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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 09:29

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Spreading peace, on two wheels by Yunus Y. Lasania

HYDERABAD,

Gyanendra Singh from Uttarakhand, who made a pit stop in Hyderabad as part of his pan-India cycle tour to spread peace through awareness on crime. - Photo: K. Ramesh Babu

 

HY04GYANENDRA 1708455eA maths tuition teacher from Uttarakhand, Gyanendra Singh is on a 10,000-kilometre tour of various cities to spread world peace

How far can one go to spread the message of world peace? How’s 20,000 kilometres for an answer? The story of 43-year-old Gyanendra Singh from Uttarakhand is one that makes even the best efforts by marathon cyclists appear pale.


On April 29, 2013, the mathematics tuition teacher set out to complete a 10,000 km-plus cycling tour – his fifth such – to educate youth on the importance of controlling crime. In the past seven months, Singh has covered more than 5,200 km.


“I will cross 15-20 States during my current expedition and traverse major cities like Chennai, Mumbai, Hyderabad and others,” says Singh, who hails from Kundeshwari village in Uttarakhand.


During his previous four cycling expeditions, Singh clocked a total of 14,775 km, spanning different north-Indian States. In his last tour – from March 21 to July 26 in 2012 – he toured eight northern States on his bicycle. In the current journey, he has been to Madurai, Kanyakumari, Udupi, Sringeri, Mysore and other cities where he delivered lectures in schools and colleges to spread his message of world peace.


“After Hyderabad, I will go to Pune, Ralegaon, Mumbai, Nagpur, Kolkata, Patna, New Delhi, Dehradun and then get back to Ramnagar,” he explained.


For his services, he has received certificates of appreciation from a great many educational institutions and had also been gifted a cycle by Hercules Bicycles.


And what does his family have to say about his tours?

“They don’t understand what I am trying to do, but they don’t say anything. Since I am unmarried, it is easier for me to go whenever I want to,” Singh says.

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 16:52

 

 L’Inde vient tout juste de recriminaliser l’homosexualité. Quatre ans après la suspension de la loi anti-gay indienne, un juge de la Cour suprême vient de nous faire reculer de dizaines d’années. Toutes les personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) en Inde risquent désormais l’emprisonnement, le chantage ou bien pire encore.

La longue lutte menée par les militants indiens se poursuivra. C’est un moment terrifiant pour tous les Indiens ainsi que pour les membres d’All Out en Inde. Mais des journées comme celles-ci sont faites pour se rassembler : de l’espoir et de la force, nous en avons à foison !

Les membres d'All Out en Inde et dans le monde sont en train d'envoyer des messages de soutien aux indiens qui défendent l'égalité. Tous ceux qui liront nos messages comprendront qu’ils ne sont pas seuls. 

Ajoutez votre signature maintenant :


http://www.allout.org/fr/india


L’Inde représente 17 % de la population mondiale. Ce sont donc des millions de personnes qui viennent de se faire dérober leurs droits. Dans les manifestations, nous avons entendu des mots d’espoir et de défi : "Ladenge, Jeetenge". Cela veut dire "nous allons nous battre, nous allons gagner".


Les groupes de militants sur place se battent depuis des années au sein du système juridique indien mais le combat est loin d’être terminé. Il est encore possible de faire appel de cette décision de justice. Le Parlement pourrait même choisir d’abroger purement et simplement la loi contre l’homosexualité.


Le chemin à suivre est incertain. Et dans les moments d’incertitude, un mouvement de solidarité mondial peut être suffisant pour redonner force et courage pour continuer. Par exemple, beaucoup de membres russes d’All Out, qui doivent affronter une nouvelle loi anti-gay, confient que nos messages de soutien et d’amitié du monde entier les aident à continuer.


C’est simple et rapide d'ajouter votre nom ici :
http://www.allout.org/fr/india


Merci de faire partie du mouvement,

Andre, Daniel, Guillaume, Hayley, Jeremy, Marie, Marie-Marguerite, Mike, Sara et toute l’équipe d’All Out.

PS : Quand le monde semble reculer, savoir que l'on est pas seul peut tout changer. Ensemble, nous formons le mouvement All Out, partout dans le monde. Ajoutez votre nom maintenant pour l'Inde: http://www.allout.org/fr/india

PPS : Connaissez-vous un groupe LGBT indien qui serait lui aussi heureux de recevoir des milliers de messages de soutien de la part de membres d’All Out en Inde et dans le monde entier ? Envoyez un e-mail à Daniel à l’adresse info@allout.org.

POUR EN SAVOIR PLUS :

En Inde, la justice maintient une loi vieille de 153 ans pénalisant l’homosexualité – Le Monde, 12 décembre 2013


http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/12/11/inde-la-justice-confirme-la-loi-penalisant-l-homosexualite_3528977_3216.html

La Cour suprême indienne recriminalise l’homosexualité – Le Devoir, 11 décembre 2013
http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/l-inde-dans-tous-ses-etats/394893/la-cour-supreme-indienne-re-criminalise-l-homosexualite

Suresh Kumar Kaushal contre Naz Foundation – Décision de la Cour suprême indienne (en anglais)
http://orinam.net/377/wp-content/uploads/2013/12/Naz-judgement-SC.pdf

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 21:13

 

  L’Inde, près de 1.5 milliards d’âme, une société multiethnique, plurilinguistique et pluriconfessionnelle (majoritairement hindouiste), un pays en plein développement économique. Et pourtant depuis des décennies, « la plus grande démocratie du monde » est le théâtre de tous les crimes dont seule l’espèce humaine a la signature : assassinats, attentats, corruption, extorsions, scandales politiques, actes de barbarie tels que des pogromes contre la communauté musulmane et les viols odieux largement médiatisés au cours de ces derniers mois.

 

D’Ahmedabad à Dehradhun, de Chennai (Madras) à Bombay, la population s’offusque devant l’inertie du gouvernement indien bien trop affairé à se débattre dans les filets de machinations qu’il a lui-même mises en place et dont il lui est difficile de s’extraire à présent : un « curry de crabes » qui commence sérieusement à monter au nez des Indiens.

 

India against Crime (L’Inde contre le crime)

 

Copy-of-gyani7-copie-2.jpgGyanendra Singh est un travailleur social de 43 ans et un petit agriculteur du  village de Kashipur, dans l’Etat de l’Uttarakhand, au nord du pays, haut lieu de l’hindouisme, avec ses temples millénaires,  surnommé d’ailleurs « terre des dieux » ou « pays des collines » (anciennement état de l’Uttaranchal jusqu’en 2006), à la frontière du Népal (au nord-est) et du Tibet (au sud-est), état recouvert par les montagnes de l’Himalaya.

 

Tout commence en 2002, lors des affrontements dans l’état du Gujurat (nord ouest de l’Inde) opposant Hindous et Musulmans. 

Cette crise remonte à l’année 1992 quand la mosquée de Babri Masjid, à Ayodhya, en Uttra Pradesh (nord de l’Inde), érigée sous l’Empire Monghol (XVIème), fut rasée par des groupes nationalistes hindous. En effet, à la place de cette mosquée se trouvait les ruines d’un temple qui aurait été le « berceau » du dieu Rama .

Le 27 février 2002, le train, le Sabarmati Express ramenait de Faizabad (district d’Ayodhya), des nationalistes hindous qui revenaient d’Ayodhya où ils s’étaient rendus pour la construction d’un nouveau temple dédié à Rama. Un incendie se déclara dans un wagon et provoqua la mort de 57 hindous, dont 25 femmes et 14 enfants. S’en suivit un déferlement de violence qui, à la différence des conflits précédents, mit en évidence  l’ampleur de l’implication des acteurs politiques et du gouvernement du Gujurat  issus du Bharatiya Janata Party (BJP),le Parti du peuple indien (parti nationaliste hindouiste). Pendant trois mois, dans les villes mais également chez les populations aborigènes, complètement conditionnées par des réseaux militants nationalistes, les Indiens assistèrent derrière leur écran de télévision à une véritable guerre sainte : « Hindutva » (hindouïté, indianité ) contre Jihadisme. Bilan : 2000 morts, la plupart musulmans.

.

En regardant les images sanglantes qui défilent sur son petit écran, Gyanendra réalise rapidement que ce « carnage » est bien la conséquence des machinations politiques du gouvernement ultranationaliste de l’état du Gujurat dont le comportement ne relève pas  de l’éducation de « Mother India ».

 

Fin février 2002, le « Pahari » (homme des collines) enfourche son vélo et part en mission pour une longue campagne de plusieurs mois contre le crime, les pogromes, la corruption…Il effectue 3000 kms de Kashipura à Dehli, périple durant lequel il donne des conférences dans des lycées, collèges et universités afin que les plus jeunes comprennent le drame qu’est en train de subir le « Swades » (notre peuple en Hindi)

 

 

 

Shri Gyanendra Singh réitère en 2008, 2011, et 2012inde_5-ITINERAIRE-copie-2.jpg et enfin, en 2013 où il prévoit un parcours de 8000 kms. Parti de Rameshwaram, sur l’Île de Pamban (50 kms de l’île de Mannar, Sri Lanka), Etat du Tamil Nadu, le 29 avril, après avoir bravé la chaleur torride et les pluies torrentielles de la mousson 2013, très précoce et meurtrière cette année, notamment dans l’état de l’Uttarakhand, dont il est originaire et où les inondations et éboulements ont provoqué la mort de 6000 personnes entre juin et juillet, il vient d’arriver à Bangalore, état du Karnataka, dans le sud de l’Inde. Il a bien une pensée pour sa famille qu’il a laissée en Uttarakhand, zone sinistrée, et dont il n’a pas de nouvelles. Il pourrait les appeler mais par crainte d’être perturbé et de devoir interrompre sa mission, il ne le fait pas. Durant cette expédition, sous l’œil bienveillant de Vishnu*,  le patriote à bicyclette traverse villages, hameaux et est hébergé dans des temples, des ashrams ou chez des particuliers qui lui ouvrent facilement leur porte. Il compte poursuivre sa route jusqu’à Ramnagar, grande agglomération de l’Uttarakhand. Il aura parcouru 15 000 kms au cours de ces différentes missions et toujours avec la même détermination. Namaskar* !

 

« Say enough to all that is wrong » : Stop à l’Injustice

 

mallika-png-1.pngMallika Sarabhai, danseuse, chorégraphe et activiste, vit justement dans cet état du Gujurat, tristement réputé pour ses violences intercommunautaires (de 1970 à 2002, le Gujurat a connu 443 émeutes entre hindous et musulmans faisant chaque fois des centaines de victimes.)

 

Fille d’une mère danseuse et d’un père chercheur dans l’aérospatiale, Mallika se lance dés 1984 dans l’activisme alors qu’elle conteste l’élection de Rajiv Gandhi, nommé premier ministre quelques heures après l’assassinat de sa mère, Indira Gandhi, perpétré par deux des gardes du corps sikhs.

 

En 2009, Madame Sarabhai annonce sa candidature contre le parti nationaliste hindouiste BJP. Candidate indépendante, sa démarche est basée sur le seul principe du Satyagraha, « principe de la non violence par  la désobéissance civile» instaurée par le  « Mahâtma » (Grand Sage) Gandhi.

 

Mais, c’est surtout à travers l’art, sous toutes ses formes, traditionnel ou improvisé, que Mallika atteint les gens avec des messages aussi variés que la nécessité de plannings familiaux en Inde, la lutte contre les violences intercommunautaires et leurs conséquences, la protection des petites filles, la lutte contre la pauvreté, l’absurdité du dowry (dot imposée aux femmes avant le mariage), la calamité des viols qui ont lieu toutes les trois minutes sur le sous-continent et bien d’autres combats.

 

D’ailleurs, la belle « bayadère » a  l’art de faire passer ses messages à coup de….ballet,mallika-2.jpg notamment même si Mallika se décrit  davantage  comme une « communicante » qu’une danseuse. Outre ces apparitions dans le cinéma indien, elle a reçu la distinction de « Chevalier des Palmes Académiques » en 1999 décernée par le gouvernement français qui la nomma en 2002 « Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres ».

 

 « Nous, le peuple… », Mallika et Gyanendra et tous les autres « appellent tous les peuples au refus de la violence et de la barbarie, au refus de l’indifférence envers les plus vulnérables, au refus de la haine » afin que notre monde engendre des « milliardaires de la paix ».


 

 

 

Chantal DOUPEUX

 

 


*Namaskar : « salutation »

* Vishnu : Dieu de la stabilité du monde, protecteur des humains

 

                                                                                                              

 

 

 

 

 

 

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 21:48

 До конца этого года в структуре в структуре российских Вооруженных Сил появится род войск, который будет отвечать за информационную безопасность. Для офицеров, которые будут в них служить, обязательной станет лингвистическая подготовка. В пятницу президент Владимир Путин заявил, что «поражающая сила» информационных атак может быть выше, чем от обычных видов оружия.

 

 

Президент Владимир Путин заявил в пятницу о необходимости эффективно противостоять киберугрозам. «Нужно быть готовыми эффективно парировать угрозы в информационном пространстве. Повысить уровень защиты соответствующей инфраструктуры, прежде всего, инфосистем стратегических и критически важных объектов», – сказал глава государства на заседании Совета безопасности, посвященном совершенствованию военной организации России на период до 2020 года.


Путин напомнил, что так называемые «информационные атаки» уже применяются для решения задач военно-политического характера. При этом он отметил, что так называемая «поражающая сила» может быть выше, чем от обычных видов оружия.


Источник РИА «Новости» в Минобороны сообщил, что в российской армии уже в этом году будет создан род войск, который будет отвечать за информационную безопасность страны.


По его словам, основными задачами, которые ставятся перед этими войсками, станут мониторинг и обработка информации, поступающей извне, а также борьба с киберугрозами – «другими словами, что-то наподобие американских кибервойск».


Офицеры, которых готовят для службы в этих войсках, в обязательном порядке должны будут пройти лингвистическую подготовку, то есть выучить иностранный язык, в первую очередь английский.

 

Впервые, напомним, этот вопрос был вынесен на широкое обсуждение весной прошлого года, тогда об этом сообщил вице-премьер Дмитрий Рогозин. «Обсуждается вопрос формирования киберкомандования. Это связано с обеспечением информационной безопасности как Вооруженных сил, так и всей инфраструктуры государства в целом», – сказал зампредседателя правительства.

 

В феврале министр обороны Сергей Шойгу предложил главному оперативному управлению (ГОУ), организационно-мобилизационному управлению (ГОМУ) и ряду других подразделений Генштаба завершить проработку создания киберкомандования.

 

В марте Дмитрий Рогозин заявил, что все документы уже подготовлены, и выразил надежду, что этот «технический хищник» появится очень скоро.

 

Директор института политического и военного анализа, член академии военных наук Александр Шаравин считает, что предложения по созданию такого командования еще 10 лет назад поступали в Минобороны. «Мы их тогда обсуждали весьма бурно и, насколько мне известно, в ближайшее время такое командование должно и у нас появиться. Защита наших киберсетей – задача не только наших вооруженных сил, это задача всего государства, всех наших силовых ведомств. Кибервойна уже идет, поэтому на подобные командования возлагается задача не только по защите, но и при необходимости по нанесению каких-то ответных ударов», – сказал эксперт РИА «Новости», добавив, что, прислушавшись к мнению экспертов, Россия могла бы обогнать конкурентов в этом деле, так как это было актуально «еще вчера и позавчера».

 

Бывший начальник международно-договорного управления Минобороны РФ генерал-лейтенант Евгений Бужинский заявил, что создание нового рода войск по обеспечению кибербезопасности давно назрело. «Это своевременное решение, более того, оно давно назрело, киберугрозы – это то, что сейчас угрожает безопасности не только России, а любой страны. Любая хакерская атака на системы управления влечет за собой непредсказуемые последствия», – сказал он.

 

Он добавил, что новые войска – это в какой-то степени копирование Войск кибербезопасности в США. «Я не знаю насколько это прямой аналог, но если у ведущих государств мира есть это, и они обращают на это внимание, то нам грех было бы отставать от этого процесса», – пояснил генерал.

 

«Концепция применения кибероружия разработана шесть–семь лет назад. Сейчас это оружие является вторым по значимости после ядерного, – отмечал в интервью газете ВЗГЛЯД Руководитель центра военного прогнозирования, доцент факультета мировой политики МГУ Анатолий Цыганок. – Кибероружие активно применяется в военных конфликтах, последний пример – в ходе интервенции США в Ливии, где они контролировали не только воздушное пространство (они нарушили всю систему ПВО), но и телекоммуникационные сети. Они входили в ливийские телесети и передавали передачи для местного населения».

 

По мнению Анатолия Цыганка, лучше всего этот вопрос проработан в Израили, где в 2005 году внедрили новые цифровые технологии. «На втором месте американская защита. Затем защита западноевропейских стран», – отметил он.

 

Напомним, накануне глава Минобороны Сергей Шойгу поручил разыскать студентов одного из петербургских вузов, в пятый раз ставших чемпионами мира по программированию. «Я сегодня по телевидению услышал, что студенты одного из питерских вузов в пятый раз стали чемпионами мира по программированию. Их надо найти. Надо как-то с этими ребятами поработать, потому что они нам очень нужны», — сказал министр в четверг во время встречи с ректорами вузов и общественностью по вопросам научных рот.

 

«Министр обороны поручил мне лично встретиться с этими ребятами и рассказать о проектах по созданию программного обеспечения в интересах Вооруженных сил, которыми мы сейчас активно занимаемся», — сказал замминистра Олег Остапенко журналистам в пятницу. По его словам, решение этих задач требует высочайшего мастерства и нестандартных подходов при разработке оптимальных алгоритмов по их решению для последующего написания программ.

 

«А это как раз те качества, которые всегда отличали именно российскую школу программистов, имеющих отличную репутацию у крупнейших софтверных компаний по всему миру. Возможно, некоторые проекты могли бы этих ребят заинтересовать», приводит слова Остапенко РИА «Новости».

 

В этом случае Минобороны, сказал Остапенко, будет готово обеспечить им все необходимые условия и проектное финансирование на уровне не ниже рыночного для организации их эффективной работы.

 

Sources : | Политика | «Взгляд» RIA NOVASTI 

Traduction en cours -

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 18:35
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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 18:32
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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 14:01
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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:49
Cette pétition doit être validée par la Communauté Avaaz avant publication
Aminata Traoré interdite de séjour en France
 750
 660

660 personnes ont signé. Atteignons 750

Pourquoi c'est important

 

Parler du Mali. Parler de l’Afrique.

Au-delà des images de guerre ou de famine diffusées en masse par les médias, notre ambition est de donner la parole à une autre Afrique, une Afrique qui invente, qui construit et qui lutte pour la reconnaissance d’une modernité proprement africaine. C’est dans ce but que cette pétition a été lancée : déclencher des débats, donner envie de s’informer autrement, découvrir des paroles divergentes, chercher à comprendre ce qui peut bien se cacher derrière l’unanimité internationale qui accompagne l’intervention française au Mali.

Aminata Traoré, qui fût ministre de la culture du Mali et qui aujourd’hui dirige le centre Amadou Hampâté Ba ( http://www.centre-cahba-bamako.org/ ) au sein du quartier Missira de Bamako, est aussi essayiste, écrivain et militante infatigable au sein du forum social mondial et du forum pour un autre mali (http://www.foram-forum-mali.org/ ). Ses actions auprès des populations et des institutions privilégient des méthodes permettant aux citoyens une appropriation politique des situations. Elle tient à démontrer qu’une autre Afrique est possible et dénonce les politiques d’ajustement structurel imposées au Mali depuis des décennies par les instances internationales (FMI, Banque mondiale). Ces politiques d’ajustement structurel sont les conditions à remplir par les pays soi-disant « sous-développés » en échange d’une aide financière ou d’un allègement de la dette. Elles sont la tête de proue de la mondialisation néo libérale et imposent un modèle économique prédateur à des sociétés déjà fragilisées par des siècles de colonisation. Les politiques d’ajustement structurel sont une sorte d’austérité budgétaire imposée de l’extérieur. Elles consistent en des coupes drastiques dans les services publics (suppression de postes de fonctionnaires, réduction des budgets consacrés à l’éducation, à la recherche ou la santé), d’une privatisation de pans entiers de l’économie et d’un détournement de l’agriculture de son rôle nourricier au profit de multinationales cultivant pour exporter et non pour nourrir le pays. Ces mesures sont ravageuses pour les populations : misère, chômage, sécheresses, conflits armés en sont les principales conséquences ainsi qu’une profonde désillusion des populations, surtout les jeunes, qui, convaincus de l’absence de perspective, s’orientent vers l’exil ou le combat.


Le point de vue défendu par Aminata Traoré consiste à dire que le développement de groupes armés (narcotrafiquants, djihadistes, autonomistes) est une des conséquences de ces politiques néo libérales imposées au Mali ainsi qu’une suite logique de la politique française en Afrique notamment en ce qui concerne l’intervention française en Libye. (Lire à ce sujet le rapport Bonnet sur la Libye : http://www.burundirealite.org/PDFs/64.pdf ). La France est en quelques sortes un « pompier-pyromane » déguisé en humaniste. Elle dénonce le fait que, sous-couvert de la lutte contre le terrorisme, la France est bien là pour défendre ses intérêts économiques et géostratégiques et pour négocier avec ses « amis » africains les conditions d’attribution des différents marchés (miniers, agricoles, télécommunication,…). Elle est aussi très critique envers les élites africaines, engluées dans la corruption, sans vision, et qui n'ont d'autre projet que de mettre en place ces mesures au profit de quelques uns, sans s'occuper des populations.

 

Tous ces combattants « terroristes » sont pour la plupart des jeunes maliens ou africains qui n’ont trouvé d’autre alternative à la misère que de se mettre au service de ces groupuscules fanatiques ; misère structurelle qui accompagne systématiquement ce modèle économique dominant.


La lecture du conflit malien est souvent simpliste et n’embrasse que rarement les différents enjeux. Aminata Traoré défend l’idée qu’aucune démocratie ne sera possible si elle ne s’accompagne pas d’une alternative économique ancrée dans la culture malienne contemporaine. Elle montre quotidiennement au travers des réalisations du centre Amadou Hampâté Ba, qu’il est possible d’articuler des réponses à la violence politique et à la crise écologique avec une autre vision de l’économie. Elle est aujourd’hui une des seules à dénoncer l’opération Serval au Mali, il est important de pouvoir continuer à l’écouter même si le gouvernement français en a décidé autrement. Accordez-lui ce soutien. Signez la pétition.

Suivez ce lien pour une meilleure compréhension de la situation : http://www.jennar.fr/?p=2959

 

 

SIGNEZ CETTE PÉTITION  
Aminata Traoré, écrivain et militante altermondialiste vient de se voir refuser par la France un visa de circulation dans l'espace Schengen. En cause, ses prises de position récentes contre l'intervention française au Mali. Aidez nous à faire pression sur la France qui se targue d'être garante de la liberté d'expression tout en muselant les voix discordantes.
http://www.avaaz.org/fr/petition/Libre_circulation_des_militants_altermondialistes_dans_lespace_Shengen/?thJlrab
 

Pour vous désinscrire ou modifier vos données à tout instant, écrivez à unsubscribe@avaaz.org, ou utilisez le lien disponible dans chaque e-mail. Avaaz protégera vos informations personnelles et ne partage jamais les données avec des tiers.

Cette pétition a été lancée par Sébastien v. et ne représente peut-être pas un positionnement d'Avaaz
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 19:35

Jusqu'à ces derniers mois, la France s'était gargarisée de son "Made in France" pour relancer son économie atone. Dés à présent, elle remixte une très vieille tradition nationale : "la perfidie made by french diplomacy". 

 

Maximimilien Robespierre aurait probablement relevé  la lâche décision de François Hollande en interdisant l'accès à la France mais aussi à l'ensemble de l'espace Schengen à Aminata Traoré, ex-ministre de la culture malienne, altermondiailiste et pacifiste qui avait critiqué fermement l'intervention militaire française au Mali. Comme en 1792, Robespierre "Sur le parti de prendre de Louis XVI" aurait déclaré une nouvelle fois en parlant de l'actuel chef de l'Etat  : "c'est lui qui, dans tous les temps, démentira tous les vains subterfuges inventés par la perfidie pour violer impunément les droits de l'humanité." 

 

Chantal DOUPEUX

 

Et à  Aminata Traoré de répondre  :

 

 aminata traoré 006

LE NAUFRAGE ET L’OFFENSE

"LE MALI EST A RENDRE AUX MALIENS "

 

 




« Toute société impérialiste voit dans l’Autre la négation de l’idéal qu’elle s’efforce, elle-même, d’atteindre. Elle cherche à le domestiquer en l’attirant dans le champ d’application de son idéal et en l’y situant au degré le plus bas »  Wolfgang Sachs



1.    QUE SOMMES-NOUS DEVENUS AU MALI ?


« A qui allons-nous rendre les clés ? » est la question posée par Pierre Lellouche, député UMP et Président du groupe Sahel de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale française à propos du Mali. C’était le 22 avril 2013, lors du débat parlementaire qui a précédé le vote de la prolongation de l’opération Serval. Comme pour lui répondre, Hervé Morin, ancien ministre (UMP) de la Défense dit « Mais il n’y a personne à qui passer la main ». Comme une lettre à la poste, la prolongation demandée a été adoptée à l’unanimité. S’agissant de l’organisation de l’élection présidentielle en juillet 2013. La France officielle est non seulement unanime mais  intransigeante
Je serai « intraitable » a prévenu le Président François Hollande. Ce mot est dans toutes les têtes ici et nous a blessés. Le ministre de la Défense Jean Yves Le Drian estime à ce sujet qu’ « il faut dire les choses fortement » (RFI). Les Maliens qui ont accueilli le Président François Hollande en libérateur s’imaginaient que l’Opération Serval débarrasserait rapidement leur pays de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et ses affiliés d’Ansar Dine et du MUJAO et que la vie reviendrait comme avant. L’intervention militaire a incontestablement réduit la capacité de nuisance des djihadistes en en tuant quelques centaines et en détruisant d’énormes stocks d’armes et de carburant. Mais les villes de Gao et Tombouctou sont libérées sans l’être totalement puisque des groupes que le discours officiel qualifie de « résiduels » opèrent dans ces localités et y commettent des attentats. Fait plus préoccupant, Kidal est entre les mains du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) qui interdit à l’armée malienne d’y accéder.
De peur de s’enliser, la France revoit ses effectifs à la baisse sans pour autant se retirer. Sa coopération avec la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la mobilisation des troupes africaines de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA) étant loin d’être satisfaisante. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies au Mali (MINUSMA) entrera en action en juillet.
La France ne s’enlisera pas. Mais dans quelle aventure a-t-elle embarqué notre pays alors qu’il ne s’y était pas préparé ? Et quel Mali laisserons-nous aux générations futures ? Celui où le départ du dernier soldat français a été l’un des temps forts de sa décolonisation et qui aujourd’hui perd ce qui lui restait de souveraineté ?
Confiant dans son rôle de libérateur, le Président Hollande nous a promis lors de son passage à Bamako une nouvelle indépendance, « non pas contre le colonialisme, mais contre le terrorisme ». Comme s’il appartenait à la France de nous sauver d’un péril auquel elle n’est pas étrangère si l’on remonte à son intervention en Libye.
L’Homme malien est-il suffisamment entré dans l’histoire ? Est-il sujet de son propre devenir de manière à jouir de son droit de dire « non » aux choix et aux décisions qui engagent son destin ? 
La militarisation comme réponse à l’échec du modèle néolibéral dans mon pays est le choix que je conteste. Interdite de séjour dans les pays de l’espace Schengen, je regarde avec admiration et respect, la mobilisation et la détermination des peuples d’Europe à lutter contre le même système qui en toute quiétude nous broie, ici en Afrique.

2.    L’EFFONDREMENT DU CAPITALISME MALIEN « GAGNANT »


Le Mali ne souffre pas d’une crise humanitaire et sécuritaire au nord du fait de la rébellion et de l’islam radical et d’une crise politique et institutionnelle au sud en raison du coup d’Etat du 22 mars 2012. Cette approche réductrice est la première et véritable entrave à la paix et la reconstruction nationale. Nous avons assisté surtout à l’effondrement d’un capitalisme malien prétendument gagnant au coût social et humain fort élevé.
Ajustement structurel, chômage endémique, pauvreté et extrême pauvreté, sont notre lot depuis les années 80. La France et les autres pays européens ont juste une trentaine d’années de retard sur le Mali, et ses frères d’infortune d’Afrique, soumis depuis plus de trois décennies à la médecine de cheval du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale.
Selon le CNUCED (rapport 2001), l’Afrique est le continent où la mise en œuvre des PAS a été la plus massive, la plus poussée et la plus destructrice le long des décennies 80 et 90 au cours desquelles les institutions internationales de financement ne se sont préoccupées que de la correction des déséquilibres macro-économiques et des distorsions du marché en exigeant des Etats des documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP).
Le credo de Margaret Thatcher « There Is No Alternative » (TINA) marche à merveille sous nos cieux. Il revient à dire au plan économique « libéralisez vos économies à tout prix », au plan politique « Démocratisez selon nos normes et nos critères » et dans le cas du Mali « votez en juillet ». A cet agenda, suffisamment périlleux, s’ajoute, à présent, le volet militaire « sécurisez vos pays selon nos méthodes et conformément à nos intérêts ».
Sacrifié sur l’autel du commerce dit libre et concurrentiel, mais parfaitement déloyal comme l’illustrent les filières cotonnière et aurifère, et sur celui de la démocratie formelle, le Mali est en train de l’être, également, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
La rébellion du Mouvement Nationale de libération de l’Azawad (MNLA), le coup d’Etat, et le recrutement des jeunes chômeurs et affamés au nord comme au sud du pays par AQMI, Ansar Dine et MUJAO s’inscrivent dans un environnement national explosif. Il a été marqué en fin 2011 et début 2012 par des marches de protestations contre la vie chère, le chômage, la précarité, le référendum constitutionnel, la question foncière, la corruption et l’impunité.
Mis à part la petite minorité des nouveaux riches, c’est le peuple malien qui est le grand perdant de l’ouverture de l’économie nationale aux forceps. Il est diverti par le discours mensonger et soporifique sur l’exemplarité de notre démocratie et de nos performances économiques qui étaient semble-t-il les meilleures  de l’UEMOA. Les voix discordantes sont ostracisées.


3.    DENI DE DEMOCRATIE


Démocratique  à l’intérieur de ses frontières, lorsqu’on considère la teneur  et la vivacité du débat dans l’hémicycle et dans la rue sur le mariage pour tous, par exemple, elle se montre intraitable dans ses relations avec le Mali. Ne pas voir le moindre mal dans son retour en force.  Ne rien savoir de ses desseins ou faire semblant de ne pas savoir. Chanter et danser à sa gloire si l’on veut être dans ses bonnes grâces, exister politiquement et circuler librement en Europe. S’y refuser, reviendrait à ne pas être avec elle, donc contre elle. On se croirait au lendemain des attentats du World Trade Center aux Etats-Unis d’Amérique en 2001, au moment où le Président américain Georges W Bush déclarait : « Ou bien on est avec nous, ou bien on est avec les terroristes ». Dans mon cas ce sont les idées de gauche sur les ravages de la mondialisation néolibérale en Afrique qui sont devenues subversives. Elles m’avaient pourtant valu d’être l’invitée du Parti Socialiste à son université de la Rochelle en 2010.
Pour brouiller le sens de mon discours et de mon combat j’ai été qualifiée d’abord de pro-putschiste et d’anti-CEDEAO, avant l’étape actuelle  de mon assignation à résidence. Je suis redevable à Karamoko Bamba du mouvement N’KO de cette pensée africaine selon laquelle « celui qui a le fusil ne s’en sert pas pour prendre le pouvoir. Et celui qui détient le pouvoir l’exerce dans l’intérêt du peuple et sous son contrôle ».
 Pourquoi devais-je faire porter l’entière responsabilité de l’effondrement de l’Etat aux laissés-pour-compte d’une armée gangrenée, comme les autres institutions de la République, par la corruption, le népotisme et l’impunité ?
Il ne peut être reproché aux militaires de ne pas savoir défendre un pays dont les élites politiques et économiques, non seulement acceptent de l’ouvrir au marché dans les pires conditions mais en profitent pour s’enrichir. Le naufrage est d’abord le leur pour avoir revendiqué un modèle économique qui rime avec le désengagement et le délitement de l’Etat, la ruine des paysans, la clochardisation des troupes et le chômage endémique. S’ils n’avaient pas les moyens d’appréhender les ravages du système dans les années 80, nos dirigeants politiques ne peuvent plus l’ignorer au regard de l’impasse dans laquelle ce système  a conduit la Grèce, l’Espagne, le Portugal, Chypre et… la France, leur mode de référence.


4.    DE L’OSTRACISATION A LA CRIMINALISATION


C’est le 12 avril au moment de me rendre à Berlin à l’invitation de la gauche allemande (Die Linke) et à Paris à celle du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) que j’ai appris que j’étais devenue persona non grata en Europe à la demande de la France. Il en est de même pour Oumar Mariko, le Secrétaire général du parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance). L’ambassade d’Allemagne m’a donné un visa qui m’a permis de me rendre à Berlin en passant par Istanbul (Turquie) au lieu d’Amsterdam (Pays-Bas) comme initialement prévu. Quant à l’étape de Paris, elle a tout simplement été annulée.
J’ai pris connaissance de mon statut de persona non grata par le message suivant qui m’a été adressé par la Fondation Rosa Luxembourg
« L'ambassade d'Allemagne à Bamako nous a informé ce matin que la condition indispensable pour votre visa pour l'Allemagne est que vous ne voyagez pas via un pays de Schengen. C'est pourquoi nous avons acheté un nouveau ticket (des vols via Istanbul/Turquie) que vous trouvez ci-joint. Je suis désolé que de ce fait vous n'avez pas la chance de rester trois jours à Paris. Mais l'ambassade d'Allemagne nous a informé que la France a empêché qu'on vous donne un visa pour tous les pays Schengen.  On va venir vous chercher à l'aéroport à Berlin lundi. »
L’Association « Afrique Avenir » en co-organisatrice de l’une des conférences à Berlin a protesté et ses principaux partenaires ont réagi à leur tour. Je remercie tous ceux qui m’ont témoigné leur solidarité et rappelle ici le sens de mon combat, pour ceux qui considèrent que la France a le droit de porter atteinte à ma liberté de circulation en raison de mon désaccord avec Paris lorsqu’il ne  pratique que la politique de ses intérêts.
Qui peut me reprocher ce que les auteurs du rapport d’information du Sénat français disent si clairement en ces termes « La France ne peut se désintéresser de l’Afrique qui est, depuis des décennies, sa profondeur stratégique, qui sera demain, plus peuplée que l’Inde et la Chine (en 2050, l’Afrique aura 1,8 milliards d’habitants contre 250 millions en 1950), qui recèle la plupart des ressources naturelles, désormais raréfiées et qui connaît un décollage économique, certes, inégal, mais sans précédent, qui n’est plus, seulement, porté par l’envolée du cours des matières premières, mais aussi, par l’émergence d’une véritable classe moyenne ».
Si le constat sur les enjeux démographiques et économiques est fondé, le « décollage économique » auquel ce rapport fait allusion est incertain, source de conflits parce qu’inégalitaire, ne profitant d’abord qu’aux entreprises étrangères et à une partie de l’élite politique et économique.
Les enjeux de l’intervention militaire en cours sont : économiques (l’uranium, donc le nucléaire et l’indépendance énergétique), sécuritaire (les menaces d’attentats terroristes contre les intérêts des multinationales notamment AREVA, les prises d’otages, le grand banditisme, notamment le narcotrafic et les ventes d’armes), géopolitique (notamment la concurrence chinoise) et migratoires.
Quelle paix, quelle réconciliation et quelle reconstruction peut-on espérer lorsque ces enjeux sont soigneusement cachés au peuple ?


5.    L’INSTRUMENTALISATION DES FEMMES


L’interdiction de l’espace Schengen ne me vise pas en tant que femme mais elle démontre que celles qui refusent d’être instrumentalisées dans la défense des intérêts dominants peuvent être combattues. J’en fais la douloureuse expérience au niveau national depuis longtemps déjà, mais ne m’attendais à être ostracisée de la part du pays des droits de l’homme, précisément, au moment où mon pays est en guerre. Il viole ainsi la résolution 1325, relative à la participation des femmes à la prise de décision à tous les niveaux, à la prévention ou à la résolution des conflits ainsi qu’à la reconstruction.
Dois-je rappeler que le 8 mars 2013, Journée Internationale des Femmes, le Président François Hollande répondait à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy qui s’interrogeait sur la présence de l’armée française au Mali, qu’elle y est allée « parce qu’il y avait des femmes victimes de l’oppression et de la barbarie ! Des femmes à qui l’on imposait de porter le voile ! Des femmes qui n’osaient plus sortir de chez elles. Des femmes qui étaient battues ! ».
A propos de voile, je suis l’une des rescapées maliennes et sahéliennes de l’analphabétisme qui tente de déchirer celui, pernicieux, de l’illettrisme économique qui maintient les Africains dans l’ignorance la plus totale des politiques néolibérales et fait d’eux du bétail électoral. Le Président Hollande se montrerait-il si intraitable quant à la date de l’élection présidentielle au Mali s’il avait devant lui un électorat malien qui place la souveraineté économique, monétaire, politique et militaire au cœur du débat politique ?
A propos des femmes qui ‘’ n’osaient plus sortir de chez elles’’, je sortais jusqu’ici librement de mon pays et parcourais tout aussi librement l’Europe et le monde. Quelle que soit l’issue de la situation que je traverse en ce moment, elle ne peut qu’être dissuasive pour les autres Maliennes et Africaines qui ont envie de comprendre le monde global et de lutter pour ne pas le subir mais en être des citoyennes averties et actives.


6.    AIDE AU DEVELOPPEMENT OU A LA MILITARISATION


Au djihadisme armé il faut, semble-t-il, une solution armée. La voie est ainsi ouverte dans un pays comme le nôtre aux achats d’armement au lieu d’analyser et de soigner le radicalisme religieux qui prospère là où l’Etat, ajusté et privatisé, est nécessairement carencé ou tout simplement  absent.
Faire l’âne pour avoir du foin, est le comportement qui prévaut dans ce contexte de pauvreté généralisée tant au niveau des Etats que de certaines organisations non étatiques. Et la guerre -comble de l’horreur- est aussi une occasion d’injecter de l’argent frais dans notre économie exsangue.
Déçue par les hésitations et les lenteurs de l’Europe dont la solidarité s’est traduite jusqu’ici par la formation de l’armée malienne et de certains soutiens bilatéraux, la France invite au partage de l’effort financier entre Européens dans la défense de leurs intérêts stratégiques en Afrique de l’Ouest. D’autres bailleurs de fonds y seront associés.
Le 15 mai 2013 à Bruxelles, les bailleurs de fonds examineront le plan d’actions prioritaires d’urgence (pour 2013 et 2014). Les ressources qui seront mobilisées (ou annoncées) profiteront-elles au peuple malien, qui ne sait plus où donner de la tête ou  irrigueront-elles les mêmes circuits économiques selon les mêmes pratiques qui ont aggravé la pauvreté et les inégalités.
Dans le cadre de la reprise de la Coopération, le ministre français délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement annonce 240 millions d’euros destinés à financer l’agriculture, les services de bases dont l’eau et l’électricité dans les régions du nord, le retour des populations.
C’est le lieu de rappeler que Tripoli la capitale Libyenne a abrité, les 29 et 30 novembre 2010, le Troisième Sommet Afrique-UE où le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, a accueilli, en grande pompe, les dirigeants de 80 pays africains et européens.
La création d’emplois, les investissements et la croissance économique, la paix, la stabilité, les migrations et le changement climatique étaient à l’ordre du jour de ce sommet. Les participants s’étaient mis d’accord sur un « plan d’action » pour un Partenariat Afrique-UE de 2011 à 2013.
L’UE a, à cette occasion, réaffirmé son engagement à consacrer 07% de son PNB à l’aide publique et au développement d’ici 2015 et d’affecter 50 milliards d’euros aux objectifs généraux du partenariat envisagé entre 2011 et 2013. Nous sommes en 2013 et fort loin des objectifs de développement du Millénaire et des voies et moyens de les atteindre en 2020. Car le ver dans le fruit.
La paix, la réconciliation et la reconstruction du Mali, n’ont aucune chance d’aboutir si elles doivent reposer sur des arrangements politiciens en vue d’engranger l’ « aide extérieure ».
L’Etat, ou ce qui en reste ainsi que les rebelles se battent et négocient dans le cadre du même paradigme qui a aggravé le chômage, la pauvreté et les tensions. Les différends se règlent en termes d’investissement, dans les infrastructures, le lieu par excellence de l’enrichissement rapide et de la corruption. La liste des travaux d’infrastructures mal exécutés ou non réalisés est longue. Elle explique en partie le mécontentement des populations du septentrion qui souffrent pendant que des maisons individuelles poussent au su et au vu de tout le monde grâce aux détournements de fonds et l’argent du narcotrafic.


7.    OSONS UNE AUTRE ECONOMIE


Rien ne sera plus comme avant. Ce qui était difficile risque de l’être davantage avec la militarisation qui absorbera des ressources dont nous avons cruellement besoin pour l’agriculture, l’eau, la santé, le logement, l’environnement et l’emploi.
Opération Serval, Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA), Mission Intégrée de Stabilisation Multidimensionnelle des Nations-Unies, la défense de notre pays et notre sécurité, avant d’être militaire, est d’abord un défi intellectuel, moral et politique.
Je me suis reconnue dans les propos du candidat François Hollande lorsqu’il déclara qu’ « il est temps de choisir une autre voie. Il est temps de choisir une autre politique ». Ce temps est, assurément, venu et pour la France et pour ses anciennes colonies d’Afrique. Il est celui des transitions économiques, sociales, politiques, écologiques et civilisationnelles qui n’ont rien à voir avec la feuille de route de la « communauté internationale ». Elles renvoient à un changement de paradigme.
Que les dirigeants africains qui ont intériorisé le discours mensonger sur l’inéluctabilité de cette guerre afin d’en finir le péril djihadiste ne s’y trompent pas : l’effet de contagion qu’ils redoutent, tient moins à la mobilité des djihadistes qu’à la similitude des réalités économiques, sociales et politiques induites par le modèle néolibéral.
Si les chefs djihadistes viennent d’ailleurs, la majorité des combattants sont des jeunes maliens sans emplois, sans interlocuteurs, sans perspectives d’avenir. Les narcotrafiquants puisent, eux-aussi, convoyeurs et revendeurs de drogue parmi la même jeunesse désemparée.
La misère morale et matérielle des jeunes diplômés, des paysans, des éleveurs et d’autres groupes vulnérables constitue le véritable ferment des révoltes et des rebellions qui, mal interprétées, alimentent, de l’intérieur bien des réseaux. La lutte contre le terrorisme et le crime organisé, sans effusion de sang, au Mali et en Afrique de l’Ouest passe par l’analyse honnête et rigoureuse du bilan des trois dernières décennies de libéralisme sauvage, de destruction du tissu économique et social ainsi que des écosystèmes. Rien n’empêche les centaines de milliers de jeunes Maliens, Nigériens, Tchadiens, Sénégalais, Mauritaniens et autres, qui viennent chaque année grossir le nombre des demandeurs d’emploi et de visas, de rejoindre le rang des djihadistes si les Etats et leurs partenaires techniques et financiers ne sont pas capables de remettre le modèle néolibéral en question.


8.    L’INDISPENSABLE CONVERGENCE DES LUTTES


Je plaide pour un élan de solidarité qui prenne le contre-pied de la militarisation, nous restitue notre dignité, préserve la vie et les écosystèmes.
Tout irait dans le bon sens si les 15.000 soldats étaient des enseignants, des médecins, des ingénieurs et si les milliards d’euros, qui vont être dépensés, étaient destinés à ceux et celles qui ont le plus besoin. Nos enfants n’auraient pas besoin d’aller se faire tuer en soldats mal payés, en narcotrafiquants ou en fous de Dieu.
Nous nous devons de nous atteler, nous-mêmes à la tâche primordiale de la transformation de notre moi profond, ébranlé et de notre pays meurtri. L’avantage considérable de l’approche systémique est la détribalisation des conflits au profit d’une conscience politique qui réconcilie et rassemble ceux que l’économie mondialisée broie. Touareg, Peulh, Arabes, Bamanan, Sonrhaï, Bellah, Sénoufos cesseraient de s’en prendre les uns aux autres et se battraient ensemble et autrement.
Cette approche altermondialiste nous rend notre « dignité » dans un contexte où nous avons tendance à culpabiliser et à nous en remettre, poings et pieds liés, à une « communauté internationale » juge et partie.
Elle plaide pour la convergence des luttes à l’intérieur des frontières entre les différentes composantes de la société éprouvées par la barbarie du système capitaliste qui ne veulent ni se résigner ni se soumettre. Elles doivent explorer ensemble des alternatives à la guerre.
Les Etats libéraux ayant privilégié la guerre et investi dans les armes de destruction des vies humaines, du lien social et des écosystèmes, innovons à travers la bataille des idées et convoquons une conférence citoyenne au sommet pour l’autre développement du Mali, en vue de desserrer l’étau de la mondialisation capitaliste. Il s’agit d’instaurer le débat sur la relation entre politiques néolibérales et chaque aspect de la crise : chômage endémique des jeunes, rébellions, mutineries, coups d’Etat, violences faites aux femmes, radicalisme religieux.
Un travail inédit et intense d’information et d’éducation citoyenne dans les langues nationales, permettra aux Maliens de parler enfin entre eux de leur pays et de leur avenir.
Parce que tous les Hommes naissent libres et égaux en droits, nous revendiquons juste notre droit à :
-    un autre économie, de manière à disposer des richesses de notre pays, et  à choisir librement des politiques qui nous mettent à l’abri du chômage, de la pauvreté, de l’errance et de la guerre ;
-    un système politique véritablement démocratique, parce que intelligible pour l’ensemble des Maliens, décliné  et débattu dans les langues nationales, fondé sur des valeurs de culture et de société largement partagées ;
-    la liberté d’expression et de circulation.


9.    RENDEZ-NOUS LES CLES DE NOTRE PAYS !


La France officielle qui déclare urbi et orbi que nous n’avons « pas d’Etat digne de ce nom », ni « d’armée digne de ce nom », considère certainement que nous n’avons pas non plus d’existence en tant que peuple pour aller jusqu’à se demander  « à qui remettre les clés » et à exiger l’organisation de nos élections en juillet 2013. Elle s’accommode par ailleurs de l’annulation de la concertation nationale - qui devait nous permettre de prendre ensemble entre Maliens le pouls de notre pays. Elle s’accommode tout autant de l’état d’urgence instauré, puis prolongé une première fois, et une seconde fois de manière à « sécuriser » la transition.
Je n’ai pas le sentiment que la « guerre contre le terrorisme » ait apporté la paix en Irak, en Afghanistan et en Libye, et que les casques bleus ont su garantir aux populations de la République Démocratique du Congo et en Haïti la sécurité que celles-ci étaient en droit d’attendre d’eux.
Mais je suis persuadée qu’il y a en chaque Malienne et chaque Malien un(e) soldat(e), un(e) patriote qui doit pouvoir participer à la défense de ses intérêts et du Mali à partir d’une bonne connaissance de son état réel dans l’économie mondialisée.
La réponse à l’insupportable question de Claude Lellouche est claire : le Mali est à rendre aux Maliens. Nous pouvons-en prendre le plus grand soin parce que, comme Bouna Boukary Dioura l’a rappelé, nous savons, nous les peuples du Sahel que les rochers finissent par fleurir à force d’amour et de persévérance.
Rendez les clés du Mali au peuple malien !

Aminata D. Traoré, Bamako le 03 mai 2013

 

 

 

 

[1] Wolfgang Sachs et Gustavo Esteva : Des ruines du développement. Les Editions Ecosociété 1996.

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Published by worldwidepress - dans france société
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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 18:39
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Published by Chantal Doupeux
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