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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:16

Location_Nagorno-Karabakh_en.png443px-NK-Map.svg-copie-1125px-Flag of Nagorno-Karabakh.svg

 

 

 

 

La République du Haut-Karabagh ou République du Artsakh, nommée également «Pays des  jardins noirs » par les Perses, est située au Nord-Est du haut-plateau arménien et au Sud-Est du Caucase mineur. République autoproclamée depuis 1991, elle a fait sécession de l’Azerbaïdjan auquel elle était rattachée en tant que Région autonome depuis 1923, après avoir fait partie au préalable de la République Soviétique Socialiste d’Arménie.  La République du Haut-Karabagh  est de facto non reconnue par la Communauté Internationale.

 

Cette région, montagneuse et fort accidentée, s’étend sur une superficie de 4400 km² et jouit d’un sol très fertile. Sa population, 145 000 habitants, est majoritairement arménienne (94%). Le Haut-Karabagh comprend 5 provinces : 800px-Paysage karabagh 02Martakert, Askeran, Martinu, Shushi et Hadrut.

 

Stepanakert, anciennement Khankendi jusqu’en 1923, est la capitale de la région et comprend environ 52 000 habitants.

 

Le  Haut-Karabagh est régi par un régime présidentiel prévoyant l’élection du Président de la République au suffrage universel direct pour 5 ans (renouvelable une fois). Il nomme le premier ministre et approuve la structure et la composition du gouvernement. Depuis 2007, Bako Sahakian assure la fonction de président du Haut-Karabagh.

 

Histoire

 

Intégré au Royaume de l’Urartu entre le IXème et VIIème siècle avant notre ère, le Haut-Karabagh est rattaché au Royaume d’Arménie aux environs du IIème siècle avant JC. Au IVème siècle après une brève période romaine et malgré des invasions successives des Perses, l’Arménie devient le premier Etat chrétien de l’histoire.

 

Du VIIème siècle au IXème siècle, le Haut-Karabagh comme toute la Transcaucasie tombe sous la domination du Califat sans toutefois abandonner le christianisme. La guerre russo-persane entrainera son annexion à l’Empire russe en octobre 1813.

 

Après la révolution russe de 1917 et compte tenu du chaos qui règne au sein de l’armée bolchévique, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie déclarent leur indépendance en février 1918 et créent la République démocratique fédérative de Transcaucasie. Cette union sera très éphémère puisqu’en mai 1918, ces trois républiques déclareront successivement leur indépendance. En mars 1918, l’Empire ottoman récupère la Transcaucasie lors de la signature du Traité de Brest-Litovsk bloquant ainsi l’Union transcaucasienne récemment créée.

Pour des intérêts territoriaux, économiques et des rivalités interethniques, des conflits éclatent entre la République démocratique d’Arménie et la République démocratique d’Azerbaïdjan. Suite à la défaite de l’Empire ottoman face aux alliés (armistice de Moudros), les Britanniques occupent la Transcaucasie et octroie « provisoirement » la gouvernance du Haut-Karabagh à un gouverneur azéri en attendant la conférence de paix de Paris qui finalement ne répondra pas aux attentes des Arméniens. De 1919 à 1920, on assiste de nouveau à des pogroms anti-arméniens, notamment les massacres de Chouchi.

 

En 1920 est créée  la République socialiste soviétique d’Arménie et en 1921, la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan, ces dernières seront regroupées dans la République Socialiste Fédérative Soviétique de Transcaucasie (RSFS de Transcaucasie) pour être dissoute en 1936 suite à des conflits interethniques. En tout cas, pour des intérêts diplomatiques et politiques entre l’URSS et la Turquie et malgré les promesses de Staline, le Haut-Karabagh ainsi que le Nakhitchevan furent attribués à la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan en tant que région autonome.

 

 

De l’indépendance à nos jours

 

L’arrivée de Gorbatchev en 1985 et l’instauration de la Perestroïka  visant à donner plus de libertés et de pouvoirs aux minorités, à moderniser l’économie ainsi qu’ à mettre en place un état de droit au sein de l’union soviétique alors rongée par la corruption et la criminalité permettent la création et l’organisation de mouvements nationalistes dans la plupart des républiques.

En février 1988, le Haut-Karabagh fait sécession de RSS de l’Azerbaïdjan et revendique le rattachement à l’Arménie ce qui se solde par des massacres en 1991. Le putsch raté contre Gorbatchev en août 1991 sonne le glas de l’URSS. Les républiques du bloc soviétique et notamment l’Azerbaïdjan et l’Arménie déclarent leur indépendance. L’Azerbaïdjan envahit le Haut-Karabagh afin d’abolir son statut de région autonomie Simultanément, le Haut-Karabagh s’autoproclame république indépendante le 2 septembre 1991.

Une véritable guérilla se met en place. Arméniens et Azéris s’approvisionnent en armes, notamment dans les stocks que l’URSS avait constitués dans le Caucase en cas d’une éventuelle agression de la Turquie, membre de l’OTAN. Les autorités soviétiques de l’époque avait prévu la RSS d’Arménie comme zone de combat.

Ce conflit armé a pour origine les décisions prises dés la fin de l’Empire russe et la première guerre mondiale quant à l’attribution définitive du Haut-Karabagh à la RSS d’Azerbaïdjan (1923) de même qu’à la politique concernant l’autodétermination des peuples menée en URSS pendant près de 70 ans.

La guerre du Haut-Karabagh dura jusqu’en 1994, date à partir de laquelle un cessez-le-feu a été obtenu. Elle fit 20 000 victimes civiles et militaires confondues. Ce conflit a contraint des milliers de personnes à l’exode. Outre un pays en état de ruine, il a fallu gérer également de graves  problèmes humanitaires. Ce fut une véritable épuration ethnique de la part des deux parties.

 

Processus de Paix

 

Malgré le processus de paix engagé depuis 1994, la situation au Haut-Karabagh reste encore très tendue. En novembre 2010, « l’Arménie se disait prête à la guerre » (Regnum 25 novembre 2010).

 

Internationalisation du conflit

 

Ce conflit s’est internationalisé très rapidement dés ses débuts. La Russie, la Turquie et l’Iran, pays limitrophes ont proposé leur intervention dans le cadre d’une médiation craignant un effet domino sur tout l’ensemble du Caucase mais surtout leurs intérêts économiques se trouvaient fort menacés notamment en ce qui concerne l’acheminement des hydrocarbures de la mer caspienne. La Russie a eu un rôle bien flou mais déterminant puisque les négociations et la médiation engagées ont amené au cessez-le-feu le 5 mai 1994.

 

L’intervention de l’Onu alors possible après l’effondrement de l’URSS dés 1992 et de l’OSCE a conduit à engager un processus de règlement du conflit notamment par l’adoption de résolutions (822, 853, 884) et par la création du Groupe de Minsk. Ce groupe coprésidé par la France, l’Italie et les Etats-Unis comprend également les deux parties concernées (Arménie et Azerbaïdjan), la Russie et la Turquie, pays voisins, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne et la Suède (présidences successives à l’OSCE) et enfin le pays d’accueil de ce groupe, la Biélorussie.

 

Malgré l’intensification des négociations en 2008 et les efforts déployés par les différents médiateurs afin de trouver une issue positive à cette crise, les deux parties ainsi que les pays voisins (en arrière plan) ne semblent pas avoir vraiment décidé à s’entendre sur un compromis quelconque, de même qu’à faire des concessions.

 

La situation semble bloquer ce qui repousse constamment tout espoir de reconstruction et de développement économique et démographique sur cette zone du Caucase. Pourtant, le Haut-Karabagh dispose d’un énorme potentiel quant à ses ressources naturelles et la  fertilité de son sol qui pourraient lui promettre un essor économique considérable, une ouverture à l’international de même que de susciter l’intérêt d’investisseurs étrangers.

 

                                                                                                                       Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

http://regnum.ru/news/1350075.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Haut-Karabagh

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/defense-securite_9035/crises-conflits_1050/haut-karabagh_13520/index.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Karabagh

 http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/asie/Haut-Karabagh.htmhttp://www.haut-karabagh.com/?p=124 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Urartu

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_ottoman

http://a-images01.sb.wigflip.com/B/R/zoHZWBG0Jy.gif

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:58

800px-Europe_location_MDA.pngSituée en Europe de l’Est, entre l’Ukraine au Nord, à l’Est 114PX-~1et au Sud et la Roumanie à l’Ouest, la République moldave du  Dniestr (PMR en Russe : Pridnestroskaya Moldovskaya Respublika, ) est une république autoproclamée qui a fait sécession de la République de Moldavie en 1991.

 

120px-Transnistria State Flag svg

Ce petit Etat de 4100 km² et de 500 000 habitants comprend une population   majoritairement slavophone. Il est subdivisé en cinq « raïon » et deux municipalités dont Tiraspol, la capitale. La Transnistrie est représentée  par Igor Smirnov, président de la république depuis 1991.

 Histoire

 

Ancienne région ukrainienne (Podolie), la Transnistrie fut en 1924 rattachée à la jeune république autonome moldave. En 1940, alors que les  Soviétiques occupent la Bessarabie, la République autonome moldave est dissoute et divisée en 2 parties qui seront attribuées à la RSS de Moldavie  et à la RSS  d’Ukraine. En fait, la Transnistrie correspond à peu près à l’ancienne Bessarabie.

 

Lors de l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev et de l’instauration de la Perestroïka qui donnait un peu plus de pouvoir et libertés aux minorités, des mouvements indépendantistes et nationalistes se créent au sein de toutes les Républiques soviétiques. En 1989, la République de Moldavie proclame son indépendance et envisage son rattachement à la Roumanie. La langue  parlée sera le  roumain et le retour à l’alphabet latin. En Transnistrie, les séparatistes slavophones se mobilisent craignant de  devenir des minorités au sein de cette nouvelle république. En septembre 90, la Transnistrie proclame son indépendance. Immédiatement, le gouvernement de Chisinau réplique et envoie des troupes sur les rives du Dniestr. S’ensuient des  combats sanglants entre Moldaves et séparatistes soutenus par la XIVème armée russe.

Fin 91, la République moldave organise un référendum pour statuer  sur l’indépendance de la Transnistrie. La population se prononce en  faveur des séparatistes.

En été 92, les combats reprennent. Le président moldave, Snégur et Boris Eltsine signe un accord fixant  le sort de la PMR (Transnistrie) en octobre 1992 qui prévoit un statut de région autonome au sein de la République de Moldavie (Unité territoriale autonome de la rive gauche) et l’abandon de la campagne  de  roumanisation. La Russie s’engage à rester  neutre.

 

Le conflit transnistrien est un conflit « canada dry ». Tout pourrait laisser croire  qu’il  s’agit d’une  guerre interethnique mais la composition du gouvernement Smirnov  soit, des ex-Kgbistes et anciens membres de la GRU, laisse supposer qu’il s’agit avant tout d’un conflit politique. L’économie et la survie de  ce  petit territoire DSCF0157DSCF0107.JPGdépendent de la Russie. La Transnistrie a des  allures de musée de l’ère soviétique. A côté de ces vestiges s’érigent d’immenses bâtiments neufs tels ceux de Gazprom, ou ceux du groupe « Sheriff » (supermarchés, stations services, stade de football…) qui officieusement appartiennent à Smirnov et à des investisseurs paramafieux russes ou moldaves. Cette vitrine donne un aspect beaucoup plus moderne que la  réalité. Ce qui contribue plus ou moins à humilier la République de Moldavie.

Ce petit état est également une plate forme de trafics internationaux (armes, drogues, prostitution..).

 

D’autre part, les propositions émises par Moscou corroborent bien  le fait que la Transnistrie serait une enclave russe, notamment suite aux déclarations de Vladimir Poutine quant à la création d’une région intégrée à la République de Moldavie, mais qui resterait bilingue russe-moldave et ne revendiquerait pas sa roumanophonie. Elle resterait liée à la Fédération de Russie par des accords bilatéraux.

En septembre 2006, un nouveau référendum a été organisé soutenu par la Russie et notamment par les forces russes en présence. Il a mobilisé 78,6 % des électeurs, qui ont approuvé à 97,1 % le rattachement à la Russie dans le cadre de la CEI . Selon les observateurs de la CEI venus assister au déroulement du référendum, celui-ci s’est déroulé de manière libre et démocratique. Néanmoins, l’Union européenne et l’OSCE ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne reconnaîtront pas les résultats du référendum en raison d'irrégularités.

En attendant, la République de Moldavie a perdu son potentiel industriel situé en Transnistrie. Mais il serait faux de penser que la population en Transnistrie est plus épanouie qu’en République de Moldavie. Outre les militaires et leurs familles, la population transnistrienne est vieillissante. Comme dans toutes les régions moldaves, nombreux sont partis à l’étranger afin de fuir la misère.

                                                                                                                                       Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 


Un Etat en quête d’une nation : République de Moldavie – Matei Cazacu et Nicolas Trifon – Editions Non Lieu. ISBN : 978-2-35270-052-4

Transnistrie : Voyage officiel aux pays des  derniers Soviets – Frédéric Delorca - Editions du Cygne – ISBN : 978-2-84924-130-1

Transnistrie : La poudrière  de l’Europe – Xavier Deleu – Editions Hugodoc – ISBN : 2-7556-0055-1

 

 

 

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:44

cyprus-location-mapcyprus-complete-1 lapathos smSituée dans la partie Nord de l’Ile de Chypre, en Méditerranée orientale,au Sud de la Turquie dans le bassin  levantin, la République Turque de Chypre du Nord (ou RTNC), autoproclamée indépendante depuis 1983 s’étend sur une superficie de  3 355 km² (soit un tiers de l’île). Avec ses 250 000 habitants, la population est composée essentiellement de Chypriotes  et de colons turcs 125px-Flag of the Turkish Republic of Northern Cyprus svg(environ 93 000). Sa capitale correspond à la partie Nord de Nicosie (Lefkoşa en turc), capitale de la République de Chypre.

 

 

 

Politique

 

La RTCN est une république démocratique laïque à régime semi-présidentie.

Le président élu pour 5 ans au suffrage universel direct est chef de  l’Etat et est représenté actuellement par Derviş Eroğlu, nationaliste (parti unité nationale) depuis avril 2010. Le premier ministre, chef  du gouvernement, est également élu pour 5 ans, au suffrage à la proportionnelle. Les élections  législatives d’avril 2009, ont amené le candidat de droite, Irsen Küçük (parti unité nationale) à la tête du  gouvernement

 

Historique

 

Afin d’expliquer plus  clairement dans quel contexte s’est effectué la sécession de  la République Turque de Chypre Nord en 1983, il convient de revenir 4 siècles auparavant

 

De l’Empire Ottoman  à l’indépendance  de  Chypre en 1960

 

C’est au  XVIème siècle que  les Ottomans envahissent l’île  de Chypre. A cette époque, l’île est peuplée majoritairement de Chypriotes grecs. En mettant en place le système du millet (ensemble institutionnel autonome formant une communauté (religieuse) reconnue), les Ottomans permettent aux Chypriotes grecs de garder leur identité.

 

Lors de la guerre russo-turque consécutive au mouvement panslaviste lancé par la Russie en 1877, l’Empire Ottoman demande le soutien du Royaume-Uni.

 

Voyant l’empire russe gagner en  puissance et un empire ottoman affaibli par des défaites  successives dans la guerre russo-turque de 1877-1878, la Grande-Bretagne sent son empire menacé (Route des Indes..) et conteste le traité de San Stefano du 03 mars 1878 imposé  par la. Russie.

 

Le Royaume-Uni  s’oppose à ce traité et en juillet 1878 est signé le traité de Berlin prévoyant notamment la cession de Chypre par les Ottomans aux  Britanniques, sous forme de bail, leur laissant  l’administration de l’île mais  garantissant la souveraineté de l’île à la Sublime Porte.

 

Profitant du contexte, les Chypriotes grecs de l’île dans le but de l’Enosis, demande le rattachement de Chypre à la Grèce.  Les Britanniques refusent, l’île appartenant toujours à l’Empire ottoman.

 

Lors de la première guerre mondiale, l’Empire  ottoman  rejoint la « Triplice » ou « Triple Alliance » (Empire allemand, Empire austro-hongrois, Royaume d’Italie).

 

La Grande-Bretagne réplique immédiatement et annexe l’île de Chypre annulant ainsi le traité de Paris.

 

A  l’issue du conflit de 14-18, l’île  devient une colonie britannique en 1923 lors du traité de Lausanne.

 

            Montée du nationalisme chypriote grec

 

Les années 30 sont marquées par une nouvelle montée du nationalisme grec toujours dans le but de l’Enosis. Des révoltes éclatent et aboutiront par la proclamation de l’Etat d’exception en 1931 amenant ainsi les Britanniques à de dures répressions envers les Chypriotes grecs.

 

En 1950, Makarios III, archevêque orthodoxe de Nicosie tente de négocier l’Enosis par voie diplomatique avec la Grèce et enfin  les Nations Unies, démarche  finalement bloquée  compte tenu du contexte de la guerre froide..

 

Les nationalistes chypriotes grecs se radicalisent et se mobilisent contre les force britanniques afin d’obtenir leur indépendance. Georges Grivas crée  l’ EOKA (Organisation Nationale des Combattants Chypriotes), mouvement soutenu par Markarios III.

 

Les  Chypriotes turcs se rallient aux Britanniques contre l’EOKA et demandent le partage de l’île (taksim). Ils créent parallèlement le Türk Mukavemet Teşkilatt (Organisation de résistance turque) représenté par Rauf Denktaş.

 

En 1955, des attentats sont commis par l’EOKA (bombardements et assassinats des opposants chypriotes  grecs et britanniques à l’ENOSIS). Malgré  les propositions  de Lord Radcliffe, juriste britannique, pour une autonomie gouvernementale, les exactions se multiplient. Les Britanniques finissent par déclarer l’Etat d’urgence et condamnent à mort quelques activistes.  Makarios III est déporté aux Seychelles.

 

En Turquie et en Grèce, des conflits éclatent entre les 2 communautés. Des grecs sont expulsés de Turquie et vice versa.

 

Les accords de Zurich et de Londres signés entre la Grande-Bretagne, la Turquie et la Grèce, mettent un terme à cette lutte coloniale en 1959. La Chypre devient une république indépendante le 16 août 1960. Les signataires des 2 traités se portent garants de cette nouvelle république. La Grèce et la Turquie maintiennent une partie de leur troupe et la Grande-Bretagne conserve les bases militaires de Akrotiri et Dhekelia dans le Sud de l’île.

 

De l’indépendance au coup d’Etat de  1974

 

Makarios III de retour d’exil  est élu président de la République de Chypre. Considérant que la constitution privilégiait davantage les chypriotes turcs au pouvoir législatif demande la révision de celle-ci ce qui provoque le départ des politiciens chypriotes turcs et la reprises des violences intercommunautaires. Afin d’éviter le chaos, les  Nations Unies envoient 2500 casques bleus au printemps 1964. Parallèlement, la Turquie bombarde certaines zones de l’île et la Grèce approvisionnent ses effectifs en armes.

 

En même temps, la vie politique en Grèce est très  instable de 1965 à 1967. Les gouvernements éphémères se succèdent aboutissant à un coup d’Etat mené par des officiers, appelé « coup d’état des colonels » le 21 avril 1967. Hostile à Makarios, ils soutiennent l’EOKA . Malgré les pressions, Makarios parvient à être réélu en 1968 et 1973.

 

Opération Attila

 

En 1974, il doit finalement quitter la présidence suite à un coup d’état, le 15 juillet,  mené cette fois-ci par la garde nationale assistée par les colonels grecs. L’ancien membre de l’EOKA, Nikos Sampson, devient alors président de la  République de Chypre.

 

Consécutivement à ce coup d’état, Makarios accuse la Grèce de mener une invasion de l’île. La Turquie, craignant l’Enosis, et prétextant une opération de maintien de  la paix (conformément au traité de garantie de 1959),  envoie 10 000 soldats dans le Nord  de l’île, contraignant ainsi environ 200 000 Chypriotes grecs à rejoindre le Sud de  Chypre.

 

En Grèce, le régime des colonels est renversé ce qui provoque le départ de Nikos Sampson.

 

Fin 1974, Makarios est de retour sur l’île et brigue un nouveau mandat à la présidentielle. Le 13 février 1975, Rauf Denktaş, leader du parti Türk Mukavemet Teşkilatt, proclame la partie Nord de l’île « Etat  fédéré turc ». Makarios devient alors président de la partie Sud de l’île.

 

Les troupes de l’ONU, craignant un durcissement du conflit, installent immédiatement une zone démilitarisée : la220px-NCyprus districts named ligne verte ou ligne Attila qui  s’étend sur 180 kms et coupe  la capitale en 2.

 

Le 15 novembre 1983, les parties Sud et Nord n’ayant toujours  pas trouvé un terrain d’entente, Rauf Denktaş, proclame l’indépendance de la « République Turque de Chypre du Nord », immédiatement reconnue par la Turquie mais considérée  de jure comme nulle par les Nations Unies.

 

Economie

 

Pendant longtemps, l’économie chypriote sur l’ensemble de l’île était basée sur l’exploitation de riches  mines d’or, d’argent et surtout de cuivre. De même que le secteur de l’agriculture, grâce au sol très fertile, représentait l’activité essentielle de Chypre.

 

La non reconnaissance par la communauté  internationale de la RTCN l’isole des échanges commerciaux internationaux et la rend dépendante de la Turquie dans ses exportations et ses importations. Sa position par rapport à l’Union Européenne ne peut lui permettre de commercer librement avec les membres puisque l’arrêté de la Cour  de Justice des  Communautés Européennes  du 5 juillet 1994 stipule que les certificats  d’origine de la zone nord  ne sont plus acceptés dans l’Union.

 

Malgré un fort potentiel touristique, sa clientèle est essentiellement turque ou chypriote turque  provenant de la diaspora. Ce qui encore une fois renforce sa dépendance  par  rapport à la Turquie.

 

Les tentatives de réunification

 

En vue de l’intégration de Chypre dans l’Union Européenne, l’ONU propose un plan de réunification, le plan Annan, soumis à un référendum en avril 2004. Ce plan n’était autre qu’un projet de fédération visant à créer une République Chypriote Unie couvrant l’intégralité de l’île sauf les zones occupées par les  Britanniques. Une nouvelle organisation gouvernementale était également prévue :

 

-         " un conseil présidentiel représentant les deux communautés

-         un président et un vice-président choisi parmi ses membres par le conseil présidentiel (un de chaque communauté)

-         un parlement bicaméral

-          

o       Un Sénat (chambre haute) de 48 membres, répartis entre les deux communautés 

o       Une Chambre des députés   (chambre basse) de 48 membres, répartis au prorata des deux communautés 


-         Une Cour suprême composée d'un nombre égal de juges chypriotes grecs et chypriotes turcs; ainsi que trois juges étrangers, tous nommés par le Conseil présidentiel. 

Le plan comprenait une constitution fédérale, la conservation des constitutions de chaque État, une série de lois fédérales et constitutionnelles, et une proposition de drapeau et d'un hymne national. Il a également prévu une commission de réconciliation pour rapprocher les deux communautés et résoudre les différends en suspens".

Lors du référendum, le Oui remporte largement (65%) au sein de l’électorat chypriote turc contre 25% dans le Sud de l’ïle.

 

Le « Non » des Chypriotes grecs

 

Les Chypriotes grecs souhaitaient avant tout le départ des colons  turcs, la démilitarisation du Nord et le retour des 200 000 Chypriotes grecs dans le Nord ainsi que  la restitution de leur propriété sur cette zone  occupée actuellement par les Turcs ou Chypriotes  turcs. De plus, les Chypriotes grecs craignaient de vivre la même expérience que les Allemands lors de la réunification (RFA/RDA) en réintégrant un territoire économiquement agonisant. En ce qui concerne la démilitarisation, les Chypriotes grecs ne pouvaient admettre qu’après  la réunification, la zone nord ne soit pas complètement démilitarisée. Ils ont encore en mémoire la violence de l’armée turque lors des conflits 1974. Enfin, en 30 ans, la population chypriote grecque  a pu atteindre un niveau de vie confortable et il n’est pas vraiment envisageable que certains décident d’aller s’installer dans le Nord, aux  côtés de Chypriotes ou Colons turcs.

 

            Le « Oui » des Chypriotes turcs

 

Le  « oui » de l’électorat chypriote turc s’explique déjà par l’arrivée en Turquie de  nouveaux politiciens  et gouvernements favorables au plan Annan. De plus, l’ex- président de la RTNC, Mehmet Ali Talat, premier ministre à l’époque, était bien disposé à s’ouvrir sur les  négociations.

Pour la population chypriote  turque, outre les intentions d’Ankara et de Nicosie d’une intégration à l’Union Européenne, ce « oui » a été surtout l’expression de leur lassitude quant à l’isolement dont ils  sont victimes, sur le plan économique et international. Dépendants  de l’Etat turc, leurs perspectives d’avenir sont bien réduites.

 

Par conséquent, la zone Nord  fait partie de jure de l’Union Européenne et se  voit exclue ainsi de toute union  économique, monétaire, douanière. L’autre conséquence est également que la république de  Chypre ne fait pas partie de l’espace  Schengen du fait qu’elle ne veut pas contrôler le passage entre le Nord et le Sud (la ligne verte). Considérer la ligne verte comme une frontière reviendrait alors à reconnaître la République Turque de Chypre du Nord.

 

Depuis  le plan Annan, d’autres négociations n’ont pas toujours pas abouti à un compromis. En 2006, la  proposition de la Turquie, dans le cadre des pourparlers concernant son éventuelle adhésion à l’Union Européenne, d’ouvrir un port (Famagouste) et un aéroport (Ercan) en RTCN pour des navires et avions chypriotes grecs a été rejetée par  les Chypriotes grecs, ces derniers prétextant que « la Turquie bafouait l’Union Européenne car la proposition était dépourvue de  sérieux ».

 

Les dernières négociations de 2008 n’ont toujours pas permis  de trouver un terrain d’entente entre  les  deux parties.

 

L’entrevue des  deux leader Chypriotes turcs  et grecs en novembre 2010 à Genève n’ a pas démontré une réelle volonté des deux parties de trouver un compris malgré  l’exaspération de Ban Ki-Moon  et des institutions européennes et internationales. Les Turcs insistent sur la parité totale de l’île soit deux Etats  constitutionnels ce que rejettent les Chypriotes  grecs.

 

Conclusion

 

Les chances de remédier à ce statu quo semblent bien comprises. Pour certains experts européens, cette crise dure déjà depuis trop longtemps et les nouvelles générations sont encore moins en clin à une réunification que leurs aînés. Un partage équitable de l’île n’est pas envisageable pour les Chypriotes grecs, sachant que ces derniers représentent 80% de la population totale de l’île et que l’économie dans cette partie de  l’île est beaucoup plus dynamique  qu’en RTCN. Une réunification aurait l’atout supplémentaire d’ouvrir les échanges commerciaux avec l’Union Européenne et la Turquie  et rapporterait 3.5 milliards de dollars en  plus.

Outre ces critères, la Grande-Bretagne ne semble pas disposer à céder les 2% du territoire qu’elle  occupe avec ses  deux bases militaires et son « droit de garantie » dont elle dispose depuis 1960. Il faut d’ailleurs noter que « Chypre verrouille un couloir énergétique » avec l’ouverture de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, le port de Ceyhan  au Sud-Est de la Turquie sera donc le point d’acheminement vers l’Europe.

En ce qui concerne la position de l’Union Européenne au sein de ce statu quo, cette situation affaiblit « sa crédibilité dans les institutions européennes et internationales et ne montre pas vraiment son aptitude à gérer la crise ». L’île d’Aphrodite risque encore longtemps d’être un véritable casse-tête.

 

 

http://www.diploweb.com/forum/chypre07023.htmhttp://www.diploweb.com/forum/chypre07023.htm

http://www.trtfrench.com/trtworld/fr/newsDetail.aspx?HaberKodu=6d8611a2-c6b8-40d1-9136-8874f12e4900

http://mbm.hautetfort.com/archive/2011/01/31/l-insupportable-ultimatum-de-l-onu-sur-la-question-chypriote.html

http://www.euractiv.com/fr/elargissement/chypre-du-nord-victoire-dun-dur-doutes-sur-la-reunification-news-460255

http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Annan

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1634

http://www.interet-general.info/spip.php?article8296

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:08

txu-oclc-247232977-central balkan pol 2008kosovo sm 2010La  République du Kosovo, située sur la péninsule des Balkans à l’extrême Sud de la Serbie, s’étend sur une superficie de  10 887 km². Délimitée au Sud-Est par la République de Macédoine au Sud-Ouest par l’Albanie et au Nord-Ouest par la République du Monténégro, le Kosovo est une ancienne province de Serbie. Avec 2.1 millions habitants, sa population est composée de 90% d’Albanais, 7% de  Serbes, 2.5% de Tsiganes et autres tels que  Croates.  Sa capitale Pristina, avec ses 500 000 habitants a  vu sa population multipliée par 5 en moins de vingt ans.

Après de longues et laborieuses  négociations durant plusieurs années entre Belgrade et Pristina qui n’ont d’ailleurs jamais  abouti à des accords tangibles, le Kosovo déclare unilatéralement son 225px-Flag of Kosovo.svgindépendance en février 2008. A la différence d’autres Etats ou provinces qui s’étaient autoproclamés indépendants auparavant, la  République du Kosovo a été reconnue par 75 nations.

Le Kosovo est une  République Parlementaire mixte et est représentée actuellement par  Atifete Jahjaga, élue Présidente de la république en avril 2011 et par Hashim Thaçi, Premier ministre depuis 2008.

 

Histoire

 

Au XXème avant JC, les Illyriens occupent une grande  partie de la région des Balkans. Ils constituent un vaste royaume divisé en clans, dont les Dardanes qui vivaient dans l’actuel Kosovo. Ces Illyriens seraient les  ancêtres directs des  Albanais actuels.

 

Conquise par  les  Romains vers l’an 28 av JC, reprise  par  les  Sklavinies (tribus slaves), le Kosovo sera « annexé » par le Joupan de Rascie, Puissant Etat serbe et retombera début du XIIème siècle sous domination byzantine.

 

Fin du XIIème siècle, la dynastie serbe Nemanjic’ étend son royaume jusqu’au  Sud des Balkans vers le Kosovo.

 

Le Kosovo est christianisé au cours du XIIIème siècle sous l’impulsion de Saint Sava. C’est à partir du XIVème siècle, après la bataille de Kosovo Polje ou « champs des merles » que le Kosovo, après  des  combats sanglants,  tombe sous la souveraineté ottomane et le restera jusqu’au XXème siècle.

 

Cette période s’ensuit d’une vaste campagne d’islamisation et marque la fin d’un système féodal, l’Empire ottoman disposant à cette époque  de structure sociale et administrative  bien plus développée que l’Empire serbe.

 

En 1875, la Bosnie-Herzégovine réclame son indépendance. Une guerre éclate entre l’Empire Ottoman, la Serbie et la Macédoine.  La Serbie  demande  l’intervention de la Russie qui écrasera les forces de  la Sublime Porte. Le traité de San Stefano en 1878 prévoit l’indépendance  de la Serbie et de la Macédoine. Le traité de Berlin rectifie les clauses fixées par la Russie et attribue le Nord du Kosovo à la Serbie en sus de ce qu’elle avait déjà acquis. Le Kosovo reste quant à lui sous souveraineté ottomane.

 

Suite à la deuxième guerre balkanique en 1912, le traité de Londres, sous la pression  de  la France et de la Russie, octroie  à la Serbie, le Kosovo et la Macédoine alors que l’Albanie réclame le Kosovo dans le cadre de la création de  l’Etat  albanais. De  1915 à 1919, les  Kosovars se  soulèvent contre les Serbes .Le gouvernement yougoslave réplique sévèrement et procède « à l'expulsion d’Albanais, à la fermeture d’écoles, à la confiscation des terres et au repeuplement par des Serbes ». Ces évènements ont une grande similitude avec  ceux de  1995-1999.

 

Le projet de rassembler tous  les  Slaves du  Sud dans  un même royaume est concrétisé par la création du Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes en décembre 1918 et deviendra en 1929, le Royaume  de Yougoslavie. Conquis par l’armée serbe, le Kosovo y est rattaché.

 

En avril 1941, l’Allemagne envahit la Yougoslavie. Le Kosovo, la Métochie ainsi qu’une partie du Monténégro sont regroupés dans  l’Albanie sous le contrôle de  l’Italie  fasciste, pour former une « Grande Albanie » ethnique. Une division militaire SS albanaise est mise en place et est destinée à « nettoyer » les  Serbes du territoire. Parallèlement, la résistance s’organise et les Communistes, sous la direction de Tito, Croate, parviennent à gagner la confiance  des peuples slaves du  Sud. La « résistance  yougoslave » dont le slogan est « mort au fascisme, liberté au peuple » parviendra à renverser la monarchie de Pierre II, libérer les territoires  occupés et à instaurer  une république nommée « Fédération Démocratique de  Yougoslavie ».

 

La conférence  de Bujan en 1943 prévoit le droit des Albanais du Kosovo à l’autodétermination et est reconnue par  Tito. En 1948, Tito, suite à des divergences politiques avec l’Union Soviétique, rompt toute relation avec Staline. Le parti communiste albanais  se range du côté de l’URSS ce qui entraînera la fermeture de la frontière entre le Kosovo et l’Albanie.

 

En 1945, l’autonomie du Kosovo avait été formellement déclarée. En 1968, « en vue  d’accorder plus de contenu à cette autonomie, la constitution yougoslave est amendée ». La constitution de  1974 vient renforcer cette volonté de développer cette autonomie. La République de Serbie perd  ainsi tout droit d’ingérence sur les affaires internes du Kosovo. Des Albanais du Kosovo souhaitent que le Kosovo devienne une république à part entière pendant que les Serbes rejettent cette idée prétextant que les minorités  serbes sont menacées.

 

A la mort de  Tito en 1980, de nombreux mouvements nationalistes apparaissent notamment du côté albanais et serbe. En 1986, les Serbes dénoncent la constitution yougoslave d’être anti-serbe.

 

En 1989, Slobodan Milošević, un des leaders du parti communiste serbe, décide de supprimer l’autonomie constitutionnelle du Kosovo et dissout le parlement et le gouvernement. Il met en place un régime autoritaire et discriminatoire envers les Albanais. Le Kosovo est placé sous contrôle de  l’armée fédérale. Il interdit également l’utilisation de la langue albanaise dans l’enseignement et les médias. La suppression de l’autonomie du Kosovo est illégale car c’est une  violation de la constitution fédérale yougoslave  qui définissait clairement l’autonomie du Kosovo et les  conditions de son appartenance à la fédération. De plus, la violation de la constitution, soit « l’annexion de l’une des huit entités constitutives par  une autre entité détruit  la fédération ».


Des chefs  politiques albanais, députés pour la plupart, sont contraints de  quitter le gouvernement serbe. Ces derniers s’organisent et en 1990, ils  publient une « déclaration constitutionnelle » déclarant le Kosovo indépendant. Ibrahim Rugova met en place  un pouvoir  parallèle, notamment dans l’éducation pour l’enseignement en albanais. Il est élu président du Kosovo lors d’élections clandestines.


 I.Rugova, pacifiste, est farouchement concurrencé par l’UCT, armée de libération du Kosovo. Profitant de la crise que  subit le gouvernement albanais consécutive à des malversations  financières, l’UCT pille  les arsenaux en Albanie afin de préparer et de s’armer pour une campagne  de guérilla contre  les Serbes. Face à ces actions, Milošević réplique immédiatement en massacrant les rebelles albanais en février et mars 1998 provoquant ainsi l’exil de plus  d’un million d’albanais du Kosovo vers l’Albanie, la Macédoine et le Monténégro.

Face à  l’escalade de la violence de  Milošević, les Occidentaux finissent par réagir. L’Allemagne, la France, les Etats-Unis et la Russie créent le « Groupe contact » et demanderont l’intervention des forces de l’OTAN qui bombarderont la Serbie du 24 mars  au 9 juin 1999.

Le « Groupe contact » organise une  conférence à Rambouillet en février  1999 afin de mettre un terme aux massacres et de proposer un plan de paix. « Ce plan de paix s’avérait très favorable pour les Albanais du Kosovo: le désarmement de la guérilla, l’instauration d’un statut particulier pour trois ans, une révision de la situation après cette période suivie d’un référendum sur l’indépendance et le déploiement d’une force de 28 000 hommes sous commandement de l’OTAN ». En tout cas, ce fut un échec. Les  Kosovars approuvèrent naturellement ce  projet mais les Serbes refusèrent tout compromis et rejetèrent ce plan. A vrai dire, ce  refus était voulu de la part de  l’OTAN. Cela lui permettait de  bombarder la Serbie en vue de la  capitulation Milošević. Ces bombardements ont eu pour effet de durcir encore  plus les actions de Milošević contre les Albanais (expulsions, exécutions…).


Le 10 juin 1999 en vertu de la résolution 1244 du Conseil de Sécurité de  l’ONU, le Kosovo est placé sous protection provisoire  des Nations Unies,  de la KFOR (Force de paix au Kosovo) et de l’OSCE (l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Le Kosovo est divisé en plusieurs zones: une zone française, une zone italienne, une zone kosovo-map-kfor2-copie-1britannique, une zone allemande et une zone américaine. « La KFOR est chargée de prévenir les conflits armés et de garantir la sécurité; la MINUK (Mission des Nations unies au Kosovo) est chargée de créer une administration transitoire et de normaliser les processus politiques et économiques; l’ OSCE, pour sa part, doit organiser les élections, créer des médias indépendants, d’élaborer des lois et un système démocratique durable. »


En novembre 2001, la  première assemblée est élue et le  4 mars 2002, I.Rugova est élu Président du  Kosovo suite à un vote de parlement.

Consécutivement à cette élection, des émeutes  anti-serbes éclatent. Des milliers de Serbes fuient les grandes villes pour se réfugier dans des zones protégées par la KFOR et au Nord du Kosovo.

Le « Groupe contact » décide de nommer un « envoyé spécial » afin de superviser les négociations entre le gouvernement serbe et le gouvernement kosovar. Marrti Ahtissari, ancien président finlandais est mandaté par l’ONU en janvier 2005.En 2007, Marrti Ahtissari présente ses  propositions parmi lesquelles l’octroi du statut d’Etat indépendant au Kosovo. Ce  nouveau statut accorde au nouvel Etat une constitution, une armée et ses propres  symboles, sous  le contrôle de la communauté internationale. Ces propositions sont acceptées à l’unanimité sauf par la Russie et la Serbie.

Après des années d’échecs en matière de négociations entre  la Serbie et le Kosovo, le parlement de la Province vote le texte de la proclamation de l’indépendance présenté par Hashim Thaçi , le 17 février 2008, qui finit par déclarer unilatéralement l’indépendance, avec l'appui des grandes puissances.

 

En décembre 2008, un accord est établi pour le déploiement des forces Eulex, accord approuvé par la Serbie, la Russie, l’Union européenne et le conseil de sécurité. La mission Eulex au Kosovo est une mission menée par l'Union Européenne dans le cadre de la politique Européenne de sécurité et de défense (PESD) qui vise à promouvoir l'Etat de droit au Kosovo Elle a été mise en place en décembre 2008  et a progressivement remplacé la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) . Ses domaines de compétences sont les questions de justice, de police et de douanes.  Cette mission a le pouvoir d’agir sur l'ensemble du territoire y compris sur le zones àmajorité serbe.

 Le 22 juillet 2010, la Cour internationale de justice de La Haye a tranché  et a conclu que l'adoption de la déclaration d'indépendance du 17 février 2008 n'a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel. Évidemment, « la nouvelle a été accueillie avec allégresse au Kosovo, mais à Belgrade les dirigeants serbes se sont montrés amers. Les dirigeants ont affirmé qu'ils ne reconnaîtraient «jamais» l'indépendance du Kosovo qu'ils considèrent comme leur province méridionale. En fait, la Cour ne s'est pas demandé si le Kosovo avait le droit de déclarer unilatéralement son indépendance, elle s'est plutôt demandée s'il fallait condamner le Kosovo ou en prendre acte.  Bref, rien dans le droit international n'empêche d'en prendre acte, donc de la reconnaître ».


L’Union Européenne et le Kosovo

La stabilisation du Kosovo reste avant tout une priorité dans le cadre  d’une perspective européenne des pays des Balkans occidentaux. Impliquée dans la démocratisation et la création d’un véritable Etat de droits tout en garantissant un avenir et une sécurité de toutes les minorités est  un sacré défi sur cette zone où les conflits n’ont fait que se succéder depuis des siècles. La mise en place de réelle démocratie pourra permettre au Kosovo d’espérer à un développement économique et politique durable. L’Union Européenne devra empêcher que le Kosovo ne devienne un «État voyou» et pour le prémunir contre le crime organisé. L'expérience démontre que les choses peuvent rapidement déraper au Kosovo.  Jusqu'ici, tous les faits semblent démontrer que la plupart des Serbes et des Albanais ne veulent pas vivre ensemble dans la même société ou être gouvernés par un gouvernement contrôlé par l'autre. Pour  les Kosovars, le Kosovo a toujours été albanais quant à la présence de  leurs ancêtres Illyriens.

 

Situation économique

Compte tenu des conflits successifs et de la destruction de tout l’appareil économique, l’économie du Kosovo doit être entièrement reconstruite. De plus, l’émigration des jeunes, la dépendance financière auprès des  institutions internationale et de la diaspora sont des handicaps majeurs. L’économie est basée sur les petits commerces. En outre, le pays souffre également d’une économie souterraine et de trafics en tout genre, ce qui est encore un élément allant à l’encontre de la démocratisation. Le Kosovo dispose des richesses naturelles telles que le bauxite, lignite, nickel, or. Les centrales hydro-électriques qui avaient été construites durant les années 60 sous Tito sont vétustes et improductives. Seuls des investissements étrangers parviendraient à relancer l’activité économique  compte tenu des  sommes  considérables nécessaires à une reconstruction .

 

La situation actuelle du Kosovo montre bien qu’une population conditionnée et cadenassée par la répression et par la dictature éprouve d’énormes difficultés à parvenir à la démocratie. Il se pourrait que le Kosovo retombe dans la dictature, une fois l’indépendance obtenue, une dictature dirigée cette fois-ci par des Albanais kosovars. La démocratisation du Kosovo semble  utopique malgré les efforts déployés par la communauté internationale et l’Union européenne.  On ne voit pas comment le nouveau Kosovo pourrait devenir tout à coup plus tolérant à l'égard de ses Serbes, après dix ans de répression. En menant une campagne de nettoyage ethnique contre la majorité albanaise du Kosovo, la Serbie a sacrifié sa souveraineté sur ce territoire. Cette politique fut si brutale qu'elle a rendu illusoire tout retour du Kosovo sous souveraineté serbe. C'est ce qu'avait constaté en 2007 l'envoyé spécial de l'ONU pour le Kosovo, Martii Ahtisaari: «Belgrade ne pourrait rétablir son pouvoir sans provoquer une violente opposition. L'autonomie du Kosovo à l'intérieur des frontières de la Serbie est tout simplement intenable.» M. Ahtisaari s'est empressé de souligner que la situation du Kosovo ne saurait faire jurisprudence: «Le Kosovo est un cas inédit qui appelle une solution inédite.»

 

Reste à souhaiter que de nouveaux conflits n’éclatent pas dans les Balkans et que le Kosovo puisse finalement s’ouvrir positivement sur l’extérieur sans effrayer l’opinion internationale.

 

 

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/kosovo_650/presentation-du-kosovo_16074/geographie-histoire_47689.html

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/kosovo.htm

http://balkans.courriers.info/article17259.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kosovo

http://www.lib.utexas.edu/maps/kosovo.html

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 15:37

46343457 som somaliland 226-copie-1Située en Afrique de l’Est, au Nord Ouest de la Somalie, entre  l’Ethiopie, le Golfe d’Aden et Djibouti et donc à  l’extrémité supérieure de la « Corne d’Afrique », la République du Somaliland, autoproclamée en 1991, s’étend sur une superficie d’environ  137 000 km². Avec ses 3,5 millions d’habitants,  la  population du Somaliland est composée de clans, dont le clan des Issaqs (majoritaire), les Gadaboursi, les Garod, les Issas. Il est réparti en 14 divi sions administratives et a défini sa capitale à Hargeisa (400 000 habitants).

 

800px-Flag of Somaliland svgAncien territoire britannique (protectorat) jusqu’en 1959, le Somaliland britannique s’unit avec la Somalie italienne (colonie  italienne au Sud) afin  de  former  la Somalie le 1er juillet 1960. Durant la décennie suivant son indépendance, de nombreux conflits entre les clans du Nord et du Sud (représentation des deux clans non équitable au sein de la gouvernance) éclatent débouchant sur un coup d’Etat du général Barré en 1969. Ce dernier engage une politique de nationalisation massive afin d’unir le pays et tente de s’allier avec l’URSS en déclarant la Somalie comme  Etat socialiste. En 1977, le général Barré envahit le territoire de  l’Ogaden, attribué en 1949 à l’Ethiopie par l’ONU afin de  former la « Grande Somalie ». Lâché par les Soviétiques, ces derniers soutenant le gouvernement marxiste éthiopien, le général Barré tente dans le contexte de la guerre froide un rapprochement avec les Etats-Unis. Cette offensive dans l’Ogaden se solde par une défaite.

 

Fin des années 70, en raison de l’instauration d’un régime de plus en plus totalitaire de nombreux Somaliens fuient et se réfugient notamment en Grande-Bretagne où ils s’organisent contre la dictature de Barré en créant notamment le Mouvement National Somalien  en 1981 (SNM composé principalement des clans du Nord : les Issaq). En 1991, des émeutes éclatent dans le Nord du pays consécutivement à la répression toujours plus dure (bombardement du peuple Hargeisa par les forces aériennes du général Barré ayant fait plus de 50 000 victimes). Les opposants au régime Barré, notamment les clans du Nord et le SNM finissent finalement par renverser le régime et proclament unilatéralement  l’indépendance du Somaliland. Durant 6 ans, le Somaliland s’engage dans des processus de paix par la conférence de Burco et ensuite de Boramé et enfin la conférence d’Hargeisa en 1997 qui parviendra à mettre en place « une constitution démocratique en adjoignant  un système traditionnel de gouvernance » (chefs de clans), soit « un système démocratique hybride ». En 1993, le président Egal est élu démocratiquement entrainant ainsi la  disparition du gouvernement somalien. A sa mort en 2002, Riyale, vice-président, et bien qu’ancien officier du régime somalien de l’ère Barré et donc contre le Somaliland est élu démocratiquement.  Aujourd’hui, la République du Somaliland  est représentée par Ahmed Silanyo depuis juin 2010.

 

Sur le plan économique,

 

 L’élevage reste l’activité principale (70%) du Somaliland  et est destiné à l’exportation vers les pays arabes, ce qui lui a42503341 hargeisa2 ap valu de très graves problèmes économiques et humanitaires lors des embargos des années 90/2000 consécutifs à des crises sanitaires sur cette zone (fièvre de la vallée du Rift : Zoonose virale transmissible aux humains). Le Somaliland possède également des ressources minières et pétrolières, exploitées cependant par des fonds privés provenant de la diaspora, tels que la société d’investissements  Invicta Capital. Mohamed Yusef, Président de cette dernière, vient d’investir 5 millions de dollars dans le secteur. Il est à noter malgré cette démarche que , la monnaie, le shiling somalien n’étant pas reconnue internationalement, « les investissements étrangers y sont limités ».

 

Paradoxalement, malgré les ressources énergétiques dont elle dispose et son activité agricole et vivrière, bien que peu productive, le Somaliland importe une grande partie de son énergie et de ses biens de consommation. Ce qui sous entend qu’elle reste dépendante de l’extérieur pour ses besoins énergétiques et alimentaires et que ses richesses pétrolières bénéficient davantage aux compagnies étrangères.

 

Le Somaliland fonctionne comme un Etat à part entière. Sa non reconnaissance internationale représente un obstacle considérable pour son développement économique puisque sa monnaie n’est pas reconnue par le système bancaire internationale paralysant ainsi toutes initiatives d’investissements étrangers sur son territoire et bloquant son ouverture à l’international.

 

Pourtant, il existe bien une prise de conscience du potentiel du Somaliland de la part des puissances occidentales.  En effet, sa position géographique et notamment celle de son port Berbera lui confère un rôle stratégique en matière de lutte contre la piraterie maritime et le terrorisme. Ainsi, depuis fin 2010, des « missions britanniques, américaines…. »  défilent sur le territoire afin d’instaurer une collaboration avec les gardes côtes somalilandais.

 

Ses bonnes relations avec Djibouti et l’Ethiopie ne suffisent pas à amener le Somaliland à une reconnaissance internationale. D’autre part,  les puissances occidentales ne souhaitent absolument pas s’ingérer dans les affaires africaines.

 

Pour l’Union Africaine, reconnaître le Somaliland internationalement,  fait craindre un effet domino dans toute l’Union alors que récemment, début 2011, après référendum, le Sud-Soudan qui lui n’offre pas autant de garanties en matière de démocratie et de stabilité politique sera dés le 09/07/2011, pour des raisons restant encore mystérieuses, reconnu internationalement comme Etat indépendant.

 

www.journalmetro.com/.../733402--somaliland-region-petrolifere-cherche-investisseurs - Canada

www.irenees.net/fr/.../fiche-analyse-784.html

goodmorningafrika.blogspot.com/.../54-55-apres-le-sud-soudan-le-somaliland.html

cahiers.cerium.ca/Le-Somaliland-un-exemple-discret

www.cgnews.org/article.php?id=28208&lan=fr&sid=1&sp=0

www.jeuneafrique.com/liste_mots_cles.php?idmotcle=6171

www.lenouvelafrique.net/article.php?id_article=380...

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 15:32

A l’issue des décolonisations durant les années 50 et lors de l’éclatement du bloc soviétique à la fin des années 90, divers conflits politiques et interethniques ont éclaté au sein de ces nouvelles républiques indépendantes amenant parfois certaines régions ou Etats à faire sécession de l’Etat souverain auquel ils appartenaient et à s’autoproclamer indépendante.

 

Non reconnus par  le droit international  selon le principe de l’intangibilité des frontières ‘usis possidetis juris »,  ces Etats ou Régions sécessionnistes répondent généralement aux  4 critères prévus par la théorie  déclarative fixés dans la convention de Montevideo de décembre 1933 : « Etre peuplé en permanence, contrôlé un territoire défini, être doté d’un gouvernement, et être apte à rentrer en contact avec les autres Etats ».

 

Parfaitement organisée politiquement et juridiquement, la plupart de ces nouvelles Entités autoproclamées indépendantes sont dotées pour la majeure partie d’entre elles de leurs institutions, de leur parlement, drapeau, hymne, langue nationale, parfois de leur monnaie, de leur force de sécurité et de  leur constitution.

 

Du continent africain en passant par les Balkans, l’Europe, le bassin Levantin  en méditerranée orientale,  jusqu’au Caucase, ces nouvelles républiques doivent bien souvent leur existence au soutien financier et politique de la part des  grandes puissances économiques. Qui sont ces Etats sécessionnistes et quel  est l’enjeu de leur reconnaissance sur le plan géopolitique.

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 13:01

 

transnistrie

 

 

En avril 2010, Enest Vardanea , journaliste, résidant à Tiraspol  en Transnistrie se fait  arrêter par le MKB - SIS (Services d’Information et de Sécurité) et est condamné à 15 ans de prison. Il est accusé d’espionnage et de haute trahison au service de la République de Moldavie et de critiques à l’encontre de Igor Smirnov, Président de cette  pseudo-république  non reconnue par la communauté internationale. Sous la pression d’interrogatoires interminables et craignant également pour la sécurité de sa famille, Ernest Vardanean est passé aux aveux .

 

Après une formation en sciences politiques à l’Université d’Etat de Moldavie, Ernest Vardanean  travaille comme journaliste dans une agence de presse en Transnistrie, Olvia Press et ensuite pour le journal russe Novyi Region.

Connu dans les  milieux politiques et diplomatiques moldaves, notamment pour sa position critique vis-à-vis du leader transnistrien I

gor Smirnov, il aurait également obtenu une fonction au secrétariat de l’ONU début 2010.

 

Depuis son arrestation et malgré les interventions successives de la mission OSCE de Chisinau, des autorités moldaves ainsi que de l’ambassadeur américain en Moldavie, les demandes de remise en liberté d’Ernest Vardanean ont été systématiquement rejetées par les autorités de Tiraspol.

 

La République Moldave de Transnistrie ou PMR en russe, « Pridnestrovskaia  Moldavskaia Respublica, » est une république autoproclamée suite à la déclaration d’indépendance de la République Soviétique de Moldavie en 1991. Ce petit « Etat » d’environ 500 000  habitants majoritairement  slavophones est dirigé d’une main de fer par d’anciens « barbouzes » du KGB ou GRU dont à sa tête, Igor Smirnov. La Transnistrie est régie par un régime présidentiel de type autoritaire. La XIVème armée russe (2500 hommes) stationne dans la PMR depuis les conflits séparatistes sanglants de 1992. Ce qui fait de cette petite république une  enclave russe, telle Kaliningrad. En ce qui concerne les médias, il n’existe pas de presse libre et la liberté d’expression est quant à elle inexistante puisque toute l’information est sous le contrôle de l’Etat.DSCF0104_r.jpg

 

Dans le cas d’Ernest Vardanean, selon l’OSCE, seule la Russie pourrait faire pression sur Tiraspol afin d’exiger la libération du journaliste.

 

 

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