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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 19:51

250px-Location_Ukraine_Europe-copie-2.png250px-Up-map-copie-1L’année 2010 a été marquée par l’élection de Victor Ianoukovitch, ancien dirigeant du parti des régions et qui lors du scrutin de 2005 s’était lamentablement illustré suite à des fraudes ayant débouché sur la Révolution Orange. Face à la pression populaire il avait dû céder amenant ainsi Viktor Ioutchenko, leader du parti pro-occidental « Nacha Ukraina » au pouvoir.

 

250px-Location Ukraine EuropeDepuis les évènements de 2005, Viktor Ianoukovitch a poursuivi sans relâche sa campagne aux 200px-Yanukovich.jpgnouvelles élections présidentielles de 2010. Les problèmes de gouvernance, l’entente chaotique des deux leaders de la Révolution Orange (Ioutchenko et Yulia Timochenko), désordres qui avaient d’ailleurs contraint Ioutchenko à rappeler Ianoukovitch au poste de premier ministre pendant un an ont apparemment favorisé son ascension à la tête du pays.

En effet, l’instabilité politique du pays  générée par les différentes tensions au sein du gouvernement Ioutchenko ainsi que l’inefficacité ou alors l’absence de réformes notamment économiques, et enfin la crise mondiale ont plongé l’Ukraine dans un marasme sans précédent.

 

Viktor Ianoukovitch hérite donc dés le printemps 2010 d’un pays au bord de la faillite (baisse record du PIB de 15%) et reprend à son arrivée au pouvoir plus ou moins le programme de Leonid Koutchma (1994 – 2005), son mentor :

 

> Réforme sociale  :

 

Augmentation des salaires minimums et des retraites, lutte contre la pauvreté qu’il considère comme « l’ennemi de l’Ukraine ». Les années Ioutchenko ont accentué la paupérisation d’une partie de la population à faibles revenus. Ces laissés pour compte se sont retrouvés en marge d’une société qu’ils ne comprenaient pas et d’une économie de marché en construction ;

 

> Réforme constitutionnelle : Retour à la constitution du 1996 remaniée en 2004 par ses prédécesseurs et qui désormais prévoit la formation du gouvernement par le Président et non plus par le premier ministre ;

 

>Réforme fiscale dont l’augmentation de l’impôt sur les sociétés et notamment sur les PME qu’il a dû  par contre retirer en fin d’année suite à des contestations, cette mesure favorisant davantage les grands groupes que les petites sociétés  ;

 Durcissement du contrôle de l’Etat sur l’économie et intervention sur le système bancaire (injection de sommes colossales) ;

 

> Lutte contre la corruption ;

 

>Démocratisation de l’Ukraine ;

 

> En politique extérieure : Renforcement des relations politiques et économiques avec la Russie (différents accords en matière énergétique et discussions sur la question de la flotte russe en Crimée…) tout en « soignant » les relations avec l’Union Européenne et les Etats-Unis ;

Redonner à l’Ukraine une position à l’international ;

 

Et enfin, de manière plus démagogique, il propose de réduire son salaire de président de moitié...

 

Malgré des signes de reprise consécutifs à l’amélioration de l’économie mondiale, l’Ukraine demeure dans une situation très critique et présente un taux d’inflation  parmi les plus élevés au monde (11-14%) causé par le poids considérable de l’économie souterraine, la lenteur du rétablissement de la confiance dans le système bancaire, l’important déficit budgétaire hérité du gouvernement précédent et par l’instabilité de la conjoncture mondiale.

 

Selon l’IFES (Fondation américaine pour les systèmes électoraux) à Kiev, 47% des Ukrainiens feraient confiance à Viktor Ianoukovitch dans le cadre du redressement du pays. Cependant, cette estimation doit être considérée avec certaines réserves compte tenu de la situation économique et sociale alarmante des populations vivant dans l’Ouest du pays. En effet,  même si elles considèrent avoir été « trahies » par le gouvernement pro-occidental Ioutchenko, de la révolution orange, gouvernement que ces populations avaient soutenu par leur vote massif, ce n’est pas pour autant que les citoyens ukrainiens de ces régions  sont prêts à accorder leur confiance à Viktor Ianoukovitch, discrédité quant à son passé criminel et ses étroites relations avec le Kremlin. La crainte du rapprochement avec la Russie, au sein de ces populations isolées de l’Ukraine est perceptible lorsqu’au lendemain des élections présidentielles, des habitants de l’Oblast de Jitomir déclaraient : « Quand on va se coucher le soir, on ne sait même pas dans quel pays on va se réveiller demain » (sic).

 

Enfin, en renforçant ses pouvoirs par une réforme de la constitution  et en reprenant le programme de Leonid Koutchma, connu pour ses excès d’autoritarisme et son « ambivalence Est-Ouest »,  Viktor Ianoukovitch fait craindre aux observateurs internationaux la mise en place d’un régime poutinien, une « verticale de pouvoir » en constatant qu’il venait de commettre son premier faux-pas dans son programme de « démocratisation de l’Ukraine » que l’opposition n’a pas hésité à dénoncer.

 

L’élection de Viktor Ianoukovitch aura montré avant tout que l’Ukraine demeure divisée entre les pro-occidentaux, les pro-russes et ceux que cette division a plongé dans l’indifférence par lassitude, division qui risquerait de perdurer encore dans les années à venir.

 

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