de la Russie envers les importations de vins moldaves, le Cosaque, malgré son attachement à « l’Empire », à la « Troisième Rome » et sans leur tourner le dos, sa passion pour le vin le pousse à s’internationaliser, lui qui n’a jamais voyagé en Europe.

 

En tout cas, Igor, le Cosaque, aura bien sa place aux milieux de tous ces grands crus occidentaux, sachant également qu’il maîtrise bien les techniques de distillation et sait élaborer un cognac fait maison que de grandes marques pourraient jalouser.

 

Toujours avec modération, Na Zdarovié ! (à la vôtre).

 

                                                                                                                      Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

 

 

Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article
26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 16:46

 Les incidents surviennent souvent par la fréquence de nos actes altérant ainsi notre vigilance. Et cette « routine » a coûté très cher à deux ingénieurs en mission en Moldavie.

Féodor, retraité de l’armée, loue des chambres dans son appartement à Balti, au Nord de la Moldavie afin de compléter sa petite retraite. Il avait reçu deux ingénieurs, l’un Allemand et l’autre Italien, venus faire une intervention sur un chantier.Ses deux hôtes, après leur journée de travail, avaient pour habitude de se rendre dans des cabarets de la ville afin de prendre un verre et se détendre.

 

Un matin, à l’aube, Féodor est réveillé par un appel téléphonique. Il s’agit de la police qui l’informe que deux étrangers se trouvent au poste et prétendent être hébergés chez lui. Ils n’ont plus de papiers et surtout ils sont nus comme des vers.

 

Sans avoir davantage d’explications, Féodor se rend au commissariat. A son arrivée, ils trouvent ses hôtes enveloppés dans des draps, prostrés, le visage décomposé. La police explique à Féodor qu'en faisant leur ronde, ils avaient aperçu deux ombres suspectes se faufiler entre des véhicules. Lors de leur interpellation et bien que la barrière linguistique ne facilitait pas la communication, ils avaient bien compris que les deux compères avaient été victimes de « fées enchanteresses » qui les avaient dépouillés et leur avaient fait une très mauvaise blague.

 

Simplement, en Moldavie, circuler sans pièce d’identité constitue une infraction sérieuse, avec comme circonstance aggravante, une haleine alcoolique au beau petit matin. Comme pour l’instant, les deux ingénieurs n’étaient pas en mesure de retracer leur itinéraire afin de déposer plainte, ils devaient rester au poste.

 

Féodor, très ennuyé et inquiet, quant à l’issue de l’incident, rentre chez lui afin de récupérer des vêtements pour rhabiller les "deux spectres" et leur redonner une certaine dignité. A son retour au poste de police, l’Allemand a retrouvé la parole et un peu de mémoire. Il se lamente sur son sort et surtout sur la réaction de « seine Frau » (sa femme) quand elle apprendra les frasques de son mari. Cependant, il lui reste de l’argent liquide et il a également souscrit une assurance pour ses déplacements à l’étranger le couvrant notamment en cas de vol, perte de ses papiers. Il lui suffit de se mettre en contact avec sa compagnie afin de bénéficier de l’assistance contractée. Ainsi, il n’aura peut être pas besoin de joindre sa femme pour le sortir de cette ornière.

 

Mais, ce n’est pas le cas de l’Italien. Il lui reste, certes, un peu de liquide, mais n’a pas d’assurance offrant les mêmes garanties que l’Allemand. Lui, il est bien conscient qu’il devra donner des explications à la « Mama » et que s’ensuivra une scène de ménage « carabinée », voire un cas de divorce à la clé.

 

Féodor retourne chez lui récupérer l’argent liquide et le contrat d’assurance de l’Allemand qu’il avait soigneusement rangé dans sa valise. Dans la journée, l’Allemand reçoit par fax, une copie de son passeport avec laquelle il pourra se rendre à son Ambassade à Chisinau, capitale de la Moldavie. Par "solidarité masculine", l’Allemand propose de payer, pour lui et son collègue, l’amende due pour défaut de présentation de pièce d’identité et le petit supplément pour ivresse manifeste sur la voie publique. Le montant négocié, les deux « naufragés » peuvent quitter le poste de Police mais avec l’obligation de se représenter sous 36 heures avec un justificatif d’identité. . Quant à l’Italien, s’il n’appelle pas la « Mama », il gardera son nouveau statut de clandestin.

 

Parfois, les issues de galères relèvent du miracle. Dés le début de la mission, leur client moldave avait fait une copie des passeports ainsi que du contrat de prestation des deux ingénieurs. L’Italien put ainsi prouver provisoirement son identité auprès des autorités moldaves et se rendre à son tour à son Ambassade.

 

La mauvaise blague des « fées enchanteresses » avait bien démontré le côté vulnérable du sexe fort qui avait mis dans de sales draps nos deux ingénieurs.

Repost 0
Published by worldwidepress - dans Moldavie
commenter cet article

Du Terrain, De L'info, Le Webzine.....

  • : WorldWidePress
  •  WorldWidePress
  • : Worldwidepress est un blog d'informations géopolitiques, économiques et socio-culturelles. Dans un langage simple et par des articles et dossiers illustrés, il aborde divers sujets tels que les droits de l'homme, la liberté d'expression, les Etats en transition démocratique et des questions sur les minorités à travers le monde.
  • Contact

Traductions

Flag_of_the_United_Kingdom.svg.png

Flag_of_Russia.svg.png

Recherche