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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 20:00

Antonina est née en 1926 à Kherson dans le centre de l’Ukraine. Ses parents sont paysans dans cette vaste plaine Larissafertile du Dniepr et vivent parfaitement bien des produits de leurs terres.

 

Juste après la mort de Lénine en 1924, Staline, par diverses manipulations arrive au pouvoir. Déjà, malgré les menaces et la propagande du parti, les Ukrainiens résistent aux exigences du tyran. Ils refusent de céder leurs terres à l’Etat et de rejoindre les coopératives, les Kolkhozes. Dans les années 20, ils ont déjà été victimes de la répression des bolchéviks  qui avaient provoqué un premier « Holodomor ».

 

 Début des années 30, Staline déclare « Nous anéantirons sans pitié quiconque menace par les faits  et même par la pensée l’Unité de l’Etat. La mort résout tous les problèmes ; plus d’hommes, plus de problèmes ».

 

Toutes les récoltes sont réquisitionnées. En 1933, Antonina a 7 ans. Sa mère est exécutée après avoir été dénoncée pour avoir dissimulé de la nourriture. Son père est déjà mort de faim, il s’était sacrifié pour les besoins vitaux de sa famille

 

Staline, furieux, par la résistance de ces paysans ukrainiens, leur interdit l’accès aux grandes villes. Antonina se souvient du jour où un jeune milicien, Vadim, un tovaritch (camarade, fidèle de Staline) qui faisait sa « tournée » la découvre cachée sous un fût dans une grange. Il a pitié de cette petite fille blonde et l’emmène chez lui. Malgré les brimades de sa « belle mère », Antonina a déjà un caractère bien trempé. Et puis Vadim la considère comme sa propre fille puisque le couple n’a jamais pu avoir d’enfants.

 

Fin 1933, l’Ukraine vit une véritable tragédie. Des cadavres jonchent les rues. 5 millions de morts et peut être plus.

 

Edouard Herriot est invité en URSS en 1933, alors que la famine arrive à son paroxysme. Staline lui fait traverser l’Ukraine. A son retour, Edouard Herriot, enchanté par son voyage déclare « l’Ukraine est un jardin en plein rendement. Lorsqu’on soutient que ce pays est dévasté par la famine, laissez-moi hausser les épaules ».

 

Antonina vient de fêter ses 85 printemps mais ses interrogations restent encore sans réponses : Comment cette tragédie a-t-elle pu se produire ? Comment peut-on prétendre aujourd’hui, pour des intérêts politiques que « l’holodomor » n’a jamais existé ? Reconnu en 2006 seulement, il est encore sujet à controverse jusqu’à considérer cette tragédie « comme un bobard »…En tout cas, pour Nina (Antonina), le message est sans appel : « Nier l’holodomor, c’est nier l’holocauste ».

 

                                                                                                                                       Ecrit par Chantal DOUPEUX   

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 19:31

Un climat propice à la culture de la vigne, un sol fertile, la viticulture en Moldavie est une tradition114PX-~1 ancestrale. La qualité des  vins moldaves pourrait faire pâlir certains producteurs français. Les Moldaves ont même obtenu des médailles d’or  lors de salons internationaux. Au XIXème siècle, la Moldavie fournissait même la cour royale en Grande Bretagne .Pendant la période soviétique, la Moldavie était la « cave » de l’URSS..Youri Gagarine , l'astronaute, d’ailleurs l’avait bien compris quand arrivé dans l’espace, il avait distingué un petit pays en forme de grappe de raisin sur la planète bleue. Ca n’a pas échappé à Poutine non plus, bien que sobre, avait souhaité fêter son  50ème anniversaire dans les caves de Cricova.

 

Igor, Ukrainien de Transnistrie, est viticulteur mais aussi un Cosaque, et fier de l’être. Ses aïeuls étaient venus libérer la Bessarabie du joug turc sous le commandement du feld-maréchal Souvorov, sous Catherine II. Souvorov  créa la ville de Tiraspol en 1792, capitale actuelle de la République Autoproclamée de Transnistrie (PMR).

 

DSCF0020-copie-1.JPGPar contre, la cave d’Igor est un domaine réservé. C’est le seul qui a la clé même sa femme Irina n’y a pas accès. Il ne délivrerait pour rien au monde ses secrets de fabrication et sait « marier » les différents cépages tels que le « Cabernet sauvignon », le « Merlot », le « Feteasca Alba ». Pénétrer dans la cave d’Igor est une marque d’estime (et e confiance) car il est pointilleux aussi bien  dans la sélection de ses cépages  que dans le choix de ses  hôtes.

 

De plus, la cave d’Igor fait office d’abri anti-canicule, de coffre-fort mais pourrait servir  également de Bunker en cas d’éventuelles agressions turques, ses ennemis jurés. Outre son air un peu taciturne, il se « lâche » après quelques verres du breuvage de Bacchus.

 

Alors, il envisage d’exporter son produit sous le label « La Cuvée des Cosaques ». Il a déjà échantillonné en 2010 lors d’une visite d’une Française. Au cours de la soirée, le projet était en pleine phase de développement.... Mis à  part quelques petits détails de logistique dus au statut particulier de la République autoproclamée du Dniestr (Transnistrie), il est bien déterminé à présenter ses produits  à VINEXPO à Bordeaux. Il souhaite montrer aux « Gaulois » le savoir-faire cosaque. Il faut dire que le vignoble en Moldavie représente 2% de la superficie du vignoble mondial, soit 145 000 hectares pour une superficie de 34 000 km² .

 

Compte tenu des embargos successifs de la Russie envers les importations de vins moldaves, le Cosaque, malgré son attachement à « l’Empire », à la « Troisième Rome » et sans leur tourner le dos, sa passion pour le vin le pousse à s’internationaliser, lui qui n’a jamais voyagé en Europe.

 

En tout cas, Igor, le Cosaque, aura bien sa place aux milieux de tous ces grands crus occidentaux, sachant également qu’il maîtrise bien les techniques de distillation et sait élaborer un cognac fait maison que de grandes marques pourraient jalouser.

 

Toujours avec modération, Na Zdarovié ! (à la vôtre).

 

                                                                                                                      Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

 

 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 16:37

C’est le 1er septembre 1987, le jour de la rentrée des classes, la « fête des fleurs » également. Dima n’accompagnera 2007-11-28-19-11-02_0052-copie-1.JPGpas sa petite fille de 3 ans à l’école pour rencontrer la future institutrice de sa Macha comme il en avait toujours rêvé. Il a été mobilisé par l’armée rouge pour intervenir en Afghanistan, un conflit qui s’enlise depuis 1979. Il doit intégrer la 40ème Armée dans le cadre du plan « Chtorm 333 » destiné à maintenir « la paix en Asie Centrale ». Depuis presque 10 ans, cette guerre a fait des milliers de morts, civils et militaires. Ce conflit est en fait entretenu pour alimenter la propagande anti-moudjahidines, des « guerriers saints » mais fondateurs de l’Afghanistan qui est devenu un enjeu économique dans la guerre froide.

 

Dima a bien conscience qu’il  n’est pas sûr d’en revenir. Il n’a plus de nouvelles de ses copains partis quelques mois auparavant. Encore une fois, l’Ukrainien servira de chaire à canon pour les bons « tovaritchis » (camarades) soviétiques. Les hommes désertent dans toute l’URSS pour éviter cet engagement non fondé.

 

Il atterrit à Tachkent, en Ouzbékistan où il devra faire ses armes. Sur le tarmac, il fait déjà 45 °c. Dima n’aime pas cette chaleur.

 

Lui et ses « camarades » sont conduits dans un camp militaire « en transit ». Des camions attendent dans la cour de la caserne. A l’appel, la plupart des soldats ne veulent pas embarquer. Ils pleurent et appellent leur mère. Ils savent qu’ils n’ont peu de chance de la revoir.

 

Oui, les « Patchounes » n’ont pas l’intention de se laisser « coloniser », ni par les Soviétiques, ni par les AMIS (Américains). Ils sont chez eux et ont construit leur société, que cela plaise ou pas. Même depuis Alexandre Le grand jusqu’à Brejnev, les Patchounes ont imposé leurs « lois » et l’indulgence, ils ne connaissent pas. Seuls, Genghis Kahn avait su les « driver ».

 

Dima arrive dans un aéroport près de Kaboul. Il tient la photo de sa petite Macha dans ses mains moites. Dans le camp, les autres soldats ont déjantés. Il y a en un qui creuse avec ses mains pour s’échapper de l’enfer et l’autre qui a vu la vierge.

 

Le lendemain, à 4h30, Dima doit lui aussi monter dans le « camion ». La plupart de ses compatriotes se sont défoncés avec de l’opium et de la vodka toute la nuit. Ceux sont des « Zombis ». Le MI-24 Hind, un hélicoptère typiquement soviétique, s’éloigne de la vie. Il amène les nouvelles recrues dans les montagnes afghanes. Les jeunes soldats n’ont jamais sauté en parachute. Ce n’est pas grave ! On les pousse ! Dima par chance, rebondi dans un « bouquet d’arbres » qui amortit sa chute. Mais les balles sifflent de toute part. Il se réfugie avec deux autres « Tovaritchis » (camarades) dans une petite grotte. Mais, malgré le « drapeau blanc » que Ivan et Iaroslav déploie, les « Patchounes » après des années d’invasion, ne font pas de concessions. Ils dessoudent les deux « pacifistes ». Dima se cale derrière un rocher, il n’en bougera plus pendant plusieurs jours. Il a faim et commence à délirer. La seule chose en sa possession, c’est l’ouvrage de Tolstoï « Guerre et paix » qu’il lit sans répit.

 

Après avoir consommé les rations de ses camarades, ca pue la charogne. Ses camarades se décomposent sous un soleil de plombs. IL entend  les Migs tournés mais il ne peut pas se signaler.

 

Un soir, il voit un berger avec des petites chèvres. Il sort aussi le drapeau blanc. L’homme, un « Patchoune » a pitié de ce « spectre soviétique ». Il l’emmène dans sa ferme situé un peu plus bas. Dima est sauvé.

 

Dima retrouva sa famille après 18 mois d’absence. Aujourd’hui, il dénonce le « non fondé » des agressions américaines ou occidentales sur ce territoire. Nul ne peut vaincre les « Patchounes » et c’est pour cela que Ben s’y était réfugié alors que les compromis qu'il avait pris avec la « Maison Blanche » n’avait pas été tenus.

 

                                                                                                                                       Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 20:03

Le Multiculturalisme apporte souvent de « l’eau au moulin » à tout poète et philosophe. C’est ce DSCF0001.JPGqui s’est passé en Crimée, région autonome d’Ukraine. Héritage d’un don de Kroutchev à l’Ukraine en 1954,  cette région avait dans des temps plus anciens, abrité des peuples mongols comme la Horde d’Or.

Au XVIème siècle, Mengli Giray, Kahn de Crimée fit construire un palais à Bakhtchisaraï . Alexandre Pouchkine, le célèbre poète russe, en exile suite à ses écrits et ses frasques vis-à-vis de Catherine la Grande, trouva dans « l’Hansaray » (palais du Kahn), source d’inspiration.

Au sein du palais, une fontaine a livré au poète ses secrets. Le Kahn était tombé amoureux d’une de ses esclaves, une Polonaise, Maria. Cette passion avait engendré des rivalités au sein du harem. Zarema, une esclave géorgienne, malgré toutes ses tentatives pour séduire le Kahn, ne pouvait pas accepter la liaison du « prince » avec sa rivale. Malgré la surveillance accrue des eunuques, Maria est retrouvée morte.

Le Kahn ne s’en remettra jamais. Il fait exécuter Zarema et fait construire au sein de son palais, une fontaine de marbre dans laquelle il pourra venir verser ses larmes.

Alexandre Pouchkine, touché par cette légende, écrivit un poème  qui permit de sauvegarder ce palais et de redonner à Maria une seconde vie.

 Ecrit par Chantal DOUPEUX 
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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 17:10

Souvent l’âme d’un peuple se distingue par son épicurisme. L’Ukraine, et par le potentiel de son sol, ses 1500 kms de côtes sur la mer noire et sa population multiculturelle, est à même de proposer à ses hôtes des tables bien garnies.   

 

Les Ukrainiens sont de bons vivants. Ils savent composer entre gastronomie et plaisir.DSCF0025-copie-1.JPG

 

La cuisine ukrainienne, considérée à tort, comme « cuisine d’hiver », s’appuie sur tout ce que peut lui offrir son terroir et l’héritage de l’Empire des Tsars, qui s’inspirait souvent de la gastronomie française du XVIIIème siècle. En effet, à cette époque, la gastronomie était devenue un sujet diplomatique. Tel le plat préféré de Catherine la Grande, les côtes de moutons à la « Madame de Pompadour », que « l’Altesse » avait dégustés lors l’une de ses visites en France chez la « Dame » de Pompadour, maîtresse de Louis XV.

 

C’est ainsi que l’on retrouve des termes d’origine française dans la gastronomie ukrainienne ou russe.

 

La « Vinegret » est en fait une macédoine de légumes avec des petits cubes de jambon. Par glissement sémantique, notre vinaigrette est devenue une entrée en Ukraine ou en Russie.

 

Le vocabulaire français n’a pas échappé à cette influence. Le Bœuf Stroganoff, les blinis, les Koulibiaks font partie de notre lexique gastronomique.

 

Les cartes ukrainiennes proposent en général une soupe en entrée, soit le fameux Bortsch ou le schi (soupe aux choux), une Solianka, qui est une soupe de légumes et les succulentes soupes de poissons uniques puisque l’Ukraine a également son ouverture sur les mers chaudes. En entrée, il y a aussi les salades multicolores accompagnées de cubes de fromages provenant des petites fermes  qui se maintiennent grâce à leur présence sur les « Rynoks » (marchés locaux). Enfin, il y a les pirojkis qui sont en fait des rissoles à la viande.

 

En plats principaux, (vtorvyi bliouda), on a également le choix. On a les « Pélménis » qui sont des raviolis fourrés à la viande mais aussi aux champignons car l’Ukraine a un domaine forestier très important et qui fournit de nombreuses chaînes alimentaires en Europe, notamment en cèpes et en girolles.

 

Enfin, il y a les holbotsi, qui sont des petits choux farcis à la viande et aux légumes, recettes que l’on retrouve souvent en Auvergne mais qui sont accompagnés de crème fraîche.

 

Par son multiculturalisme, l’Ukraine propose également des plats venus du Caucase tels les Chachliks. Ce sont des brochettes de viandes marinées accompagnées généralement de pommes de terre à la vapeur.

 

En dessert, les Ukrainiens raffolent des produits de leur terre. Les salades de fruits, et surtout les varenyki, ravioles aux fruits, fourrés notamment de cerises ou de framboises.

 

Le service en Ukraine n’est pas adapté au stresse occidental. Il impose de prendre son temps, manger est un plaisir.

 

C’est encore un héritage des Tsars. Au XVIIIème siècle, la famille Romanov, en visite en France avait constaté que les Français avaient pour habitude de « piquer » dans les plats qui étaient disposés sur la table. Et c’est pour cette raison que les repas duraient des heures.

 

Par contre, en Russie, les plats étaient servis les uns après les autres (v otchederi : à la suite). Noblesse française incitant, la cour du Tsar avait décidé de se faire servir à « la française ». Ainsi, les entrées, le plat principal et les desserts se sont retrouvés en même temps sur la même table.

 

Parallèlement, Louis XV, décida d’adopter la méthode russe et de se faire servir par ordre, soit l’entrée, le plat principal et le dessert.

 

C’est ainsi que les « structures » gastronomiques françaises et ukrainiennes ou russes furent fixées. Tous les plats en même temps chez les Tsars, et par service régulier chez les Français.

Pour les boissons, les Ukrainiens consomment certes de la vodka mais surtout de la bière pendant leurs repas, et pour les plus sobres, du thé du bon vieux samovar.

 

Quant aux vins de Crimée, il n’est pas très apprécié compte tenu des problèmes de vinification liés au manque de diversité des cépages.

 

En tout cas, en Ukraine, à toute heure du jour et voire même de la nuit, il est possible de se restaurer.

 

Priatnava appetita ! (bon appétit)

 

 

 

 

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 08:19

La situation économique et politique de l’Ukraine depuis l’effondrement de  l’URSS et ensuite  son passage à l’économie de marché, n’a certainement pas  fait de ce pays un « welfare state ». Par contre,  la fertilité de son sol mondialement connue sous  le terme de « Tchernosium » ainsi que son ouverture sur les « mers chaudes » lui offrent un potentiel exceptionnel qui lui donnerait la capacité de se passer de toute assistance extérieure si elle n’était pas contrainte de vendre son âme au diable.

 

En effet, depuis son indépendance, l’Ukraine est si ce n’est pas dire assiégée par d’innombrables « ONG » ainsi que de nombreux investisseurs douteux venus de tous les continents pour lui porter « secours ». Il est vrai que dés ses  premiers pas dans la vie vers la démocratie, elle a eu besoin de soutien financier et humanitaire, la période soviétique ayant laissé un chantier économique et social désastreux..

 

Mais, l’Ukraine, malgré ses apparences vulnérables et les différentes  « galères » qu’elle a pu traverser, notamment "l’Holodomor" (génocide) en 1932/33, famine provoquée par les délires de Staline qui a fait entre 3 à 5 millions de morts, les brimades de  l’administration soviétique, l’empoisonnement par « l’atome » lors de la catastrophe de Tchernobyl, et une « révolution orange » ratée, elle a su préserver ses enfants et les adapter à toute épreuve.

 

L’histoire se répète souvent. Massacrée par des hordes de barbares en des temps plus anciens,  colonisée, soviétisée, malmenée, l’Ukraine résiste grâce  à son peuple qui sait garder la tête haute et sait faire  la différence entre  la  charité et la nécessité. Selon un sociologue,  Oleg Pypenko, les actions des ONG furent un certain temps salutaires mais à présent, leurs actions deviennent de  faux prétextes pour « imposer leur  dictature  et mettre  une infime partie de  la population en état de dépendance » (sic). D’un autre côté, « tendre la main, ce n’est pas tendre la joue » selon le sociologue. « Il suffirait de responsabiliser cette catégorie de la population en état d’indigence, en lui imposant une petite participation de  quelques kopeks lors de la distribution de  biens, même si on sait que  certains ne peuvent pas ». « L’Ukraine n’est pas  la Somalie ! Et loin de là ! ».

 

Toujours, selon Oleg, « en donnant constamment gratuitement, n’est-ce pas soudoyer une population afin de lui imposer « a way of life » à l’occidental ? ». Et aussi, « ce n’est pas parce que vous avez des aides sociales, telles que le RMI en France, que cette politique est adaptée à l’Ukraine ! ». Les Ukrainiens ont largement la capacité de s’assumer même si tout de même l’argent reste le nerf de  la guerre. Il existe en Ukraine une solidarité indélébile qui n’existe pas ailleurs.

 

D’autre part, cette ingérence étrangère si bien au point de vue économique qu’humanitaire, « accentue nos problèmes de coordination nationale ».

 

En ce qui concerne le potentiel économique de  l’Ukraine, Oleg Pypenko déplore que son pays est encore victime de  pillages notamment par l’intervention d’investisseurs mafieux sur certains sites, tels que l’exploitation des produits de la mer, cad, le caviar de  la Mer d’Azov et la Mer Noire. « Quand ils ne parviennent plus à faire leur « beurre » sur la Mer Caspienne car à présent, la législation dans ce domaine est devenue très rigide mais aussi parce que les  tendances du marché ont évolué, notamment par des  commandes importantes de la part de pays émergents tels que  l’Arabie Saoudite par exemple, ils n’ont pas d’autres choix que de s’en remettre à des réseaux mafieux sur la Mer d’Azov, site protégé. » Outre cela, il y a aussi les investissements dans l’immobilier. Même si un étranger  ne peut pas devenir propriétaire, il aura toujours la possibilité de s’associer avec  des personnes  très peu scrupuleuses qui ont su profiter de l’ère de la privatisation post-soviétique et racheter des appartements à un prix modique pour les louer à prix forts !

 

Mais malgré les propos déplacés de Vladimir Poutine, prétendant que l’Ukraine est « un nouveau pays qui n’aurait jamais dû exister », l’Ukraine n’a pas perdu son âme. L’Ukraine n’a jamais  été un nouveau pays. Kiev fut la « capitale de toutes les   Russies » ! Et l’expression « Iazik da Kieva davidiot ! », ce qui signifie, « la maîtrise de la langue  t’amènera à Kiev » en est la  preuve. Pravda ! (Bien vrai !).

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 16:46

 Les incidents surviennent souvent par la fréquence de nos actes altérant ainsi notre vigilance. Et cette « routine » a coûté très cher à deux ingénieurs en mission en Moldavie.

Féodor, retraité de l’armée, loue des chambres dans son appartement à Balti, au Nord de la Moldavie afin de compléter sa petite retraite. Il avait reçu deux ingénieurs, l’un Allemand et l’autre Italien, venus faire une intervention sur un chantier.Ses deux hôtes, après leur journée de travail, avaient pour habitude de se rendre dans des cabarets de la ville afin de prendre un verre et se détendre.

 

Un matin, à l’aube, Féodor est réveillé par un appel téléphonique. Il s’agit de la police qui l’informe que deux étrangers se trouvent au poste et prétendent être hébergés chez lui. Ils n’ont plus de papiers et surtout ils sont nus comme des vers.

 

Sans avoir davantage d’explications, Féodor se rend au commissariat. A son arrivée, ils trouvent ses hôtes enveloppés dans des draps, prostrés, le visage décomposé. La police explique à Féodor qu'en faisant leur ronde, ils avaient aperçu deux ombres suspectes se faufiler entre des véhicules. Lors de leur interpellation et bien que la barrière linguistique ne facilitait pas la communication, ils avaient bien compris que les deux compères avaient été victimes de « fées enchanteresses » qui les avaient dépouillés et leur avaient fait une très mauvaise blague.

 

Simplement, en Moldavie, circuler sans pièce d’identité constitue une infraction sérieuse, avec comme circonstance aggravante, une haleine alcoolique au beau petit matin. Comme pour l’instant, les deux ingénieurs n’étaient pas en mesure de retracer leur itinéraire afin de déposer plainte, ils devaient rester au poste.

 

Féodor, très ennuyé et inquiet, quant à l’issue de l’incident, rentre chez lui afin de récupérer des vêtements pour rhabiller les "deux spectres" et leur redonner une certaine dignité. A son retour au poste de police, l’Allemand a retrouvé la parole et un peu de mémoire. Il se lamente sur son sort et surtout sur la réaction de « seine Frau » (sa femme) quand elle apprendra les frasques de son mari. Cependant, il lui reste de l’argent liquide et il a également souscrit une assurance pour ses déplacements à l’étranger le couvrant notamment en cas de vol, perte de ses papiers. Il lui suffit de se mettre en contact avec sa compagnie afin de bénéficier de l’assistance contractée. Ainsi, il n’aura peut être pas besoin de joindre sa femme pour le sortir de cette ornière.

 

Mais, ce n’est pas le cas de l’Italien. Il lui reste, certes, un peu de liquide, mais n’a pas d’assurance offrant les mêmes garanties que l’Allemand. Lui, il est bien conscient qu’il devra donner des explications à la « Mama » et que s’ensuivra une scène de ménage « carabinée », voire un cas de divorce à la clé.

 

Féodor retourne chez lui récupérer l’argent liquide et le contrat d’assurance de l’Allemand qu’il avait soigneusement rangé dans sa valise. Dans la journée, l’Allemand reçoit par fax, une copie de son passeport avec laquelle il pourra se rendre à son Ambassade à Chisinau, capitale de la Moldavie. Par "solidarité masculine", l’Allemand propose de payer, pour lui et son collègue, l’amende due pour défaut de présentation de pièce d’identité et le petit supplément pour ivresse manifeste sur la voie publique. Le montant négocié, les deux « naufragés » peuvent quitter le poste de Police mais avec l’obligation de se représenter sous 36 heures avec un justificatif d’identité. . Quant à l’Italien, s’il n’appelle pas la « Mama », il gardera son nouveau statut de clandestin.

 

Parfois, les issues de galères relèvent du miracle. Dés le début de la mission, leur client moldave avait fait une copie des passeports ainsi que du contrat de prestation des deux ingénieurs. L’Italien put ainsi prouver provisoirement son identité auprès des autorités moldaves et se rendre à son tour à son Ambassade.

 

La mauvaise blague des « fées enchanteresses » avait bien démontré le côté vulnérable du sexe fort qui avait mis dans de sales draps nos deux ingénieurs.

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 18:51

47 millions d’habitants, une population majoritairement féminine et un marché à fort potentiel pour les fabricants de lingerie et de prêt-à-porter. C’est ainsi que se présentait l’Ukraine au début des années 2000. Les Ukrainiennes vouent un culte particulier de la beauté. Elles sont prêtes à consacrer une bonne partie de leur budget pour s’offrir de belles lingeries. Quant aux hommes, Saint Valentin ou pas, ils accordent une grande importance aux « Dessous » de leur belle et n’hésitent pas à pousser les portes des magasins de lingerie pour offrir à leur trésor un bel écrin. Il faut dire qu’en Ukraine, la lingerie rime non pas avec érotisme, comme souvent en Europe, mais avec esthétisme.

 

Ce marché s’annonçait prospère et prometteur. Toutes les marques internationales se le disputaient. De plus, la Révolution Orange par l’optimisme qu’elle avait dégagé, avait relancé la consommation. Quelle aubaine pour la lingère française qui était en quête de nouveaux débouchés.

 

Ainsi, fin 2003, elle décide d’investir ce nouveau créneau. En quelques mois, son carnet de commandes fut bien rempli. Outre l’aspect financier, l’accueil chaleureux des Ukrainiens dynamisait également  ses ambitions, le « business » sur ce marché se faisant dans un climat amical.

 

Fin 2008, la crise mondiale n’a pas épargné « l’Eldorado », ni la lingère. Ce krach mit fin à de longs mois de prospérité. L’affaire de la lingère ne tenait plus qu’à un string qui finit par céder et la contraint à prendre la douloureuse décision de se retirer. Les « Oranges » dorées  de la Révolution ukrainienne avaient perdu leur éclat. La lingère finit par rentrer chez elle avec ses dentelles et ses rubans qui avaient pris des allures de chiffons poussiéreux, « l’esthétisme » était devenu hideux et la lingère « détramée ».

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 18:42

azov copier

La mer d’Azov qui pendant longtemps a approvisionné les producteurs de caviar ukrainiens en esturgeon, ne parvient plus à nourrir les populations de cette partie orientale de l’Ukraine. Toutes les conserveries de poissons ont fermé les unes après les autres, faute de rendement mais aussi faute de financement.

 

Il faut dire que cette mer d’Azov a un « tempérament » capricieux. De novembre à mars, les bords de la mer sont gelés DSCF0147jusqu'à 10 milles des côtes. Ensuite, Le niveau de la mer d'Azov change parfois de plusieurs mètres sous l'influence des vents et de la pression atmosphérique. La profondeur moyenne est de 10 m; ce qui rend difficile la navigation, notamment avec la formation de bancs de sable (kozy en russe). La salure de l'eau sans cesse renouvelée par le Don, fleuve "nourricier" principal est excessivement faible; ainsi, dans la rade de Taganrog, l'eau est absolument douce et sur toute la côte occidentale le bétail peut la boire.

 

Cette situation amène la population à mettre l’écosystème en danger. Les esturgeons n’atteignent pas l’âge adulte et sont pêchés afin d’en retirer le fameux caviar mais dont la qualité reste bien médiocre par rapport au caviar de la mer Caspienne.

 

DSCF0151-copie-1Pendant la période estivale, sur les routes menant en Crimée, de nombreux marchands proposent leur caviar à un prix dérisoire, sans appellation d’origine et bien sûr sans contrôle qualité.  

 

Malgré les efforts des autorités ukrainiennes en matière de protection de l’environnement, le contexte économique de cette région ne propose pas d’autres alternatives que de procéder à un véritable carnage de cette espèce d’esturgeon  en voie d'extinction.

 

 

DSCF0093Pour compléter leur budget, la plupart des pêcheurs tente de vendre leurs produits de la terre, tels que fruits et légumes, vin, vodka. La concurrence est rude le long des routes qui mènent en Crimée. Le caviar, produit de luxe devant être exporté et consommé sur des tables occidentales, ne résiste pas aux réseaux mafieux qui chaque année généreraient un chiffre d’affaires de 2 millions $US chiffre d’affaires qui ne profite sûrement pas à ces petits pêcheurs. Ils bénéficient seulement d’une petite protection lorsqu’ils veulent s’installer sur la route de Simferopol, capitale de la Crimée.DSCF0158-copie-1.JPG

 

Pourtant, cette mer d’Azov les a nourris pendant des générations mais cette « bonne mère » ne répond plus aux besoins de ses enfants. Malmenée par des changements climatiques et par le comportement des humains, elle ne tend plus son sein.

 

D’ailleurs, elle ne veut plus recevoir. La plupart des plages sont fermées et la navigation est limitée compte tenu de DSCF0141.JPGson niveau d’eau insuffisant. Elle procrée de moins en moins et a des allures de marécage, comme si à elle seule, elle avait décidé de se couper du monde.

 

Elle laisse derrière elle des orphelins qui sans elle, ne sont plus rien. Mais combien de fois et par combien de tactiques, elle a dû montrer qu’elle n’était pas un puits sans fond ?

 

Au IIIème siècle avant JC, des peuplades avaient dû quitter ses rives pour remonter un peu plus au Nord, en Ciscaucasie alors qu'elles  ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins vitaux et  surtout dépendants de la production de la "Belle".  Madame Azov avait encore eu le dernier mot. Elle reçut ensuite des colonies  grecques qui l’appelèrent Tanaïs (Mer de Tana), des Vénitiens, des Génois, des Turcs. Elle fut un temps un passage obligatoire pour le commerce international.

 

Probablement par la complexité de son système qui fait qu’elle ne peut pas fonctionner comme une vraie mer,  la «vielle dame » a pris sa retraite quant aux abus dont elle est victime depuis trop longtemps.

 

En héritage, elle laissera des terres asséchées ou marécageuses, polluées mais dont  la population devra se contenter. Au fond d’elle, elle renferme des secrets qu'elle n'est pas  prête  à révéler. Il  y  aurait effectivement des gisements de pétrole mais dont l’exploitation semble plus qu’improbable compte tenu du terrain et surtout du coût.  En tout cas, la Mer d’Azov  a apparemment vécu.

 

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 01:27

Comment sortir l’Ukraine de l’ornière de la corruption et de la criminalité ? Construire un état de droit sans tradition démocratique, tel est le défi de la génération des étudiants de cette république ! 2007-11-26-07-55-18_0045.JPG

 

Les orientations professionnelles des jeunes diplômés se déclinent la plupart du temps dans des cursus tels que des études en droit, en sciences politiques. Ces étudiants se déclarent prêts à lutter contre la corruption, à faire respecter le législatif et à lutter contre le crime organisé qui régit une bonne partie de l’économie ukrainienne.

 

Pourtant, les carrières ne sont pas ouvertes  à tous ceux qui le souhaiteraient. Nombreux sont contraints d’interrompre leurs études et de s’en remettre au marché du travail, saturé et restreint.

 

Cependant, malgré le très haut niveau d’éducation dispensé par le système et la compétence des enseignants, très peu d’étudiants ne parviennent à atteindre leur objectif.

 

Les plus chanceux sont les étudiants dont les parents ont pu profiter de l’effondrement de l’Union soviétique et bénéficier des avantages de l’économie de marché instaurée fin des années 90. Quelque soit leur niveau, ces jeunes savent très bien que leur avenir professionnel est garanti.

 

Malgré tout, même dans les milieux les plus défavorisés, un « teen ager » vous avouera que pour l’instant, il ne peut pas poursuivre ses études mais qu’il reprendra le cursus universitaire  dés que possible afin de concrétiser son projet.

 

Dans l’oblast (région) de Jitomir, là où j’ai pu donner des cours de français en 2007, 2008, je constate que parmi tous ces jeunes gens, seuls 8% ont pu intégrer un cursus universitaire alors que la maitrise de la langue de Molière était largement acquise et que leur cahier de notes montrait des résultats exemplaires par rapport aux programmes scolaires qu’ils devaient « absorber ».

 

Ainsi, certains se convertissent en éleveurs de chiens de race tels que l’élevage de caniches ou autres races venues d’Asie mais dont l’authenticité reste à vérifier. D’autres deviennent « business man » avec une déontologie très particulière relative au droit commercial et des affaires en vigueur en « Occident ».

 

Nouveaux voyous  surdiplômés et  qualifiés ou néodiplomates ou juristes  de l''illégalité ? En tout cas, la maîtrise des systèmes financiers et commerciaux occidentaux leur est acquise. Ces nouveaux démocrates tendent plutôt à nous donner une autre version de l’économie libérale et surtout à établir, non pas une démocratie mais des démocraties et non pas une économie libérale mais des économies libérales.

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