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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:08

txu-oclc-247232977-central balkan pol 2008kosovo sm 2010La  République du Kosovo, située sur la péninsule des Balkans à l’extrême Sud de la Serbie, s’étend sur une superficie de  10 887 km². Délimitée au Sud-Est par la République de Macédoine au Sud-Ouest par l’Albanie et au Nord-Ouest par la République du Monténégro, le Kosovo est une ancienne province de Serbie. Avec 2.1 millions habitants, sa population est composée de 90% d’Albanais, 7% de  Serbes, 2.5% de Tsiganes et autres tels que  Croates.  Sa capitale Pristina, avec ses 500 000 habitants a  vu sa population multipliée par 5 en moins de vingt ans.

Après de longues et laborieuses  négociations durant plusieurs années entre Belgrade et Pristina qui n’ont d’ailleurs jamais  abouti à des accords tangibles, le Kosovo déclare unilatéralement son 225px-Flag of Kosovo.svgindépendance en février 2008. A la différence d’autres Etats ou provinces qui s’étaient autoproclamés indépendants auparavant, la  République du Kosovo a été reconnue par 75 nations.

Le Kosovo est une  République Parlementaire mixte et est représentée actuellement par  Atifete Jahjaga, élue Présidente de la république en avril 2011 et par Hashim Thaçi, Premier ministre depuis 2008.

 

Histoire

 

Au XXème avant JC, les Illyriens occupent une grande  partie de la région des Balkans. Ils constituent un vaste royaume divisé en clans, dont les Dardanes qui vivaient dans l’actuel Kosovo. Ces Illyriens seraient les  ancêtres directs des  Albanais actuels.

 

Conquise par  les  Romains vers l’an 28 av JC, reprise  par  les  Sklavinies (tribus slaves), le Kosovo sera « annexé » par le Joupan de Rascie, Puissant Etat serbe et retombera début du XIIème siècle sous domination byzantine.

 

Fin du XIIème siècle, la dynastie serbe Nemanjic’ étend son royaume jusqu’au  Sud des Balkans vers le Kosovo.

 

Le Kosovo est christianisé au cours du XIIIème siècle sous l’impulsion de Saint Sava. C’est à partir du XIVème siècle, après la bataille de Kosovo Polje ou « champs des merles » que le Kosovo, après  des  combats sanglants,  tombe sous la souveraineté ottomane et le restera jusqu’au XXème siècle.

 

Cette période s’ensuit d’une vaste campagne d’islamisation et marque la fin d’un système féodal, l’Empire ottoman disposant à cette époque  de structure sociale et administrative  bien plus développée que l’Empire serbe.

 

En 1875, la Bosnie-Herzégovine réclame son indépendance. Une guerre éclate entre l’Empire Ottoman, la Serbie et la Macédoine.  La Serbie  demande  l’intervention de la Russie qui écrasera les forces de  la Sublime Porte. Le traité de San Stefano en 1878 prévoit l’indépendance  de la Serbie et de la Macédoine. Le traité de Berlin rectifie les clauses fixées par la Russie et attribue le Nord du Kosovo à la Serbie en sus de ce qu’elle avait déjà acquis. Le Kosovo reste quant à lui sous souveraineté ottomane.

 

Suite à la deuxième guerre balkanique en 1912, le traité de Londres, sous la pression  de  la France et de la Russie, octroie  à la Serbie, le Kosovo et la Macédoine alors que l’Albanie réclame le Kosovo dans le cadre de la création de  l’Etat  albanais. De  1915 à 1919, les  Kosovars se  soulèvent contre les Serbes .Le gouvernement yougoslave réplique sévèrement et procède « à l'expulsion d’Albanais, à la fermeture d’écoles, à la confiscation des terres et au repeuplement par des Serbes ». Ces évènements ont une grande similitude avec  ceux de  1995-1999.

 

Le projet de rassembler tous  les  Slaves du  Sud dans  un même royaume est concrétisé par la création du Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes en décembre 1918 et deviendra en 1929, le Royaume  de Yougoslavie. Conquis par l’armée serbe, le Kosovo y est rattaché.

 

En avril 1941, l’Allemagne envahit la Yougoslavie. Le Kosovo, la Métochie ainsi qu’une partie du Monténégro sont regroupés dans  l’Albanie sous le contrôle de  l’Italie  fasciste, pour former une « Grande Albanie » ethnique. Une division militaire SS albanaise est mise en place et est destinée à « nettoyer » les  Serbes du territoire. Parallèlement, la résistance s’organise et les Communistes, sous la direction de Tito, Croate, parviennent à gagner la confiance  des peuples slaves du  Sud. La « résistance  yougoslave » dont le slogan est « mort au fascisme, liberté au peuple » parviendra à renverser la monarchie de Pierre II, libérer les territoires  occupés et à instaurer  une république nommée « Fédération Démocratique de  Yougoslavie ».

 

La conférence  de Bujan en 1943 prévoit le droit des Albanais du Kosovo à l’autodétermination et est reconnue par  Tito. En 1948, Tito, suite à des divergences politiques avec l’Union Soviétique, rompt toute relation avec Staline. Le parti communiste albanais  se range du côté de l’URSS ce qui entraînera la fermeture de la frontière entre le Kosovo et l’Albanie.

 

En 1945, l’autonomie du Kosovo avait été formellement déclarée. En 1968, « en vue  d’accorder plus de contenu à cette autonomie, la constitution yougoslave est amendée ». La constitution de  1974 vient renforcer cette volonté de développer cette autonomie. La République de Serbie perd  ainsi tout droit d’ingérence sur les affaires internes du Kosovo. Des Albanais du Kosovo souhaitent que le Kosovo devienne une république à part entière pendant que les Serbes rejettent cette idée prétextant que les minorités  serbes sont menacées.

 

A la mort de  Tito en 1980, de nombreux mouvements nationalistes apparaissent notamment du côté albanais et serbe. En 1986, les Serbes dénoncent la constitution yougoslave d’être anti-serbe.

 

En 1989, Slobodan Milošević, un des leaders du parti communiste serbe, décide de supprimer l’autonomie constitutionnelle du Kosovo et dissout le parlement et le gouvernement. Il met en place un régime autoritaire et discriminatoire envers les Albanais. Le Kosovo est placé sous contrôle de  l’armée fédérale. Il interdit également l’utilisation de la langue albanaise dans l’enseignement et les médias. La suppression de l’autonomie du Kosovo est illégale car c’est une  violation de la constitution fédérale yougoslave  qui définissait clairement l’autonomie du Kosovo et les  conditions de son appartenance à la fédération. De plus, la violation de la constitution, soit « l’annexion de l’une des huit entités constitutives par  une autre entité détruit  la fédération ».


Des chefs  politiques albanais, députés pour la plupart, sont contraints de  quitter le gouvernement serbe. Ces derniers s’organisent et en 1990, ils  publient une « déclaration constitutionnelle » déclarant le Kosovo indépendant. Ibrahim Rugova met en place  un pouvoir  parallèle, notamment dans l’éducation pour l’enseignement en albanais. Il est élu président du Kosovo lors d’élections clandestines.


 I.Rugova, pacifiste, est farouchement concurrencé par l’UCT, armée de libération du Kosovo. Profitant de la crise que  subit le gouvernement albanais consécutive à des malversations  financières, l’UCT pille  les arsenaux en Albanie afin de préparer et de s’armer pour une campagne  de guérilla contre  les Serbes. Face à ces actions, Milošević réplique immédiatement en massacrant les rebelles albanais en février et mars 1998 provoquant ainsi l’exil de plus  d’un million d’albanais du Kosovo vers l’Albanie, la Macédoine et le Monténégro.

Face à  l’escalade de la violence de  Milošević, les Occidentaux finissent par réagir. L’Allemagne, la France, les Etats-Unis et la Russie créent le « Groupe contact » et demanderont l’intervention des forces de l’OTAN qui bombarderont la Serbie du 24 mars  au 9 juin 1999.

Le « Groupe contact » organise une  conférence à Rambouillet en février  1999 afin de mettre un terme aux massacres et de proposer un plan de paix. « Ce plan de paix s’avérait très favorable pour les Albanais du Kosovo: le désarmement de la guérilla, l’instauration d’un statut particulier pour trois ans, une révision de la situation après cette période suivie d’un référendum sur l’indépendance et le déploiement d’une force de 28 000 hommes sous commandement de l’OTAN ». En tout cas, ce fut un échec. Les  Kosovars approuvèrent naturellement ce  projet mais les Serbes refusèrent tout compromis et rejetèrent ce plan. A vrai dire, ce  refus était voulu de la part de  l’OTAN. Cela lui permettait de  bombarder la Serbie en vue de la  capitulation Milošević. Ces bombardements ont eu pour effet de durcir encore  plus les actions de Milošević contre les Albanais (expulsions, exécutions…).


Le 10 juin 1999 en vertu de la résolution 1244 du Conseil de Sécurité de  l’ONU, le Kosovo est placé sous protection provisoire  des Nations Unies,  de la KFOR (Force de paix au Kosovo) et de l’OSCE (l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Le Kosovo est divisé en plusieurs zones: une zone française, une zone italienne, une zone kosovo-map-kfor2-copie-1britannique, une zone allemande et une zone américaine. « La KFOR est chargée de prévenir les conflits armés et de garantir la sécurité; la MINUK (Mission des Nations unies au Kosovo) est chargée de créer une administration transitoire et de normaliser les processus politiques et économiques; l’ OSCE, pour sa part, doit organiser les élections, créer des médias indépendants, d’élaborer des lois et un système démocratique durable. »


En novembre 2001, la  première assemblée est élue et le  4 mars 2002, I.Rugova est élu Président du  Kosovo suite à un vote de parlement.

Consécutivement à cette élection, des émeutes  anti-serbes éclatent. Des milliers de Serbes fuient les grandes villes pour se réfugier dans des zones protégées par la KFOR et au Nord du Kosovo.

Le « Groupe contact » décide de nommer un « envoyé spécial » afin de superviser les négociations entre le gouvernement serbe et le gouvernement kosovar. Marrti Ahtissari, ancien président finlandais est mandaté par l’ONU en janvier 2005.En 2007, Marrti Ahtissari présente ses  propositions parmi lesquelles l’octroi du statut d’Etat indépendant au Kosovo. Ce  nouveau statut accorde au nouvel Etat une constitution, une armée et ses propres  symboles, sous  le contrôle de la communauté internationale. Ces propositions sont acceptées à l’unanimité sauf par la Russie et la Serbie.

Après des années d’échecs en matière de négociations entre  la Serbie et le Kosovo, le parlement de la Province vote le texte de la proclamation de l’indépendance présenté par Hashim Thaçi , le 17 février 2008, qui finit par déclarer unilatéralement l’indépendance, avec l'appui des grandes puissances.

 

En décembre 2008, un accord est établi pour le déploiement des forces Eulex, accord approuvé par la Serbie, la Russie, l’Union européenne et le conseil de sécurité. La mission Eulex au Kosovo est une mission menée par l'Union Européenne dans le cadre de la politique Européenne de sécurité et de défense (PESD) qui vise à promouvoir l'Etat de droit au Kosovo Elle a été mise en place en décembre 2008  et a progressivement remplacé la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) . Ses domaines de compétences sont les questions de justice, de police et de douanes.  Cette mission a le pouvoir d’agir sur l'ensemble du territoire y compris sur le zones àmajorité serbe.

 Le 22 juillet 2010, la Cour internationale de justice de La Haye a tranché  et a conclu que l'adoption de la déclaration d'indépendance du 17 février 2008 n'a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel. Évidemment, « la nouvelle a été accueillie avec allégresse au Kosovo, mais à Belgrade les dirigeants serbes se sont montrés amers. Les dirigeants ont affirmé qu'ils ne reconnaîtraient «jamais» l'indépendance du Kosovo qu'ils considèrent comme leur province méridionale. En fait, la Cour ne s'est pas demandé si le Kosovo avait le droit de déclarer unilatéralement son indépendance, elle s'est plutôt demandée s'il fallait condamner le Kosovo ou en prendre acte.  Bref, rien dans le droit international n'empêche d'en prendre acte, donc de la reconnaître ».


L’Union Européenne et le Kosovo

La stabilisation du Kosovo reste avant tout une priorité dans le cadre  d’une perspective européenne des pays des Balkans occidentaux. Impliquée dans la démocratisation et la création d’un véritable Etat de droits tout en garantissant un avenir et une sécurité de toutes les minorités est  un sacré défi sur cette zone où les conflits n’ont fait que se succéder depuis des siècles. La mise en place de réelle démocratie pourra permettre au Kosovo d’espérer à un développement économique et politique durable. L’Union Européenne devra empêcher que le Kosovo ne devienne un «État voyou» et pour le prémunir contre le crime organisé. L'expérience démontre que les choses peuvent rapidement déraper au Kosovo.  Jusqu'ici, tous les faits semblent démontrer que la plupart des Serbes et des Albanais ne veulent pas vivre ensemble dans la même société ou être gouvernés par un gouvernement contrôlé par l'autre. Pour  les Kosovars, le Kosovo a toujours été albanais quant à la présence de  leurs ancêtres Illyriens.

 

Situation économique

Compte tenu des conflits successifs et de la destruction de tout l’appareil économique, l’économie du Kosovo doit être entièrement reconstruite. De plus, l’émigration des jeunes, la dépendance financière auprès des  institutions internationale et de la diaspora sont des handicaps majeurs. L’économie est basée sur les petits commerces. En outre, le pays souffre également d’une économie souterraine et de trafics en tout genre, ce qui est encore un élément allant à l’encontre de la démocratisation. Le Kosovo dispose des richesses naturelles telles que le bauxite, lignite, nickel, or. Les centrales hydro-électriques qui avaient été construites durant les années 60 sous Tito sont vétustes et improductives. Seuls des investissements étrangers parviendraient à relancer l’activité économique  compte tenu des  sommes  considérables nécessaires à une reconstruction .

 

La situation actuelle du Kosovo montre bien qu’une population conditionnée et cadenassée par la répression et par la dictature éprouve d’énormes difficultés à parvenir à la démocratie. Il se pourrait que le Kosovo retombe dans la dictature, une fois l’indépendance obtenue, une dictature dirigée cette fois-ci par des Albanais kosovars. La démocratisation du Kosovo semble  utopique malgré les efforts déployés par la communauté internationale et l’Union européenne.  On ne voit pas comment le nouveau Kosovo pourrait devenir tout à coup plus tolérant à l'égard de ses Serbes, après dix ans de répression. En menant une campagne de nettoyage ethnique contre la majorité albanaise du Kosovo, la Serbie a sacrifié sa souveraineté sur ce territoire. Cette politique fut si brutale qu'elle a rendu illusoire tout retour du Kosovo sous souveraineté serbe. C'est ce qu'avait constaté en 2007 l'envoyé spécial de l'ONU pour le Kosovo, Martii Ahtisaari: «Belgrade ne pourrait rétablir son pouvoir sans provoquer une violente opposition. L'autonomie du Kosovo à l'intérieur des frontières de la Serbie est tout simplement intenable.» M. Ahtisaari s'est empressé de souligner que la situation du Kosovo ne saurait faire jurisprudence: «Le Kosovo est un cas inédit qui appelle une solution inédite.»

 

Reste à souhaiter que de nouveaux conflits n’éclatent pas dans les Balkans et que le Kosovo puisse finalement s’ouvrir positivement sur l’extérieur sans effrayer l’opinion internationale.

 

 

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/kosovo_650/presentation-du-kosovo_16074/geographie-histoire_47689.html

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/kosovo.htm

http://balkans.courriers.info/article17259.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kosovo

http://www.lib.utexas.edu/maps/kosovo.html

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