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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:12

transnistrieSituée en Europe du Sud-Est, la République de Moldavie ou Moldova, avec ses 4 millions d’habitants, 34 000 km² (soit l’équivalent de la Belgique) est enclavée entre la Roumanie à l’Ouest, et par l’Ukraine au Nord, à l’Est et au Sud.

 

Ce petit Etat, trés mal connu, et souvent "malmené" par les stéréotypes médiatiques, mérite cependant une certaine attention quant à sa position géographique, à la croisée des chemins de nombreuses civilisations  telles que les Scythes venus des steppes d’Asie centrale, les Thraces, les Geto-Daces, les Romains, les Daco-romains, les Magyars, les Saxons et l’influence de la « Sublime Porte » dés le XIVème siècle ainsi que celle de l’Empire russe dés le XVIIème de même que son passé au sein de l’Union soviétique.Enjeu géopolitique et souffre-douleur de des puissances qui l'entourent soit l'Union Européenne et la Fédération de Russie ? Peau de chagrin ou héritière d'un passé compliqué ?

 

Comprendre la République de Moldavie125px-Flag of Moldova svg

 

L’éthnogénése roumaine

 

Au cours de l’antiquité, des tribus venues de Thrace du Nord, soit la Bulgarie actuelle, s’installent progressivement dans toute la région du sud Est de la péninsule balkanique. Hérodote de Halicarnasse prétendait dans ses écrits que ces tribus étaient "les plus nombreuses du monde, après celle des Indes (Indiens)". Il est encore difficile de connaître l’époque exacte de leur implantation dans cette région mais les vestiges découverts en Bulgarie, Roumanie, Moldavie, Serbie, Macédoine et en Grèce démontrent que les Thraces avaient créé une civilisation florissante à l’âge de bronze

A l'âge du fer (environ 800 av. J.-C. - 106 apr. J.-C.), Les Thraces se divisent, en deux grandes branches: les Thraces proprement dits, au sud du Danube, et les Gètodaces, au nord du Danube. Appelés Daces par les Romains et Gètes scythepar les Grecs, les gèto-daces finirent par se mêler aux Grecs qui avaient installé des comptoirs au bord de la Mer Noire.

Afin de repousser l’avancée romaine, le Roi Burebista créa le premier Etat de Dace au Ier siècle avant JC. Malgré la résistance du dernier souverain dace, Décebale (87-106), à partir de l’an 105, après les victoires de l’empereur romain Trajan, la Dacie devint alors une province de l’Empire Romain jusqu’en 271. Les Daces furent ainsi « romanisés » par la culture et surtout la langue latine.

Malgré les multiples invasions barbares venues notamment d’Asie Centrale et de toute l’Europe dés le IIIème siècle, cette population daco-romaine conservera la langue latine et la culture avancée de l’Empire romain

Ainsi, la période du haut moyen âge en Roumanie actuelle et en République de Moldavie reflète les limites spatiales et temporelles de l’ample processus de la constitution du peuple roumain, une grande partie du contenu de sa culture matérielle et spirituelle.

 

Une  unité ethnique


Moldavia-roumanieC’est en  1359, que Bogdan Ier fonde la Principauté de Moldavie, un état féodal moldave afin de  s’opposer à la suzeraineté hongroise, royaume crée par les Magyars au (XIème siècle). Appelée Bogdania ou Bogdano-Valachie, la  Principauté de Moldavie s’étend des Carpates au Dniestr et s’inscrit sur la carte de l’Europe comme Etat souverain. Aujourd’hui, l’ancienne Principauté de Moldavie comprend 54 % de la Roumanie actuelle, 36 % de la République de Moldavie et 18 % de l’Ukraine

 

 

La République de Moldavie : Une particularité ethnolinguistique

 

La particularité de cette petite République est bien la composition de sa population multiethnique. La population moldave est majoritairement bilingue roumain ou moldave/russe. Composée de Moldaves (76.2%), d’Ukrainiens (10%), de Russes (8%), de Gagaouzes (4.4%) et d’autres minorités telles que des Bulgares, Juifs, Polonais, Tatars, Tziganes (Rroms), Pomaks(Bulgares musulmans, une très petite minorité dans le Sud de la République de Moldavie), Arméniens, la Moldavie rime avec multiculturalisme.

 

Cette répartition éthnique révèle à elle-seule l’histoire de ce petit pays.

 

Les populations russophones

 

En 1768, La tsarine Catherine II décide de prendre les bouches du Danube afin d’avoir accès aux « mers chaudes ». A la suite du conflit (guerre russo-turques), à l'issue duquel les Russes sortent vainqueurs, l’Autriche reçoit la Bucovine en remerciement de son soutien « diplomatique ».

En 1812, la Russie annexe la partie orientale de la principauté de la Moldavie ainsi que le Boudjak (région située sur les bords de la mer noire entre le Dniestr et le Prut) qui deviendront la Bessarabie dans son intégralité.

En 1856, à la fin de la guerre de Crimée (1854-1856),.le Boudjak est réattribué à la Principauté de Moldavie. En 1859, la Principauté de Moldavie et la Principauté de la Valachie se rattachent pour former la Roumanie.

Après la dixième guerre russo-turque 1877-1878, Le Boudjak est réincorporé à l’Empire russe. Suite à la révolution bolchévique de 1917, un « Soviet » ou « Sfatul Tãril » (Conseil du pays en roumain) se forme en Bessarabie consécutivement à la déclaration des droits des peuples pour l’autodétermination des nationalités au sein de l’ex-empire russe. Les Bolchéviks envahissent la Bessarabie. Les troupes roumaines, soutenues par les hommes du Général français Henri Berthelot, parviennent à stopper provisoirement la progression bolchévique.

En 1918, le « Sfatul Tãril » proclame l’indépendance de la République démocratique moldave de Bessarabie.

Face à la féroce répression des Bolchéviks en mars 1918, le « Sfatul Tãril » vote le rattachement de la République à la Roumanie, rattachement qui ne sera jamais reconnu par l’URSS. Cette républqiue deviendra en 1924 la Région socialiste soviétique autonome moldave (Transnistrie) sur le territoire de la République socialiste soviétique d’Ukraine (RSSU).

 

En 1940, l’Armée rouge conformément au pacte germano-soviétique d’août 1939 (pacte Ribbentrop-Molotov) envahit la Bessarabie et la Bucovine qui formera en août 1940, la République socialiste soviétique moldave (RSSM).

Ces tracés et redécoupages perpétuels des frontières, la politique de Staline, soit punir les uns pour récompenser les autres, la russification extrême, les purges, les déportations et les déplacements de population auront dés l’indépendance de la République de la Moldavie des conséquences dramatiques, notamment le conflit sanglant en 1992 qui opposa la région russophone séparatiste (soutenue par Moscou), soit la Transnistrie actuelle à la République de Moldavie (environ 500 morts). Bien que la situation semble à présent être sur une voie d’amélioration, ce conflit reste malgré tout gelé, quant au maintien de la XIVème armée russe sur la rive droite du Dniestr.

 

114PX-~1Cependant, actuellement, cette « république » séparatiste, constamment soumise aux clichés négatifs de la presse internationale et outre l’apparence austère des gardes frontières transnistriens, fait partie intégrante de la République de Moldavie. Seul le Kremlin et ses "sbires" ont toujours souhaité faire de cette région une « zone de contact », « de frontière par excellence » entre le monde slave et latin. Ce qui ne signifie pas que le patrimoine bien que très amenuisé par cette situation conflictuelle, un passé soviétique n’en est pas pâti. La population russophone sur cette zone sensible ou plutôt à enjeu géopolitique n’est pas plus xénophobe qu’à Kiev, Chisinau ou même que dans d’autres capitales européennes, contrairement à ce que peuvent prétendre certains médias internationax. Il est vrai que la maitrise de langue russe facilite la communication : « Iazik do Kieva dovidiot », vieux proverbe russe qui signifie « La maitrise de la langue russe t’aménera jusqu’à Kiev ».

 

120px-Transnistria State Flag svgEn créant une pseudo-république, un gouvernement, une constitution, une monnaie (le rouble transnistrien) et un DSCF0104 rsystème complètement « déphasé » de la réalité dés l’indépendance en 1991, le peuple s’est prononcé finalement pour un autre avenir en décembre 2011 et a montré le chemin de la sortie au fameux Igor Smirnov qui pendant 20 ans a entretenu des relations plus ou moins schizophréniques et avec Moscou et Chisinau. Ces élections apparemment « démocratiques » a amené cette fois-ci le le très jeune Evgueni Chevtchouk à la présidence de cet Etat fantôche, sans pour autant promettre une ouverture directe avec l’Ouest mais probablement un certain changement. Un avenir plus serein ?

 

Les Gagaouzes

 

Qui sont donc ces Gagaouzes ? Des fruits exotiques ? Une anecdote datant de l’époque tsariste alors que l’aristocratie russe ne connaissait pas du tout les sujets appartenant au grand Empire russe veut qu’une jeune fille d’aristocrates venue passer quelques jours en Bessarabie adressa un courrier à sa mère dans lequel elle évoquait son émerveillement quant à la richesse de ce grand « verger » qu’est l’actuelle Moldavie. Elle écrivit : « Il y a ici du raisin en quantité et encore plus de soleil. Il y a en abondance des fruits et des légumes ; et des Gagaouzes » et sa mère lui répondit « Crois-tu que tu pourrais nous ramener du raisin, des fruits et quelques conserves de ces Gagaouzes dont tu nous parles ».(4)

 

moldova-map-copie-1Les Gagaouzes, outre cette boutade sont bien un peuple qui depuis longtemps est sujet à débats. Selon Paul Wittek, Turcologue, les Gagaouzes seraient, d’origine seldjouke (une tribu turque ayant émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur les actuels Iran et Irak ainsi que sur l'Asie Mineure entre le milieu du XIè et la fin du XIIIè siècle). Il seraient les descendants des fidèles du Sultan seldjouk Kay Ka’us.. Menacé par les Mongols, le sultan Kay Ka’us II, se serait réfugié auprès de l’empereur de Constantinople en 1261. Le basileus (empereur) lui aurait offert des terres de la Dobroudja, à l’époque « no man’s land » entre la Horde d’Or, la Bulgarie et l’Empire Byzantin en 1263.(2)

 

En 1296, Kay Kau’s donna son nom à cet nouvel état qui par « glissement sémantique » devint Gagauz. Suite à de nombreux déboires et rivalités au sein de ce peuple, certains sont retournés en Anatolie et d’autres, sous l’influence byzantine et slave, furent christianisés et se convertirent à la religion grecque orthodoxe. Lors de l’invasion ottomane menée par Bayasid Ier en 1398, les Gagaouzes remontèrent un peu plus vers le nord afin d’éviter l’islamisation.(2)

 

Même si cette hypothèse paraît la plus probable, les Gagaouzes eux-même réfutent la thèse d’une descendance seldjouke et d’avoir été musulmans avant d’être chrétiens, thèse appuyée pourtant quant aux nombreux mots d’origine arabe dans le vocabulaire gagaouze tels que Allah pour désigner Dieu.

 

Pour poursuivre, c’est surtout au cours du XVIIIème siècle, lors des guerres russo-turques (dés 1774) que les Gagaouzes fuient les zones de conflits de la Dobroudja pour se réfugier dans l’Empire russe afin de bénéficier de la protection de la Russie orthodoxe. Par vagues successives, ils s’installent dans le Boudjak, soit dans la région d’Izmail (sud-ouest de l’Ukraine) et de Bender (en Transnistrie actuelle).

Au XIXème siècle, en 1828 le Tsar Russe et le Sultan Ottoman font un échange de populations de part et d'autre des Bouches du Danube: des Bulgares et les Gagaouzes quittent la Bulgarie encore ottomane pour venir s'installer en Bessarabie, annexée en 1812 par l'Empire russe, à la place des Turcs et surtout des Tatars Nogays musulmans, qui y vivaient auparavant, et s'installent en Dobrogée (en turc « Dobruc-ili », en bulgare « Dobroudja », en roumain « Dobrogea »), dans l'actuelle Roumanie et autour de Varna dans l'actuelle Bulgarie.

 

Dés la création de la Roumanie lors du rattachement de la Valachie à la Bessarabie du Sud en 1859, les Gagaouzes remontèrent un peu plus au Nord dans la Moldavie actuelle où ils s’installèrent dans les régions de Komrat, (capitale de Gagaouzie) , Kangaz, Taraklia, Tchadir-Lunga et Vulkanetchi. qui forment aujourd’hui l’« Unité Territoriale Autonome de Gagaouzie » (UTAG). Environ 130 000 Gagaouzes vivraient sur cette zone. On retrouve également des Gagaouzes en Ukraine notamment à Odessa, Zaporodje et en Russie à Rostov sur le Don, près de la Mer d’Azov, en Bulgarie, dans les régions de Varna et Baltchik mais aussi en Asie centrale, au Kazakhstan, Ouzbékistan (certains ayant quitté le Boudjak lors des différents « plans » établis par l’administration soviétique).

 

Le Tsar accorda aux Gagaouzes de nombreux privilèges. En échange, les Gagaouzes se montrent tels de véritables serviteurs, des « dévoués » envers l’Empire russe, de la même manière que les Cosaques.

 

A la suite de l’effondrement de l’URSS, lorsque la RSSM (République socialiste soviétique moldave) déclare son indépendance en 1991, cette minorité turcophone souhaite le rattachement à la Russie et une « République de Gagaouzie ». Contrairement à la Transnistrie, les autorités à Chisinau et Stefan Topal leader des indépendantistes gagaouzes parviennent à un compromis. En 1994, l’autonomie de la Gagaouzie est reconnue par le parlement moldave et devient une « Unité Territoriale Autonome de Gagaouzie ». (UTAG) gagaouzie

 

432px-Flag_of_Gagauzia.svg.pngCette petite entité a sa propre université en langue gagaouze, le droit de posséder leurs propres emblèmes, et de se doter d'une assemblée législative (l'Assemblée de Gagauz-Yeri: Halc Toplosu) et d'organismes exécutifs spécifiques. Le gouvernement autonome a juridiction dans plusieurs domaines, notamment les sciences, la culture, l'éducation, les services communs de proximité, les services de santé, les services sociaux, les activités économique locales (budgétaires, financières et fiscales) et l’environnement.

 

 

 

La langue : roumain ou moldave ?

 

Hormis la période tsariste, la Moldavie et la langue roumaine est largement russifiée pendant l’ère soviétique alors qu’elle est devenue la République Soviétique Socialiste de Moldavie (RSSM): Utilisation et enseignement de la langue russe obligatoire, adoption de l’alphabet cyrillique. Certains linguistes, tel que M. Bruchis, qualifie le moldave russifié de « bouillie indigeste » ou de « monstre artificiel » selon Tatiana Slama-Cazacu « hésitant à parler de langue roumaine ». Cependant, ce « bricolage langagier » est typique « de l’espace ex-soviétique ». De nos jours, et depuis l’indépendance, la nouvelle génération s’exprime parfaitement bien en roumain et en russe.

Depuis son indépendance en 1991, la République de Moldavie a réadopté l’alphabet latin et la langue « moldave » est devenue la langue nationale « La limba noastra », hymne nationale dés 1994  sur les paroles du poète Alexei Mateevici :

Notre langue est un trésor
Enraciné dans les profondeurs,
Une chaîne de pierres rares
Dispersée sur notre patrie.

Notre langue est un feu qui brûle
Au milieu d'un peuple qui, sans nouvelles,
S'est réveillé d'un sommeil de la mort,
Comme le héros dans les contes……etc

 

Qu'est-ce donc que la République de Moldavie ?

 

Selon Matei Cazacu, géopoliticien, cet petit Etat est avant tout une "Frontière par excellence" (1):

  • Une "frontière géographique" :  C’est ici que finit l’Europe de l’Est et que commence la grande plaine russe qui se prolonge jusqu’aux steppes d’Asie Centrale (sans oublier les limites de la culture de la vigne)
  • Une "frontière politique" : La Bessarabie a été la limite septentrionale des empires romain, byzantin et ottoman

Pour Oleg Serebrian, la République de Moldavie ou plutôt, la Bessarabie, serait une "Ile Continentale, cette région étant située entre la Mer Noire, le Danube, le Dniestr (Nistru) et le Prunt, ces deux fleuves étant avant tout pour les Moldaves des bornes frontalières.(3)

 

Ø
ØEnfin, Carl Uhlig, géopoliticien allemand, définit cette petite  République comme une « Mésopotamie Miniature », toute son histoire étant liée aux conflits entre pays voisins. (3)
                    
                                                                                                                       Ecrit par Chantal DOUPEUX

Après de longues années de problèmes de gouvernance consécutives à une constitution non adaptée aux réalités du pays et qui ont laissé la Moldova en « Stand by » (sur le plan international et diplomatique) avec un président intérimaire pendant 3 longues années, le 16 mars 2012, cet Etat (sans traditions démocratiques) a fini par nommer son Président : Nicolae Timofti, magistrat, sans étiquette politique et qui espérons donnera une nouvelle vigueur et image à ce petit pays.

 

Une nouvelle ére commence donc pour cette petite République fragile mais qui pourra peut-être donner une réponse à Montesquieu dans "Lettres Persanes" : "Comment peut on être Moldave ?" (5)

 

Sources :

(1) : Un Etat en quête d'une Nation : La République de Moldavie : Matei Cazacu et Nicolas Trifon. Editions Non Lieu 2010. ISBN 978-2-35270-052-4

(2) : Les Gagaouzes : Etat des recherches. Sylvie Gangloff. CNRS ISBN 0082-6847 1998

(3) : Autour de la Mer Noire : Géopolitique de l'espace pontique. Oleg Serebrian. Décembre 2010. Editions Artège ISBN 978-2-36040-022-5

(4) ; Voyage au pays des Gagaouzes. Marianne Paul-Boncour et Patrick de Sinety. Editions Cartouche 2007. ISBN 978-2-9158-4218-0

(5) : Moldavie : Les Atouts de la Francophonie. Florent Parmentier. Editions Non Lieu 2010. ISBN 978-2-35270-076-0

 


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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 15:08

chiril.jpgC’est en 2009 que Chiril Tiscic (à droite), étudiant moldave en droit international à Genève, et ses compatriotes décident de réunir la communauté roumanophone en créant « L’association Eminescu ». L’appellation « Association Eminescu » révèle à elle-seule l’objet de l’ initiative.

 

Un fort symbole culturel : Mihai Eminescu

 

Né en Principauté de Moldavie en 1850, Mihai Eminescu, poète romantique, journaliste et écrivain est considéré comme le « parrain de la langue roumaine », un « trait d’union » reliant tous les roumanophones de Roumanie, de la République de Moldavie et de l’ensemble de la diaspora. Très jeune, M. Eminescu se fait remarquer par ses talents et publiera de nombreuses œuvres, notamment sur l’amour, la nature. Pendant ses études à Vienne et à Berlin, il travaille comme journaliste pour le quotidien « Albina » et dénonce le problème des minorités et des Roumains au sein de l’Empire austro-hongrois. Un peu plus tard, en 1883, il sera éditeur en chef au journal « Timpul » (le Temps). Atteint par la syphillis, Eminescu s’éteint en 1889.

 

Aujourd’hui, Eminescu est une « icône » pour chaque roumanophone, un auteur incontournable dans l’éducation. . Mais aussi, c’est celui qui rassemble.

 

D’ailleurs, le 17 mars dernier, lors du premier atelier de printemps de l'association, le thème, cette année fut : « Eminescu Réinventé » :

olegParmi les invités : Oleg Garaz,  écrivain et musicien moldave :

Né le 5 janvier 1964 à Soroca, en Moldavie, il fait ses études en musicologie au Conservatoire de Chisinau et ensuite au Conservatoire National de Cluj, en Roumanie. Il deviendra enseignant en musicologie. Il publie plusieurs livres ainsi qu'un roman, "« Territoria" (2007, Casa Cartii de Stiinta, Cluj) dont il fait une présentation. Oleg est un narrateur introverti, parfois émotionnel, mais surtout lucide et empli de vitalité. Il révèle à ses lecteurs quatre facettes de sa personnalité, dans chacun des chapitres.

http://www.oleggaraz.com/

 

 

Sorina Sandu

Une autre invitée qui à cette occasion a présenté un essai « A la recherche d’Eminescu ». Elle nous invite à sorinaméditer d’une autre manière pour aborder l’œuvre du poète, journaliste et écrivain roumanophone : Eminescu. En lisant « Les écritures essentielles » du célèbre poète, Sorina découvre un autre Eminescu, poète amoureux, la « tête dans les nuages » et qui la pousse à approfondir le personnage. A la recherche de Mihail Eminescu ? Elle propose de sortir de l’espace de poésie et de découvrir cet homme, cet artiste.. Elle tente de donner une autre définition d’Eminescu. Pour Sorina « S’approcher d’Eminescu, c’est oublier un peu ses créations trop connues et découvrir les plus profondes. Il faut ôter Eminescu de son piédestal imposé. S’approcher de ce créateur, c’est aussi avoir conscience que lui, le génie roumain, est notre contemporain ».

 

Quand les cultures et les passions se croisent

 

"L'Invitée spéciale" : Chantal Doupeux


Chantal Doupeux (à gauche) chef de projet du « Guide du Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie » 

 

cd 1

 

  REPUBLIQUE DE MOLDAVIE - P1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outre des soirées culturelles, l'Association Eminescu participe également à d'autres actions : Collecte de jouets pour les enfants dans le cadre d'une  création d'une crêche en République de Moldavie, dons de livres et autres, tels que l'acquisition de matériel médical dont dernièrement un fauteuil roulant destiné à un jeune Moldave privé de mobilité.

 

En tout cas, c'est autour d'un verre, dans un climat trés convivial et amical que la soirée du 17 mars s'est achevée et que tous les invités se sont promis un " la revedere" (au revoir)

 

                                                                                                                                            Ecrit par Chantal DOUPEUX 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 00:00

moldova-mapSituée en Europe du Sud-Est, la République de Moldavie ou Moldova, avec ses 4 millions d’habitants, 34 000 km² (soit l’équivalent de la Belgique) est enclavée entre la Roumanie à l’Ouest, et par l’Ukraine au Nord, à l’Est et au Sud.

 

« Pays de balades et de légendes », la République de Moldavie offre de nombreux attraits touristiques, culturels, artistiques et gastronomiques nous ramenant ainsi à des temps très anciens et nous rappelant par ses cultures et traditions actuelles l’héritage de vieilles civilisations, telles que les Scythes venus des steppes d’Asie centrale, les Thraces, les Geto-Daces, les Romains, les Daco-romains, les Magyars, les Saxons et l’influence de la « Sublime Porte » dés le XIVème siècle ainsi que celle de l’Empire russe dés le XVIIème de même que son passé au sein de l’Union soviétique.

 

Très tôt, Hérodote, Ptolémée, Strabon et autres chroniqueurs russes, hongrois, polonais ont au fil des siècles dressé un portrait sur les particularités géographiques, historiques et culturelles de ce petit pays et de ses Hommes.

 

Essentiellement rurale, la République de Moldavie, indépendante depuis 1991 suite à l’effondrement du blocDSCF0047-copie-1 soviétique comprend également «l’Unité Territoriale de Gagaouzie » (Minorités turcophones chrétiennes) et - « la République Moldave du Dniestr » (Transnistrie), autoproclamée indépendante mais non reconnue par la communauté internationale ( minorités slaves russophones).

 

 

Outre la légendaire hospitalité des Moldaves, la diversité de ses paysages , l’aspect géomorphologique de son territoire (Codru, les steppes des plaines du Dniestr), ses fleuves et ses lacs, le « culte de la vigne », ses « trésors » archéologiques et historiques, ses traditions multiculturelles et enfin, ses parcs naturels tels que Vadul Lu Voda font de la République de Moldavie une destination certes insolite et inconnue des Tours Opérateurs mais une escale enrichissante et passionnante qui saura éveiller la curiosité des amateurs d’authenticité, d’histoire, de culture, notamment dans la compréhension de la formation des peuples indo-européens et de notre civilisation européenne actuelle.

 

 

 

Un Guide du Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie : Un Projet audacieux

 

REPUBLIQUE DE MOLDAVIE - P1Chantal Doupeux, chef de projet pour la rédaction d'un « Guide du Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie » découvre cette petite République en 2010. Elle a passé plusieurs années en Ukraine où elle a rencontré de nombreux Moldaves.. Pour Chantal, d’origine auvergnate, la République de Moldavie et l’Ukraine sont ses deux autres « Heimat ». Elle connaît bien le monde rural et les difficultés auxquelles les populations sont confrontées. Elle découvre chez les Moldaves des affinités qui l’ont incitée à monter ce projet de création d’un « Guide sur le Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie » parce que « ce petit Etat est digne d'intérêts. La "Moldova" (République de Moldavie) offre tant de trésors archéologiques, historiques et culturels, sans compter l’hospitalité légendaire de ce peuple qui attribuent à cette République un cachet d’authenticité, de curiosité, un brin de magie. Cet Etat suscite passions, interrogations et réflexions. Tous ceux qui ont visité la République de Moldavie pourront témoigner des forts liens d'amitiés qui peuvent se tisser".

 

Pourtant, lorsqu’elle a préparé son voyage en Moldavie en 2010, on lui avait beaucoup parlé de la francophonie. En vain, toute la documentation en sa possession était en russe, roumain ou en allemand. Le seul article positif francophone à travers ses recherches fut celui d’Oliver Perrin, Chef d’édition au journal « Le temps » en Suisse qui date de 2006 « Osez la Moldavie ». Olivier Perrin avait su présenter cette jeune République sans fard mais avec une réelle objectivité et un  optimisme fondé en la « dessinant » avec ses traits d'authencité et de sympathie.

 

  Le Contenu du Projet

 

Une première partie sera destinée d’une part à comprendre  la Moldavie et présentera le Patrimoine Historique et culturel de ce petit état, dont  :

 

 

Les Trésors  archéologiques  -   La Culture des Cucuténi-Trypilie, Une culture remarquable

 

716px-CuTryOutline.svgCette culture évolua entre 5500 ans et 2750 ans avant JC . Elle s’étendait sur 350 000 km² des Carpates, du Dniestr au Dniepr (Ukraine). A son apogée, la culture Cucuteni-Tripolie avait la capacité de construire des cités de plus de 15 000 âmes.

 

Cucuteni est un village de Roumanie situé dans la région de Iasi (Nord-Est de la Roumanie). C’est sur ce site qu’un chercheur, Teodor Buruda découvrit en 1884 divers fragments de poterie et de céramique en fouillant un « Tell » (petite colline). Quelques années plus tard, en 1887, l’archéologue tchèque Vicenty Khvoika réalisa des fouilles à Trypilie en Ukraine, dans la région de Kiev et mit au jour des objets aux caractéristiques similaires à ceux découverts à Cucuténi en Roumanie. Ces deux sites appartenaient donc bien à la même culture archéologique connue à présent sous l’appellation Cucuteni-Trypilie.

 

Un des aspects les plus intrigants de cette culture est que les membres de ces cités brûlaient leur habitation cucuteni-village.JPGtous les 10 ou 20 ans pour reconstruire de nouvelles habitations sur les gravats tout en respectant la même orientation (dans la reconstruction) que précédemment. Si bien que cette accumulation de gravats, au fil des siècles, parvenait à former des petites collines appelées « Tell », terme d’origine arabe. Selon certains chercheurs, cette pratique était due à ce que les membres de cette communauté considéraient que chaque maison symbolisait une entité vivante et avait un cycle de vie : de la mort à la renaissance.

 

Cette culture aurait été anéantie par les invasions de tribus indo-européennes venant des steppes de Russie ou du Kazakhstan au début de 2500 avant JC. Cette théorie reste cependant un sujet à controverses.424px-HourglassDeityCucuteni

 

cucuténi faceSur le plan technologique, la culture Cucuteni-Trypilie aurait été l’une des sociétés les plus avancées au monde maîtrisant les techniques du tissage, de la confection de céramiques et poteries finement décorées, la production d’outils et d’armes (de chasse) ainsi que l’extraction du sel à l’aide de technique sophistiquée, telle que le briquetage, de même que les techniques de construction et les méthodes d’élevage et d’agriculture.

 

L'Art populaire :

 

Le savoir-faire artistique notamment dans le tissage de tapis, la poterie, la taille du bois et de la pierre remonte à des temps trés anciens. Simplement, en "Moldova", la plupart de ces techniques et "tours de mains" ont ététaillle de la pierre transmis aux différentes générations à la différence  d'autres pays qui actuellement essaient de réacquérir cette partie de leur  patrimoine abandonnée dans les méandres de la production et de la consommation de masse . Equilibre des formes et des proportions dans le modelage des poteries en céramique, la sculpture de la pierre et du bois, matériaux nobles, le goût de l'esthétisme et de l'embellisement font partie de l'âme moldave. Couleurs, formes, façonnages assortis d'une touche de tapis.jpgspiritualité et l'héritage de ses nombreux peuples qui ont floué le sol de la République de Moldavie sont à interpréter telles des symphonies indissociables des unes et des autres, nous menant à un véritable concert associant savoir-faire et traditions, dont les chefs d'orchestre sont l'authenticité, la passion et la tradition.

 

 

 

Les Repère Médiévaux :

 

A laICONE.jpg différence d'autres peuples chrétiens (Arméniens, Russes..), les Roumains de Moldava, de Valachie et deeglise-bois-1.jpg Trans ylvanie n'ont pas de date chronologiquement exacte qui marquerait le passage au christianisme. La fondation des Etats féodaux se produit dans un milieu déjà christianisé, quand le début de  l'orthodoxie byzantine et le catholicisme occidental se "confrontent". Les repères médiévaux, tels les églises en bois, les miniatures et l'icône démontrent bien l'influence byzantine paléologue qui influença non seulement l'architecture, l'iconographie et la peinture murale de la Moldova médiévale.

 

 

L'architecture religieuse et laïque du XIXè et début du XXè siècle :

 

Alexandre Bernadazzi ou  Aleksander Osipovich Bernardazzi (1831-1907), d'origine suisse-Italienne, de nationalité  russe joua un rôle très particulier dans l'architecture à Chisinau ainsi qu'à Odessa en Ukraine. Il

est l'architecte de 30 édifices  religieux ou laïques dans lesquels il utilisa largement des procédés et éléments spécifiques à l'architecture italienne, byzantine et russe : dont la chapelle de A. Nevski d'Ungheni en 1905ungehni église et "l'hôtel de ville de Chisinau". 

 

mairie de chisinauIl faut surtout noter que la période du XIXè siècle eut un rôle très néfaste dans le patrimoine de la Moldova. Les guerres russo-turques déclanchées au XVIIIè siècle continuèrent le siècle suivant et ensuite, il y eut la période soviétique pendant laquelle l'expression artistique et spirituelle fut largement censurée et détruite ou alors adaptée aux tendances politiques de l'époque.

 

 

 L’Art Plastique moderne et contemporain furent vraiment affectés par cette ére privée d "oxygène artistiquesculpture et expressive" que connut la "Moldova", de la Bessarabie et à la RSSM (République Soviétique Socialiste Moldave).tableau-couverture.jpg On fonda à Chisinau, en 1918, l'Ecole des Beaux-Arts, pour devenir en 1921, "La société des Beaux-Arts de Bessarabie". En même temps, les artistes ont plus de possibilités pour parfaire leur maîtrise  dans les pays de l'Occident. On voit ainsi apparaître des "Impressionnistes", des "Cubistes" qui auraient pu être ou des "Picasso des Carpates"  ou des Antoine-Louis Barye dans certains styles exprimés, notamment le romantisme. Mais, il en existe bien d'autres que l'on pourrait nommer.

 

Le Culte de la Vigne :

 

cricovaUn climat propice à la culture de la vigne, un sol fertile, la viticulture en Moldavie est une tradition ancestrale. La qualité des  vins moldaves pourrait faire pâlir certains producteurs français. Les Moldaves ont même obtenu des médailles d’or  lors de salons internationaux. Au XIXèmDSCF0020-copie-1e siècle, la Moldavie fournissait également la cour royale en Grande Bretagne .Pendant la période soviétique, la RSSM était la « cave » de l’URSS..Youri Gagarine , le célèbre astronaute soviétique, d’ailleurs l’avait bien compris quand arrivé dans l’espace, il avait distingué un petit pays en forme de grappe de raisin sur la planète bleue. Ca n’a pas échappé à M.Poutine non plus, bien que sobre, qui avait souhaité fêter son  50ème anniversaire dans les caves de Cricova.

 
Les symboles historiques et emblématiques :  

 

etienne le grandEtienne Le Grand ou Stefan Cel Mar (1457-1504) Au XIVème siècle, après la chute de Constantinople, l’Empire Ottoman a déjà investi les Balkans (Serbie et Bulgarie). Le prince Etienne le Grand oppose pendant 47 ans une farouche résistance face aux Turcs afin de conserver la souveraineté de la Principauté de Moldavie et protéger son peuple contre « l’ottomanisation ». . En 1992, Etienne le Grand fut sanctifé par l’église orthodoxe roumaine et appelé Champion du Christ par le Pape….

 

 

 

et un fort symbole culturel : Mihai Eminescu

 

Né en Principauté de Moldavie, Mihai Eminescu (1850-1889), poète romantique, journaliste et écrivain estEminescu considéré comme le « parrain de la langue roumaine », un « trait d’union » reliant tous les roumanophones de Roumanie, de la République de Moldavie et de l’ensemble de la diaspora. Très jeune, M. Eminescu se fait remarquer par ses talents et publiera de nombreuses œuvres, notamment sur l’amour, la nature. Pendant ses études à Vienne et à Berlin, il travaille comme journaliste pour le quotidien « Albina » et dénonce le problème des minorités et des Roumains au sein de l’Empire austro-hongrois. Un peu plus tard, en 1883, il sera éditeur en chef au journal « Timpul » (le Temps). 

 

« Le Patrimoine du Nord au Sud » sera la deuxième partie de ce projet  et permettra  de faire découvrir à tout visiteur les  différents sites, monuments, édifices "témoins" des informations et explications exposées en première partie. Une carte pratique sera d’ailleurs insérée à ce guide

 

Enfin, une parenthèse sera accordée à la francophonie  en Moldavie, une tradition qui prit naissance déjà à l'époque de la Principauté de Moldavie. La langue française resta pendant des générations la  plus étudiée et de nombreux francophones, Français et Suisses (« Les Russes de Vevey » au XIXè) ont d'ailleurs laissé leurs empreintes sur ce territoire

 

Projet audacieux, fastidieux que Chantal a déjà présenté à Genève le 17 mars dernier lors du premier atelier de printemps de l'association Eminescu (association regroupant la communauté moldaves et roumains en Suise).Mais apparemment, Chantal est déterminée malgré tous les obstacles qui souvent amèneraient à abandonner. Elle avoue certes qu’elle est confrontée à de nombreux problèmes pour monter ce projet : le financement, la création d’une équipe. Elle compte sur la diaspora en Europe, l’Académie des Sciences de Chisinau et le Ministère de la Culture en République de Moldavie avec qui elle collabore malgré les dissensions politiques. Elle ira même en Belgique présenter son projet et publiera des articles/nouvelles sur toutes les zones francophones. Cette motivation est bien le résultat des affinités et amitiés qu’elle a liées dans cette petite République. Selon elle, « cette passion pourrait bien être contagieuse ».

 

Chantal Doupeux (Photo ci-dessous à gauche) cherche des appuis financiers : « souscripteurs », sponcors, subventions de Bruxelles et cd-1.jpgdes régions, dont Rhône-Alpes alors que la ville de Chisinau (capitale de la République de Moldavie) est jumelée avec Grenoble depuis 1977.., dons particuliers… La République de Moldavie de même que son patrimoine méritent d’être connus. De plus, après de longues années de problèmes de gouvernance consécutifs à une constitution non adaptée aux réalités du pays et qui ont laissé la Moldova en « Stand by » (sur le plan international et diplomatique) avec un président intérimaire pendant 3 longues années, le 16 mars 2012, cet Etat (sans traditions démocratiques) a fini par nommer son Président : Nicolae Timofti, magistrat, sans étiquette politique et qui espérons donnera une nouvelle vigueur et image à ce petit pays.                 

 

      

 

 

 

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 13:26

  « Krach du monde Russe » (14), « Printemps russe », « Révolution Blanche »  ou des « neiges »(1) ? Les contestations survenues lors des élections législatives en Russie en Décembre dernier ont alimenté bien des fantasmes et conduit certains médias occidentaux aux  extrapolations les plus folles.

 

 Pourtant, et de manière légendaire, les urnes russes ont toujours contenu de « lourds secrets »  et délivré des résultats sans surprises aux électeurs lors de chaque élection.

 Simplement, à la différence des précédents scrutins, les contestations de décembre 2011 ont pris un aspect de déferlante quant à leur ampleur et la nébuleuse de ses composantes.


 Les Prémices


 Les déceptions socio-économiques


 Pour la première fois depuis les dernières élections en 2007, les Russes ont montré leur lassitude quant aux « efforts du gouvernement de passer les vrais problèmes sous silence » et de la « manie de ne parler que des succès » (3).

 Lassitude progressive quant aux affaires de corruption, de plans de privatisation qui en fait ont profité essentiellement à ceux qui s’étaient déjà enrichis à l’époque de Boris Eltsine, abus de pouvoir, un système judiciaire soumis à la « dictature de la loi » (ou « verticale de pouvoir ») mis en place par Vladimir Poutine dés son arrivée en 2000, « musellement » des libertés d’expression, inflation galopante et paupérisation des classes modestes…(3)

 Outre ces aspects, la société russe a évolué et les classes moyennes représentent à présent 30% de la population (3). Et c’est également cette dernière qui ne croit plus à une politique de modernisation annoncée par M. Poutine lors de la campagne électorale. Simplement, instaurer des réformes reviendrait à contredire ce qu’il avait mis en place quelques années auparavant. Selon l’institut VTsIOM (centre panrusse de l’opinion publique), «Le fait  est qu’une très grande partie de la société apprécie l’ancien Poutine (celui qui a redonné à la Russie sa fierté), et  perdre le soutien de cette frange d’électorat est encore plus dangereux que d’échouer à assurer la sympathie de la « classe moyenne », impatiente et qui a acquis une certaine aisance matérielle » (9)


            La réforme constitutionnelle


 Vladimir Poutine a toujours eu de nombreux tours de passe-passe au fond de sa chapka. La constitution russe prévoyait une limite de deux mandats consécutifs de 4 ans. A présent depuis la révision constitutionnelle, un mandat s’étale sur six années. En se portant candidat pour les élections 2012, M. Poutine peut prétendre de se maintenir à la présidence de la Fédération de Russie jusqu’en 2024. Les Russes ont cette fois-ci sanctionné la manigance (16). Alain Juppé, Chef de la Diplomatie Française, déclarait « les peuples n’aiment pas trop qu’on joue avec les processus démocratiques » (18)


           La sonnette d’alarme de l’église orthodoxe


 En 2003, Vladimir Poutine se lance dans la réconciliation entre l’église orthodoxe russe et sa branche en exil  à l’étranger qui lors du schisme de 1917, lors de la révolution bolchévique, avait contraint une partie du clergé orthodoxe russe à fuir en Turquie ou Serbie. En 1920, l’église orthodoxe russe hors frontière est créée à New York alors qu’à Moscou, le patriarcat proclame sa loyauté au régime soviétique en 1927. (L’Eglise Rouge)

 Après avoir déclaré Vladimir Poutine comme « un véritable orthodoxe » à l’église russe de l’étranger, la nouvelle « symphonie byzantine » sonne de nouveau dés 2007 lors de la réunification des deux églises séparées depuis 80 ans. Cette réunification renforcera et « le Kremlin et le patriarcat ». (20)

 Mais, depuis l’effondrement de l’URSS,  « L’aigle bicéphale » qui avait symbolisé l’époque tsariste notamment a repris du service et rallie des millions de fidèles en Fédération de Russie.

 Néanmoins, en décembre 2010, Vsevolod Tchaplin, archiprêtre de l’église de Moscou déclare : « Les élites qui tentent depuis la fin des années 90 de construire une politique nationale ont fait leur temps, elles sont usées. Elles ont encore du temps, environ 6 mois pour renoncer au pouvoir…et je ne peux que leur conseiller de s’y résigner » (20)

 Et pis encore, lorsqu’un haut dignitaire du Patriarcat de Moscou déclarait durant la même période que « La verticale de pouvoir empêchait tous les peuples qui forment la Fédération de Russie de prendre une part active au développement économique et politique du pays » ; « La population est lasse de l’arbitraire et de l’injustice qui règnent dans la société. L’Etat doit prêter une veille attentive aux doléances de la population au lieu d’écouter les Elites » (20)

 Les discours de l’église ne sont apparemment pas restés sans échos. Mais, il reste cependant extrêmement périlleux de s’immiscer dans les convictions confessionnelles en Russie.


           Les incendies de l’été 2010 en Russie : L’inefficacité « d’Action Man »


 C’est la période estivale,  des incendies terribles et meurtriers ravagent le pays. Des milliers de personnes âgées et vulnérables périront dans les flammes et par les gaz. Mais les autorités ne sont même pas en mesure d’endiguer le sinistre car elles ne l’ont tout simplement pas prévu. Pourtant, avec le réchauffement climatique et après les hivers russes rigoureux mais secs, la Taïga et la Toundra restent des foyers incendiaires redoutables. A tout moment, le sol de tourbe peut s’embraser. Malgré cette évidence, aucune mesure  n’a été prise. Les grandes villes comme Moscou deviennent de véritables « chambres à gaz ». Pendant 2 mois, la population vit recluse. Le Maire de Moscou Youri Loujkov de l’époque reste dans sa villégiature en Crimée et ne daigne pas se déplacer.

Vladimir Poutine, encore une fois, pour rassurer la population, reprend sa panoplie « d’action man » et cette fois-ci, il apparaîtra dans un avion bombardier BE-200 où il éteindra en tant que copilote deux foyers d’incendie dans une forêt  dans le nord-est de Moscou. Par contre, la parade s’avère un échec au sein de la population. Il y a trop de victimes. De nombreux Russes ont perdu un proche ou un ami et là c’en est trop. Des manifestations s’organisent mais sont rapidement dispersées alors que M. Poutine promet des dédommagements….

 Ainsi, Libéraux, extrême droite, communistes, nationalistes, blogueurs en tout genre apparaissent comme les acteurs principaux dans  la rébellion postélectorale de décembre 2011. Les Russes en général ne souhaitent surtout pas de révolution et de chaos. Ils ont déjà connu le désarroi économique et politique dans les années 90 et la nouvelle génération des 20/25 ans, des nouveaux diplômés, souhaitent se faire entendre mais de manière pacifique dans l’ensemble car ils savent qu’actuellement, ils n’ont pas vraiment d’opportunité de carrière, les créneaux étant obstrués par les « fils d’apparatchiks ». Selon Dominique Bromberger : « Dans les universités, il ne faut oublier que les étudiants doivent prouver qu’ils ont voté Russie Unie (parti de V. Poutine) pour avoir leurs examens » (3)


 Les composantes contestataires


 Les Partis d’Opposition : Une incohésion politique dans les contestations


 Les protestataires de décembre 2011 ne siégeant pas à la Douma ou les « hors-système » :


 La droite libérale :


Solidarnost : "Coalition de partis et de défenseurs des droits de l'homme" (1) fondé en 2008 par Vladimir Boukovski (dissendent soviétique) et Boris Nemtsov (ancien ministre de l'énergie sous Boris Eltsine, vice-premier ministre chargé de l'économie dans le cabinets de Viktor Tchernomyrdin, il fut également conseiller du président ukrainien Viktor Iouchtchenko pendant la "Révolution Orange" en Ukraine. Ce parti est également animé par Gary Kasparov (champion d'échecs) et Ilya Yachine.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Parnas : Droite libérale, crée par Boris Nemtsov. La présence de Vladimir Ryzhov , Mikhail Kassianov (également anciens leaders sous B.Eltsine) laisse penser à un soutien occidental, M.Kassianov étant  « le plus écouté aux Etats-Unis et en Europe, en tant que politique russe. Ils sont également membre du « National Endowment for Democracy » (NED)…(1) (2) (16) (voir Paragraphe « Ingérence étrangère » ci-dessous). Parmi les membres du Parnas, on compte également Gary Kasparov



 

    *Voir paragraphe ingérence étrangère ci-dessous

 

 Parti National Bolchévique ou le NBP d’Edouard Limonov  C’est une formation nationaliste dont Garry Kasparov fut également co-fondateur. C’est « un allié » des libéraux et intervient  dans le parti « Autre Russie » (dont le président fut Prokhorov, Milliardaire…et actuel candidat aux présidentielles) (1)  (2)

 

 

Iabloko : C’est un parti « libéral »  et est représenté par Sergueï Mitrokhin. Ilya Yachine  fut le leader de la jeunesse mais dut être expulsé pour « troubles politiques » par le groupe… Pro-occidental, il souhaite un rapprochement avec les USA et l’Union Européenne. (1) et (2)

 

 

 

   Le Levyi Front de la gauche « sociale », mené par S.Oudaltsov et K.Kossyakine (incarcéré  le 31/12/2010 pour « Troubles de l’ordre public » en phase avec les protestations populaires et sociales. Néo-soviétisme et modernisation ?. Anticapitaliste, ils  veulent en finir avec les questions  de l’emploi, logement, éducation et santé.

 

 

 

 

Rétrospective: Nemtsov, Limonov, Kossyakine et Yachine : « La bande des quatre » ? et « Ex-Prisonniers d’opinion » (7)


 Actuellement, « opposition » correspond visiblement en Russie à  « Alliances contre nature », enfin ce qui peut en « Occident » paraître  « hors-mariage ».  Afin de manifester contre le régime « Poutine », le 31/12/2010, selon  l’article 31 de la constitution russe, qui permet la « liberté de rassemblement » pour exprimer son opinion tous les 31 de mois (mois de 31 jours), le leader du parti libéral Solidarnost, Boris Nemtsov, ancien vice premier ministre de Boris Eltsine et « Orangiste » ( conseiller de l’ex-président d’Ukraine, Viktor Iouchtchenko leader de la Révolution Orange en Ukraine), ainsi que Edouard Limonov, leader du parti bolchévique, Ilya Yachine, co-fondateur du mouvement Solidarnost et exclu pour « troubles politiques » et Vladimir Tor, nationaliste sont arrêtés le soir de la Saint Sylvestre  sur la Place Trioumfalnaïa à Moscou et incarcérés pour « troubles de l’ordre public ».  A sa sortie de prison, Boris Nemtsov déclarait : « L’opposition s’est unifiée derrière les barreaux »   mais qu’ elle avait « la volonté de débarrasser la Russie d’un pouvoir qui la mène à sa perte ». (7). Les raisons réelles de ces arrestations étaient surtout dues au rôle joué  par l’ingérence étrangère via ces partis au sein de la politique interne de la Fédération de Russie (voir Paragraphe « Ingérence étrangère » ci-dessous).


Autres composantes contestataires « hors système »


 Organisations Pour la défense des droits de l’homme, Mémorial et autres ONG dont on verra le rôle un peu plus bas (« Ingérence étrangère »).


 Les blogueurs


Les réseaux sociaux, notamment Vkontakte et Twitter ont permis de rallier des milliers de jeunes lors des manifestations de décembre 2011. Cette nouvelle génération, souvent fortement diplômée, ne voit aucune perspective de carrière en Fédération de Russie. Ils se trouvent confrontés à un système verrouillé dans lequel aucune évolution n’est possible (1) (3)

 navalny.jpgAlexeï Navalny a été la « vedette de la mobilisation des internautes » (1). C’est un personnage trouble. Proche des nationalistes quant à sa participation à la « Marche Russe » qui a lieu toutes les années le 4 novembre (Rassemblement néonazis et mouvements anti-immigration), il est également lié à la NED (National Endowment for Democracy) soupçonnée de s’ingérer dans les affaires politiques intérieures de pays étrangers, notamment en Ukraine lors de la Révolution Orange). Il serait également prêt à s’allier aux libéraux. Alexeï Navalny est également l’auteur du slogan « Le parti des voyous et des voleurs » en parlant du parti de V. Poutine, « Russie Unie »

 

yachine.jpgIlya Yachine, co-fondateur du mouvement Solidarnost et ex-responsable de la jeunesse du parti Iabloko dont il a été exclu pour « troubles politiques ». Très présent sur les réseaux sociaux, il avait appelé des milliers de jeunes à manifester le 4 décembre 2011 (1) et (2)

 

 

 

 

 

L’opposition siégeant  à la Douma


 Le KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie), avec 19.19 % (11.6% en 2007. 92 sièges contre 238 pour Russie Unie, parti de V. Poutine en 2011) a su rallier des classes âgées et populaires. Le programme de G.Ziouganov, leader du parti a une texture plutôt soviétique (1) (2)



 

 Le parti de S. Mironov, Juste Russie (13.24%, soit 64 sièges), est un parti de centre gauche avec un programme social-démocrate. Il est réputé pour être manipulé par le Kremlin (1).


 

 

 Et enfin, le Parti libéral-démocrate (11.67% soit 56 sièges) situé à l’extrême droite et dirigé par  V.Jirinovski depuis la chute de l’Union Soviétique (2).


 

 

  L’ingérence étrangère


 Avant même que les résultats définitifs soient communiqués (4), Hillary Clinton dénonçait « des élections partiales et injustes » (16). En retour, Vladimir Poutine accusait les Etats-Unis « d’avoir fomenté la contestation contre les législatives, un scénario de « chaos » (4). Il rajoutait également que « les gens ne veulent pas que la situation évolue comme cela s’est passé au Kirghizstan ou il n’y a pas longtemps en Ukraine » (en faisant référence à la Révolution Orange de 2004 en Ukraine qui s’est révélée avoir été orchestrée par les Occidentaux et qui s’est soldée par un véritable fiasco quant aux problèmes de gouvernance qui s’en sont suivis au sein du gouvernement Iouchtchenko (4) (16)). En rajoutant également « L’injection de fonds étrangers dans les processus électoraux est inacceptable » en comparant à « Judas, les ONG financées par les Occidentaux pour effectuer le monitoring des fraudes électorales » (4). Il est vrai que ce n’est pas à Platov (nom de code de V. Poutine quand il était au  KGB) qu’il faut faire croire à la « neutralité » et l’impartialité étrangère.

 

« Le nom innocent d’une ONG » (16) : La NED (New Endowment for Democracy : Fondation Nationale pour la Démocratie)


 Bref Historique


 Fondée en 1983,  la NED est une « fondation privée nord-américaine à but non lucratif dédiée au développement et au renforcement des institutions démocratiques dans le monde » ou à “l’éducation et la formation à la démocratie” à travers le monde. Elle a ainsi un statut d’ONG et fut « créée » sous le gouvernement Reagan pour fonctionner de facto comme une CIA privatisée afin de lui donner plus de moyens et de liberté d’action. On retrouve les actions de la NED en Ukraine et en Géorgie lors des « Révolutions colorées », mais aussi dans la préparation au renversement du régime Moubarak en « aidant la jeunesse égyptienne à s’engager dans l’activisme politique » Elle se fit remarquer également au Myanmar et au Tibet (16).


La NED et ses « tentacules en Russie » (16) 


Selon son rapport annuel d’activité 2010, la NED dépenserait 2.7 millions de dollars sur des programmes à travers la Russie. Notamment dans le financement d’un centre de presse à Moscou « où quelques 80 ONG (dont Mémorial) peuvent tenir des conférences de leur choix » ainsi que de « nombreux groupes de jeunesse militante » et des ateliers sur le « leadership afin d’aider des jeunes à s’engager dans l’activisme politique » (16)


Financement et « animation/formation » d’instituts de sondage et ONG Russes


Golos (Organisation civile de défense des droits et des libertés démocratiques), système d’étude électorale russe (5) (1) : Les fonds versés à Golos étaient destinés à « une analyse détaillée du cycle électoral russe de l’automne 2010 et du printemps 2011. Cette organisation fut financée entre autres par les Etats-Unis via USAID (United States Agency for the International Development : Agence des Etats-Unis pour le Développement International) et…la NED. Cette organisation fut l’une des premières à « crier à la fraude ».(16)


 Levada Centre : Organisation de sondage « indépendante ». Selon le rapport de cette organisation, elle a bénéficié avant les élections de décembre 2011 d’un financement afin « d’effectuer une série de sondages d’opinion, une méthode standard utilisée en Occident pour analyser les sentiments des citoyens (profilant les humeurs, perceptions des candidats et la confiance des électeurs ….) (16) alors qu’en Occident, cette méthode de sondage visant à évaluer la côte de popularité d’un candidat a fait son temps quant à sa fiabilité. A voir par exemple en France lors des élections présidentielles de 2002, ce système d’évaluation  n’avait pas empêcher d’envoyer Lionel Jospin aux « oubliettes » par la « trappe du premier tour » alors que les sondages avaient prévu un duel « Chirac/Jospin » et qu’en fait, c’est le Front National de Jean-Marie Le Pen qui dut se confronter à Jacques Chirac.

 Ce n’est apparemment pas ce genre de « combinaison » que la NED enseigne  à ces nouveaux jeunes poulains « activistes pour la démocratie et la liberté des peuples ». Il est fort à craindre que les enseignements de la NED rendent ces jeunes activistes vulnérables ou « irascibles » quand il s’agira d’appliquer les vrais principes de la démocratie.

 Pour les élections présidentielles en Russie de mars 2012, les USA prévoient encore d’augmenter leur financement auprès des ONG russes et de leur octroyer 9 millions de dollars en plus. Selon Mark Toner, porte-parole du Gouvernement d’Etat Américain : « Nous devons dépenser plus pour assurer la liberté et la transparence lors de l’élection présidentielle russe. Nous cherchons à soutenir les organisations non gouvernementales et le processus électoral lui-même, non pas les partis politiques » …(5)


                   Financement de certaines branches de l’opposition

 

Le parti de Solidarnost : Nemtsov et Ryzhkov, Kasparov (ancien champion d’échec) : « Solidarnost », intitulé « curieusement imité des jours de la guerre froide quand la CIA finançait l’opposition polonaise des travailleurs et le syndicat Solidarnosc de Lech Walesa » nous renvoie de nouveau à la NED d’une part mais aussi au « stratège Zgibniew-Brzezinski/Soros » (16).


            La symphonie « Zbig/Soros » des « Révolutions Colorées » : Qu’est-ce que c’est ?


 Zgibniew-Brzezinski, politicien américain d’origine polonaise fut l’artisan de la politique étrangère de Washington depuis son arrivée dés le milieu des années 70 (1975/77 environ). Antirusse, il fut l’un des acteurs les plus engagés pour mener une stratégie antirusse/soviétique, notamment en Afghanistan. Avec Georges Soros, milliardaire et directeur de « l’Open Society Institute » et la « Fondation Soros » qui a pour but de promouvoir « le développement des sociétés démocratiques et ouvertes, notamment en ex-URSS et de mener à une « désagrégation de la Fédération de Russie ».

      

 

Ce même stratège a financé les «Révolutions colorées » en Ukraine et en Géorgie en mettant en place des leaders pro-OTAN tels que Ioutchenko et Saakachvili (16).

 

 

Les nébuleuses politiques de la NED


M.Nemtsov, « Orangiste », conseiller de l’ex-président ukrainien V. Ioutchenko et son parti Solidarnost semble « boire à tous les abreuvoirs occidentaux ». On le retrouve un peu partout. Dans des affaires telles que de corruption avec l’affaire Khodorkovski, l’oligarque emprisonné et auprès duquel il accepta de l’argent alors qu’il (Nemtsov) menait une politique anti-corruption. On le retrouve aussi à l’étranger lors d’une entrevue avec Boris Berezovsky (autre oligarque exilé en Grande-Bretagne), réunion lors de laquelle il fut accusé d’utiliser des fonds étrangers pour financer son nouveau parti « Pour une Russie dans la légalité et sans corruption ». (16)


 Vient également Vladimir Ryzhkov, membre influent de Solidarnost et apparemment lié à d’importants cercles  financiers occidentaux (1) (16).


 Enfin, le fameux Gary Kasparov, l’ancien champion d’échec et  autre membre fondateur de Solidarnost. Connu pour être membre du comité du « National Security Advisory Council Center for Security Policy » soit une « organisation de sécurité nationale à but non-lucratif et non partisane, spécialisée dans l’identification des politiques, des actions et des ressources nécessaires à la sécurité des Etats-Unis ». Il fut associé à M. Khodorskovski pour des affaires financières avec L. Nezlin, vice-président de Yukos à l’époque du procès et qui a fui en Israël (16).


 Et enfin la « vedette » actuelle (1), Alexeï Navalny (déjà cité dans « l’opposition hors système/Les blogueurs » décrite ci-dessus) et à qui « l’establishment médiatique occidental » semble accorder une fiabilité et loyauté qui le porte comme number 1 de l’opposition anti-poutine. A voir, la description de la BBC :« certainement la seule figure de l’opposition digne de ce nom en Russie ces cinq dernières années » et la référence à « Erin Brockovich Russe ». Ancien étudiant de Yale, (où la famille Bush fit ses études), Navalny figure « sur la liste des gens payés par la NED pour déstabiliser le pays ». Ses actions contre Poutine sont concentrées autour de Solidarnost (Nemtsov, Ryzhkov et autres….) (16).


 Plus récemment et de manière plus anecdotique, Eva Joly, lors d’une rencontre avec Ilya Ponomarev, député du parti "Russie Juste", Yaroslav Nikitenko, militant écologiste et Ilya Yashin, cofondateur du mouvement Solidarnost (et bloggeur), demandait l’annulation pure et simple des élections législatives en Russie et dénonçait « le silence assourdissant des hommes et des femmes politiques français ». En même temps, elle accusait des groupes industriels français implantés en Russie de corruption. A présent, Eva Joly porte le « ruban blanc » introduit par l’Orangiste Nemtsov qui avait baptisé les évènements en Russie de « Révolution Blanche » ou « des neiges » (en faisant référence aux révolutions colorées en Ukraine et en Géorgie). (21)


 Le « jeu » des médias


 Durant la période « trouble » de décembre 2011, nombreux médias occidentaux se sont lancés dans des pronostics nettement exagérés voire même farfelus. Dans sa tribune, sur Le Monde du 14 décembre 2011, André Glucksman annonçait « Après Kadhadi, Poutine ? Le peuple indigné fait vaciller l’autocrate Vladimir Poutine et sa démocratie d’apparence ». Outre ces exagérations, la chaîne américaine Fox News est même allée plus loin en diffusant  une vidéo sur Youtube « Protester’s Express Outrage Over Russian Elections » (Indignation des protestataires suite aux élections en Russie) (22) sur laquelle on peut visionner des scènes d’émeutes mais qui par contre ne se déroulent pas en Russie mais en…Grèce.


 Israël soutient V. Poutine


 Le 7 décembre 2011, le vice-premier ministre et ministre israélien des affaires étrangères, Avidgor Lieberman déclarait qu’après avoir consulté ses observateurs (israéliens), « les élections avaient été absolument honnêtes , libres et démocratiques » alors que les missions d’observateurs occidentales dénonçaient des fraudes dont « l’introduction de bulletins fictifs dans les urnes…. » (6)

 

 Alors que M. Gorbatchev prédisait un « scénario égyptien » pour M. Poutine ou un « sort à la Ben Ali » selon B. Nemtsov, les « Révolutions arabes » ne semblent pas avoir suscité le même intérêt qu’en Europe et en Occident au sein de la population en Russie. Même si l’islam représente la deuxième confession en Fédération de Russie et que  le wahhabisme venu d’Arabie Saoudite a été jugé responsable des « attentats terroristes » perpétrés dans le Nord-Caucase et à Moscou, il apparaît irréaliste actuellement d’anticiper  une « contagion arabe » dans le contexte russe (14).


 Les élections présidentielles du 4 mars 2012 ramènent V. Poutine à la tête du Kremlin dés le premier tour avec plus de 60% des voix (environ 70% en 2004). Il est vrai que cette fois-ci, les manifestations, d'ailleurs pro et anti Poutine qui  ont eu  lieu en Russie depuis décembre 2011 suite aux accusations de fraudes par l'opposition  et divers  observateurs lors des législatives sont une  première quant à leur ampleur. Cependant, malgré leur mécontentement, .les Russes craignaient bien plus le retour de  la "droite libérale" qui avait plongé le pays dans un marasme économique et social pendant la période de Borsi Eltsine (Années 90) que des températures hivernales extrêmes qui se sont abattues sur le pays ces dernières semaines: "Chat échaudé craint l'eau froide"....


 Même si  des « petits bourgeons » et « gazouillis » démocrates laissaient penser à l’arrivée des « beaux jours » et à la naissance d’une nouvelle Russie florissante de liberté et de démocratie, les Hirondelles ne font pas le printemps. Sans cohésion politique, l’opposition actuelle corrompue et trouble risquerait bien de patauger encore de longues années dans la raspoutitsa.

                                                                                                                               Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

Sources

 

(1)  : « Révolution blanche », drapeaux rouges et forces de l’ombre – Monde Diplomatique – Jean-Marie Chauvier – 22/12/2011

(2)  http://www.lecourrierderussie.com/2012/01/13/opposition-nuls/

(3)  http://www.france24.com/fr/20111209-desamour-poutine-elections-législatives-russie-fraudes-baisse-popularité

(4)  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/08/97001-20111208filWWW00477-contestation-poutine-accuse-les-usa-phpraient annoncés vendredi

(5)  http://www.dtom.fr/archives/elections-en-russie-washington-augmentera-le-financement-des-ong-russes/

(6)  http://fr.rian.ru/world/20111207/192333506.html

(7)  http://www.liberation.fr/monde/01012314259-en-russie-l-opposition-toujours-etouffee

(8)  http://fr.rian.ru/politique/20120112/193012333.html

(9)  http://fr.rian.ru/discussion/20111219/192777819.html

(10) http://french.ruvr.ru/2012/01/14/63855215.html

(11) http://fr.rian.ru/society/20111229/192909165.html

(12) http://www.youtube.com/watch?v=zacVsn-uYNK

(13) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_1%C3%A9gislatives_russes_de_2011

(14) http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-03-08-Russie

(15) Désagréger la Russie et l’Iran : un objectif pour les Etats-Unis – Jean-Marie Chauvier 13 juin 2004

(16) Ingérence impérialiste en Russie : la NED/CIA et ses sbires (Nemtsov, Navalny, Kasparov) contre Poutine, l’homme à abattre pour les oligarques du Nouvel Ordre Mondial. F.Willian Engdahl – 10 janvier 2012-01-23

(17) La stratégie antirusse de Zbigniew Brzezinski par Arthur Lepic – 22 octobre 2004

(18) Le Monde du 14/12/2011 page 24 « Après Kadhafi, Poutine » par André Glucksmann

(19) Courrier International hors série septembre-octobre 2011 p 46 « L’église orthodoxe réunifiée : une vraie force politique »

(20) http://www.slate.fr/story/32199/russie-poutine-eglise-orthodoxe

(21)http://www.lexpress.fr/actualite/politique/eva-joly-reclame-l-annulation-des-dernieres-elections-russes_1073861.html

(22) http://www.youtube.com/watch?v=-IbxFPQodQI

 Photos wikipédia

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Boris Nemtsov :Ancien ministre de l'énergie sous Boris Eltsine, vice-premier Ministre chargé de l'économie dans les cabinets de Viktor Tchernomyrdin. Il est le fondateur de "Solidarnost"  en 2008. Il est adhérent à la NED* Gary Kasparov :Ex-champion d'échecs et vif opposant à Vladimir Poutine. Il"milite" à Solidarnost. Dans les Années 90, il soutient Boris Eltsine. Il est décoré du "Keeper of the Flame award par le cercle de réflexion du "Center for Security Policiy"*. Il est membre de la NED* Ilya Yachine :Blogeur et co-fondateur du mouvement Solidarnost. Il fut également responsable de la jeunesse du parti "Iabloko" dont il fut exclu pour "troubles politiques".
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Boris Nemtsov

Ancien ministre de l'énergie sous Boris Eltsine, vice-premier Ministre chargé de l'économie dans les cabinets de Viktor Tchernomyrdin. Il est le fondateur de "Solidarnost"  en 2008. Il est adhérent à la NED*

Vladimir Ryzhov

En 1997, il fut vice-premier président de la Douma d'Etat (sous Boris Eltsine) et vice-premier ministre de la Fédération de Russie sur les questions sociales. Il serait également membre de la NED*

Mikhaïl Kassianov

Ex-ministre des finances du gouvernement Poutine (2000/2004). Il exerça de même des responsabilités en économie et finances pendant les années  90 sous Boris Eltsine. Il est adhérent au NED*

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Edouard Limonov
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Sergueï Mithrokin Ilya Yachine

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Sergueï Oudaltsov Kostantin Kossyakine
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Guennadi Ziouganov

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Sergueï Mironov

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Vladimir Jirinovski
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Zgibniew-Brzezinski   Georges Soros
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:28

Часто подвергаемая критике на Западе, Россия oказалась “неспособной” применить основные принципы демократии, установленные Европой и Северной Америкой. (8)
В этом контексте появились некоторые неологизмы, характеризующие “демократию по-русски”(1):  имитационная демократия, потемкинская демократия, нелиберальная демократия(2), “управляемая демократия”(8).
Этот факт, который на первый взгляд может показаться тревожным, является однако достаточно упрощенческим. Действительно, приход М.Горбачева к власти в конце 80-х и начало его “перестройки”, одной из целей которой была либерализация советского режима и создание демократической системы по образцу “западной модели”, не принесли ожидаемого эффекта. При Б.Ельцине экономические и социальные реформы (“Гласность”), предпринятые в 90 –е годы в рамках либеральной политики и перехода к рыночной экономике, привели прежде всего к сильному обнищанию населения, появлению влиятельной и презренной олигархии (“новых русских”) и вмешательству “чужих лиц”, что вызвало крайнее недовольство граждан. Этот набор черных пятен на карте новой России, - России более справедливой и более свободной, с одной стороны погрузил россиян в некую глубокую психологическую туманность в связи с внезапной потерей их “традиционных” ориентиров, а с другой стороны способствовал главным образом отказу от образца западной демократии, воспринятого как новый “диктат”. Для россиян “либеральная демократия” означает “неспособность принимать решения” или “западный импорт”(2), а еще “чистое лицемерие”(2).  
Приход к власти В.Путина, его программа реформ и построение “вертикали власти”, или возврат к порядку, были одобрены гражданами, которые вздохнули с облегчением. Для россиян эпохи 2000-х годов Путин – это тот, кто воплощает в себе русские традиции и историю, но еще и тот, “за которого не стыдно” (с намеками на выходки Ельцина). Общественное мнение основывается на самом деле не на политических аспектах, а на представительности кандидата.
Тем не менее успех политики Путина в экономическом и социальном развитии остается алеаторным, учитывая, что для достижения восстановления системы, в частности в сфере социальной политики, хозяин Кремля должен был использовать энергетический потенциал страны, то есть повышение цен на нефть и газ (80 % российского экспорта(6)), что сделало Россию зависящей от экспорта энергоресурсов.
Партия Путина “Единая Россия” является “доминирующей политической силой” (70 % в 2007 г.), что, как известно, происходит и в некоторых демократических странах, - Японии с ее либерально-демократической партией, правящей с 1945 года, или Швеции с ее социально-демократической партией с 1932 по 1976 год у власти (1).
Для “Единой России” “суверенная демократия” основывается на сильном и националистическом государстве, отвергающем любое иностранное вмешательство(2). Оставаясь независимой, она обеспечивает политическую стабильность внутри своих границ, “экономическое процветание за счет ее политической стабильности”.(6)
По сути, в России функционирует “истинная” демократия (по сравнению с советским периодом) (6):
•    Свободные парламетские и президентские выборы
•    Создание Общественной палаты по правам человека в 2005 году
•    Свобода передвижения
•    Распространение своей культуры и информационных сетей за рубежом
•    Распространение иностранных каналов и прессы в России
•    Отсутствие цензуры в Интернете (в отличие от Китая)
•    Возможность осуществлять свой собственный бизнес
•    Возможность приобретения права собственности...
Однако “запланированное” возвращение Путина на пост президента в 2012 году и, следовательно, победа “Единой России” явно показывают, что Россия является псевдодемократией (5) в отношении ее системы “электорального авториторизма”, так как на самом деле нет честной конкуренции между властью и оппозицией (6). Кроме того, система Путина, а именно поддержание внутренней стабильности и независимости России, может в лучшем случае привести к стагнации в стране. По словам Алексея Кудрина, бывшего российского министра финансов, вынужденного уйти в отставку в сентябре 2011 после того, как тот выразил свое несогласие с “договоренностью” между Путиным и Медведевым, которое позволит им поменяться ролями в 2012 году, “планируемое увеличение военных расходов может поставить под угрозу государственные финансы”, тем более, что реформы, проведенные в 2008 году в условиях финансового кризиса, стоили колоссальных затрат, что должно было заставить главу правительства задуматься о “серьезных корректировках в остальных секторах экономики”, начиная с наведения порядка в правовых учреждениях и правовой системе в целом (5) и с “инвестирования средств в технологию”(6).
Таким образом, избрание В.Путина президентом в 2012 году не принесет никаких изменений(5). Г-н Горбачев заявил в одном из интервью: “ Если мы не предпримем серьезных действий, то можно ожидать, что в будущем не произойдет никакого прогресса. Мы рискуем потерять 6 лет( 3). “Без демократии не будет и современной России. Модернизация может иметь место только в том случае, если люди, все население в целом будет учавствовать во всем процессе. Нам нужна демократия, нам нужны изменения в избирательной системе, в противном случае у нас ничего не получится”. И наконец, “Россия находится на полпути переходного процесса, мы преодолели только половину этого пути. Нам еще предстоит проделать огромную работу”(6).
Столкнувшись с этой “внезапной” реорганизацией Конституции, тем не менее более чем предвиденной, в рамках президентских выборов 2012 года, российские СМИ подчеркивали в своих заголовках “электоральный авториторизм”, жертвой которой стала Россия: “Путин навсегда: течение истории в нашей стране, похоже, остановилось. Путин – наше прошлое, настоящее и обозримое будущее (“Московский Комсомолец”). По мнению деловой газеты “Ведомости”, ожидаемый обмен должностями между Путиным и Медведевым указывает на отсутствие желания решать проблемы страны в долгосрочной перспективе(3).
Все эти недостатки в демократической системе России приводят к тому, что иностранная пресса  резко осуждает “демократию по-русски”. Критика эта довольно упрощена, так как основана исключительно на том, что “политическая жизнь в России в их глазах отошла от идеалa демократии”(1). Жан-Робер Равио в своей книге “Российская демократия”  ясно показывает точки соприкосновения между “пост-советской демократией и европейской постдемократией” :
•    “Политическая жизнь, которая превращается в мыльную оперу”
•    Изменение системы голосования
•    Борьба с экстремизмом с целью мобилизовать своих сторонников и пересмотреть свою оппозицию: без сомнения, в России роль экстремистов принадлежит либералам, на Западе же – националистам. Однако механизм манипулирования общественным мнением у тех и у других одинаковый.
•    Политкорректность, хоть она и разная на Востоке и на Западе. Патриотизм в России, глобализм и антирасизм на Западе и т.д....
Жан-Робер Равио с большим мастерством и реализмом подчеркивает провал построения демократической Европы, а вместе с ним растущее социальное неравенство, “ американский цезаризм и непотизм”. Он акцентирует непоследовательность “старых демократий” в реализации принципов демократии и разоблачает отношение западных стран, продолжающих “брать на себя роль учителей”, дающих уроки демократии(1).
События в арабском мире, конец диктаторских режимов и последующие свободные выборы, разве они не переопределили в свою очередь понятие демократии? Означает ли это, что существует несколько демократий: “старые демократии”, “традиционные”, “арабские”, “российская демократия”?


В любом случае, эти неодемократии, или если выразиться “целомудреннее”, переходные демократии, ясно показывают, что универсального “рецепта”, который можно было бы применить в этой сфере, не существует. Демократия зависит прежде всего от реалий и конфигурации национального государства. Вмешательство Запада в прямой или косвенной форме во внутренние проблемы этих переходных государств не является демократическим. Западная демократия проявляется в таких случаях как истинный “диктат”.
Наконец, “Россия и Запад расходятся во мнениях при определении понятия демократии, поскольку они противопоставляются восприятию мира”(2). Как можно сравнивать и тем критиковать систему управления страны, когда эти два “уровня” не сравнимы? Сравнивать западную демократию и российскую – это уже “за пределами возможного” и особенно иррационально, учитывая, что Россия – огромная (11 часовых поясов), многоэтническая и многоконфессиональная страна, чьи геополитические амбиции, основанные на определенной империалистической ностальгии, не позволяют таких сравнений.  Кажется, еще в течение нескольких десятилетий, то есть еще ровно столько, сколько российская интеллигенция будет оставаться “под тяжестью материалистического и авторитарного мамонта”, установленного В.Путиным, Западу придется смириться с понятием “демократии по-русски”, так как у него нет выбора, да он никогда и не оспаривал этого вопроса. Русская она или арабская, демократия показала, что она пожет подразделяться в соответствии с реалиями и пространством, которыми она располагает. 

 

                                                                                                                              Chantal DOUPEUX 

Библиография:
1)
Жан Робер Равио “Российская демократия”, Резюме: Гийом Бенеш  Источник “Полемия”, 20 декабря 2008.
2) “Является ли Россия демократией?”  La Russie est-elle une démocratie ? - Contre-Feux.com         
www.contre-feux.com/.../la-russie-une-autre-conception-de-la-democ
3) http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/09/26/avec-vladimir-poutine-a-la-presidence-la-russie-fera-un-bond-en-arriere-estime-mikhail-gorbatchev_1577716_3214.html#xtor=RSS
[4] http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/international/201110/17/01-4457872-leconomie-russe-et-la-democratie.php
[5] http://www.lecourrierderussie.com/2011/04/01/sergei-ryjenkov-russie-pseudo-democratie/
[6] http://www.monde-diplomatique.fr/2010/10/INOZEMTSEV/19776
[7] http://www.lexpress.fr/actualites/2/pas-de-russie-moderne-sans-democratie-juge-mikhail-gorbatchev_899112.html
8) “Демократия по-русски” Марлен Ларюэль, с.90-93,  Manière de voir – Le Monde Diplomatique- N° 100, август-сентябрь 2008.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:20

Обретя независимость впервые в ее нынешних границах в 1991 году, Украина изо всех сил пытается построить национальное государство. За “социальным антагонизмом”, унаследованным ее историей и географическим положением, последуют конфессиональные, языковые и политические конфликты.
Построить такое национальное государство не является самым сложным этапом, а вот достичь сплоченности нации является задачей гораздо более сложной.
Как геополитический термин, национальное государство – “это политическая форма, в которой государство отождествляет себя с нацией и гарантирует ее сплоченность, под которой подразумевается ее общее зарождение и происхождение”.


Бурная история и неоднократные изменения границ


Нашествие кочевых народов из Средней Азии, в частности курганцев (V и II тысячелетия до н.э.), осажденных киммерийцами (I тысячелетие – 700 год до н.э.) и скифами (до 339 г. до н.э.), сменилось впоследствии вторжением поселившихся на побережье Черного моря греческих колоний (V век). После  уничтожения последних гуннами, Римская и Византийская империи завоевывают в свою очередь эту область Причерноморья (между V и XVв.в.) .
В VII веке славянские племена, пришедшие с севера, расположились на берегах Днепра и Буга. Варяги, викинги из Швеции,  объединились с этим славянским народом, приняв его язык – праславянский, внеся свои социально–политические особенности. Князь Вещий Олег, прогнав хазаров (туркоязычный полукочевой народ из Центральной Азии, поселившийся с VII по IX века вдоль реки Днепр в Украине), создал в 882 году Киевское государство, или Киевскую Русь.
Это Киевское государство станет одним из крупнейших в Европе. Князь Владимир (960 – 1015 г.г.), обратившись в христианство в результате его союза с византийскими императорами, вводит таким образом славянское христианство, что впоследствии позволило Руси открыться Западу. Анна, дочь князя Ярослава (1019 – 1054 г.г., сына князя Владимира), вышла замуж за французского короля Генриха I в 1051 году.
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В 1240 г. в результате нашествия монголов Киевское государство пало, - Киевская Русь отжила свой век. Народ двинулся на запад в Галицко-Волынские княжества, захваченные у поляков князем Владимиром. В 1253 г. князем Данилом Галицким была признана власть Рима, что послужило зарождению первых католических традиций на украинской территории.


Кто такие Украинцы, прямые потомки матери-Руси?


“Будучи более многочисленными, чем поляки, более мужественными и культурными, чем румыны, более лояльными к их национальным чаяниям, чем сами чехи, украинцы составляют самую романтическую нацию Европы, - нацию, которую никто не познал”.(1)
Именно Киевская Русь остается предметом спора относительно проблемы идентичности в Украине. Действительно, украинцы считают себя прямыми потомками матери-Руси. Но не они одни считаются таковыми, так как Русь простирается далеко на север до Баренцева моря, включая часть Белоруссии и западную часть нынешней России. Таким образом, у матери-Руси трое наследников – Украина, Белоруссия и Россия. Но, как утверждают русские, после разгрома Киева монголами Московия, расположенная ближе к северу, стала новым центром Руси и обеспечила преемственность матери-Руси, с чем украинцы и белорусы должны смириться. Так, русские называют Украину “Малороссией”, или Малой Россией.


Вестернизация Украины и безостановочно измененные границы


На протяжении трех веков Украина будет терзаема Литвой и Польшей и насильно вестернизируема католической церковью.

И только в 1654 году казачий гетман (главнокомандующий) Богдан Хмельницкий просит помощи у Московского государства, чтобы избавиться от польского владычества. Подписав Переяславский договор, русские, воспользовавшись этим, вассализировали Малую Россию. В 1667 г. Украина вновь оказывается разделенной на части вследствие Андрусовского перемирия в ходе русско – польской войны.Украина,Князь Владимир (960 – 1015 г.г.),Киевское государство,Киевская Русь,Церковь Московского Патриархата,Церковь Киевского Патриархата,euro 2012
Начиная с этого момента, кроме недолгого периода независимости между 1917 и 1923 г.г. (Украинская Народная Республика 1917-1923 и Западно-Украинская Народная Республика 1917-1918) и до самого обретения своей независимости в 1991 году Украина потеряет свою автономию, самобытность, язык, рессурсы... Руссифицированная во времена царствования Романовых, принудительно лишенная своей украинской самобытности в период сталинского правления, Украина будет неоднократно изменена в геополитическом отношении, а население перемещено.

Эти постоянные изменения и движения людей явно не поспособствовали приобретению ее национального самосознания. К треволнениям, связанным с историей и географией, добавляется еще и языковой конфликт.

Имеют ли Украинцы свой собственный язык?


Украинский и русский языки мало чем отличаются друг от друга, кроме разве что лексики, которая может варьироваться в 70 % случаев: украинский язык позаимствовал множество польских слов. Для некоторых лингвистов украинский язык – это группа диалектов русского языка, - группа, нередко перемещающаяся к польскому и словацкому языкам.(2)

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Но и здесь разница в разговорной речи определяется географическим и социальным происхождением носителя. В западной части Украины, или в “украинской глубинке”, насчитывается 90 % украиноговорящих, в южной и восточной частях 90 % населения являются русскоговорящими. В центральной части, в столице и на небольшой территории в восточной части распространено употребление обоих языков. На украинском языке в основном говорят в сельской местности, в городских же центрах преобладает русскоязычное население.
Украинский литературный язык используется крайне редко, так как мало кто им владеет. Языки, на которых разговаривают украинцы, можно подразделить на три группы:
•    Суржик – смесь украинского и русского языков: в  разговорной речи чередуется использование русских и украинских слов. Такой смешанный язык обычно распространен в городах.
•    Сельский украинский язык, - своего рода диалект, в зависимости от региона.
•     Украинский язык Киева. Разговорный язык Киева – это что ни на есть русский язык, который все же отличается от русского языка Санкт-Петербурга особым акцентом. И наоборот, русские, проживающие в столице, заимствовали лексику и определенный украинский акцент, откуда и понятие “киевский русский язык”.


Межрелигиозная вражда: государство с 4 христианскими церквями
•    Грекокатолическая церковь, насчитывающая 5 млн. последователей, из которых 95 % в Галиции,
и три православных церкви:
•    Церковь Московского Патриархата, насчитывающая 35 млн. верующих ( ¾ населения Украины)
и преобладающая в центральной и северо-западной частях Украины. В ходе последних выборов именно она поддерживала нынешнего пророссийского президента Виктора Януковича.
•    Автокефальная Православная Церковь, собирающая тысячу общин, в частности в Галиции, а также объединяющая за рубежом некоторых верующих украинской диаспоры (Соединенные Штаты, Канада).
•    Церковь Киевского Патриархата насчитывает тысячу общин в Галиции и Киеве, а также приходы, которые прилагаются к ней в США и Австралии.


Политические разногласия и аналогичные подходы к вопросу обеспечения национального единства

Политические события в Украине за последние годы опять таки показали тенденции на обоих берегах Днепра, в особенности во время Оранжевой революции в 2004 году, в ходе которой Украина оказалась раздираемой конфликтом между оранжевыми, - партией “Наша Украина” бывшего президента Виктора Ющенко, между Партией регионов во главе с нынешним главой государства Виктором Януковичем, избранного в начале 2010, и наконец Юлией Тимошенко, “музой оранжевой революции”. Ни один из них не является выходцем из Западной Украины. Проевропейский В.Ющенко – выходец из центральной части страны, пророссийский В.Янукович и сама Ю.Тимошенко – из восточной ее части. Они посещают одну и ту же церковь, Православную Церковь Московского Патриархата, и по-русски говорят лучше, чем по-украински.

Результаты президентских выборов в 2004 г.

Украина,Князь Владимир (960 – 1015 г.г.),Киевское государство,Киевская Русь,Церковь Московского Патриархата,Церковь Киевского Патриархата,euro 2012



Украина вновь раздираема великими политическими державами, а именно ее западными соседями,- Европейским Союзом, и восточными, - Россией.
На протяжении всей истории имели место многочисленные движения протеста за украинскую самобытность, например, борьба запорожских казаков, а также различные другие формы протеста, в частности интеллектуальная. Наиболее конкретным эпизодом, кроме казачьих протестов, был период украинских национальных государственных образований с 1917 по 1923 г.г.( ЗУНР и УНР) в  смутную эпоху Революции.  
Трудности построения Украиной национального государства вызывали критику некоторых писателей еще в XVIII веке, а именно Вольтера, который писал: “Украина всегда стремилась быть свободной, но окруженная Московией, Польшей, а также землями великих господ, ей было необходимо искать себе защитника и, следовательно, хозяина в лице одного из этих трех государств”.(3)

Результаты президентских выборов в 2010 г.

Украина,Князь Владимир (960 – 1015 г.г.),Киевское государство,Киевская Русь,Церковь Московского Патриархата,Церковь Киевского Патриархата,euro 2012
Относительно недавно российский геополитик А. Дугин заявил, что “ Украина не располагает ни самобытной культурой, ни географическим, ни национальным единством,”(4) а известный российский геополитик А. Митрофанов выразился в гораздо более резкой форме, что “такая страна, как Украина, не имеет оснований для существования”.(5)


Итак, будет ли и дальше существовать государство Украина или же будет две Украины? Украина Западная и Украина Восточная? Правобережная и Левобережная Украина? Если так, означало бы это, что нынешняя Республика Украина будет разделена на два государства – близнеца? Исав и Иаков? Ромул и Рем? Или же будет единая Украина, готовая построить национальное государство со всем тем, что может ее разделять сегодня, но понимающая, что ее судьба зависит в первую очередь от национальной целостности, от объединения двух государств – близнецов, Кастора и Поллукса, которые смогут уступить место новой региональной державе Центральной Европы и Причерноморья.

                                                                                                                                           Ecrit par Chantal DOUPEUX 


Библиография:
1)Гессель Тильтман “Крестьянская Европа”, 1934 г., с.192
2)Олег Серебрян “Вокруг Черного Моря. Геополитика Причерноморья”. с.49
3)Вольтер “История Карла XII”. с.170
4) Олег Серебрян “Вокруг Черного Моря. Геополитика Причерноморья”. с.50, на основе работы А.Дугина “Основы Геополитики. Геополитическое будущее России”. Москва, 1997. с.337-339
5) Олег Серебрян “Вокруг Черного Моря. Геополитика Причерноморья”. с.51, цитата из В.Кременя и В.Ткаченко “Шлях до себе”. Киев, 1999. с.362
Картография: Франсуа де Жабрэн, начальник батальона (сухопутная армия Франции), Объединенный оборонный колледж, 15 выпуск, 2007-2008. Мемуары “Неопределенность украинской идентичности”.
Карта Президентских выборов 2010 г. – Википедия.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:18

  Très souvent montrée du doigt par les pays occidentaux, la Russie semblerait être dans « l’incapacité » d’appliquer les principes fondamentaux de la démocratie tels que ceux fixés en Europe et en Amérique du Nord.[8]


Dans ce contexte, quelques néologismes viennent qualifier « la  démocratie à la russe » (1) : Infradémocratie, démocratie potemkine, démocratie illibérale (2), « démocratie dirigée » [8]

Ce constat qui pourrait s’avérer inquiétant, reste toutefois assez simpliste. En effet, l’arrivée de M.Gorbatchev et sa « Pérestroïka » fin des années 80 dont l’un des objectifs était la libéralisation du régime soviétique et l’instauration d’un système démocratique calqué sur le « modèle » occidental n’a pas eu les effets escomptés. Sous B. Eltsine, les réformes économiques et sociales (« Glasnost ») engagées pendant les années 90 dans le cadre d’une politique libérale et la transition vers « l’économie de marché » ont surtout amené une forte paupérisation de la population, l’émergence d’une oligarchie « pesante »  et méprisante, (« les nouveaux riches ») ainsi que  l’ingérence de certains acteurs « allogènes » très mal acceptée par les citoyens. Cet ensemble de points noirs sur la carte d’une nouvelle Russie plus juste et plus libre a d’une part plongé les Russes dans une profonde nébuleuse psychologique consécutive à la perte subite de leurs repères « traditionnels » et d’autres parts a contribué essentiellement au rejet d’un modèle démocratique à l’occidental, perçu comme  un nouveau « diktat ». Pour les Russes, la « Démocratie libérale » signifie « faiblesse décisionnelle » et « importation occidentale » (2). « Ce serait une pure hypocrisie » [2].

L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, son programme de réforme et la mise en place d’une « verticale de pouvoir » soit le retour à l’ordre, ont été accueillis comme un soulagement par les citoyens. Pour les Russes des années 2000, V. Poutine est celui qui incarne la tradition et l’histoire russe, mais aussi celui « qui ne fait pas honte » (en faisant allusion aux frasques de B. Eltsine). L’opinion en général ne se base pas réellement sur l’aspect politique des partis mais sur la prestance du candidat.
Cependant, le succès de la politique de Poutine en matière économique et social reste aléatoire compte tenu que pour parvenir au redressement du système, notamment en matière de politique sociale, le « chef » du Kremlin a dû utiliser l’outil énergétique, soit l’augmentation du prix du  pétrole et du gaz (80% de ses exportations [6]), plaçant ainsi la Russie dépendante de ses ventes en ressources énergétiques.

Le parti de V.Poutine, Russie Unie, est « la force politique dominante » (70% en 2007) telle que nous connaissions  déjà dans  certains pays démocratiques comme le Japon  et son parti libéral-démocrate depuis 1945 ou la Suède avec le parti social démocrate de 1932 à 1976 [1]
Pour « Russie Unie », la « démocratie  souveraine » est basée sur un Etat fort et nationaliste, s’opposant à toutes ingérences étrangères [2] . En restant indépendante, elle assure une stabilité politique à l’intérieur de ses frontières « prospérité économique contre stabilité politique » [6]

En fait, la Russie fonctionne telle une « vraie » démocratie (par rapport à l’époque soviétique) : [6]
•    Elections libres pour la présidentielle et des représentants du parlement
•    Création d’une Chambre civile des droits de l’homme en 2005
•    Liberté de voyager
•    Diffusion de sa culture et ses réseaux d’information à l’étranger
•    Diffusion de la presse et chaînes étrangères en Russie

•    Possibilité d’exercer  sa propre activité commerciale
•    Possibilité de devenir propriétaire….

Cependant, le retour « programmé »de V.Poutine sur le fauteuil présidentiel en 2012 et donc, la victoire de Russie Unie, démontre que la Russie est bien une pseudo-démocratie [5] quant à son système « d’autoritarisme électoral » puisqu’en fait, il n’y a pas de concurrence  loyale entre le pouvoir en place et l’opposition [6]. De plus, le système «Poutine », soit maintenir une  stabilité intérieure et l’indépendance de la Russie, risque de mettre le pays en stagnation au mieux. Selon Alexeï Koudrine, ex-ministre des finances russes, forcé à démissionner en septembre  2011 après avoir manifesté son désaccord sur « l’arragement » entre V.Poutine et D. Medvedev permettant ainsi à Vladimir Poutine de reprendre la présidence, « l’augmentation programmée des dépenses militaires pourraient mettre en péril les  finances publiques », d’autant plus que les réformes engagées en 2008, lors de la crise financière, ont coûté des fortunes colossales qui auraient dû amener le chef du gouvernement à songer à de « sérieuses améliorations du reste de  l’économie » en commençant par assainir les institutions et le système juridique [5]  « investir dans la technologie » [6].
Ainsi, l’élection de V.Poutine en 2012 n’apporterait aucun changement [5]. M. Gorbatchev  a déclaré lors d’une interview: « Nous pouvons nous attendre à ce qu’il y ait aucune avancée à l’avenir si on ne  procède pas à de sérieux changements ». « Nous risquons  de perdre 6 ans ».[3]. « Pas de Russie moderne, sans démocratie ». « La modernisation peut se faire que si les gens, la population dans son ensemble, participe à la totalité du processus. Nous avons besoin d’une démocratie, nous avons besoin d’une amélioration du système électoral…faute de quoi, ça ne réussira pas. » Et pour conclure « La Russie est à mi-chemin de  sa transition, nous n’avons parcouru qua la moitié du parcours. Nous avons encore une énorme quantité de travail à accomplir » [6].
Face à cette réorganisation « subite » mais plus que prévisible  de la constitution dans le cadre des élections présidentielles 2012, la presse russe soulignait dans ces grands titres « l’autoritarisme électoral » dont est victime la Russie : « Poutine pour toujours : L’histoire s’est semble t-il arrêtée dans  notre pays, Poutine est notre passé, notre présent et notre  futur » (Moskovski komsolets). Pour le magasine des affaires « Vedomosti » : « l’échange de fonction prévu entre  M. Poutine et M. Medvedev ne montre aucun signe d’une volonté de régler les problèmes à long terme du pays. ».[3]
Toutes ces failles du système  démocratique en Russie amènent les médias internationaux à condamner sévèrement la « démocratie à la russe ». Jugement bien simpliste, basé seulement sur le fait que « la vie politique en Russie s’éloignerait à leurs yeux de l’idéal type de la démocratie » [1]. Jean-Robert Raviot, dans son ouvrage « Démocratie à la russe : pouvoir et contre pouvoir », montre, et de manière très claire les points  de  convergence  entre  « la démocratie post-soviétique et la  post-démocratie européenne » :
•    « La vie politique qui se transforme en feuilleton télévisé à épisodes ;
•    Le changement de mode de  scrutin
•    La  lutte contre  l’extrémisme pour mobiliser ses partisans et déconsidérer son opposition : certes en Russie, ce  sont les « libéraux » qui jouent le rôle d’extrémistes dévolu et en Occident, les nationaux. Mais la mécanique de manipulation de  l’opinion est la même ;
•    Le politiquement correct même s’il est différent à  l’Est et à l’Ouest. Le patriotisme en Russie, le mondialisme et l’antiracisme en Occident…..etc
Jean-Robert Raviot avec  beaucoup d’habilité et de réalisme, souligne l’échec de la construction d’une Europe démocratique, à en voir les inégalités sociales croissantes, de même que le « césarisme et le népotisme américain ». Il met en exergue les incohérences  des "vieilles démocraties dans l’application des principes même de la démocratie et dénonce l’attitude des Occidentaux qui persistent à « s’ériger » en des  donneurs de leçons.[1]

Les  évènements survenus dans le monde  arabe, la fin de certaines dictatures et les élections libres qui s’en sont suivies n’ont-ils pas eux aussi redéfini la « Démocratie » ?
Existerait-il donc plusieurs démocraties : « Vieilles démocraties » ou « Démocraties traditionnelles », les  « démocraties arabes », la « démocratie à la russe » ?

En tout cas, ces néodémocraties ou plus « pudiquement » ces démocraties en transition montrent clairement qu’aucune « recette » universelle n’est applicable en la matière. La démocratie dépend avant tout des réalités et de la configuration d’un Etat-Nation. Les ingérences occidentales directes et indirectes dans les problèmes internes de ces Etats en transition n’ont rien de démocratiques. La « démocratie occidentale » se pose dans les cas présents en véritable « diktat ».

Enfin, « Russes et Occidentaux ne peuvent pas se comprendre lorsqu’ils définissent la démocratie car ils s’opposent à la perception  du monde ».[2] Comment peut-on comparer et ainsi apporter une critique sur la gouvernance d’un pays, quand « l’ échelle » n’est pas comparable ? Faire  une comparaison entre la  « démocratie occidentale » et la « démocratie à la russe » relève « de  l’impossible » et surtout de l’irrationnel sachant que  la Russie est un pays gigantesque (11 fuseaux horaires), pluriethnique et pluriconfessionnel et dont les ambitions géopolitiques, basées sur une certaine nostalgie impérialiste ne permet aucune comparaison. Il semble que pendant encore quelques décennies, et ce tant que les intellectuels russes seront « étouffés » par le mammouth « matérialiste » et « autoritaire »  instauré par V. Poutine, les Occidentaux devront accepter, puisqu’ils n’ont pas le choix et qu’ils  ne se remettent jamais en question, cette notion de « démocratie à la russe ». Qu’elle soit à la russe ou à l’arabe, la démocratie a montré qu’elle pouvait se décliner selon les réalités et l’espace dont elle dispose.
                                                                                                                                                Ecrit par Chantal DOUPEUX 

Bibliographie
[1] Jean Robert Raviot « Démocratie à la Russe », Résumé : Guillaume Bénec’hSource Polemia 20 décembre 2008
[2] La Russie est-elle une démocratie ? - Contre-Feux.com     
www.contre-feux.com/.../la-russie-une-autre-conception-de-la-democ
[3] http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/09/26/avec-vladimir-poutine-a-la-presidence-la-russie-fera-un-bond-en-arriere-estime-mikhail-gorbatchev_1577716_3214.html#xtor=RSS
[4] http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/international/201110/17/01-4457872-leconomie-russe-et-la-democratie.php
[5] http://www.lecourrierderussie.com/2011/04/01/sergei-ryjenkov-russie-pseudo-democratie/
[6] http://www.monde-diplomatique.fr/2010/10/INOZEMTSEV/19776
[7] http://www.lexpress.fr/actualites/2/pas-de-russie-moderne-sans-democratie-juge-mikhail-gorbatchev_899112.html
[8] Démocratie à la Russe par Marlène Laruelle P.90 à 93 – Manière de voir – Le Monde Diplomatique- N° 100 – Août/Septembre 2008

 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:15

Crimée : La péninsule en eaux troubles

crimee,flotte russe,ukraine,otan,uss monterey,airway world -2011« Offerte » à l’Ukraine en 1954 par Nikita Khrouchtchev   lors du 300ème anniversaire de la réunification de la Russie et de la « Petite Russie » (Ukraine), la Crimée est depuis 1992 suite à la désintégration de l’URSS une République autonome rattachée à l’Ukraine.

Peuplée à 57.5% de Russes ethniques [1], la Crimée a toujours été depuis son annexion à l’Empire russe en 1774, la villégiature des tsars, « La Riviera » des Apparatchiks pendant la période soviétique, là où « tout ce beau monde » allait  profiter du climat doux qu’offre cette Presqu’Ile.  « Tête de pont », au sens propre comme au figuré, la péninsule devint pendant trois siècles un point stratégique, commercial et militaire, ouvrant la voie vers les Océans.
L’Union soviétique a dés 1991, soit après son effondrement, perdu 25% de son territoire et 55% de sa population [2], mais pour « l’âme russe », perdre l’Ukraine  et la voir s’éloigner a été un affront, une douleur que seuls les Russes sont à même d’exprimer. Le plus odieux fut surtout que ce mécanisme entraîna en même temps la perte de la Crimée, devenue ukrainienne de jure et de facto… D’ailleurs, la Fédération de Russie a reconnu l’indépendance de la République autonome de Crimée en 1997 seulement, reconnaissance reconductible pour 10 ans…En fait, la Russie joue depuis les années 90 la politique de la « passeportisation » (même « jeu » qu’en Abkhazie » compte tenu de la forte majorité russe dans ces régions, le droit ukrainien, ne permettant pas la double nationalité).
La Russie actuelle a perdu potentiellement de sa puissance   géopolitique sur ses frontières centre-européennes, sud-est européennes et centre-asiatiques.
Pour F. Thual, géopoliticien français : « La chute de l’Union soviétique a modifié la situation autour de la mer Noire parce que les Etats successeurs ont surtout amputé le littoral de la Russie sur la mer noire qui la contraint désormais à disposer d’un seul port important, Novorossik.   De plus, un nouveau pays, l’Ukraine, devient, géographiquement du moins, un acteur important dans la zone de la mer Noire ». Ainsi, pour la Russie, il  lui reste simplement la partie orientale du « Pont Euxin » (ancienne appellation de la Mer Noire), la Transcaucasie, abrupte et difficilement accessible quant aux massifs montagneux qui forment une véritable muraille  qui  ne simplifie pas un accès maritime direct. De gros investissements dans le port de Novorossik sont indispensables (dans la mesure du possible) si la Russie veut assurer et affirmer sa présence sur cette zone. D’ailleurs,   le sociologue russe Nikolaï Danilevski, déclarait dans son ouvrage « La Russie et l’Europe » (1865/1867) que « la nature offre à la Russie une forteresse maritime naturelle, comme il n’y en a pas deux dans le monde : la mer noire »

Cependant, depuis plus de 20 ans, le statut de la Crimée reste la « Pomme de discorde ».
Les Russophones en Crimée étaient favorables à un rattachement avec la Fédération de Russie ce qui fait que la flotte russe reste stationnée crimee,flotte russe,ukraine,otan,uss monterey,airway world -2011dans le port de Sébastopol malgré de nombreuses périodes de crises  entre la « Petite » et « Grande » Russie. Dés l’indépendance de l’Ukraine, les Nationalistes  ukrainiens avaient fortement conseillé à la marine russe de quitter la Crimée. L’instabilité politique en Ukraine, les répliques de Moscou concernant le prix du gaz et son pouvoir sur la distribution (les « on et off » intempestifs du Kremlin), la situation géographique de l’Ukraine en tant que territoire de transit d’hydrocarbures ont permis à la Russie d’imposer son « diktat »,   sur « La Petite Russie ». L’Ukraine aurait très bien pu répliquer en tant que nouvelle puissance régionale sur la zone pontique, réplique qu’elle n’a jamais pu imposer, et ce par manque de cohésion nationale et politique.

D’autre part, si on devait considérer que la marine russe quitte définitivement la Crimée, que l’Ukraine paie un lourd tribut pour son autonomie afin de se débarrasser du « joug russe », alors on assisterait à un véritable chaos économique sur la péninsule dans un premier temps sachant que sans les familles de « Marine’s russes » installées en Crimée, cette fracture engendrerait d’autres dissensions telles que la réhabilitation  des minorités, dont la principale, les Tatars de Crimée, déportés par Staline pour « collaboration avec les Nazis » accueillis comme libérateurs en 1941.
En effet, en Crimée, la discorde n’est pas seulement russo-ukrainienne. Les Tatars (12.5% de la population), comptent bien un jour ou l’autre reconquérir une partie de  leur territoire et au niveau démographique, leur population s’accroît bien plus rapidement que celle des Slaves puisqu’ils sont musulmans. Ils revendiquent désormais des structures éducatives (écoles, universités..) en langue tatare sans dénigrer la langue russe, langue administrative. Pour trouver du travail, le russe est indispensable  pas seulement en Crimée mais dans l’Ukraine tout entière (voir Ukraine : un Etat Gémellaire).

crimee,flotte russe,ukraine,otan,uss monterey,airway world -2011Pour l’Ukraine et la Fédération de Russie, la « Nation » est un énorme chapiteau associé à la spiritualité et l’armée. Chez les Slaves « L’âme » se construit sur  le pouvoir « militaire » et « spirituel ». Pendant l’Empire Russe, la spiritualité était fondée sur le christianisme orthodoxe et  le « potentiel militaire ». A l’époque soviétique, la spiritualité, « l’idéologie communiste »  suppléa l’orthodoxie mais le pouvoir militaire fut d’une certaine façon renforcé, les deux  « idéologies » devenant indissociables. (Hungtington « The clash of the civilisations, « Foreign Affairs » 1993 Nr 3, page 22-49).

Actuellement, bien que la péninsule de Crimée ait toujours été le théâtre de spectaculaires retournements depuis des siècles, elle se retrouve à nouveau confrontée à des tentatives de « Tsunami » dues à sa situation géostratégique. La « Tauride » (ancien nom donné à la Crimée), celle qui a accueilli des peuples venus d’Asie Centrale, d’Asie mineure demeure la « Pomme de discorde » entre la Fédération de Russie et l’Ukraine ». Après l’élection en 2010 de Viktor Ianoukovitch, pro-russe, les tensions entre Moscou et Kiev semblaient s’être sensiblement atténuées, le nouveau Président ukrainien dés Mai 2010 ayant accordé un délai supplémentaire au stationnement de la flotte russe de 2017 à 2042 à Sébastopol et autres ports de Crimée et ce dans le cadre des négociations du prix du gaz en Ukraine. V.Ianoukovitch  prétextait   éviter « une rupture entre deux peuples frères » (RIA Novasti)[1] et endiguer « l’ukrainisation  excessive» introduite par son prédécesseur Viktor Iouchtchenko, président pro-occidental de la Révolution Orange.


Pourtant, en Eté 2011,  « les forces navales  ukrainiennes et la flotte russe » ont bien mené des exercices russo-ukrainiens « Fairway world -2011 » afin notamment « d’améliorer les liens d’amitié » des marins russes et ukrainiens en faveur de la paix et de la stabilité dans la région…[3]. Parallèlement, l’Ukraine cherchait à intensifier ses liens avec l’OTAN dans le cadre du programme « Sea Breeze 2011 », le « Sea Breeze 2006 » ayant déjà provoqué des « éclats » de la part de séparatistes russophones en Crimée. D’autre part, des dissensions demeurent quant à la présence de navires de la NATO  (USS Monterey) qui « mouillent » à la frontière russe en mer Noire et dont la présence n’est pas réellement justifiée. [4].
En fait, l’Ukraine semble se départager entre les deux forces : candidate à l’OTAN, elle est également l’héritière directe de l’URSS sur la zone pontique, membre de la CEI et potentiellement future adhérente à l’Union  douanière instaurée par la Fédération de Russie et à laquelle elle est vivement conviée en tant que membres de la CEI. Dans ce cadre-là, l’Ukraine  montre plutôt son caractère inconstant qui la caractérise et surtout la fragilise. V. Inoukovitch, dauphin de L. Koutchma ancien Président de l’Ukraine (1994-2005) ne semble pas aviver la sympathie du Kremlin, le nouveau président ukrainien ayant auparavant montré son caractère versatile. En tout cas, la « péninsule » n’a pas fini de baigner en eaux troubles.

                                                                                                                                  Ecrit par Chantal DOUPEUX 
[1] RIA Novasti 10/06/2011
[2] Oleg Serebrian, Autour de la Mer Noire p 36
[3] Russie-Ukraine 24/05/2011
[4] Kommersant du 22/06/2011 (traduit du russe)

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 13:35

Indépendante pour la première fois dans ses frontières actuelles en 1991, l’Ukraine a du mal à se construire en Etat-Nation. Confrontée à des « antagonismes identitaires » hérités de son histoire et de sa géographie, l’Ukraine rencontre également des dissensions confessionnelles,  linguistiques et politiques.

Créer un Etat n’est pas forcément l’étape la plus compliquée, mais parvenir à la cohésion d’une nation est une tâche bien plus complexe.
Géopolitiquement, un Etat-Nation est « une forme politique dans laquelle l’Etat s’identifie  à la Nation et assure sa cohésion, en renvoyant ainsi à l’idée d’une naissance  et d’une origine commune ».

Une histoire tumultueuse et des frontières maintes fois retracées


Traversée par des peuples  nomades venus d’Asie Centrale notamment les Kourganes (Vème et IIème millénaire avant JC),  investis par les  Cimmériens (Ier Millénaire – an 700 avant JC) et les Scythes (jusqu’en 339 avant JC), des  colonies grecques (Vème siècle) viennent s’établir au bord de la mer noire. Anéanties par  les  Huns, l’Empire romain et byzantin conquît à son tour cette région pontique (entre le Vème et le XVème).

Au 7ème siècle, des tribus slaves venues du Nord vont s’implanter sur les rives  du Boug et du Dniepr. Les Varègues, vikings venus de Suède, s’assimilent à cette population slave en adoptant leur langue, le proto-slavon et en apportant leurs codes politiques et sociaux. Oleg le Sage, après avoir  chassé les Khazars (un peuple semi-nomade turc d’Asie centrale installé du VII au IXème siècle le long du Dniepr en Ukraine), crée l’Etat de Kiev ou la Rous’ de Kiev en 882.
Cet Etat de Kiev deviendra l’un  des plus  vastes d’Europe. Le prince Vladimir  (960/1015) se convertit au christianisme en s’alliant aux empereurs byzantins et introduit ainsi la chrétienté slave, ce qui permettra à la Rous’ de s’ouvrir  sur l’Occident. Anne,  fille du prince Yaroslav, (1019-1054 - fils de Vladimir), épousera le Roi de France, Henry Ier en 1051.


ukraine,russie,rous' de kiev,euro 2012En 1240, l’invasion de Kiev par les Mongols fera tomber cet Etat. La Rous’ de Kiev a  vécu. Ainsi, les  populations se  réfugient plus à l’Ouest en Galicie-Volhynie principautés prises aux Polonais par Vladimir. Le Prince Danylo Halytskyï reconnaîtra l’autorité de Rome en 1253. La première tradition catholique sur le territoire  ukrainien est née.

Qui sont les Ukrainiens ?  Héritiers  directs de la Mère Rous’ ?

« Plus nombreux que les Polonais, plus virils et plus cultivés que les Roumains, plus loyaux envers leurs aspirations nationales que les Tchèques eux-mêmes, ils forment la nation la plus romantique d’Europe-  la nation que personne ne connaît. » [1]

Et c’est bien la Rous’ de Kiev qui reste l’un des sujets à controverses en ce  qui concerne le problème identitaire en Ukraine. En effet, les Ukrainiens se considèrent comme les  héritiers directs de « la mère Rous’ ». Mais, ils ne sont pas les seuls puisque l’Empire  Rous’ s’étend bien plus au Nord jusqu’à la Mer de Barents englobant une partie de la Biélorussie et la Russie occidentale actuelle). La mère Rous’ aurait ainsi trois héritiers (Ukraine, Biélorussie, et Russie). Mais, les Russes prétendent qu’après la défaite de Kiev contre les Mongols, la Moscovie, située plus au Nord, était devenue le nouveau centre de la Rous’ et aurait assuré la succession de la mère Roussienne  à laquelle Ukrainiens et Biélorusses doivent se  soumettre. Ainsi, les Russes appellent l’Ukraine « Malo Rossia », Petite Russie.

Occidentalisation des Ukrainiens et mouvements perpétuels des frontières


Pendant trois siècles, l’Ukraine sera tiraillée par la Lituanie, la Pologne et occidentalisée avec une forte pression de l’église catholique.

C’est en 1654 que le Cosaque  Bogdan  Khmelnitsky alors Hetman (commandant chef ) demande l’aide  de la Moscovie afin de se débarrasser de la domination polonaise. En signant le traité de Pereislav, les Russes en profitent pour vassaliser « la petite Russie ». Et de nouveau l’Ukraine va encore se retrouver partagée, dépecée en 1667 lors du traité d’Androusovo suite à la guerre  russo-polonaise.ukraine,russie,rous' de kiev,euro 2012
A  partir de cette période, outre l’épisode éphémère d’indépendance entre 1917 et 1923 (République Nationale d’Ukraine 1917 – 1923 et la République nationale d’Ukraine occidentale 1917 – 1918) et d’ailleurs jusqu’à son indépendance en 1991, l’Ukraine perdra son autonomie, son identité, sa langue, ses ressources…. Russifiée durant le règne des Romanov , désukrainisée par la force pendant la période stalinienne, l’Ukraine sera maintes fois retracée et les populations déplacées.

Ces tracés et ses  mouvements incessants des populations ne permettront évidemment pas de parvenir à une conscience nationale. Aux antagonismes liés à l’histoire et à la géographie, vient également se greffer le problème de la langue.

Les Ukrainiens ont-ils leur propre langue ?

Il existe très peu de  différences entre l’ukrainien et le russe, sauf pour le vocabulaire qui peut varier à 70%, la langue ukrainienne ayant emprunté de nombreux termes polonais. Pour certains linguistes, l’ukrainien serait « un groupe de  dialectes de la langue russe, groupe qui fait la transition vers le polonais et le slovaque ».[2]ukraine,russie,rous' de kiev,euro 2012
Là encore, l’origine géographique  mais aussi sociale différencie le locuteur ukrainien. A l’ouest soit « l’Ukraine profonde », on compte 90% d’ukrainophones, au Sud et à  l’Est, 90% des locuteurs sont russophones Le centre, la capitale et une  partie de l’est restant mixtes. L’ukrainien est surtout parlé dans les zones rurales, les centres urbains étant  majoritairement russophones.
L’ukrainien littéraire est très peu utilisé car mal maîtrisé. Par contre, les langues utilisées par les Ukrainiens se déclinent généralement sous trois formes :

•    Le sourjik : C’est un mélange entre  l’ukrainien et le russe. Dans une conversation, le locuteur alterne l’utilisation de termes russes et ukrainieukraine,russie,rous' de kiev,euro 2012ns et est généralement utilisé en ville.
•    L’ukrainien rural : Il apparaît comme une  sorte  de  dialecte, suivant les régions
•    L’ukrainien  de  Kiev :  la langue parlée à Kiev est tout simplement le russe qui se distingue par contre du russe de Saint Petersbourg par un accent bien spécifique. Inversement, les Russes vivant dans la capitale ont emprunté du vocabulaire et une certaine touche d’accent ukrainien d’où l’expression le « russe kiévien »

Les dissensions confessionnelles : Un Etat aux 4 églises chrétiennes


•    L’église gréco-catholique qui rassemble 5 millions de fidèles dont 95% en Galicie

Et trois églises orthodoxes :

•    L’église du patriarcat de Moscou qui compte 35 millions  de fidèles (3/4 population ukrainiennes) et qui est très présente dans le centre et le nord-ouest. Pendant les dernières élections, elle a d’ailleurs soutenu l’actuel président pro-russe, Viktor Yanoukovitch

•    L’église orthodoxe  autocéphale qui regroupe un millier de communautés notamment en Galicie mais aussi à l’étranger rattachant certains fidèles de la Diaspora ukrainienne (Etats-Unis, Canada).

•    L’église du patriarcat de Kiev rassemble un millier  de communautés, en Galicie et à Kiev et ainsi que des paroisses rattachées à elle aux Etats-Unis et en Australie


Divergences politiques mais des approches similaires pour une  cohésion nationale

Les évènements politiques en Ukraine au cours de ces  dernières années ont montré une  nouvelle fois les tendances des deux rives du Dniepr, notamment lors de la Révolution Orange en  2004 lors ukraine,russie,rous' de kiev,euro 2012de  laquelle l’Ukraine se trouva divisée entre l’Orange, parti de notre Ukraine de  l’ex-Président Viktor Youchtchenko,  le Bleu, parti des Régions et de Viktor Yanoukovych, , actuel Chef de l’Etat, élu début 2010 et enfin Youlia Tymochenko, « l’égérie de la Révolution Orange ». Aucun d’entre eux ne vient de  l’Ouest de  l’Ukraine. V. Youschchenko proeuropéen vient du Centre  du pays et V.Yakounovych prorusse et Y. Tymochenko  de  l’Est. Ils fréquentent la même  église, l’église orthodoxe du patriarcat de  Moscou et s’expriment mieux en russe qu’en ukrainien.
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L’Ukraine est  de  nouveau tiraillée notamment par les  grandes puissances politiques qu’elle côtoie avec ses frontières à l’Ouest, l’UE et l’Est, la Russie.ukraine,russie,rous' de kiev,euro 2012

Au cours de  l’histoire, il y  eut des mouvements de revendication de l’identité ukrainienne, tels que les Cosaques zaporogues et divers autres formes, notamment intellectuelles. L’épisode le plus  concrêt, outre celui des Cosaques, fut celui des deux  Républiques nationales ukrainiennes  de 1917-1923 (ZUNR et UNR)  pendant la période trouble de la Révolution.

La difficulté de l’Ukraine de se créer en Etat-Nation avait déjà éveillé les critiques de certains auteurs au XVIIIème siècle ; à savoir Voltaire qui écrivait « L’Ukraine a toujours aspiré à être libre ; mais entourée de la Moscovie, des états des grands seigneurs et de la Pologne, il lui a fallu chercher un protecteur, et par conséquent un maître dans l’un de ces trois Etats » [3].
Plus récemment, le géopoliticien russe A. Douguine affirmait que « L’Ukraine ne possède ni culture distincte, ni cohésion géographique, ni cohésion nationale »[4] et de manière beaucoup plus virulente, le célèbre géopoliticien russe A. Mitrofanov déclarait qu’un « pays comme l’Ukraine n’a aucune raison d’exister » [5].

Existerait-il  donc deux Ukraines, une  Ukraine  Occidentale et une Ukraine Orientale ? Une Cis-Dnieprienne et Trans-dnieprienne ? L’actuelle République d’Ukraine serait-elle alors un Etat gémellaire ? Essaü et Jacob ? Romulus et Rémus ? Ou alors, une seule Ukraine prête à construire un Etat-Nation, avec tout ce qui peut la diviser actuellement mais en prenant conscience que son destin passe  avant tout par un rassemblement national, l’unification de deux Etats jumeaux, des  Castors et Pollux qui  pourront lui donner sa place de nouvelle puissance régionale en Europe  centrale et sur  la zone pontique.

                                                                                                                  Ecrit par Chantal DOUPEUX 

 

 

 



Bibliographie


[1] Hessel Tiltman, Peasant Europe P 192, 1934
[2] Oleg Sereberian, Autour de la Mer Noire, Géopolitique de la Zone pontique p 49
[3] Voltaire Histoire de Charles XII p 170
[4] Oleg Serebrian Autour de la Mer Noire, Géopolitique de la Zone pontique p 50 issu de l’ouvrage de A.Dugin : Osny geopolitiki. Geopoliticheskoie buduchtchee Rossii, Moscou 1997, p337-339
[5] Oleg Serebrian Autour de la Mer Noire, Géopolitique de la Zone pontique p 51 cité dans : V.Kremeni & Tkatchenko, Ukraina : chleakh do sebe, Kiev, 1999, p. 362
Cartographie : François de Jabrun, chef de bataillon (Armée de terre France), collège interarmées de défense, 15ème promotion, 2007-2008. Mémoire « Les incertitudes de l’identité ukrainienne »
Carte élections présidentielle 2010 - Wikipédia

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:53

IMGP0319.JPGKatya est d’origine russe et vit en République Moldave. Elle est née il y a 32 ans à Ribnitsa en République soviétique de Moldavie. Mariée à un ivrogne de 15 ans son ainé qui la brutalisait et mère de deux petites filles dont elle ne pouvait assumer la charge, elle a décidé de « tout plaquer » il y a 8 ans dans l’espoir d’un destin meilleur.

 

Arrivée dans la capitale, à Chisinau, un maraîcher l’embauche pour vendre ses légumes sur le « bazar » (marché ouvert). Là aussi, la chance n’est pas du côté de Katya. Prétextant lui offrir le gîte et le couvert (moyennant certaines faveurs en nature…), il ne la rémunère pas poussant ainsi Katya vers la porte de sortie, elle qui cherchait son autonomie. Les « rumeurs » se répandent très vite sur le « bazar » et plus personne ne lui propose quoique ce soit. Alors, elle finit par demander à balayer les abattoirs, un « sale » boulot que personne ne veut faire mais elle n’a pas le choix.

 

Elle rencontre un certain « Vadim », un garçon boucher, lui aussi bien imbibé  d’alcool mais qui ne la bât pas. Il lui fait un enfant qui n'arrivera pas à terme. Un matin de février 2007, après une nuit glaciale, Vadim part prendre son service aux abattoirs et glisse sous les rames du trolleybus. Au bout de 24 heures, ne voyant pas son compagnon revenir (ce qui n’était pas dans ses habitudes), Katya se rend aux abattoirs où on lui annonce, apparemment sans « tact » la fin tragique de son ami.

 

Non, elle ne retournera plus aux abattoirs ! Elle préfère mourir. « Les gens des abattoirs n’ont rien à envier aux têtes de porcs égorgés. « Niet dyshi » (ils n’ont pas d’âme) ».

 

A présent, Katya n’a plus personne à qui se confier. Elle sombre dans la vodka bon marché, un fléau qui tue de plein fouet les petites gens en Europe de l’Est et toutes les anciennes républiques soviétiques. Pour moins de deux  €uros, cet alcool du pauvre, facilement accessible, tue chaque année. Mais, avant de tuer, il détruit tout sur son passage : Des visages radieux mais au portefeuille creux, des familles unies mais démunies, des mariages heureux au destin douloureux…Tout ce petit monde y  passe.

 

Il n’y a plus d’éclats dans les yeux de Katya. Elle n’est plus ! Le temps pour elle est « la différence entre le jour et la nuit : le plus facile et le plus difficile ». Simplement, pour elle, la fortune ne se révèle pas par quelques « Lei » (monnaie moldave), mais par un peu d’égard : chaleur humaine, un sourire, une parole…

 

Dés la tombée de la nuit, ses angoisses  resurgissent. Où va-t-elle donc pouvoir passer ces quelques heures dans cette obscurité imposée ? Elle a déjà investi une petite église dans le quartier de la rue Granidilor mais les popes l’ont chassée – Elle fumait et avec son alcool…Et, puis, Katya aime bien parler. Elle s’exprime dans un russe presque parfait, un peu méridional qu’elle a acquis avec les Moldaves, ce qui fait la particularité de ce petit état.

 

Simplement, le poison qu’elle a ingurgité toute la journée, ne lui permet plus de s’orienter et surtout de s’abriter. Elle a le visage tuméfié par les coups qu’elle reçoit quotidiennement par ses compagnons d’infortune avec lesquels elle doit partager une cage d’escalier mais aussi par les multiples chutes dont elle s’acquitte fréquemment.

 

Il pourrait s’agir d’une « jaune » comme les médecins en Russie les nomment. Ce sont en fait des patients intoxiqués par de l’alcool frelaté mais c’est surtout une « cabossée » qui avec l’alcool bon marché et une alimentation quasi-inexistante, dégringole un à un les paliers d’une existence.

 

Dans ses moments de détresse incontrôlée, elle tente de « renouer » avec la « société » qui auparavant  l’a lâchée. Rien qu’une parole, un sourire, la réaniment. Et elle n’hésite pas à « accoster » l’étrangère avec des  « Good, ok, vip, yes,…. ». Enfin, un peu de chaleur quand on veut se retourner mais elle sait que ca ne va pas durer. C’est si court et à la fois réconfortant ! Elle parle, elle rit, elle pleure ! Elle se livre et aussi exprime son malheur. L’étrangère l’écoute non sans difficultés. Il est temps maintenant de prendre congés alors que le regard de Katya n’exprime que « pitié ».

 

Encore une fois, la solitude tombera telle une tête  de  l'échafaud et Katya sera de nouveau décapitée. Encore une fois, elle perdra la tête. Son poison ira même jusqu’à la neutraliser au sol. Elle essaie de progresser sur la rue Granidilor également «cabossée ». Encore une fois, elle se fera attaquer par les chiens errants, détrousser car elle aussi à « quatre pattes », devra combattre ces quadrupèdes affamés.

 

Son visage est couvert de boue que ses larmes ont cimenté le long de sa joue au sein d’un large sillon ridé. Elle hurle « Mama » telle une petite louve apeurée ou maugrée contre la « Mama » qu’elle n’a jamais été et qu’elle ne sera jamais car « le bon dieu », comme elle dit en brandissant sa croix de baptême orthodoxe ne répond qu’à ceux qui peuvent donner…

 

Katya est seule. Les unes après les autres, les cages d’escaliers se ferment. L’étrangère s’est soudainement évaporée. Il ne lui reste plus que le « squatte » habituel où elle va s’échouer, vers le « bazar », là où elle pourra un peu manger. Oui, mais demain, elle veut encore parler « étranger » : « good, ok, vip ». Et elle sera là !

 

A 16 heures, Katya se tient « Rue Granidilor » et elle attend l’étrangère, celle avec qui elle a parlé la veille.  Elle a récupéré un bonnet neuf et un manteau « tendance léopard ». Il n’y a pas d’eau au squatte mais elle s’est parfumée.

 

16h30 : l’étrangère arrive mais semble pressée. Katya a trop bu et la patience de l’étrangère est déjà « consommée ». Encore une fois, la « guillotine » de l’indifférence et de la « solitude » lui coupera la tête

.

 Katya envisage d’aller en Russie pour trouver un job. Il paraît que c’est moins pauvre et qu’il y a du travail.…. Elle sait au fond d’elle qu’elle ne s’en sortira pas même si elle s’efforce d’y croire. Elle s’invente des prétextes : « Elle n’a pas d’argent pour prendre le train pour Moscou et aussi acheter des nouveaux vêtements pour les entretiens ». Il lui manque simplement une cinquantaine d’€uros pour réaliser son projet. Cependant, même si elle parvient à réunir cette somme, elle les investira dans sa vodka, sa meilleure ennemie.

 

Elle sait que dans peu de temps, sur la rue Granidilor, son âme sera vite oubliée mais qu’au moins dans sa galère, elle aura été considérée le temps d’une cigarette, un sourire, une plaisanterie !

 

A présent, la nuit est tombée sur le grand boulevard Alexi Alexandrii. Les « Bymchs » (SDF) déambulent en titubant, poussant des  hurlements qui n’ont rien d’humains, escortés par une meute de « chiens sans colliers ». Pour certains, il n’y aura pas de « lendemain ».

 

Chaque année, l’alcoolisme tue des milliers de personnes en Europe de l’est et en Russie. Ce fléau touche également toutes les classes sociales.

 

A savoir, le célèbre  acteur Georghe Graû, qui fut , il y a 25 ans, la star du cinéma soviétique, notamment grâce augheorghegrau-a3845.jpg film  « Il aurait eu un autre sort » en est le parfait exemple. Ce sex-symbol des années 80 divague à présent dans les rues de Chisinau mendiant pour acheter son alcool. Malgré les mains tendues, notamment par la municipalité, il refuse de réintégrer la société.

 

« Les ravages de la vodka » continuent de remplir des pages quant aux effets particuliers de ce breuvage détruisant tout sur son passage.

 

 

                                                                                                                    Ecrit par Chantal DOUPEUX   

 

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