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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 20:19

442px-Vladimir_Putin-2.jpgC’est au cours des années 90 que l’on voit apparaître le nom de Vladimir Poutine dans le milieu politique russe.

Vladimir Poutine, issu d’un milieu modeste (parents ouvriers) est né en 1952 à Léningrad (Saint Petersburg depuis septembre 1991).

Après des  études de droits à l’éminente université de Saint Petersburg, il devient membre du KGB et intègre la “Première direction Générale” , le service des renseignements extérieurs où il restera 15 ans. Durant cette période, en 1985, il est envoyé en RDA à Dresde dans le Groupe des Forces Armées dans le cadre d’une préparation d’une mission d’opération où il agira sous la couverture de directeur de la “Maison de l’amitié Germano-soviétique”. Nom de code : Platov.

 

Dés l’effondrement de l’Union Soviétique début 1990, Vladimir Poutine retourne à Saint Petersburg et retrouve son mentor Anatoli SOBTCHAK, recteur de l’université et maire de Saint Petersburg (1991-1996) qui lui confie le poste d’adjoint aux affaires internationales et ensuite celui de conseiller aux affaires internationales du soviet de la ville.

 

En août 1991, il participe aux négociations “épineuses” avec les forces armées lors du putsch contre Gorbatchev. Le 20 août 1991, il démissionne “officiellement” du KGB

 

Son intervention est remarquée. Il vient en fait de faire  ses premiers pas dans la vie politique de la Russie ex-soviétique.

 

Surnommé le “Cardinal de l’ombre”, il devient très vite un personnage influent dans la vie politique municipale de Saint Petersburg et  gravit rapidement les “échelons” au sein de la municipalité  : Président du Conseil de la ville, responsable des relations extérieurs de la mairie et enfin dés 1994 premier adjoint au maire, Anatoli SOBTCHAK.

 

Fin 1995, il est nommé président de la section locale du parti “Notre Maison, la Russie” (NDR - parti du premier ministre de l’époque : Tchernomyrdine) et sera chef de campagne pour les élections législatives.  Après la défaite de son mentor A. SOBTCHAK aux municipales,    Vladimir Poutine démissionne par crainte de donner “l’apparence de trahison”... (sic).

Une ascension fulgurante 

Son ascension vers le pouvoir prend une cadence “effrénée” : Août 1996, il devient adjoint de Pavel Borodine, directeur des affaires de la présidence à Moscou. Moins d’un an plus tard en mars 1997, il intègre l’administration présidentielle et consécutivement  en devient vice-directeur chargé de la gestion des relations entre les régions .

 

Eté 1998, il est nommé directeur du FSB et enfin, en août 1999, il devient  premier ministre du gouvernement Eltsine.

 

Dés l’automne 1999, son ascension vers le pouvoir s’accélère, notamment suite aux attentats terroristes à Moscou et dans plusieurs villes russes, qui tuent des centaines de personnes. Ces actes sont immédiatement attribués aux indépendantistes tchétchènes.

 

Aubaine ou “tactique”, après ultimatum, Poutine décide de reprendre les hostilités en Tchétchénie et lance l’opération « antiterroristes » afin de “restaurer l’ordre constitutionnel fédéral”. Il déclare vouloir “buter les terroristes jusque dans les copmup*” (littéralement : chiottes).

 

Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine, malade démissionne. Vladimir Poutine devient président par intérim de la grande Fédération de Russie.

Le programme de Poutine

 

La restauration de “la verticale du pouvoir”.

Dés son arrivée, Vladimir Poutine est déterminé à remettre de l’ordre dans le pays et  à relever le chaos crée par ses prédécesseurs : Pérestroïka sous Gorbatchev et Glasnost sous Eltsine.

L’héritage des politiques libérales menées les dernières années est lourd :

Le pays est en ruine (économique, sociale..). Paupérisation de la population, misère, corruption, criminalités, pillages des ressources et patrimoines industriels par les Oligarches . A partir de cette époque démarre de longs procès pour escroquerie, évasion et fraudes fiscales (le cas de IOUKOS/Khodorkovski emprisonné en Sibérie, Berezovki et Goussinka accusés de crimes et délits économiques, fraudes et évasions fiscales , ces derniers ayant finallement fui à l’étranger etc...).

La “verticale du pouvoir” ou “dictature de la loi” consiste à lutter contre ces mafias para-étatiques et oligarques, renforcer le pouvoir central de l’Etat  notamment dans les républiques non-russes autonomes où l’on assiste à une montée du nationalisme et à mettre en place différentes réformes économiques, sociales et politiques.

 

Pour la lutte contre la corruption, Poutine s’entoure  d’ “hommes de forces”, les siloviki, patriotes dévoués au redressement et au développement de leur pays et fait revenir les “Guébistes” “agents du ex-KGB” qui avaient été mis sur la touche à l’époque de Boris Eltsine.

 

En ce qui concerne les réformes, il prend les mesures suivantes :

 

> Economiques :

Réformes fiscales : Baisse de la TVA, réduction de la taxe d’impôts sur les sociétés (35 à 24 %) afin de limiter la fraude et la corruption et faciliter la gestion de la fiscalité, mise en place d’une taxe unique de 13% pour l’impôt sur le revenu ;

 

Réformes foncières autorisant la vente de terres agricoles ;

 

Ouverture de la concurrence du fret ferroviaire représentant plus de 80% du trafic en Fédération de Russie ;

 

> Sociales :

Réformes des retraites : Mise en place d’un système à 3 piliers avec capitalisation obligatoire et épargne volontaire, sans augmenter l’âge de la retraite ;

 

Mise en place de projets de priorités nationales et de la politique démographique afin de réformer le secteur social et de financer de grands projets dans le secteur de la santé, l’éducation, et de l’accessibilité aux logements sociaux ; 

 

> Politiques  :

Réforme de la division territoriale avec la création de sept districts fédéraux

 

Réforme du conseil de la Fédération de Russie et arrêt des élections des gouverneurs qui seront désormais nommés par le Président de la Fédération de Russie ;

 

Créations d’organes consultatifs :  d’un Gossoviet (Conseil d’Etat) formé de gouverneurs et d’une Chambre de la société constituées de personnes influentes et connues ;

 

 Mesures assurant une meilleure cohésion entre les “Siloviki” (hommes de forces), c’est à dire les ministères de l’ordre public (armée, FSB, police) et le ministère des situations d’urgence.

 

Ainsi dés 2000 , on assiste à une croissance économique de + 6-8%/an, un PIB triplé durant la période 2000 à 2006, et une capitalisation boursière doublée, une baisse radicale de l’inflation, une hausse des revenus des particuliers due aux recettes fiscales de ventes d’hydrocarbures, une croissance industrielle de 75% de 2000 à 2008 et une croissance de 125% des investissements, une balance du commerce extérieur excédentaire. Ces réformes économiques et financières ont ainsi conduit la Russie vers une certaine stabilité et une reprise de confiance de la population.

 

Cependant, le sort de l’économie reste lié à la vente de produits énergétiques ce qui fait de la Russie, une économie de rente, soumise aux cours mondiaux des produits énergétiques.

 

Malgré le succès d’une partie des réformes économiques, le programme engagé pour lutter contre la corruption par exemple ne semble pas avoir porté ses fruits. De même qu’en matière démographique, la Russie souffre d’un vieillissement de sa population.

Enfin, la vague de privatisations ont entraîné des inégalités sociales accrues.

 

Sur le plan institutionnel et politique intérieure, l’Etat joue un rôle majeur qualifié souvent de “démocratie administrée”.

 

Sur le plan international, certains  reprochent  à Vladimir Poutine de mener une politique autoritaire et populiste, d’autres lui accordent “le mérite historique d’avoir engagé la Russie sur la voie de la stabilité et de la fiabilité en tant que partenaire” (Gerard Schröder, ancien chancelier allemand et  président du Conseil de surveillance du consortium gazier germano-russe dont 51% appartient à Gasprom...).

 

En politique étrangère, la stabilisation politique et économique du pays acquise depuis l’arrivée au pouvoir de Poutine redonne à la Russie son statut de grande puissance internationale.

 

Les attentats du 11 septembre 2001, ont « rapproché » provisoirement les Etats-Unis et la Fédération de Russie dans leur lutte contre le terrorisme. La Russie joue un rôle de médiateur dans les dossiers délicats tels l’Iran, la Corée du Nord.

 

Cependant, cette nouvelle entente avec les Etats-Unis a montré ses limites si bien dans la durée que dans le contenu. Dés 2007, surgissent à nouveau des tensions concernant les projets d’installation de systèmes d’armes balistiques américains en Pologne et en République Tchèque destinés à assurer une protection anti-missiles contre d’éventuelles attaques nucléaires iraniennes, reléguant ici la force dissuasive nucléaire russe en arrière plan.

En juin 2007, Vladimir Poutine riposte à ce qu’il considère une provocation et menace de pointer des missiles « Iskander » vers l’Europe de l’Est et parallèlement d’installer des armes nucléaires à Kaliningrad (enclave russe sur la mer baltique).

 

Sur le plan géopolitique, les richesses en gaz et pétrole de la Russie (plus de 17% des réserves mondiales), 2éme exportateur de pétrole), ses milliers de kilomètres de gazoducs et d’oléoducs traversant la moitié du continent européen lui permettent d’exercer une certaine pression économique et politique et de renforcer sa position de grande puissance.

 

Elections de 2012

 

A la veille des élections  présidentielles de 2012, la popularité de Vladimir Poutine Poutine, bien qu’en légère baisse suite aux incendies de l’été 2010) semble se maintenir (50 à 60% selon un sondage de l’institut Levada en janvier 2011).

Pour la majorité des Russes (Levada), Vladimir Poutine est l’homme de l’ordre et de la prospérité.

Sportif, sobre (contrairement à Boris Eltsine) il est selon les sondages  digne de représenter la Fédération.

 Considéré comme le sauveur de la Grande Russie, il incarne la modernité, modernité toutefois conservatrice mais qui ne va pas à contresens de la mentalité russe.

En tout cas, même si la population a conscience des lacunes en matière de démocratie et de l’organisation opaque et autoritaire de la « verticale de pouvoir » de Poutine, ils ne sont pas prêts à opter pour une politique libérale, telles qu’ils l’ont vécue avec la « Pérestroïka » de Gorbatchev et le « Glasnost » de Boris Eltsine qui avaient enfoncé la Russie dans un marasme économique, financier et social à la fin des années 90.

L’opposition de partis libéraux tels que celui du champion d’échec, Garry Kasparov, laisse l’opinion russe majoritairement indifférente..

 

Enfin, la crise économique 2008/20010 a pu être surmontée et la Russie poursuit sa sortie de crise. La campagne électorale est d’ores et déjà amorcée. Lors d’un bilan de fin d’année, Vladimir Medvedev dressait un bilan plutôt positif des mesures « anticrise » déployées par le gouvernement fin 2009 en déclarant  que la « récession avait cédé le pas à une croissance stable » (croissance du PIB environ 4%, augmentation de la balance des échanges de 38%..).

Cependant, les perspectives à terme de cette croissance sont très incertaines notamment en ce qui concerne les dépenses consécutives aux lourds budgets attribués pour mener la politique anticrise.

 

Quoiqu’il en soit, la configuration politique actuelle de la Russie, cette « verticale de pouvoir » permettant un contrôle constant des différentes institutions ainsi que des appareils économiques et financiers pourraient encore longtemps garantir le maintien de Vladimir Poutine et de son clan à la tête de la Fédération de Russie.

 

 

fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Poutine

www.evene.fr/.../biographie/vladimir-poutine-5953.php

www.diploweb.com/russie/tchetchenie2.htm

wwwwww.diffusion-distribution-lokomodo.fr › tous les livres

.pierrelorrain.com/biographie.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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